UNE ALLEMANDE DE L'EI CONDAMMNEE A DIX ANS DE RECLUSION CRIMINELLE POUR LE MEURTRE

DE SON ESCLAVE YAZIDIE DE CINQ ANS

Une Allemande de 30 ans partie rejoindre Daesh a été condamnée à dix ans de réclusion. Elle était jugée à Munich, en Allemagne, pour avoir laissé mourir de soif en plein soleil sa jeune esclave yazidie de 5 ans.

Ce procès est historique puisqu’il est l’un des premiers à juger les crimes commis à l’encontre des Yazidis. La jeune femme, âgée de 24 ans au moment des faits, encourait la prison à vie. Elle était accusée de meurtre et de crime de guerre pour avoir possédé des esclaves yazidis et avoir contribué à la mort de l'une d'entre eux.

La communauté des Yazidis, minorité kurdophone non-musulmane présente en Irak, a été, dès 2014, réduite en esclavage par les forces jihadistes de Daesh. Les hommes ont été soit tués, soit forcés de rejoindre les rangs de leurs persécuteurs. Les femmes ont été réduites en esclavage et/ou mariées de force aux combattants.

La jeune esclave attachée à une fenêtre

L’accusée, Jennifer Wenisch, originaire de Basse-Saxe, avait quitté l’Allemagne pour rejoindre l’Irak. Elle y a servi dans la police des mœurs à Falloujah et Mossoul. C’est durant l’été 2015 que l’accusée et son mari, Taha Al-Jumailly, jugé lui à Francfort, ont fait l’acquisition de l’enfant de 5 ans et de sa mère. Toutes deux devant servir d’esclave au couple de combattants.Après de nombreuses maltraitances, la petite fille a été « punie » par le mari de l’accusée pour avoir uriné sur un matelas, puis attachée, par des températures autour de 50°C, à une fenêtre à l’extérieur de la maison. La fillette est morte de soif tandis que sa mère, Nora T., avait été contrainte de rester au service du couple jusqu’à l’arrestation de ce dernier en janvier 2016, à Ankara.

La mère de l’enfant, réfugiée en Allemagne, est devenue un témoin clé dans le procès de ses anciens bourreaux et des meurtriers de sa fille. Jennifer Wenisch était donc jugée pour sa passivité face à l’agonie de la jeune esclave. Une passivité qu’elle a justifié par la «peur» que son époux ne «la pousse ou ne l’enferme».

Des confessions à un informateur du FBI

Jennifer Wenisch avait été arrêtée par les services de sécurité turcs en janvier 2016 à Ankara puis extradée vers l’Allemagne. Mais elle n’a été placée en détention qu’en juin 2018, après avoir été arrêtée en tentant de rejoindre avec sa fille de deux ans les territoires que Daesh contrôlait encore en Syrie. C’est au cours de cette tentative qu’elle a raconté sa vie en Irak à son chauffeur. Ce dernier était en réalité un informateur du FBI qui la conduisait dans une voiture équipée de micros. Le parquet a utilisé ces enregistrements pour l’inculper.

Irakiens non-arabes et non-musulmans, de nombreux Yazidis ont trouvé refuge en Allemagne, notamment dans le sud-ouest du pays, où des femmes et leurs enfants, victimes de viols répétés, ont été pris en charge et soignés.




Alyson Braxton pour DayNewsWorld


COVID-19 UNE SEMAINE CHOMEE EN RUSSIE

 POUR ENRAYER LA FLAMBEE DE L'EPIDEMIE

Vladimir Poutine a ordonné, mercredi 20 octobre, une semaine de congés du 30 octobre au 7 novembre pour tenter de contrôler la vague de Covid-19 meurtrière en Russie. La semaine du 30 octobre au 7 novembre coïncide avec les vacances scolaires russes et seuls les 1, 2 et 3 novembre étaient ouvrés, du fait de jours de week-end et de jours fériés. Le président russe a également donné la possibilité aux régions d’entamer plus tôt ou de prolonger la semaine de congé si la situation épidémique le justifie.

Le président russe a plusieurs fois décrété des périodes de congés payés pour juguler l'épidémie. Annoncées pour une courte durée, ces périodes chômées ont parfois été étendues à de longues semaines. Vladimir Poutine a toujours préféré cette mesure plutôt que de confiner la population, une restriction impopulaire qui risque de surcroît de freiner la fragile reprise économique.

« S'il vous plaît, soyez responsables »

La Russie, qui est déjà le pays le plus endeuillé en Europe, a enregistré mercredi un nouveau record de décès quotidiens dus au Covid-19, avec 1 028 morts en vingt-quatre heures, ainsi que 34 073 nouvelles contaminations, selon les chiffres officiels. Plus de 230 000 personnes sont mortes du Covid-19, d'après le bilan du gouvernement.

Le président a aussi imploré les Russes, très récalcitrants, de se faire vacciner. « S'il vous plaît, soyez responsables, a-t-il déclaré. Il n'y a que deux manières de sortir de cette période : soit en tombant malade, soit en se faisant vacciner. » Il a ainsi estimé que le faible taux de vaccination en Russie était « dangereux ». Moins du tiers des quelque 144 millions de Russes sont complètement vaccinés, selon le site spécialisé Gogov.

Vladimir Poutine a aussi appelé à accélérer les dépistages et à renforcer les mesures d’isolement des cas contacts.




JennyChase pour DayNewsWorld


MEURTRE DU DEPUTE BRITANNIQUE DAVIS AMESS

PAR UN ISLAMISTE

LA FAMILLE APPELLE A «METTRE LA HAINE DE COTE »

La famille du député britannique David Amess, poignardé à mort le 15 octobre 2021 , dans un acte qualifié de terroriste par la police, s'est dit « anéantie » par le drame mais a appelé dimanche à « mettre de côté la haine ».

Plusieurs heures après que le député conservateur David Amess a été poignardé à mort à Leigh-on-Sea (Essex), la police britannique a finalement qualifié le meurtre d'acte terroriste.

« Les premiers éléments de l'enquête ont révélé une motivation potentielle liée à l'extrémisme islamiste », a indiqué un communiqué dans la nuit de vendredi à samedi. L'auteur du crime, arrêté immédiatement après les faits, est âgé de 25 ans et d'origine somalienne.

Sa famille s'est établie dans la circonscription d'Amess dans les années 1990.

Un assassinat prémédité

L'assassinat aurait été préparé puisque le jeune homme avait pris rendez-vous avec David Amess, qui assurait vendredi une permanence dans une église méthodiste. Il aurait patiemment attendu son tour avant de lui ­infliger 17 coups de couteau.

Samedi, les hommes de la direction antiterroriste ont mené des perquisitions dans deux maisons de la région londonienne.

Les services de police et de sécurité pensent que ce ressortissant britannique d'origine somalienne, nommé Ali Harbi Ali, et arrêté sur les lieux du crime - a agi seul et était « auto-radicalisé ».

Celui-ci pourrait avoir été inspiré par Al-Shabab (les islamistes liés à Al-Qaïda en Somalie), bien qu'il ait été orienté quelques années plus tôt vers le programme Prevent destiné aux personnes présentant un risque de radicalisation et basé sur le volontariat. D'après les médias britanniques, le meurtrier présumé aurait toutefois manqué d'assiduité et n'aurait jamais été considéré comme un « sujet d'intérêt » pour l'agence de sécurité nationale. Le père de l'attaquant, Harbi Ali Kullane, ancien conseiller du Premier ministre somalien, a quant à lui confirmé que son fils était en détention et se disait « traumatisé ». Les enquêteurs ont jusqu'à vendredi 22 octobre pour interroger le suspect, tandis qu'ils l'ont placé en détention en vertu de la loi sur le terrorisme.

David Amess « l’une des personnes les plus gentilles en politique »​

Né dans la banlieue est de Londres en 1952 dans un milieu modeste, David Amess a étudié l’économie et la politique. Il a ensuite travaillé comme enseignant puis consultant en recrutement avant d’entrer en politique. Grand sourire et cheveux fins grisonnants, il avait été élu pour la première fois au Parlement en 1983.

Membre du Parti conservateur du Premier ministre Boris Johnson, David Amess était un fervent défenseur du Brexit. Mais son sujet de prédilection au Parlement était le bien-être animal. Il était l’un des rares députés conservateurs favorables à l’interdiction de la chasse au renard. Très religieux et de confession catholique, David Amess était aussi fermement opposé à l’avortement. Il fut également favorable au rétablissement de la peine de mort.

Marié et père de cinq enfants, il était « dévoué à sa famille », selon ses collègues, et en particulier à son épouse Julia qui travaillait à ses côtés en tant qu’assistante. C’était « l’une des personnes les plus gentilles et les plus douces en politique »​, a déclaré Boris Johnson qui a loué le bilan « exceptionnel » ​du député « pour aider les plus vulnérables »

La sécurité des élus en question

David Amess est le deuxième député tué en cinq ans. En juin 2016, une semaine avant le référendum, Jo Cox, députée travailliste de 41 ans, avait été assassinée à Birstall (Yorkshire) par un militant d’extrême droite qui lui reprochait d’être pro-Union Européenne. Ces deux drames interrogent sur les dispositifs de sécurité entourant les députés, en particulier lorsque ceux-ci se trouvent au contact du public dans leurs circonscriptions. En 2010 déjà, un député travailliste Stephen Timms avait été blessé à coups de couteau par une étudiante radicalisée.

Et dix ans plus tôt, le libéral démocrate Nigel Jones avait été blessé et son assistant tué par un homme perturbé , armé d’une épée. Nombre d’élus ont raconté avoir fait l’objet de menaces de mort dans le contexte du Brexit qui a profondément divisé le pays. Des menaces et insultes qui pèsent aussi sur les assistants parlementaires. Jade Botterill, qui a travaillé pour la députée travailliste Yvette Cooper entre 2013 et 2019, a déclaré que les insultes et menaces lui avaient donné des cauchemars et l’avaient poussée à quitter son poste.

Après le meurtre de Jo Cox, le budget alloué à la sécurité des élus avait bondi de 200 000 € à 5 millions d’euros. Les députés ont pu installer des « boutons d’alerte »", portes sécurisées et dispositifs d’appels d’urgence, dans leurs permanences et à leurs domiciles. Mais cela n’a pas empêché le meurtre de David Amess.

« Nous ne pouvons pas nous laisser intimider par un individu », a déclaré samedi à Leigh-on-Sea la ministre de l’Intérieur Priti Patel, soulignant l’importance pour les députés de « continuer à exercer leurs fonctions d’élus». Mais certains parlementaires préfèrent adapter leurs interactions avec le public par mesure de sécurité.

L’inquiétude est nourrie par les chiffres de la police qui montrent une augmentation des actes de délinquance envers les parlementaires.

En 2019, Scotland Yard avait évoqué une poussée de 126 % entre 2017 et 2018 et une hausse de 90 % dans les quatre premiers mois de 2019.




Alize Marion pour DayNewsWorld

CINQ MORTS DANS L' ATTAQUE TERRORISTE A L' ARC EN NORVEGE

Armé d'un arc et de flèches, un homme a tué cinq personnes et en a blessé deux autres ce mercredi 13 octobre. La tuerie s'est produite à Kongsberg, petite ville d'environ 25 000 habitants à environ 80 kilomètres à l'ouest d'Oslo. La motivation terroriste n'est pour l'heure pas exclue.

Cinq morts et deux personnes blessées

« Ces événements nous ébranlent », a déclaré la Première ministre Erna Solberg, dont c'était le dernier jour en fonction. Elle cédera jeudi son poste au travailliste Jonas Gahr Støre, vainqueur des législatives du 13 septembre.

Les deux blessés ont été hospitalisés dans des unités de soins critiques mais, selon Øyvind Aas, rien n'indique que leur vie est en danger. L'un d'eux était un policier hors service qui se trouvait dans un supermarché, l'un des multiples endroits où l'attaque s'est produite. « Je peux malheureusement confirmer qu'il y a cinq personnes mortes » a déclaré un responsable de la police locale, Øyvind Aas, lors d'un point de presse. Les victimes sont quatre femmes et un homme âgés entre 50 et 70 ans.

Un homme arrêté

La police norvégienne a arrêté un Danois de 37 ans, soupçonné d'être l'auteur d'une attaque à l'arc et aux flèches. Le suspect, interpellé peu de temps après les faits, est un citoyen danois de 37 ans résidant à Kongsberg, a annoncé la police norvégienne dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi 14 octobre. « Il est question d'un converti à l'islam », a dit un responsable de la police norvégienne, Ole Bredrup Saeverud, lors d'un point de presse jeudi à Tønsberg. « Il y a eu des craintes liées à une radicalisation précédemment », a-t-il ajouté, précisant que ces craintes remontaient à 2020 et avant, et qu'elles avaient donné lieu à un suivi de la police.

L'acte terroriste se précise

L'attaque à l'arc ressemble à ce stade à un « acte terroriste », ont estimé les services de sécurité norvégiens (PST) ce jeudi, contribuant ainsi à conforter la piste du terrorisme islamiste. « Les événements à Kongsberg ont les apparences d'un acte terroriste à ce stade, mais l'enquête (...) tirera davantage au clair ce qui les a motivés », a ensuite précisé le PST dans un communiqué à la mi-journée. Le PST a laissé inchangé son niveau de menace d'attentat dans le pays, considérée comme « modérée ».

La police désormais armée

Les habitants ont été appelés à rester chez eux tandis que d'importantes forces de police et de multiples ambulances ont été déployées. Des hélicoptères de la police et des services médicaux ainsi qu'une équipe de démineurs ont aussi été envoyés sur place. La direction norvégienne de la police a décidé que les agents, qui ne sont généralement pas armés, porteraient des armes à titre temporaire dans tout le pays.

Dans le passé, la Norvège, nation traditionnellement paisible, a été la cible d'attaques d'extrême droite. Le 22 juillet 2011, Anders Behring Breivik avait tué 77 personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, faisant huit morts, avant d'ouvrir le feu sur un rassemblement de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utøya, faisant 69 autres victimes. En août 2019, Philip Manshaus avait aussi tiré dans une mosquée des environs d'Oslo, avant d'être maîtrisé par des fidèles, sans faire de blessé grave. Il avait auparavant abattu par racisme sa demi-sœur adoptive d'origine asiatique.

Plusieurs projets d'attentats islamistes ont par ailleurs été déjoués.




Boby Dean pour DayNewsWorld

POURQUOI LA PRIMAUTE DU DROIT EUROPEEN SUR LE DROIT NATIONAL EST-ELLE REMISE EN CAUSE PAR LA POLOGNE ?

Les querelles autour de la primauté du droit européen ont au minimum cinquante ans et celle qui a toujours mené la charge à ce propos c’est la Cour Constitutionnelle allemande. On trouve des arrêts des années 1970, où la Cour Constitutionnelle allemande alerte sur la théorie de la primauté du droit européen. Pas plus tard que l’année dernière, la Cour constitutionnelle allemande avait d'ailleurs provoqué stupéfaction et consternation en interdisant à la Banque centrale allemande de participer à des programmes de la Banque centrale européenne (BCE), sauf à remplir certaines conditions. Les juges de Karlsruhe avaient, ce faisant, explicitement affirmé leur supériorité sur ceux de la CJUE – et donc, de fait, la supériorité de la Loi fondamentale allemande. La polémique avait alors fait grand bruit.

Il y a quelques jours c'est le Tribunal constitutionnel de Pologne à Varsovie qui a estimé que « les organes de l’UE fonctionnent en dehors des compétences qui leur sont confiées dans les traités ». Elle a alerté que l’Europe ne respectait plus son périmètre de compétences. Il y a une bataille légitime sur les compétences de l’Union européenne et sur le principe d’attribution des compétences.

Jeudi 7 octobre, le Tribunal constitutionnel polonais a ainsi rendu un arrêt perçu comme remettant en cause un des fondements de l’Union européenne (UE) : la primauté du droit européen sur les droits nationaux. Alors que la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) multiplie les arrêts défavorables à Varsovie, la plus haute instance juridique polonaise a statué que l’interprétation que fait la CJUE des traités européens est, sur certains points, incompatible avec la Constitution polonaise.

Contre l'ingérence européennes dans les compétences nationales

Explicitant l’arrêt, le président de l’instance judiciaire suprême a reproché aux «organes de l’UE (de) fonctionner en dehors des compétences qui leur sont confiées dans les traités» ; si elle acceptait cet empiétement, la Pologne «ne pourrait fonctionner comme un Etat souverain et démocratique».

Le constat est, sur le plan politique, mais également sur le plan juridique, incontestable. Car la supériorité du droit européen sur les droits nationaux n’a jamais été inscrite dans les traités. Elle a été pour la première fois explicitement affirmée par un jugement de la Cour de justice des Communautés européennes (ancêtre de la CJUE) en date de 1964, dans le dossier connu sous le nom de «Costa contre Enel», soit huit ans après l’entrée en vigueur du Traité de Rome. Certains arrêts de la Cour de justice de l’UE et des États, comme l’arrêt Nicolo en France, admettent la suprématie du droit européen sur le droit national. Mais une ambiguïté demeure : les textes européens affirment que c’est la Constitution européenne qui prévaut. Mais les textes nationaux ne disent pas cela. Et la Pologne dit même désormais le contraire.

Le gouvernement polonais rappelle que les traités définissent précisément les compétences qui relèvent exclusivement de l’UE, celles qui sont partagées avec les Etats membres, et celles que conservent complètement ces derniers. L’organisation du système judiciaire national, affirme Varsovie, est en dehors des prérogatives communautaires. «La Pologne – selon sa Constitution – respecte les normes et lois de l’UE dans la mesure où ces dernières ont été établies dans les domaines explicitement et expressément prévus par les traités», a précisé un porte-parole.

L’UE ne peut rien sans la coopération juridique des États

De plus Cour de justice européenne n’a pas la capacité d’appliquer le droit européen sans la collaboration des juridictions nationales. L’UE n’a pas de police : son droit ne s’applique que par l’intermédiaire du droit national. Si ce dernier refuse, le droit européen est démuni.

Une réforme judiciaire au centre du conflit

Depuis 2016, les relations entre les institutions européennes et le gouvernement polonais n'ont cessé de se dégrader. Au centre du conflit cette fois : une réforme judiciaire hautement controversée qui prévoit notamment la mise en place d'un nouveau système disciplinaire pour les juges. Portée par la majorité nationale-conservatrice du PiS (Droit et Justice), elle est la cible de critiques de la part de Bruxelles, qui dénonce une atteinte à l'indépendance de la justice.

Mais les griefs bruxellois s’étendent par ailleurs à d’autres domaines, comme le pluralisme de la presse, ou les lois jugées discriminatoires envers la «communauté» homosexuelle.«Outre la question judiciaire, les sujets de crispation sont en réalité nombreux », nuance Pawel Zerka, qui liste : « les droits LGBT, le droit à l'avortement, la question de la liberté de la presse ou encore du réchauffement climatique… » En 2020, la Pologne avait ainsi, par exemple, instauré des « zones sans idéologie LGBT ». En réponse, l'UE avait gelé certains fonds qui lui étaient destinés.

La Pologne doit-elle se soumettre en toute matière aux juges suprêmes de l’Union européenne – telle était donc la question soumise au Tribunal constitutionnel du pays. L’affaire est tellement sensible que cette instance a par trois fois différé sa décision. L’arrêt n’en est pas moins net.

Varsovie envoie donc, par le biais de sa plus haute instance juridique, un message clair : les ingérences de Bruxelles dans ce processus de réforme ne seront pas reconnues. Pour de nombreux observateurs, cette décision politique ouvre une brèche dans le système législatif européen.

Une réponse virulente de Bruxelles

C’est pourquoi Bruxelles a immédiatement répondu avec véhémence. La Commission européenne a ainsi averti qu'elle utiliserait « tous les outils » à sa disposition pour faire respecter la primauté du droit européen. Menaçant, l’exécutif européen martèle qu’il «n’hésitera pas utiliser ses pouvoirs pour assurer l’application uniforme de la loi de l’UE».

« Mais les sanctions sont déjà là », note Pawel Zerka. « L'Union européenne n'a toujours pas versé à la Pologne les fonds liés à son plan de relance. Pourtant, le pays devait en être l'un des principaux bénéficiaires. Et il est complètement assumé que cela a à voir avec cette problématique ». Au total, 58 milliards d'euros, soit 10 % du PIB de la Pologne, sont actuellement bloqués par la Commission européenne.

Sur le plan politique, il est par contre impossible d'exclure un État membre. En revanche, la Pologne pourrait perdre de son influence dans les différents organismes. Le pays est déjà sous le coup de sanctions via l'Article 7 du traité sur l'UE. Celui-ci vise à punir un État membre qui ne respecterait pas ses valeurs fondatrices. « Au dernier stade des sanctions, l'UE peut décider la suspension des droits de vote de la Pologne au Conseil de l'UE, et donc à l'exclure, de facto, d'une grande partie des décisions. Il paraît peu probable qu'on en arrive là mais cela reste une hypothèse », détaille Pawel Zerka.

Vers un Polexit ?

Cette décision du Tribunal constitutionnel de Pologne ouvrerait-elle, comme les pro-européens en brandissent la menace, la voie à une sortie de l’Union européenne, un «Polexit» après le Brexit, en quelque sorte ? On n’en est pas là, d’autant que l’homme fort du pays, le vice-premier ministre et chef du parti au pouvoir, Jaroslaw Kaczynski, a tenu à réaffirmer qu’il n’était pas question de quitter l’UE .De même que le chef du gouvernement conservateur nationaliste polonais, Mateusz Morawiecki : « l'entrée de la Pologne et des pays d'Europe centrale dans l'UE est l'un des faits marquants de ces dernières décennies. Pour nous, mais aussi pour l'UE elle-même », a-t-il ainsi déclaré.

« La place de la Pologne est et sera dans la famille européenne des nations », a-t-il ajouté.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

ALLEMAGNE UNE EX-SECRETAIRE D' UN CAMP

 DE CONCENTRATION  DEVRAIT ETRE JUGE POUR «COMPLICITE DE MEURTRE DANS PLUS DE 10 000 CAS »

L'ancienne secrétaire d'un camp de concentration aujourd'hui âgée de 96 ans et qui avait pris la fuite avant l'ouverture de son procès a été «retrouvée», a annoncé jeudi 30 septembre la porte-parole du tribunal d'Itzehoe, Frederike Milhoffer.

«Je peux dire que l'accusée a été retrouvée (...)

Un médecin va établir sa capacité à être placée en détention et la Cour déterminera si le mandat d'arrêt peut être exécuté ou si elle est épargnée», a-t-elle précisé lors d'un point-presse.

Le président de la Cour a demandé «un peu de patience» alors que l'ouverture du procès ce jeudi semblait compromise.

Ce procès devant une Cour de Itzehoe, dans le nord de l'Allemagne- s'il s'ouvre- sera suivi par celui, une semaine plus tard, d'un centenaire, un ancien gardien du camp nazi de Sachsenhausen, près de Berlin.

Jamais encore l'Allemagne, qui a longtemps montré peu d'empressement à retrouver ses criminels de guerre, n'avait jugé d'anciens nazis aussi âgés. L'affaire est en outre examinée à la veille du 75e anniversaire de la condamnation à mort par pendaison par le tribunal de Nuremberg de 12 des principaux dirigeants du Troisième Reich.

« Elle a tapé à la machine les ordres d'exécution »

Agée à l'époque des faits de 18 à 19 ans, la nonagénaire Irmgard Furchner, qui vit dans une résidence pour personnes âgées près de Hambourg, doit être jugée par une Cour spéciale pour jeunes pour « complicité de meurtre dans plus de 10.000 cas », selon le Parquet.

L'accusation lui reproche d'avoir participé au meurtre de détenus dans le camp de concentration de Stutthof, dans la Pologne actuelle, où elle travaillait comme dactylographe et secrétaire du commandant du camp, Paul Werner Hoppe, entre juin 1943 et avril 1945. Dans ce camp proche de la ville de Gdansk où périrent 65.000 personnes, « des détenus juifs, des partisans polonais et des prisonniers de guerre soviétiques » ont été systématiquement assassinés, selon le Parquet.

Selon l'avocat Christoph Rückel, qui représente depuis des années des survivants de la Shoah, « elle a tenu l'ensemble de la correspondance du commandant du camp ». « Elle a aussi tapé à la machine les ordres d'exécution et de déportation et apposé ses initiales », a-t-il assuré sur la chaîne régionale publique NDR.

A l'issue d'une longue procédure, la justice avait estimé en février que la nonagénaire était apte à comparaître malgré son grand âge. Mais les auditions, prévues pour s'étaler jusqu'en juin 2022, devraient se limiter à quelques heures par journée d'audience.

La jurisprudence John Demjanjuk

Malgré les années qui passent, d'autres procès pourraient suivre. Huit dossiers impliquant d'anciens employés des camps de Buchenwald et Ravensbrück notamment, sont actuellement examinés par différents parquets allemands. Et ce, grâce à la jurisprudence John Demjanjuk : cet ancien gardien du camp de Sobibor en 1943 a été condamné en 2011 à cinq ans de prison ferme.

Ce qui permet désormais de poursuivre pour complicité de dizaines de milliers d'assassinats n'importe quel auxiliaire d'un camp de concentration, du garde au comptable.




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

COMPRENDRE LA CRISE DU CARBURANT

AU ROYAUME-UNI

"Désolé, hors service ". La pancarte a été apposée sur bon nombre de pompes à essence ces derniers jours outre-Manche, essentiellement à Londres et dans sa région. BP a fait savoir que près d’un tiers de ses stations essence étaient à sec dimanche 26 septembre au Royaume-Uni pour ce qui concerne les deux principales variétés de carburant .« Avec la forte demande constatée ces deux derniers jours, nous estimons qu’environ 30 % des sites de ce réseau n’ont plus ni l’un ni l’autre des principaux types de carburant »​, a indiqué le géant pétrolier BP qui opère 1 200 sites en Grande-Bretagne, dans un communiqué.

Panique des automobilistes

La crise a démarré en milieu de semaine dernière après qu’un rapport confidentiel de BP au gouvernement a fuité, décrivant quelques dizaines de stations-service qui fermaient par manque de carburant. Cela a rapidement suscité des achats de panique à travers le pays. La ruée des consommateurs paniqués vers les pompes a obligé le gouvernement britannique à suspendre les règles de concurrence.

« Il y a énormément de carburant »

Le ministre des Transports Grant Schapps avait un peu plus tôt lancé un appel au calme, en affirmant que les pénuries étaient provoquées par la réaction panique des consommateurs et que le problème finirait par se résoudre de lui-même.

« Il y a énormément de carburant, il n’y a pas de pénurie de carburant dans le pays »​, a-t-il martelé sur Sky News. « Il faut donc que les gens se comportent normalement, qu’ils remplissent le réservoir de leur voiture comme ils le feraient en temps normal, et ainsi il n’y aura pas de queues et pas de rupture d’approvisionnement dans les stations-service » , a assuré le ministre.

Brexit et crise sanitaire

La faille ne vient donc pas de la production des biens, mais plutôt de la main-d’œuvre pour les acheminer et les distribuer (100 000 routiers manqueraient). Deux facteurs principaux sont mis en avant : le Brexit et la crise sanitaire. Le ministre des Transport Grant Schapps a fait valoir que le manque de routiers était lié au Covid-19 qui a empêché la formation et le passage de permis de nouveaux professionnels. Mais s'ajoute aussi le brexit : la sortie effective du Royaume-Uni de la zone euro, le 1er janvier dernier, interdit à un Européen d’aller travailler outre-Manche sans permis de travail. De quoi en décourager plus d’un. Dans le même temps, la pandémie de Covid-19 et les confinements qu’elle a imposés ont incité des travailleurs étrangers à rentrer dans leur pays d’origine.

Le Royaume-Uni a demandé, lundi 27 septembre, aux militaires de se tenir prêts. « Un nombre limité de chauffeurs de camions-citernes militaires doivent être prêts à intervenir et déployés si nécessaire pour stabiliser l’approvisionnement », a déclaré dans la soirée le ministère de l’énergie dans un communiqué.

De premières mesures ont déjà été prises samedi 25 septembre2021. Plus de 10 000 visas provisoires jusqu’en décembre pourraient être accordés… à l’encontre de la volonté du Royaume-Uni de ne plus dépendre de la main-d’œuvre étrangère.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

ALLEMAGNE UN GAGNANT AUX ELECTIONS

 DEUX PRETENDANTS A LA CHANCELLERIE

L'après-Merkel reste incertain en Allemagne après les élections fédérales marquant la fin de 16 années de pouvoir de la chancelière allemande. Le parti social-démocrate (SPD) d'Olaf Scholz a légèrement devancé les chrétiens-démocrates (CDU-CSU) d'Armin Laschet, famille politique d'Angela Merkel, obtenant 25,7% des voix contre 24,1% pour les conservateurs, d'après des résultats provisoires annoncés lundi 27 septembre.

Un gagnant mais deux prétendants

«Scholz bat Laschet mais il est encore loin d'être chancelier», titrait lundi 27 septembre le quotidien populaire Bild. Après consultation de leurs comités exécutifs respectifs, les deux prétendants au fauteuil laissé vacant par Angela Merkel vont entamer dès lundi matin, et séparément, des tractations avec les écologistes (Grünen) - arrivés en troisième position avec 14,8% des suffrages- et le parti de droite libéral FDP ( 11,4%). L'AfD recueillant 10,3% des suffrages et le parti de gauche Die Linke, arrivé sixième, 4,9%, ces deux partis sont désormais hors-jeu dans la bataille qui s'ouvre.

Le parti social-démocrate, par la voix de son secrétaire général, a revendiqué rapidement la formation du prochain gouvernement. « Je suis très heureux. Les Allemands ont décidé de nous donner un bon score, c'est un énorme succès », a réagi Olaf Scholz dimanche soir. « Ce dont je suis certain, c'est que nombre de nos concitoyens ont voté pour nous car ils veulent une alternance, car ils veulent que le chancelier du pays soit Olaf Scholz. »

Du côté de la CDU, Armin Laschet a évoqué des résultats qui « ne nous satisfont pas », tout en refusant de s'incliner face à son rival social-démocrate. «Nous ferons tout ce que nous pouvons pour construire un gouvernement dirigé par l'Union» . « Nous avons reçu un mandat clair de nos électeurs : une voix à notre parti, c'est une voix claire contre un gouvernement de gauche. .

Quel gouvernement remplacera la « grande coalition » liant depuis mars 2018 la CDU d'Angela Merkel et le SPD ? « La partie de poker commence », résume le magazine Der Spiegel à l'issue des élections fédérales allemandes.

Quelle coalition pour gouverner le pays à l'avenir ?

Dans un scrutin marqué par l'émiettement des suffrages, chacun des deux camps a en effet besoin de trouver deux autres formations pour former une coalition majoritaire à la chambre des députés, une première depuis les années 1950 . Une alliance entre trois formations politiques se profile donc, ni la CDU ni le SPD ne pouvant obtenir une majorité avec un seul autre parti.

«Des faiseurs de rois » incontournables

Arrivés troisièmes, les écologistes vont peser dans la formation du prochain gouvernement. « Nous avons un mandat clair pour l'avenir de notre pays », a défendu la candidate des Verts à l'issue des résultats. Leur place dans la prochaine coalition semble acquise, comme cela avait été le cas entre 1998 et 2005, sous Gerhard Schröder.

La quatrième force politique du pays, les libéraux-démocrates du FDP, joueront également un rôle-clé dans ces négociations pour la succession d'Angela Merkel. Le leader du parti, Christian Lindner, a déclaré qu'il serait « souhaitable » pour le FDP et les écologistes « de discuter d'abord entre eux », avant de décider de s'allier avec les sociaux-démocrates ou les conservateurs.

Olaf Scholz pourrait opter pour la formation d'un gouvernement avec les Verts et les libéraux-démocrates du FDP. Une coalition plus marquée à gauche, rassemblant le SPD, les écologistes et Die Linke est moins probable, car elle ne permettrait pas d'obtenir une majorité.

Une alliance entre la CDU, les Verts et les libéraux-démocrates du FDP n'est pas non plus à exclure. Lors de son discours dimanche soir, Armin Laschet a d'ailleurs évoqué la lutte contre le réchauffement climatique, comme un appel du pied au camp écologiste d'Annalena Baerbock.

La compétition qui se profile entre Olaf Scholz et Armin Laschet risque de plonger la première économie européenne dans une longue période d'immobilisme et de négociations entre partis...même si tous deux souhaitent que les négociations aboutissent « avant Noël ».




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

LES TROIS CANDIDATS EN TETE POUR SUCCEDER

A LA CHANCELIERE ALLEMANDE ANGELA MERKEL

Dimanche 26 septembre 2021, les Allemands sont appelés aux urnes à l’occasion des élections législatives, qui visent à élire les députés. Au terme de ce scrutin, un nouveau gouvernement fédéral devra se constituer avec à sa tête un nouveau chancelier.

Mais le suspense est de taille : trois personnalités, Armin Laschet (CDU), Olaf Scholz(SPD) et Annalena Baerbock, se disputent le poste très convoité de la Chancellerie.

Armin Laschet, le successeur naturel de Merkel

Lui qui avait activement soutenu en 2015 l’accueil de réfugiés dans son fief de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (État-région qu’il dirige depuis quatre ans), se présente comme l’héritier de la chancelière.

Issu du même parti qu'Angela Merkel, le parti chrétien-démocrate (CDU), Armin Laschet fut d'ailleurs pendant de longs mois le favori de cette élection. Ainsi, les premiers sondages donnaient la CDU devant les sociaux-démocrates (SPD) et les écologistes. Mais après sa désignation comme candidat officiel du parti en avril dernier, la campagne de l’actuel président de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie est devenue plus laborieuse.

Et pour cause: parmi les frasques du candidat conservateur de 60 ans, les Allemands retiennent surtout ses éclats de rire lors d’une visite officielle en Rhénanie, en hommage aux victimes des inondations meurtrières de cet été.

Aujourd’hui, les intentions de vote donnent Armin Laschet à seulement 20%, qui serait le score le plus bas pour le parti depuis 1949. Il mise cependant sur un revirement de dernière minute, alors que 38 % des Allemands n’ont pas encore fixé le candidat de leur choix.

Contrairement à ses opposants sociaux-démocrates et Verts, Armin Laschet promet de ne pas augmenter les impôts. Il met en avant le thème de la numérisation du pays, dans laquelle l'Allemagne est en retard, ou encore la sécurité.

Pour mordre sur les thèmes traditionnels de la gauche, le candidat propose aussi un certain nombre de mesures au profit des plus pauvres et des familles. Notamment le relèvement de la rémunération des mini-jobs de 450 à 500 euros, l'augmentation des allocations familiales ou encore une déduction fiscale de 6.000 euros de frais de garde d'enfants.

Sur l'Europe, thème traditionnel de la droite allemande, Armin Laschet insiste beaucoup sur l'Otan et la relation transatlantique , là où la classe politique française insiste davantage sur la souveraineté européenne, idée reprise par les candidats de gauche allemands. Il se prononce toutefois pour « une politique étrangère et de sécurité européenne viable ».

Olaf Scholz, le vice-chancelier donné favori

Avec environ 25 % d’intentions de vote à moins d’une semaine du scrutin, Olaf Scholz, candidat du SPD (sociaux-démocrates), fait la course en tête après avoir longtemps tenu la place de dauphin. Mais rien n’est joué pour autant : les derniers sondages ne montrent plus de progression d’Olaf Scholz, et des affaires fiscales embarrassent sa campagne.

Le ministre des finances, également vice-chancelier du dernier gouvernement d’Angela Merkel parvient à capter une partie de l’électorat conservateur de la chancelière.

Classé à la droite du SPD, le natif de Basse-Saxe s’était attiré  cependant les foudres de l’aile gauche et de la base électorale du parti lors de sa nomination au sein de la « grande coalition » avec la CDU-CSU. Successeur de Wolfgang Schäuble (CDU, conservateur) au poste de grand argentier, il avait en effet poursuivi sans trembler la réduction de la dette publique et des dépenses budgétaires.

C'est pourquoi, s’il a été désigné candidat du SPD, les militants ne sont pas tendres avec le sociaux-démocrate, lui reprochant d’être trop à droite. Ce qui lui vaut d’ailleurs d’être nommé « Vati » (« papa ») par la presse allemande, en référence à « Mutti » (« maman »), le surnom légendaire d’Angela Merkel.

Mais le ministre des Finances a su prendre de la hauteur dans la campagne, s’érigeant en candidat capable de faire face aux crises économiques. Après les inondations de juillet dans l'ouest du pays, Olaf Scholz a par exemple promis de dépenser autant qu’il faudrait pour les victimes et les dégâts causés par cette catastrophe qui ont fait au moins 183 morts.

De plus le sociaux-démocrate de 63 ans est loin d’être un novice en politique. Maire de Hambourg de 2011 à 2018 après avoir marché aux côtés de l’ancien chancelier Gerhard Schröder, il milite depuis son plus jeune âge au sein du SPD, dont il a pris la direction en août 2020.

Olaf Scholz et le SPD ont axé leur programme sur la société du « respect ».

Ils proposent un certain nombre de réformes sociales , comme un salaire minimum de 12 euros brut par heure - contre 9,50 euros actuellement -, un revenu minimum pour chaque enfant calculé en fonction du revenu des parents, un impôt sur la fortune et un encadrement des loyers.

Sur l'Europe,Olaf Scholz se déclare favorable à faire de la zone euro une « union fiscale, économique et sociale ». Il propose de doter l'Europe de fonds propres grâce à la mise en place d'impôts européens : taux carbone aux frontières , taxe Gafam. Le programme du SPD soutient également la mise en place d'un salaire minimum européen et plaide pour renforcer l'intégration en matière de santé.

Annalena Baerbock, la première candidate écolo

Un temps favorite, Annalena Baerbock, 40 ans, apparaît aujourd'hui très clairement comme une outsider face au duel entre Olaf Scholz et Armin Laschet. Elle est actuellement créditée d'environ 15 % des voix, 10 points derrière le favori.

Elle sera toutefois, avec son parti, un allié incontournable pour l'un comme pour l'autre, et devrait donc devenir la faiseuse de roi. Cette ancienne championne de trampoline est vantée pour son pragmatisme, qualité souvent attribuée à Angela Merkel.

Devenue députée en 2013, cette juriste de formation a pris la coprésidence du parti cinq ans plus tard. Elle fait partie de l’aile dite « réaliste » du parti, plus centriste et en faveur d’une économie de marché reverdie. Aussi Annalena Baerbock veut-elle sortir l'Allemagne du charbon avant 2030, plutôt que d'ici à 2038, la date fixée actuellement.

Elle entend aussi augmenter de 16 centimes par litre le prix de l'essence et investir 50 milliards d'euros chaque année dans la transition « socioécologique ».

Les Verts sont également favorables à un salaire minimum de 12 euros. Ils souhaitent des investissements dans la santé ou encore un plafonnement des loyers au niveau national. Sur le plan de l'éducation, ils veulent renforcer l'intervention de l'Etat fédéral dans cette compétence régionale.

Sur l'Europe, Annalena Baerbock est sans doute, des trois candidats en mesure de devenir chancelier, la plus ouvertement proeuropéenne. Elle est en effet favorable à une union sociale et fiscale, et est prête à transformer le fonds de relance en un fonds perpétuel pour l'investissement européen. Elle milite également pour doter l'UE de recettes propres, avec des impôts européens. Elle propose de renforcer la politique commune de défense de l'Union européenne pour renforcer la souveraineté du continent , un thème cher à l'actuel gouvernement français.

La jeune Annelena Baerbock représente les Verts, qui s'annoncent être le groupe clef lors des négociations en vue de la formation du nouveau gouvernement. Sans compter les libéraux, voire Die Linke, qui pourraient servir de force d'appoint.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

LA CRISE DES SOUS-MARINS OU L'INTERET NATIONAL AVANT TOUT

Certes la France est furieuse de la décision de l'Australie de se retirer d'un contrat de 90 milliards de dollars australiens (56 milliards d'euros) pour l'achat de sous-marins français en faveur de navires américains à propulsion nucléaire.

Elle a rappelé ses ambassadeurs à Canberra et Washington et accusé ses alliés de « mentir » sur leurs projets. Mais la réponse australienne n'a pas tardé et s'est voulue directe.

Canberra été « franche, ouverte et honnête » avec la France au sujet de ses préoccupations concernant un accord massif d'achat de sous-marins français avant de déchirer le contrat, a déclaré ce dimanche 19 septembre 2021 Peter Dutton, le ministre de Défense australien sur Sky News Australia dimanche.

La « nécessité pour l'Australie d'agir dans son intérêt national »

Peter Dutton a déclaré qu'il avait personnellement exprimé ces préoccupations à son homologue française, Florence Parly, et a souligné la « nécessité pour l'Australie d'agir dans son intérêt national ».

« Et compte tenu de l'évolution des circonstances dans la région Indo-Pacifique, pas seulement maintenant mais dans les années à venir, nous devions prendre une décision qui était dans notre intérêt national et c'est exactement ce que nous avons fait », a-t-il ajouté. Il y a en effet, en Australie, un consensus croissant sur le fait que le pays doit faire davantage pour dissuader les actions chinoises dans la région.

Aussi cet intérêt national consiste-t-il selon les Australiens à acquérir les sous-marins à propulsion nucléaire américains. L'avantage de ces sous-marins nucléaires est qu'ils n'ont pas besoin de remonter à la surface et peuvent rester immergés, donc furtifs, plus longtemps et qu'ils peuvent parcourir de longues distance et patrouiller jusqu 'en mer de Chine.

Contrairement aux sous-marins à propulsion conventionnelle (diesel-électrique) français qui doivent faire surface régulièrement, s'exposant alors à la détection et disposant donc d'une portée furtive bien moindre.

Par ailleurs grâce à l'alliance AUKUS, l'Australie sera bien mieux intégrée aux forces américaines et britanniques et renforcera son pouvoir de dissuasion face à Pékin.

Et Joe Biden, dans la continuité de la politique de son prédécesseur Donald Trump, a montré qu'il se souciait bien plus de la zone indo-pacifique  que de la vieille Europe qui doit enfin se prendre en main pour sa défense !




Garett Skyport pour DayNewsWorld

SOUS-MARINS L'AUSTRALIE ANNULE

« LE CONTRAT DU SIECLE » AVEC LA FRANCE

AU PROFIT DES AMERICAINS

L'Australie vient d'annoncer la rupture du contrat signé en 2019 auprès de la France pour la livraison de sous-marins conventionnels, provoquant la colère de Paris.« Ce n'est pas un changement d'avis, c'est un changement de besoin » a déclaré le premier ministre Australien Scott Morrison pour justifier sa décision d'annuler le contrat signé avec Naval Group en 2019.

La France, qui voit un contrat de 90 milliards de dollars australiens (56 milliards d'euros) échapper à son industrie navale, a aussitôt fustigé une «décision regrettable» et «contraire à la lettre et à l'esprit de la coopération qui prévalait entre la France et l'Australie», selon un communiqué conjoint des ministères de la Défense et des Affaires étrangères.

« Un coup dans le dos », selon Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères

Cette rupture de contrat est considérée comme « un coup de poignard » de l’Australie mais aussi venant de la part de Joe Biden pour l'industrie française de l'armement. On se rappelle du contrat d’avions de combat avec la Suisse qui en une journée a décidé de signer pour des F-35 au lieu des Rafale. D'autant que les négociations sur les transferts technologiques avaient été âpres avec Cambera qui avait même renégocié des points comme le partage de la valeur à 60% pour l’Australie et les emplois avec 2800 postes à Adelaïde et 500 à Cherbourg, dont 300 Australiens venus s'installer en France avec leurs familles...

Tension avec la Chine dans la région indo pacifique.

Dans les coulisses, l’administration Biden préparait avec la Grande Bretagne et l’Australie un pacte nommé Aukus sur fond de tension avec la Chine dans la région indo pacifique. Et dès juin dernier, l'Australie laissait entendre qu'elle pourrait avoir un « plan B ».

Dévoilé mercredi cet accord prévoit une collaboration des trois pays en matière de défense. « La première grande initiative d'Aukus sera de livrer une flotte de sous-marins à propulsion nucléaire à l'Australie », a dit le Premier ministre australien Scott Morrison, apparaissant en visioconférence, ainsi que son homologue britannique Boris Johnson, lors d'un événement présidé par Joe Biden à la Maison Blanche. Les huit sous-marins à propulsion atomique que devrait compter la Marine australienne seront capables de patrouiller à longue distance, jusqu'en mer de Chine du sud, ou au large de Taïwan. Pour l’Australie, le choix de s’équiper en nucléaire est une rupture stratégique, autant que pour ses fournisseurs qui consentent à un transfert de technologie sensible. Les sous-marins nucléaires d’attaque ne sont, en principe, pas des produits qui s’exportent.

L' Europe marginalisée

«Le choix américain qui conduit à écarter un allié et un partenaire européen comme la France d'un partenariat structurant avec l'Australie, au moment où nous faisons face à des défis sans précédent dans la région Indopacifique (...) marque une absence de cohérence que la France ne peut que constater et regretter», a constaté le ministère des Affaires étrangères.

« Le nouveau pacte entre les États-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni pour contrer la Chine signale l'avènement d'une logique de blocs en Asie-Pacifique, et marginalise l'Europe et la France dans la région clé du 21e siècle. », écrit Sébastien Falletti dans le Figaro.




Alize Marion pour DayNewsWorld

COVID-19 LE RENONCEMENT DU GOUVERNEMENT DE BORIS JOHNSON AU PASSEPORT VACCINAL

Le gouvernement britannique a annoncé, le 12 septembre, avoir renoncé à son projet d'introduire un passeport vaccinal pour accéder aux discothèques et autres lieux très fréquentés en Angleterre, le jugeant superflu en raison du succès de la campagne de vaccination contre le Covid-19.

«Je n'ai jamais aimé l'idée de dire aux gens de devoir montrer leurs papiers [...] pour faire ce qui est simplement une activité courante», a déclaré le secrétaire d'Etat britannique à la Santé, Sajid Javid, sur la BBC .

«Nous l'avons considéré comme il se doit, et tandis que nous désirons le garder en réserve comme une option potentielle, je suis ravi de dire que nous n'allons pas ajouté avec notre projet de passeport vaccinal», a-t-il ajouté.

Ce revirement intervient alors que l'exécutif avait encore répété cette semaine son intention d'introduire fin septembre un certificat de vaccination pour entrer dans les stades ou discothèques, s'attirant de vives critiques du secteur de la nuit et des députés de la majorité conservatrice comme de l'opposition.

Sajid Javid a estimé qu'une telle mesure n'était finalement pas nécessaire, malgré un nombre de cas quotidiens positifs (autour de 40 000 ces derniers jours), compte tenu d'un taux élevé de vaccination au Royaume-Uni. En effet, près de 81% de la population de plus de 16 ans a reçu deux doses. Chaque nation constitutive de la Grande-Bretagne restant compétente pour les restrictions anti-Covid, l'Ecosse a quant à elle décidé d'introduire, dès le 1er octobre, un certificat de vaccination pour accéder aux discothèques et à certains événements, afin de freiner la hausse des cas attribuée à la rentrée scolaire.

Le Premier ministre Boris Johnson doit détailler, dans les prochains jours, son plan de bataille en matière de lutte contre le coronavirus pour la période hivernale. Selon la presse britannique, la vaccination de masse devrait en rester l'axe principal, avec le déploiement d'un programme de rappel, et une décision sur l'éventuelle administration de vaccins aux jeunes âgés de 12 à 15 ans.

Sajid Javid a également fait part de son intention de supprimer «dès que possible» l'obligation pour les voyageurs doublement vaccinés en provenance de certains pays de se soumettre à un test PCR de dépistage deux jours au plus tard après leur arrivée en Angleterre




Carl Delsey pour DayNewsWorld

FACE A D'IMPRESSIONNANTS INCENDIES DANS

LES PAYS MEDITERRANEENS

L'UNION EUROPEENE SE MOBILISE

Depuis plusieurs jours, certains pays du pourtour méditerranéen , notamment la Grèce, l'Italie et la Turquie, sont frappés par d'importants incendies. « Nous faisons face à la pire canicule depuis 1987 », a notamment expliqué lundi le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. sur cette vague de chaleur exceptionnelle. « Il est clair que la température à la surface du sol en Turquie et à Chypre a de nouveau dépassé les 50 °C », a relevé mardi l'Agence spatiale européenne (ESA) dans un communiqué .

Attisés par le manque d'eau et les fortes chaleurs, de nombreux incendies se sont déclarés dans en Turquie, où forêts, terres agricoles ainsi que zones habitées sont ravagées par les flammes, il s'agit des pires incendies depuis une décennie.

Au total, ce sont plus de 180 feux qui se sont déclarés ces derniers jours sur l'ensemble du pays faisant au moins huit morts et entraînant l'évacuation de centaines de touristes et d'habitants en particulier des villes touristiques d'Antalya, Bodrum et Marmaris.

Jeudi, un violent incendie se rapprochait dangereusement d'une centrale thermique stockant des milliers de tonnes de charbon, non loin de la ville de Milas.

En Grèce, frappée depuis une semaine par la pire canicule depuis trois décennies, les pompiers luttaient mercredi contre plusieurs feux, dont un important incendie au nord d'Athènes, où 300 personnes ont dû être évacuées mardi soir. Les pompiers grecs continuaient jeudi de lutter contre deux incendies préoccupants à Olympie pour protéger le site archéologique.

Les pompiers ont indiqué jeudi avoir dû gérer 92 feux de forêt ces dernières 24 heures en Grèce, sur les 118 dénombrés mercredi soir par le ministre adjoint de la Protection civile, Nikos Hardalias. Un monastère et une dizaine de villages étaient entourés par les flammes mercredi après-midi sur l'île d'Eubée, à 200 km d'Athènes, et l'incendie semblait incontrôlable selon les pompiers.

En Albanie, un homme a été tué mardi dans un feu de forêt dans la région de Gjirokastrale (sud), où des centaines de pompiers et de soldats luttaient contre plusieurs dizaines d'incendies.

Envoi d'avions, d'hélicoptères et de pompiers

Face à ces nombreux incendies la Commission européenne a annoncé mercredi 4 août l’envoi d’avions, d’hélicoptères et de pompiers vers l’Italie, la Grèce, l’Albanie et la Macédoine du Nord pour aider ces pays à lutter contre les incendies.

Deux avions de type Canadair, en provenance de France, sont envoyés dans les zones touchées en Italie, détaille l’exécutif européen dans un communiqué. Deux avions de lutte contre les incendies en provenance de Chypre apportent leur soutien à la Grèce, en plus d’une équipe de lutte contre les incendies chargée de soutenir les opérations sur le terrain, est-il précisé.

Deux hélicoptères destinés à soutenir les opérations en Albanie seront également envoyés par la République tchèque et les Pays-Bas, et la Slovénie envoie une équipe de 45 pompiers en Macédoine du Nord.

Cette aide est mobilisée dans le cadre du mécanisme de protection civile de l’UE et la Commission prend en charge au moins 75 % des coûts liés au transport.

« Nous travaillons 24 heures sur 24 pour envoyer de l’aide alors que les incendies font rage en Europe », a commenté le commissaire européen chargé de la gestion des crises Janez Lenarcic, en remerciant les pays contributeurs.

« La protection civile de l’UE veille à ce que nos outils de lutte contre les incendies en place soient utilisés au maximum de leurs capacités. Il s’agit d’un excellent exemple de la solidarité de l’UE en cas de besoin », a-t-il aussi salué.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

CYBERGUERRE

LES PEGASUS CES LOGICIELS ESPIONS

 FONT LEGIONS

Les organisations Forbidden Stories et Amnesty International ont obtenu une liste de 50.000 numéros de téléphone, sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016 pour être potentiellement surveillés, et l'ont partagée avec un consortium de 17 médias qui ont révélé son existence dimanche. Mardi 20 juillet 2021, ce consortium de 17 médias a révélé que plusieurs personnalités politiques internationales figuraient parmi ses cibles potentielles.

Ce scandale interroge la manière dont les dirigeants se préservent des cyberattaques.

Le président Macron ferait partie des 50.000 numéros de téléphone surveillés par le logiciel israélien Pegasus.Une information démentie par le géant israélien de cybersécurité NSO.

Le président français Emmanuel Macron, le roi du Maroc Mohammed VI et le premier ministre pakistanais Imran Khan figurent sur la liste des cibles potentielles de Pegasus, tout comme plus de 180 journalistes à travers le monde qui auraient été espionnés par différents Etats ayant eu accès au logiciel de la société NSO.

Un haut responsable du géant israélien de cybersécurité NSO a toutefois soutenu mercredi 21 juillet que le président français Emmanuel Macron n'avait pas été ciblé par son logiciel controversé Pegasus. Chaïm Gelfand a en effet déclaré à la chaîne I24 news, basée à Tel-Aviv: «Je peux vous affirmer avec certitude que le président Macron n'était pas une cible [...] Il y a certains cas qui ont été révélés, qui nous gênent».

Le groupe NSO basé à Herzliya, ville verdoyante au nord de Tel-Aviv, s'est dit victime d'une campagne «vicieuse et calomnieuse», et a annoncé dans un communiqué qu'il «n'allait plus répondre aux questions des médias» sur l'affaire Pegasus. «NSO est une compagnie de technologie. Nous n'opérons pas les systèmes, ni n'avons accès aux données de nos clients, mais ils sont obligés toutefois de nous fournir ces informations en cas d'enquêtes», a ajouté le groupe disant que le fait qu'un nom apparaisse sur la liste des 50.000 «ne signifie pas nécessairement qu'il a été la cible de Pegasus».

NSO nie en bloc

NSO Group n’a eu certes de cesse d’affirmer qu’il n’a pas accès aux données de ses clients. Pourtant, NSO a obtenu très rapidement de son client marocain des éléments le conduisant à affirmer que ces trois personnes n’avaient pas été ciblées. Il n’a pas précisé quelles sont les données qu’il a obtenus et comment il s’est assuré que ces données étaient authentiques.

Et NSO a également nié que François de Rugy a été ciblé, alors même que des traces informatiques recueillies par l’analyse d’Amnesty International démontrent sans doute possible qu’une phase préalable à une attaque par Pegasus a été lancée contre son téléphone. Ces traces montrent de surcroît qu’il s’agit du client de Pegasus au sein des services de sécurité


Les pays accusés d'avoir eu recours à Pegasus nient également tous en bloc.

Les pays accusés d'avoir eu recours à Pegasus ont également tous rejeté ces accusations. Dans un communiqué publié lundi, le Maroc a dénoncé les informations « mensongères » selon lesquelles les services de sécurité du royaume « ont infiltré les téléphones de plusieurs personnalités publiques nationales et étrangères et de responsables d'organisations internationales à travers un logiciel informatique ». Même démenti du côté de la Hongrie : « Le directeur général [des services secrets] m'a informé qu'aucune coopération n'a été établie avec les services de renseignement israéliens », a réagi lundi le ministre hongrois des Affaires étrangères en conférence de presse. Le Mexique, accusé d'avoir espionné 25 journalistes, a assuré par la voix de son président, Andrés Manuel López Obrador, que « plus personne n'est espionné, les libertés sont garanties ».


L'exploitation des failles de sécurité par « Pégasus »

Le logiciel Pégasus utilise une faille de sécurité de l'appareil pour prendre le contrôle du téléphone pendant un court laps de temps pour y installer le spyware à distance . Cette dernière peut provenir du matériel (hardware), par exemple une puce électronique, ou logiciel (software) en passant par les systèmes d'exploitation iOS ou Android. Les clients de NSO, en général des Etats, n'ont pas à chercher les failles eux-mêmes, ils n'ont besoin que du numéro de téléphone de la cible et Pegasus s'occupe du piratage et de l'exfiltration des données. Pour chaque cible visée, le client paye une licence à NSO de quelques dizaines de milliers d'euros.

Un outil d'élite, un jeu du chat et de la souris pour le démasquer

Pegasus est en effet un outil d'élite capable de prendre le contrôle intégral d’un téléphone portable et d’en extraire n’importe quelle donnée : e-mails, répertoire, localisation, documents, photographies…, y compris les messages échangés par l’intermédiaire des messageries chiffrées. Il peut, en outre, et toujours de manière totalement furtive, activer le micro et la caméra.

Cet outil d’élite infecte un tout petit nombre d’utilisateurs (par rapport à d’autres types de logiciels espions). Les traces qu’il laisse sont donc très rares, d’autant plus qu’elles sont laissées sur des systèmes d’exploitation (iOS, Android) difficiles à analyser car ils sont très « fermés ». Enfin, Pegasus est conçu justement pour échapper à toute forme de détection et à s’adapter en permanence ; c’est donc un jeu du chat et de la souris pour le comprendre et l’étudier.

Un secteur en plein essor en Israël

Face à ces accusations de cyberespionnage fondées, semble-t-il, le bureau de Naftali Bennett, n'a pas communiqué. Ancien ministre de la Défense qui a fait fortune dans la haute technologie avant de se lancer en politique, ce dernier a défendu mercredi ce secteur en plein essor en Israël sans commenter le dossier NSO. «Pour chaque 100 dollars investis dans la cyberdéfense à travers le monde, 41 dollars sont investis dans des firmes israéliennes», a-t-il déclaré, attribuant la prospérité locale du secteur aux unités d'élite de l'armée qui servent d'incubateur pour les start-up locales.

L'Etat d'Israël mis en cause ?

«Des logiciels développés par les firmes israéliennes comme Pegasus de NSO mettent clairement en cause l'Etat d'Israël. Même si les autorités israéliennes ne jouaient qu'un rôle indirect, elles ne peuvent échapper à leur responsabilité», a indiqué Reporters Sans Frontières dans un communiqué. «Nous demandons au Premier ministre (israélien) Naftali Bennett d'imposer immédiatement un moratoire sur les exportations de technologies de surveillance tant qu'un cadre réglementaire protecteur n'a pas été établi», a déclaré Christophe Deloire, son secrétaire général.

Face à ce scandale de cyberespionnage l'ONG Reporters sans frontières a demandé un moratoire sur ses ventes.

Un moratoire sur les ventes de Pegasus ?

L'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) a demandé mercredi 21 juillet au gouvernement israélien d'imposer dès à présent un moratoire sur la vente de ce logiciel espion. Permettant non pas de protéger des systèmes informatiques, mais de les infiltrer, Pegasus est considéré comme un produit de cybersécurité offensif et doit donc obtenir le feu vert du ministère israélien de la Défense pour être vendu à des pays tiers, au même titre qu'une arme.

L'ONU demande de nouvelles règles

La Haute-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Michelle Bachelet, a affirmé lundi que ces révélations « confirment le besoin urgent de mieux réglementer la vente, le transfert et l'utilisation » de ces technologies de surveillance « et d'en assurer un strict contrôle et autorisation ». « Sans cadre réglementaire respectueux des droits de l'homme, il y a tout simplement trop de risques que ces outils soient détournés pour intimider les critiques et réduire au silence ceux qui contestent », a-t-elle ajouté.

Mais ne soyons pas NAÏFS !

Ces réactions diplomatiques de bon aloi ne peuvent cependant nous faire oublier qu'en matière de cyberespionnage, les chercheurs auront toujours une longueur d'avance sur les Etats. Et ce logiciel Pégasus en service depuis plusieurs années déjà n'est que l'arbre qui cache la forêt.
Dans un monde de cyberguerre où les Etats s'espionnent mutuellement, Il y aura toujours des failles de sécurité à exploiter...




Alize Marion pour DayNewsWorld

ANGELA MERKEL SUR LES LIEUX DES INONDATIONS MEURTRIERES EN ALLEMAGNE

Le vice-chancelier et ministre des finances de la République fédérale, Olaf Scholz, a annoncé une aide d’urgence pour les sinistrés. La chancelière allemande, Angela Merkel, est venue constater, dimanche 18 juillet, les paysages dévastés laissés par ce qu’elle a appelé les inondations « du siècle » en Europe de l’Ouest, qui ont fait au moins 183 morts en Allemagne et en Belgique, un bilan qui s’alourdit chaque jour avec de nombreuses personnes portées disparues.

Mme Merkel est arrivée vers 13 heures en Rhénanie-Palatinat, dans le sud-ouest du pays, l’une des régions les plus touchées, où 110 personnes ont trouvé la mort sur un total de 156 dans le pays. L’air grave, la chancelière a commencé à prendre la mesure de la catastrophe qui a touché le village de Schuld, non loin de Bonn, où la rivière Ahr a détruit une partie de la localité, selon les images diffusées à la télévision.« C’est une situation surréaliste et fantomatique, je dirais presque que la langue allemande a du mal à trouver les mots pour décrire la dévastation qui a été causée », a confié la chancelière allemande lors d’une conférence de presse, après avoir arpenté le village sinistré d’Adenau. Elle a promis que « le gouvernement fédéral et les régions agiront ensemble pour remettre progressivement de l’ordre » dans les zones dévastées.

« L’addition de tous les événements auxquels nous assistons en Allemagne et la force avec laquelle ils se produisent, tout cela laisse penser (…) que cela a un lien avec le changement climatique, a-t-elle déclaré à des habitants d’Adenau. Nous devons nous dépêcher, Nous devons aller plus vite dans la lutte contre le changement climatique. »

Plusieurs milliards d’euros pour la reconstruction

Le vice-chancelier et ministre des finances de la République fédérale, Olaf Scholz, a annoncé l’adoption, dès la semaine prochaine en conseil des ministres, d’une aide d’urgence pour les sinistrés. Elle devrait s’élever à au moins 300 millions d’euros, a fait savoir le ministre social-démocrate au journal Bild am Sonntag, promettant également la mise sur pied d’un vaste programme de reconstruction de plusieurs milliards d’euros. L’Union européenne a également assuré de son soutien face à ces intempéries, qui ont affecté en outre les Pays-Bas, le Luxembourg et la Suisse.

Certaines routes sont éventrées, des ponts sont enfoncés et des villes sont ensevelies sous les décombres. « C’est une véritable catastrophe, je suis bouleversée », a déclaré Angela Merkel, en visite aux Etats-Unis lorsque les pluies diluviennes du milieu de semaine ont subitement provoqué des inondations décrites par les témoins comme des « raz-de-marée », des « tsunamis ».

Un tour politique à deux mois des élections

Les crues en Allemagne ont pris un tour politique à un peu plus de deux mois des élections législatives, à l’issue desquelles Angela Merkel quittera le pouvoir.

Chaque candidat rivalise en effet de propositions pour renforcer la lutte contre le réchauffement climatique, cause pour beaucoup d’experts des inondations. Chef du parti conservateur CDU et favori des sondages, Armin Laschet a réclamé, à l’instar de l’ensemble de la classe politique, d’« accélérer le rythme » dans la lutte contre le changement climatique. Mais Armin Laschet a commis samedi un faux pas préjudiciable à son image : il a été filmé en train de rire lors d’un hommage du chef de l’Etat aux victimes des crues. « Laschet rigole pendant que le pays souffre », écrit Bild.

Les images sont devenues virales, l’indignation nationale, contraignant l’intéressé à présenter ses excuses pour son comportement « inapproprié ». La polémique a pris d’autant plus d’ampleur que M. Laschet est aussi dirigeant de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, l’une des deux régions les plus touchées par les inondations.




Kelly Donaldson pour DayNewsWorld

TRAGEDIE EN ALLEMAGNE

 PLUS DE 100 MORTS DANS DES INONDATIONS

DES CENTAINES DE PERSONNES RECHERCHEES

Le nombre de décès s’alourdit en Allemagne. Au moins 81 sont mortes dans les intempéries qui touchent durement le pays. Ce bilan a connu un bond, après l’annonce vendredi de 50 décès, contre 28 la veille dans la seule région du Rhénanie-Palatinat, dans l’ouest du pays, une des plus affectées par les crues.

Comme si la terre avait été éventrée, et aspirait tout dans des tonnes de boue. Un spectaculaire glissement de terrain, consécutif aux violentes intempéries, a emporté vendredi matin des maisons dans une localité située près de Cologne. Plusieurs personnes sont décédées et d’autres portées disparues, ont annoncé les autorités locales.

Sur la commune de Erftstadt-Blessem, « les maisons ont été largement emportées par les eaux et certaines se sont effondrées. Plusieurs personnes sont portées disparues », selon un tweet de la communauté de communes de Cologne.

Par ailleurs, des centaines de personnes restent portées disparues dans l’ouest du pays. « Je crains que nous ne voyions toute l’étendue de la catastrophe que dans les prochains jours », a prévenu jeudi soir la chancelière Angela Merkel depuis Washington, où elle effectue une visite.

« On doit craindre le pire »

Rien qu’en Rhénanie-Palatinat, les autorités indiquaient jeudi soir être toujours sans nouvelles de 1.300 personnes dans le canton le plus frappé, celui de Bad Neuenahr-Ahrweiler. Toutefois, une porte-parole citée par Bild a mis ce chiffre sur le compte des perturbations du réseau téléphonique qui empêche de pouvoir joindre de nombreux habitants. Concrètement, « nous tablons encore sur 40, 50 ou 60 disparus et quand vous avez des personnes qui n’ont pas donné signe de vie depuis tant de temps (…) on doit craindre le pire », a déclaré son ministre de l’Intérieur Roger Lewentz à la chaîne de télévision SWR.

Les secours tentent d’évacuer les sinistrés, dont beaucoup se sont réfugiés sur le toit des maisons. Mais de nombreux accès sont bloqués, compliquant les opérations. Les autorités ont appelé les habitants à rester chez eux si possible et à « se réfugier dans les étages supérieurs si nécessaire ». L’armée allemande va déployer 300 soldats dans les deux Länder les plus touchés pour participer aux opérations de sauvetage.

Dans la commune de Schuld, au sud de Bonn, qui a été dévastée par la crue d’une rivière (laquelle a par ailleurs emporté six maisons), la police fait état de dizaines de disparus. Les habitants ont été invités à envoyer à la police des vidéos et des photos susceptibles de fournir des indices sur leurs proches disparus. Dans la localité de Mayen, en Dans la localité de Mayen, en Rhénanie-Palatinat, les rues étaient, elles, complètement inondées.

Au moins 9 morts en Belgique, Liège en partie évacuée

La Belgique, où les intempéries ont fait 9 morts et 4 disparus selon les informations des autorités rapportées par l’agence Belga, a également subi d’importants dégâts, tout comme le Luxembourg et les Pays-Bas.Dans l’après-midi, les autorités de Liège (200 000 habitants) avaient demandé aux riverains de la Meuse d’évacuer leurs habitations. Les villes de Theux, de Pepinster ou encore de Spa, situées près de Verviers, ont également été affectées. Plan « intempéries » déclenché au Luxembourg

De son côté, le Luxembourg a déclenché le plan « intempéries ». De nombreuses maisons sont inondées partout dans le pays, et leurs habitants ont été évacués, selon les autorités.

Aux Pays-Bas, la province du Limbourg, bordée par l’Allemagne et la Belgique, a également déploré d’importants dégâts. La montée des eaux menace d’isoler la petite ville de Valkenburg, à l’ouest de Maastricht. Plusieurs axes, dont une autoroute très fréquentée, ont été fermés face au risque de crues de fleuves et rivières.

« C’est une catastrophe, une tragédie »

« C’est une catastrophe, une tragédie », a réagi Angela Merkel depuis Washington, où elle a commencé, jeudi, une visite officielle. La chancelière a promis que l’Etat « ferait tout » pour venir en aide aux sinistrés.

« Nous n’avons jamais vu une telle catastrophe, c’est vraiment dévastateur », a déploré de son côté la ministre-présidente de Rhénanie-Palatinat, Malu Dreyer.Armin Laschet, dirigeant de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et favori pour succéder à l’automne à la chancelière Angela Merkel, a annulé à la hâte une réunion de son parti en Bavière, dans le sud du pays, pour suivre la situation dans son Etat, le plus peuplé d’Allemagne. « La situation est alarmante », a déclaré au quotidien Bild M. Laschet, qui a visité, chaussé de bottes en caoutchouc, des localités inondées.

La chef de file des Verts au Bundestag, Katrin Göring-Eckardt, a dit voir dans ce drame « les effets de la catastrophe climatique ». Ces intempéries sont un « appel au réalisme » : « C’est déjà là, c’est déjà là avec nous », a-t-elle regretté, appelant à un « changement urgent ».

Le ministre des finances, Olaf Scholz, candidat social-démocrate à la chancellerie, s’est lui aussi rendu sur place pour estimer les dégâts ainsi que les aides à apporter à la population. A deux mois et demi des élections, la candidate écologiste, Annalena Baerbock, compte, elle, interrompre ses vacances. Ces intempéries interviennent en effet en pleine campagne électorale et alors que la question du climat y joue un rôle central.

Ces crues en rappellent d’autres, survenues lors de l’été 2002, et que le chancelier d’alors, Gerhard Schröder, avait su affronter, avant d’être réélu face aux conservateurs.




Kelly Donaldson pour DayNewsWorld

LE PASS SANITAIRE EUROPEEN

Le certificat sanitaire européen entre en vigueur jeudi pour faciliter les déplacements et relancer le tourisme au sein de l'Union européenne cet été, sous la menace toutefois de nouvelles perturbations liées au variant Delta.

Comment fonctionne-t-il ?

« Le certificat numérique Covid européen », nom officiel de ce pass sanitaire, est gratuit, et doit être reconnu dans les 27 pays de l'UE, plus Suisse, Liechtenstein, Islande, Norvège.

Selon la Commission, tous les Etats membres devraient être en mesure jeudi d'en émettre ou d'en accepter, à l'exception de l'Irlande qui, touchée par des cyberattaques, pourrait prendre un peu de retard.

Mercredi 1 juillet 2021 au soir, 21 pays de l'UE s'étaient déjà connectés au portail commun du système et les six autres étaient techniquement prêts.

Ce «pass » s'applique à trois situations: il atteste qu'une personne a été vaccinée contre le Covid-19, qu'elle a passé un test négatif, ou encore qu'elle est immunisée après avoir contracté la maladie.

Il revient au pays de destination de décider s'il accepte les tests Il revient au pays de destination de décider s'il accepte les tests antigéniques rapides en plus des PCR. L'UE recommande d'accepter les deux et d'harmoniser leur durée de validité (pas plus de 72 heures avant l'arrivée pour les PCR et pas plus de 48 heures pour les antigéniques).

Pour prouver qu'elle a été immunisée après une infection, une personne doit fournir un test PCR positif prouvant son infection. La durée de validité de ce test positif est fixée à un maximum de 180 jours, mais les Etats peuvent décider de la réduire. Les tests sérologiques ne sont pour l'instant pas jugés suffisamment fiables pour attester de cette immunité.

Quelle durée ?

Ce règlement a une durée de validité de douze mois.

Une durée d' « application progressive » est prévue, avec un délai de grâce jusqu'au 12 août pour les pays qui ne seraient pas prêts dès le 1er juillet pour délivrer des certificats selon le modèle européen. Pendant cette période, les autres Etats doivent accepter des documents nationaux à condition qu'ils comportent les données requises au niveau européen.

Les vaccins acceptés ?

Les pays sont tenus d'accepter sur leur sol les voyageurs vaccinés avec les quatre produits autorisés au niveau européen: ceux de Pfizer/BioNTech, Moderna, AstraZeneca et Johnson&Johnson.

Les Etats membres peuvent -mais ne sont pas obligés-, d'admettre aussi les personnes vaccinées avec des sérums autorisés dans certains pays de l'UE (comme le russe Spoutnik utilisé en Hongrie), ou avec des produits homologués par l'OMS (comme le chinois Sinopharm).

Plus de quarantaine ?

Le certificat est censé dispenser son titulaire d'un test supplémentaire ou d'une quarantaine à l'arrivée, mais il est toujours possible pour un Etat membre d'introduire des restrictions si la situation du pays ou de la région de provenance du voyageur se détériore. Dans ce cas l'Etat doit informer la Commission et les autres pays si possible 48 heures avant l'introduction de ces restrictions.

Le variant Delta a déjà conduit l'Allemagne à ajouter le Portugal -où ce variant est devenu prédominant- à sa liste des pays à risque, ce qui interdit pratiquement toutes les arrivées en provenance de cet Etat.

Les voyageurs peuvent consulter le site « Re-open EU » qui recense les conditions applicables dans les différents pays européens.

Les principales organisations du secteur aérien ont déploré mardi la mosaïque de « stratégies disparates  « nationales de mise en œuvre du certificat sanitaire », recensant à travers l'UE dix solutions d'applications, au risque de « dysfonctionnements importants » et de longues queues pour les voyageurs dans les aéroports.

Support numérique ou papier ?

Le certificat comporte un code QR et une signature numérique attestant de son authenticité, qui pourront être lus par tous les pays de l'UE. Il peut être présenté aux autorités chargées de le contrôler sous forme digitale sur smartphone, ou imprimé sur papier.

Il revient aux Etats membres de décider s'ils intègrent ce certificat dans leur application de traçage nationale, ou s'ils utilisent une application distincte.

Quid des données personnelles?

Le texte prévoit que le certificat ne doit contenir que les données personnelles « strictement nécessaires », dans le respect de la réglementation européenne (RGPD).

Ces données ne sont pas échangées entre pays, seule la clé permettant de vérifier l'authenticité du certificat ayant besoin d'être transmise. La détention de telles données par le pays de destination ou de transit est interdite.

Quel usage?

La réglementation européenne concerne la libre circulation, mais les Etats membres peuvent décider d'utiliser ce certificat européen à d'autres fins (concerts, festivals, etc) dans le cadre de leur droit national.

Quid des pays tiers?

L'UE est en discussions avec un certain nombre de pays tiers, dont le Royaume-Uni et les Etats-Unis, pour une reconnaissance mutuelle et une interopérabilité des documents.

Par ailleurs, les Etats membres ont la possibilité d'accepter toute preuve d'une vaccination des voyageurs de pays tiers, avec un vaccin reconnu par l'UE ou homologué par l'OMS.

Les Vingt-Sept peuvent également, mais ce n'est pas une obligation, délivrer au cas par cas des certificats sanitaires européens aux voyageurs attestant d'une vaccination administrée dans un pays tiers.




Jaimie Potts pour DayNewsWorld

APRES ISRAEL LE VARIANT DELTA

 INQUIETE L'EUROPE

Désigné auparavant comme le variant indien, il est considéré plus contagieux que le variant Alpha détecté au Royaume-Uni, et est déjà devenu prédominant dans certaines régions du globe. C'est notamment dans la capitale portugaise et sa grande banlieue, où il représente plus de 60% des nouveaux cas détectés, a indiqué dimanche l'Institut national de Santé (Insa). Mais aussi en Angleterre où la levée des dernières restrictions a été repoussée de quatre semaines, jusqu'au 19 juillet, face à une remontée des infections causée par le variant Delta. Une telle situation est-elle inévitable dans l'Hexagone ?

« Une épée de Damoclès »

L'épidémie n'est pas terminée, a récemment prévenu l’épidémiologiste Martin Blachier sur LCI. Selon lui, « ce qu’il se passe cet été n’est absolument pas ce qu’il va se passer à l’automne ». Et il n'est pas le seul à le penser. L'épidémiologiste Pascal Crépey abonde : « Il ne faut pas qu'on se croie totalement tirés d'affaire, car le virus est toujours là, et le variant Delta pourrait nous réserver des surprises ».

Actuellement répertorié dans 85 pays, le variant Delta inquiète de plus en plus en Europe. Plus connu sous le nom de variant «indien», en référence au pays dans lequel il a été découvert, ce dernier serait 40 à 60% plus contagieux que le variant britannique, aujourd'hui nommé alpha et qui est déjà lui-même beaucoup plus contagieux que la souche historique du Sar-CoV-2. our comprendre le variant Delta, deux exemples de pays sont intéressants : le Royaume-Uni et Israël.

Le Royaume-Uni et Israël confrontés au variant Delta

Actuellement, outre-Manche, 90% des nouvelles contaminations proviennent du variant indien. Pour comprendre le variant Delta, deux exemples de pays sont intéressants : le Royaume-Uni et Israël. Gabriel Attal a averti avant-hier, les Britanniques étaient «il y a quelques semaines à quelques centaines de cas», ils avoisinent aujourd'hui 11.000 nouvelles contaminations par jour, alors que 63% de leur population est primo-vaccinée, et 46% ont reçu un schéma de vaccination complet. Le premier ministre anglais Boris Johnson a donc reporté de quatre semaines le déconfinement du pays, initialement prévu le 21 juin. Israël aussi, pourtant exemplaire en matière de vaccination, est touché par le variant et observe des cas de contaminations. 40% des nouveaux cas sont des personnes vaccinées, «ce qui signifie que le variant est très contagieux», avait déclaré lundi soir Gabi Barbash, ancien directeur général du ministère israélien de la Santé. Avec 60% de la population vaccinée, Israël n'a pas encore atteint l'immunité collective et se retrouve à un plafond de verre depuis mi-mars. C'est le laboratoire grandeur nature de la vaccination contre le coronavirus. Israël a dorénavant immunisé sa population avec Pfizer, d'après les dernières données consultées ce jeudi 24 juin.

L'intérêt est donc d'observer ce qui va se dérouler dans ces deux pays, qui ont atteint un stade avancé de la vaccination avec deux stratégies différentes.

Où se trouve-t-il en France ?

Pour le moment en France, il serait à l'origine de 9 à 10% des nouvelles contaminations en France, et à 70% dans le département des Landes. On voit apparaître certains clusters isolés en France, comme la semaine dernière dans un collège en Essonne.

Doit-on s'inquiéter d'une possible reprise épidémique ?

Tous les scientifiques l'affirment, nous nous trouvons actuellement dans une course effrénée entre la vaccination et les variants. Le but étant de vacciner le plus de monde possible, afin d'atteindre l'immunité collective -80% de la population vaccinée-, le seul moyen de lutter efficacement contre ces variants. Actuellement, 32 millions de Français ont reçu une injection de vaccin, et 17 millions un schéma de vaccination complet.

Le vaccin évite les formes graves

Les autorités sanitaires relèvent en effet une très légère reprise épidémique. Et parmi ces contaminations, "40 % des nouveaux cas sont des personnes vaccinées", comme l'a effectivement relevé le professeur Gabi Barbash, ancien directeur général du ministère israélien de la Santé, dans les médias locaux.

Si le chiffre est authentique, il ne prouve cependant pas l'inefficacité des vaccins contre le coronavirus. Pour comprendre pourquoi, il est important de rappeler l'objectif initial de la vaccination. Ce qui est recherché en priorité, c'est à empêcher les formes graves, les hospitalisations et les décès.

Et de fait, les hospitalisations sont bien en constante baisse, dans toutes les classes d'âge, depuis la mi-janvier. Idem pour les décès. Depuis plus de deux mois, il n'y a presque aucune victime de la maladie.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

CORONAVIRUS LE VARIANT DELTA A 90% DES NOUVEAUX CAS FIN AOUT EN EUROPE

L'épidémie repart dans plusieurs pays confrontés au variant Delta. En France, la situation sanitaire s'améliore de jour en jour et les dernières restrictions sont levées peu à peu.

Les modélisations du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) prévoient que le variant Delta, détecté initialement en Inde, représentera 70% des nouvelles infections dans l'UE d'ici à début août et 90% d'ici à fin août, indique le centre dans une note.

Trois nouveaux pays, la Russie, la Namibie et les Seychelles, ont été placés sur la « liste rouge » des pays dont les voyageurs doivent observer une quarantaine obligatoire à l'arrivée en France pour lutter contre la circulation des variants du coronavirus, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal

.Pays sur liste rouge

« Je vous annonce que le conseil de défense a décidé ce matin de l'ajout de trois pays à la liste rouge, la Namibie, les Seychelles et la Russie qui rejoignent donc la liste rouge », a indiqué M. Attal à l'issue du conseil des ministres.

« Nous avons mis en place une liste rouge pour des pays qui sont particulièrement à risque de variant et qui limite la venue en France quasi exclusivement aux citoyens français, avec des motifs impérieux et une quarantaine obligatoire mise en place à l’arrivée, qui fait l’objet d’un contrôle intransigeant par la police », a rappelé le porte-parole.

Les pays dits « rouges » sont les pays où la circulation du virus est considérée comme active et où des variants préoccupants sont présents. Les premières quarantaines obligatoires avaient été mises en place à partir du 24 avril pour l'Inde, le Brésil, l'Argentine, le Chili, l'Afrique du Sud, avant d'être étendues à sept autres pays le 8 mai, puis à la Colombie, au Bahreïn, au Costa Rica et à l'Uruguay le 14 mai.

À ce jour, 21 pays figurent désormais dans cette liste rouge, selon France Diplomatie.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

AVION DETOURNE : L’UE IMPOSE

DES SANCTIONS ECONOMIQUES INEDITES

AU REGIME DE LOUKACHENKO

La sanction est tombée. Les Européens ont décidé, ce lundi 21 juin lors d’une réunion à Luxembourg, de couper d’importantes sources de revenus du régime biélorusse pour sanctionner le déroutement d’un vol de la compagnie Ryanair, allant de Vilnius à Athènes, afin d’arrêter un journaliste dissident Roman Protassevitch et son amie russe, Sofia Sapega. Cet événement a été « le déclencheur », a confirmé un diplomate européen. « L’UE sanctionne un acte de piraterie aérienne », selon le chef de la diplomatie du Luxembourg, Jean Asselborn. La décision a été approuvée « à l’unanimité » lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept.

Une mesure rare, note la presse internationale.

Ce n’est pas tous les jours que les pays membres de l’Union européenne votent à l’unisson. Lundi, à Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept ont décidé à l’unanimité de frapper au portefeuille le régime biélorusse d’Alexandre Loukachenko.

Des secteurs-clés de l’économie biélorusse, comme la potasse, le tabac ou bien encore les produits pétroliers raffinés, sont ciblés. Ces sanctions incluent « des services financiers et des assurances, un embargo sur des produits pétrochimiques, la potasse et les livraisons de tabac », selon L’Écho. Tout nouveau prêt bancaire à l’État, à la banque centrale et aux banques et entités détenues en majorité par l’État sera également interdit.Ces sanctions économiques, rarement utilisées, devraient être ratifiées lors du Conseil européen des 24 et 25 juin.

Soixante-dix-huit personnalités, huit entités et sept secteurs économiques visés : l’Union européenne (UE) voulait sanctionner lourdement le régime biélorusse, lundi 21 juin à Luxembourg. L’UE va aussi renforcer son embargo sur les armes pour inclure les armes pour la chasse et le sport, et interdire la vente de biens à double usage et du matériel de surveillance

.Les ministres des affaires étrangères réunis ont donc approuvé des mesures qui tranchent avec celles, hésitantes, qui ont frappé le dirigeant Alexandre Loukachenko depuis plus de vingt ans. Jusqu’ici, ces décisions, pour l’essentiel, marquaient une désapprobation à l’égard de la brutalité de son régime et de la répression qu’il organisait mais ne l’affectaient pas réellement, pas plus que son entourage.

C’est donc une véritable « pluie de sanctions » qui s’est abattue « sur le dictateur Loukachenko », titre le quotidien belge Le Soir. Les Européens ont notamment gelé les avoirs de sept sociétés dirigées par des proches d’Alexandre Loukachenko et placé sur la liste noire de l’UE un fils du président, Dmitri, et l’épouse de son aîné Viktor, Lilia Loukachenko. « Ce sont des mesures qui vont affecter massivement la Biélorussie et les revenus de l’État et donc les fonds dont dépendent Loukachenko et son régime », avait souligné le ministre allemand Heiko Maas.

Washington impose des sanctions financières

Peu de temps après les annonces européennes, les Etats-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne annonçaient également des sanctions contre des responsables biélorusses. Washington vise une porte-parole d’Alexandre Loukachenko, le chef de ses services de renseignement, le président de la Chambre haute du Parlement de Minsk et, au total, 155 personnalités frappées par des restrictions de visa . Ces mesures visent entre autres de proches conseillers du président Alexandre Loukachenko et des responsables-clés des ministères de l'Intérieur et de l'Information. Le Royaume-Uni a également annoncé de nouvelles sanctions contre des responsables du régime biélorusse et une entreprise exportatrice de produits pétroliers, BNK.

« Personne ne s’attendait à ce qu’on aille aussi loin », a souligné le diplomate Jean Asselborn.. « Le régime doit être conscient que l’UE a des leviers et qu’elle est prête a d’autres sanctions », a-t-il averti., fin mai. Avec les sanctions économiques, les dirigeants de l’UE espèrent faire plier le régime. Certains veulent aller plus loin et combattre le sentiment d’impunité du président biélorusse.

« J’espère personnellement qu’un jour, Loukachenko rendra des comptes devant un tribunal international, parce qu’il commet des choses horribles », a commenté le diplomate.




Garett Skyport pour DayNewsWorld


LES DIRIGEANTS DE L'OTAN UNIS

FACE AU DEFI SYSTEMIQUE DE LA CHINE ?

Malmenés durant la présidence de Donald Trump qui avait qualifié l'Otan « d'obsolète », les Européens membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan) ont retrouvé leur précieux allié et ont voulu donner une impression d'unité et de front commun.

Dès son arrivée, le président américain a en effet donné le ton de la réunion: la recherche de l’apaisement après quatre années de déchirures. «Je veux que toute l’Europe sache que les États-Unis sont là», a-t-il déclaré, en soulignant que l’Otan est d’«une importance cruciale» pour l’Amérique.

Les dirigeants de l'Otan ont ainsi exprimé le 14 juin 2021 leur volonté de renforcer leur défense « face à toutes les menaces, d'où qu'elles viennent », dans un communiqué publié à l'issue du sommet qui les a réunis à Bruxelles.

Le communiqué évoque notamment les préoccupations de l’Alliance atlantique à l’égard d’un pays qui développe à grande vitesse son arsenal nucléaire et coopère militairement avec la Russie indiquant que la Chine représentait désormais un

« défi systémique » pour l’ordre mondial et la sécurité de l’Alliance atlantique.

« Les ambitions déclarées de la Chine et son comportement déterminé représentent des défis systémiques pour l’ordre international fondé sur des règles et dans des domaines revêtant de l’importance pour la sécurité de l’Alliance », ont affirmé les alliés.

Un œil sur les ambitions de la Chine

« La Chine accroît rapidement son arsenal nucléaire, se dotant d'un plus grand nombre d'ogives et de vecteurs sophistiqués pour établir une triade nucléaire », souligne la déclaration effectuée lundi à Bruxelles.

« Elle coopère aussi militairement avec la Russie, notamment en participant aux exercices russes dans la zone euro-atlantique ».

L'Alliance atlantique a notamment prévenu qu'elle réagirait à la diversification de l'arsenal nucléaire et a dit considérer que « l'influence croissante et les politiques internationales de la Chine peuvent présenter des défis, auxquels » elle se devait de répondre.

« La Russie et la Chine cherchent à nous diviser, mais notre alliance est solide », s'est félicité même le président américain Joe Biden lors d'une conférence de presse.

L'entrisme de la Chine en Europe ont été au coeur des discussions du sommet. Les Alliés veulent cependant maintenir un « dialogue constructif » avec Pékin « lorsque cela est possible » et appellent la Chine à « respecter ses engagements internationaux et à agir de manière responsable dans les milieux spatial, cyber et maritime, en conformité avec son rôle de grande puissance ».

Exagération de « la théorie de la menace chinoise »

Des propos qui ont été critiqués immédiatement par Pékin dans un communiqué publié après le sommet. L'ambassade de Chine auprès de l'UE a en effet accusé l'Otan de faire preuve d'une « mentalité de guerre froide » et de chercher à « créer artificiellement des confrontations ». Selon elle, l'Otan exagère « la théorie de la menace chinoise ». L’expression de défi systémique « calomnie(rait) l’évolution pacifique » du pays, qui disposerait de 20 fois moins de têtes nucléaires que les membres de l’Otan.

Lundi, le secrétaire général de l’Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, a alors cherché à atténuer la portée de la déclaration finale du sommet.« La Chine n’est pas notre adversaire, notre ennemi », a-t-il affirmé. « Mais nous devons faire face aux défis posés par la Chine pour notre sécurité ».

Si les dirigeants européens n’ont pas voulu troubler l’ambiance très positive des retrouvailles avec un partenaire américain revenu à de bonnes intentions à leur égard, ils avaient sans aucun doute quelques réticences: et parmi les points d'achoppement se trouve bien sûr la Chine, que les Etats-Unis voudraient voir identifiée comme le nouvel ennemi commun.

Des points d'achoppements avec les Etats-Unis

La Chine un partenaire économique et stratégique de l'Europe

Certains Européens ont en effet renâclé à considérer la Chine comme un adversaire. Lundi, la chancelière allemande Angela Merkel s’est en effet montrée prudente invitant à ne pas renoncer à une position « équilibrée » à l’égard de Pékin.

Lors de sa conférence de presse finale, Emmanuel Macron appelait, lui, l’OTAN à ne pas se détourner de ses missions essentielles, à ne pas « confondre les objectifs », à ne pas « biaiser » la relation avec la Chine.

La semaine dernière il soulignait, sur le ton de l’ironie, que la Chine n’était pas, a priori, dans le rayon d’action d’une Alliance appelée à défendre le territoire européen .

« L’Otan est une organisation qui concerne l’Atlantique nord, la Chine a peu à voir avec l’Atlantique nord », a insisté le président Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse.

« Il est très important de ne pas nous disperser et de ne pas biaiser le rapport à la Chine. Il est beaucoup plus large que le sujet militaire : il est économique, il est stratégique », a-t-il ajouté.

Alors que la Chine n'était pas mentionnée il y encore trois ans dans les communiqués du sommet, elle est aujourd'hui clairement présentée comme une rivale avec ses nouvelles routes de la soie, une concurrente, voire une adversaire. Mais elle est aussi une partenaire commerciale de premier ordre pour l'Europe.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

LE PLAN DE RELANCE DE L’UNION EUROPEENNE

PEUT DEMARRER SON PROCESSUS DE DETTE COMMUNE

L’Union européenne (UE) va pouvoir démarrer dès juin le processus historique d’émission de dette commune pour financer son plan de relance destiné à surmonter les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19, a annoncé, lundi 31 mai, dans la soirée, le Conseil européen dans un communiqué.

L’instance européenne, qui représente les Etats membres, a annoncé avoir « reçu formellement les notifications d’approbation de l’ensemble des Vingt-Sept, ce qui permet à la Commission d’emprunter au nom de l’UE sur les marchés des capitaux ». Le plan de relance, baptisé « Next Generation EU », « démarre demain [mardi 1 juin 2021] ! L’Union européenne est désormais en mesure d’obtenir le financement nécessaire », s’est ainsi réjoui le premier ministre portugais, Antonio Costa, dont le pays assure la présidence tournante Conseil de l’UE depuis janvier.

La France recevra 40 milliards d'euros

Au total, 672 milliards d'euros de subventions et de prêts vont être accordés aux pays membres de l'UE, dans le cadre d'un plan de relance global de 750 milliards d'euros baptisé « Next Generation EU ». Ce plan est financé par un recours commun à l'emprunt, inédit, qui incarne la solidarité européenne face à la crise du Covid-19. L'Espagne et l'Italie devraient être les principaux bénéficiaires avec près de 70 milliards d'euros chacune, devant la France avec près de 40 milliards d'euros.

« Concrètement, la Commission lance ce 1er juin le processus d’émission de dette en réunissant des grandes banques internationales et européennes, et l’émission de titres aura lieu ce mois-ci », avait, de son côté, déclaré le secrétaire d’Etat français chargé des affaires européennes, Clément Beaune, dans une interview aux Echos. Le montant de la première émission de dette européenne se situera « autour de 10 milliards d’euros », a-t-il précisé, assurant que « l’appétit du marché devrait être très important et les taux d’intérêt très favorables ».

L’Espagne et l’Italie, principaux bénéficiaires

Les parlements d’Autriche et de Pologne avaient approuvé jeudi le mécanisme de dette commune, permettant de conclure son processus de ratification. La mise en œuvre du plan, conclu en juillet 2020 après de difficiles négociations, a été souvent critiquée pour sa lenteur. Les premiers paiements sont prévus en juillet prochain. Il s’agira de préfinancements représentant 13 % des subventions totales. Les déboursements s’étaleront sur plusieurs années.

Les pays de l’UE ont commencé à déposer fin avril à Bruxelles leurs plans nationaux d’investissements associés à des réformes structurelles, afin de solliciter les financements. Vingt-deux Etats sur vingt-sept ont déjà soumis leur projet à la Commission, qui a deux mois pour les examiner et les approuver. Le Conseil européen, qui représente les Etats membres, aura ensuite un mois pour donner son feu vert. L’Espagne et l’Italie devraient être les principaux bénéficiaires avec près de 70 milliards d’euros chacune, devant la France (près de 40 milliards).

L’argent doit permettre de financer la rénovation thermique de bâtiments, des projets ferroviaires, des bornes de recharge pour véhicules électriques, des réseaux de télécommunications à haut débit ou encore des infrastructures de stockage des données.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

VASTE ESPIONNAGE DES ETATS-UNIS EN EUROPE

Jusqu’où vont les Américains quand il s’agit de renseignement ?

Visiblement, où ils veulent, si l’on en croit une récente enquête menée par des journalistes danois pour la chaîne de télévision publique danoise Danmarks Radio (DR) dont les conclusions nous sont rapportées par Le Monde, dimanche 30 mai.

Les accusations sont cette fois d’autant plus graves qu’elles concernent également un pays de l’Union européenne. De 2012 à 2014, les Etats-Unis ont espionné des responsables politiques en Europe, dont la chancelière allemande Angela Merkel, avec l’aide des services de renseignement danois, ont rapporté dimanche des médias européens.

La DR a ainsi indiqué que la National Security Agency ( NSA) américaine s’était branchée sur des câbles de télécommunication danois pour espionner des responsables en Allemagne, en Suède, en Norvège et en France. Un accès dont l’agence américaine disposait grâce à des accords avec le Operation « Dunhammer ». L’agence américaine aurait ainsi pu accéder aux SMS, aux appels téléphoniques et au trafic Internet, y compris les recherches, les chats et les services de messagerie.

Pendant et après l’affaire Snowden

Cette affaire d’espionnage, si elle est confirmée, s’est produite pendant et après l’affaire Snowden, en 2013. Employé de la NSA devenu lanceur d’alerte, Edward Snowden avait alors révélé l’existence d’un système de surveillance mondiale des communications et d’internet visant notamment les Allemands et le téléphone portable de la chancelière en particulier. En outre, en novembre 2020, DR avait déjà rapporté que les Etats-Unis avaient utilisé les câbles danois pour espionner les industries de défense danoise et européenne de 2012 à 2015.

Il n’est toutefois pas établi que le Danemark savait que les Etats-Unis utilisaient son système de surveillance pour espionner ses voisins.

Les sources interrogées par les journalistes émettent l’hypothèse d’une collaboration involontaire et naïve des services danois via le partenariat d’accès aux systèmes de surveillance.




Alize Marion pour DayNewsWorld

L'OPPOSANT ROMAN PROTASSEVITCH

 « CONTRAINT DE PASSER AUX AVEUX »

EN BIELORUSSIE

Interpellé à Minsk après le détournement d'un avion de ligne par les autorités, le dissident biélorusse Roman Protassevitch a affirmé collaborer avec les enquêteurs dans une vidéo diffusée à la télévision publique. Pour l'opposition, il ne fait pas de doute que ses propos ont été enregistrés sous la contrainte.

Dans cette vidéo mise en ligne lundi 24 mai, le militant biélorusse Roman Protassevitch, interpellé lorsqu'un vol de Ryanair a été forcé à atterrir à Minsk, assure être en bonne santé et reconnaît avoir joué un rôle dans l'organisation de manifestations à Minsk l'an dernier.

« Le personnel se comporte avec moi de façon tout à fait adéquate et en respectant la loi, je continue de collaborer avec les enquêteurs et suis passé aux aveux concernant l'organisation de troubles massifs », affirme Roman Protassevitch dans cette vidéo dans laquelle il s'exprime assis à une table, face caméra. Il y apparaît sweatshirt sombre, fatigué, agitant ses mains croisées, tandis qu'un paquet de cigarettes et une boîte d'allumettes sont posés sur la table.Dans l'enregistrement, non daté, le militant dit se trouver dans la Maison d'arrêt N°1, située dans le centre de Minsk. Mais la pièce où il est filmé ne donne aucune indication sur sa localisation.

Une mise en scène selon l'opposition

Ses alliés ont immédiatement dénoncé une mise en scène, estimant que ses déclarations avaient été faites sous la contrainte. Les médias d'opposition soutiennent que Roman Protassevitch présente des traces sur le visage, ce qui laisserait présager, selon eux, de possibles mauvais traitements.

« C'est à cela que Roman ressemble sous la contrainte physique et morale. Je demande la libération immédiate de Roman et de tous les prisonniers politiques », a déclaré Svetlana Tsikhanouskaïa, l'une des chefs de file de l'opposition biélorusse, s'exprimant sur Twitter en anglais.Apparaissant sur plusieurs conversations de la messagerie Telegram, Roman Protassevitch dit se trouver dans un centre de détention pour personnes en attente de jugement et dément avoir des problèmes cardiaques comme évoqué par certaines sources sur des réseaux sociaux.

Au pouvoir depuis 1994, Alexandre Loukachenko, 66 ans, a fait face à une défiance sans précédent avec des manifestations ayant suivi sa réélection contestée l'été dernier.

Environ 35 000 personnes ont été arrêtées depuis le début du mouvement de protestation. Alexandre Loukachenko réfute toute fraude électorale et accuse les pays occidentaux d'être derrière les manifestations.

Roman Protassevitch, journaliste d'opposition de 26 ans, et sa compagne Sofia Sapéga, se trouvaient à bord d'un Boeing de Ryanair reliant Athènes à Vilnius. Ce dernier a été dérouté dimanche sur Minsk après une alerte à la bombe qui s'est révélée mensongère. Ils ont été arrêtés à l'aéroport.

Placé sur la liste d'individus impliqués dans des activités terroristes

Les pays occidentaux et l'opposition ont fermement dénoncé cet incident, accusant Minsk de « piraterie », voire de « terrorisme » d'État, pour arrêter un militant.

Vivant en exil en Lituanie, Roman Protassevitch est poursuivi au Biélorussie pour « organisation de troubles massifs », un crime passible de 15 ans de prison. Les services de sécurité biélorusses (KGB), hérités de la période soviétique, l'ont aussi placé sur une liste « d'individus impliqués dans des activités terroristes ».

Selon l'opposition, le jeune homme encourt la peine de mort en Biélorussie, le dernier pays à l'appliquer en Europe.




Alize Marion pour DayNewsWorld

LA BELIORUSSIE FAIT DEROUTER UN BOEING

 POUR ARRETER UN OPPOSANT

La Biélorussie a envoyé un chasseur intercepter un avion de ligne de Ryanair venant d'Athènes et allant à Vilnius (Lituanie) à bord duquel se trouvait Roman Protassevitch, militant de l'opposition et ancien rédacteur en chef du média Nexta. Dès son arrivée, celui-ci a été interpellé par les services de sécurité du régime d'Alexandre Loukachenko.

Tout a commencé dimanche avec l’alerte d’une « potentielle menace pour la sécurité à bord » du Boeing 737 de la compagnie irlandaise Ryanair. L’information est transmise par les contrôleurs aériens biélorusses à l’équipage de l’avion reliant Athènes à Vilnius, capitales respectives de la Grèce et de la Lituanie.

Il est presque 13 heures. Le Boeing survole le territoire biélorusse et s’apprête à traverser la frontière lituanienne quand le président, Alexandre Loukachenko, selon son service de presse, décide d’envoyer un chasseur Mig-29 pour intercepter l’avion commercial et le forcer à atterrir à Minsk.Roman Protassevitch, 26 ans, est l’ancien rédacteur en chef du média d’opposition Nexta.

Activiste, journaliste et photographe, exilé en Lituanie depuis 2019, il a commencé à travailler pour Nexta à la fin de 2019, avant d’en partir en octobre 2020 pour rejoindre Golovnogo Mozga, un autre média d’information biélorusse. Depuis novembre 2020, son nom figure sur la liste, établie par les services de sécurité biélorusses (KGB), des « individus impliqués dans des activités terroristes ».

Une répression implacable de l'opposition locale

L'homme fort de Biélorussie, Alexandre Loukachenko, a remporté un sixième mandat lors des élections en août. Le scrutin, jugé frauduleux, a été largement critiqué par la communauté internationale et l'opposition. Les autorités ont répondu aux vastes manifestations par une répression brutale qui a entraîné l'arrestation de milliers de personnes, l'emprisonnement ou l'exil forcé de dirigeants de l'opposition.

Le sommet de l’UE qui s’ouvre lundi soir discutera de « possibles sanctions » contre le pays.




Alize Marion pour DayNewsWorld

LE DRAME DES MIGRANTS MINEURS DE CEUTA

La photographie d’un bébé en pyjama rayé sorti in extremis des eaux par un plongeur de la garde civile espagnole a fait la une des journaux nationaux. Sur une autre vidéo, une mère confie à un bénévole de la Croix Rouge son nourrisson à travers le grillage de la frontière. Car parmi les quelque 8000 migrants qui ont traversé la frontière hispano-marocaine le 17 et le 18 mai dernier, il y aurait entre 2000 et 3000 mineurs, selon l’exécutif espagnol. Si les adultes ont été rapidement reconduits à la frontière, les plus jeunes se retrouvent coincés dans les limbes migratoires, ni accueillis, ni expulsés.

Quelques jours après l'arrivée massive d'au moins 8.000 migrants en provenance du Maroc voisin, la petite enclave espagnole de Ceuta se dit incapable d'apporter seule l'aide dont ont besoin des centaines d'enfants et d'adolescents encore présents, dont beaucoup errent dans les rues....

Difficile, pour une enclave de 18km2 comme Ceuta, de faire face à une telle avalanche humaine. Quelque 750 jeunes ont pu être pris en charge dans l’urgence par les autorités dans un hangar militaire à Tarajal, au sud, où les ONG dénoncent des conditions d’accueil sommaires. 250 autres ont pu être transférés dans un centre d’accueil. Quant à la majorité des mineurs restants, ils errent dans Ceuta sans but précis. «Nous avons dormi dans la rue, dans une zone boisée et aussi dans une maison abandonnée. Il faisait si froid la nuit», confient deux adolescents

Des responsables gouvernementaux avaient estimé que parmi les migrants arrivés, environ 1.500 avaient moins de 18 ans, mais Mme Deu a assuré que la municipalité ne pouvait confirmer ce chiffre. A cela s'ajoute la difficulté, dans ce genre de situation, de déterminer l'âge exact des jeunes migrants. La quasi-totalité n'ont pas d'argent et ne parlent pas un mot d'espagnol. Certains sont venus seuls, alors que d'autres ont franchi la frontière avec des amis ou des frères plus âgés. La quasi-totalité sont des garçons, des adolescents ou des jeunes gens ayant une vingtaine d'années. Parfois, le désespoir l'emporte. Un jeune migrant, dont l'âge n'est pas connu, a ainsi tenté vendredi de se pendre avec un câble métallique sur la promenade de Ceuta. Il a été ranimé d'extrême justesse par la police, alertée par un passant.

« On n'y arrive pas »

Les autorités de cette petite ville de 84.000 habitants ont admis qu'elles étaient dépassées par la situation et appelé les 17 régions du pays à faire preuve de solidarité.

« On n'y arrive pas, il y a trop d'enfants », avait lancé dans la semaine un autre membre du gouvernement local, Carlos Rontomé Romero. « Nous sommes la frontière, nous sommes la digue, mais nos capacités sont limitées. Nous sommes une petite ville de 19 km2 », c'est très difficile « d'absorber toutes ces personnes », déclarait-il dans une interview à la radio nationale espagnole.

Le gouvernement a appelé à l’aide les autres provinces autonomes en les sommant de prendre en charge au moins 250 jeunes non accompagnés qui se trouvaient à Ceuta avant la crise migratoire. «Des jeunes dont la situation juridique, scolaire et sanitaire a été prise en charge et régularisée par le gouvernement autonome local», a précisé la ministre des Droits sociaux, Ione Belarra, qui a rencontré vendredi le Conseil territorial espagnol, selon La Razon. Plusieurs régions autonomes, comme Madrid, l’Andalousie et Murcie ont manifesté leurs réticences. Depuis, 200 mineurs non accompagnés qui se trouvaient déjà hébergés à Ceuta ont été répartis dans diverses régions d'Espagne afin de faire de la place pour les nouveaux arrivants.

Avis de recherche et parents paniqués

Beaucoup de ces jeunes disent que leurs parents ne savent pas où ils sont.« Ma mère doit être très inquiète maintenant, parce que j'étais le seul qui ramenait de l'argent pour permettre à la famille de manger », confie Omar Luriaghri, qui dit être âgé de 16 ans. Il ne peut même pas l'appeler, car elle n'a pas de téléphone. Son rêve, dit-il, est « de travailler ici comme balayeur ».

La priorité de la ville est de retrouver les parents. Elle a donc ouvert jeudi une « hotline », qui a reçu « plus de 4.400 appels » en 24 heures, a précisé Mme Deu. « Nos équipes travaillent sans relâche pour trouver les familles et assurer le retour immédiat de l'enfant, parce que c'est ce que les parents et les enfants veulent », a-t-elle déclaré. « Beaucoup pleurent et veulent rentrer chez eux depuis leur arrivée ».

Mais les choses ne sont pas si simples, car la loi interdit qu'un mineur soit renvoyé dans le pays d'où il vient sans que sa situation soit évaluée avec soin. « Renvoyer des enfants n'est pas légal et ne peut pas être toléré », avertit Ricardo Ibarra, responsable d'une association qui regroupe des ONG dans le domaine de la défense des droits des enfants. Il dit craindre que certains jeunes soient refoulés sans bénéficier des protections prévues par la loi.

Car le cas de chaque mineur doit être examiné individuellement pour déterminer « s'il est préférable de le renvoyer ou qu'il reste en Espagne », a précisé l'avocat Albert Pares Casanova.

C'est le gouvernement espagnol « qui décide en dernier ressort s'ils doivent partir ou peuvent rester », a-t-il ajouté.

Un porte-parole du ministère espagnol de l'Intérieur a assuré que tous les retours de migrants se faisaient dans le respect des procédures prévues par la loi. Mais il a aussi indiqué ne pas avoir de détails sur les âges des personnes renvoyées au Maroc.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

FACE A L'AFFLUX DE MIGRANTS A CEUTA

" L'EUROPE NE SE LAISSERA PAS INTIMIDER"

Le gouvernement espagnol a tapé du poing sur la table.

Tandis que plus de 8 000 migrants en provenance du Maroc sont arrivés à Ceuta depuis lundi 17 mai 2021, Madrid a convoqué  mardi 18  l'ambassadrice marocaine pour lui exprimer son « mécontentement ».

« Je lui ai rappelé que le contrôle des frontières a été et doit rester de la responsabilité partagée de l'Espagne et du Maroc », a déclaré à la presse la ministre des Affaires étrangères Arancha Gonzalez Laya.

À Rabat, le ministère des Affaires étrangères marocain a annoncé le rappel immédiat « pour consultation » de son ambassadrice.

Face à la gravité de la situation, le Premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, s'est rendu l' après-midi-même à Ceuta, où il a été accueilli par les huées de quelques dizaines de résidents, selon des images mises en ligne par le journal local. Ils'est ensuite  rendu à Melilla, l'autre enclave espagnole située sur la côte méditerranéenne du Maroc.

Plus tôt, le chef du gouvernement espagnol avait qualifié de « grave crise pour l'Espagne et aussi pour l'Europe » la vague record de migrants arrivés ces dernières 24 heures à Ceuta. « Nous allons rétablir l'ordre dans (la) ville et à nos frontières le plus rapidement possible », a promis Pedro Sanchez.

Plus de 8 000 migrants sont en effet entrés illégalement à Ceuta depuis lundi, ont indiqué les autorités espagnoles, et 4 000 ont déjà été renvoyés au Maroc. Pedro Sanchez a assuré que tous les migrants adultes entrés illégalement seraient expulsés, dans « le cadre des accords signés avec le Maroc depuis des années ». « Le Maroc est un pays ami de l'Espagne et doit le rester », a insisté le dirigeant socialiste.

Le Parlement européen tire la sonnette d’alarme

Les députés européens ont tenu, dès mardi 18 mai, une séance plénière sur le sauvetage en mer des migrants qui affluent vers l’Union européenne sur des embarcations de fortune. Le débat a surtout souligné les divisions profondes entre pays de l’UE et familles politiques.

D’un côté, on trouve les partis les plus à droite qui réclament une fermeture des frontières complète à l’australienne. De l'autre, la gauche qui demande une réelle solidarité avec les demandeurs d’asile et une mission européenne consacrée au sauvetage en mer.« 667 morts, c'est le nombre de personnes qui ont péri cette année en Méditerranée. Combien de débats devons-nous réclamer encore au Parlement européen ? », dénonce Saskia Bricmont, députée écologiste belge.

La commissaire européenne chargée des Affaires intérieures a appelé le Maroc à empêcher de nouvelles tragédies et à empêcher les migrants de tenter de rejoindre Ceuta.

Devant les parlementaires européens, Ylva Johansson a souligné que les drames récurrents des naufrages de migrants sont une des priorités de sa proposition de pacte d’asile et migration.

Mais pour la députée centriste française Fabienne Keller, l’UE pourrait commencer par utiliser les outils déjà disponibles : « Les pays de première entrée ne peuvent gérer seuls les arrivées nombreuses de migrants par la Méditerranée. J'appelle d'abord les États à remettre sur pied la déclaration de Malte pour soulager les pays de première entrée ».

L'Union européenne "ne se laissera pas intimider".

Bruxelles a rapidement exprimé à l'Espagne sa solidarité et appelé le Maroc, par la voix de la commissaire européenne Ylva Johansson, à empêcher les « départs irréguliers » depuis son territoire.

« L'Europe ne se laissera intimider par personne », a ajouté mercredi matin Margaritis Schinas, le vice-président de la Commission européenne en soutien à l'Espagne. Il a aussi affirmé, au sujet du Maroc, que l'Europe ne serait « pas victime de ces tactiques ».

Près de 4 000 migrants ont été renvoyés au Maroc, selon les chiffres publiés mardi par le ministère espagnol de l'Intérieur, qui a par ailleurs annoncé l'envoi de nouveaux renforts des forces de l'ordre sur place.

Des conditions sanitaires et économiques

La situation à Ceuta et Melilla est atypique pour ne pas dire anormale. Ces enclaves espagnoles sur le territoire marocain sont des points d’entrée dans l’Union européenne. Et comme elles bénéficient d’une fiscalité avantageuse, le commerce avec le Maroc, appelé contrebande côté marocain, s’était considérablement développé.

La population marocaine autour de Ceuta et Mellila a décuplé au cours des 20 dernières années, mais l’arrêt brutal il y a un an de ce trafic par les autorités marocaines a plongé la région dans la crise.

Là-dessus s’est greffée la pandémie de Covid-19, ce qui pourrait expliquer le désespoir de ces milliers de Marocains qui ont rejoint l’enclave de Ceuta par la mer.

Pression politique du côté marocain

Cette crise migratoire, sans précédent pour l'Espagne, dont le Maroc est un allié clé dans la lutte contre l'immigration clandestine, intervient alors que les relations diplomatiques entre les deux payse sont envenimées depuis l'accueil, fin avril, par l'Espagne du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, Brahim Ghali, pour y être soigné du Covid-19.

L'indépendance du Sahara occidental en question

Le Maroc avait convoqué fin avril l'ambassadeur espagnol à Rabat pour lui signifier son « exaspération » après l'hospitalisation du chef du Polisario, un mouvement soutenu par l'Algérie qui revendique l'indépendance du Sahara occidental, ancienne colonie espagnole que le Maroc considère comme partie intégrante de son territoire.

Si à Rabat, les plus hautes autorités gardent le silence depuis lundi, le directeur central de la police judiciaire, Mohamed Dkhissi, avait affirmé dimanche sur la télévision publique marocaine 2M que l'Espagne était « perdante » dans cette brouille et souligné que le Maroc, « qui est une puissance régionale (...) n'est le serviteur d'aucun pays ».




Simon Freeman pour DayNewsWorld

L'ECOLOGISTE ANNALENA BAERBOCK

EN ROUTE POUR LA CHANCELLERIE ALLEMANDE

Plebiscités dans les sondages, les Verts talonnent les conservateurs qui se sont déchiré sur la succession d'Angela Merkel. La coprésidente des Verts, Annalena Baerbock, qui s’est démarquée ces dernières années au sein du parti écologiste, a en effet été désignée lundi comme chef de file pour les élections législatives de septembre.

Cette écologiste déterminée relève aujourd'hui son défi le plus audacieux en portant les espoirs des Verts pour accéder à la chancellerie. À seulement 40 ans, c'est elle et non Robert Habeck, son charismatique partenaire à la tête du parti, longtemps favori, qui sera la cheffe de file des Grünen pour les élections législatives du 26 septembre.

Pour sa famille politique, les écologistes, Annalena Baerbock représente l'espoir d'accéder à la chancellerie en Allemagne. « La démocratie a besoin de changement, et je veux être la candidate du renouveau quand d’autres sont les candidats du statu quo », a déclaré Annalena Baerbock, lundi, depuis Berlin.

Mais qui est d'Annalena Baerbock ?

«Sortie de nulle part» mais en route pour la Chancellerie

Quand il parle d'Annalena Baerbock, Joschka Fischer, ancien ministre allemand des Affaires étrangères (1998-2005) et figure tutélaire des Verts, indique que, pour lui, elle est «quasiment sortie de nulle part».

Agée de 40 ans elle est députée au Bundestag depuis près de huit ans, élue dans une circonscription de Brandebourg. Elle prend sa carte du parti en 2005, l'année où les écologistes, partenaires gouvernementaux minoritaires des sociaux-démocrates, quittent le pouvoir. C'est aussi l'année où Angela Merkel entre à la chancellerie, la première femme dans l'histoire allemande. Sans expérience ministérielle, même au niveau régional, Annalena Baerbock a pourtant su se rendre indispensable au sein du parti, jusqu'à en prendre les rênes au côté du charismatique Robert Habeck.

Ce dernier a longtemps été considéré comme favori pour la chancellerie, jusqu'à ce que sa partenaire fasse connaître ses ambitions, juste avant Noël. Lors de leur réélection conjointe à la tête des Verts en 2019, elle l'avait déjà devancé avec un score de 97,1% contre 90,4%. Le meilleur résultat jamais enregistré par un dirigeant écologiste. « Annalena, ce sont les racines de notre arbre. Certaines fleurs de Robert se faneraient rapidement sans elle », assure Claudia Roth, vice-présidente du Bundestag, grande figure de cette formation longtemps turbulente et aujourd'hui largement entrée dans le rang.

Une élue et une femme engagée

En tant que députée écologiste, Annalena Baerbock milite pour une «prospérité respectueuse du climat». Sensible à la situation en Syrie, elle a également parrainé financièrement un réfugié syrien qui, depuis, a pu obtenir un visa pour rester en Allemagne.

Un profil atypique

Le profil atypique d'Annalena Baerbock peut parfois s'avérer être une force. Juriste spécialiste de droit international, elle est notamment connue pour sa rigueur et son application dans le traitement de ses dossiers. Elle a notamment travaillé sur la sortie du charbon dans la région du Brandebourg et sur le financement de l'Otan.

Originaire de Basse-Saxe, dans le nord-ouest du pays, la quadragénaire se destinait au journalisme, avant de changer de projet après un stage auprès d'un député européen écologiste.

Une ancienne sportive de haut niveau

La jeune femme aux cheveux bruns foncés et au corps athlétique fut triple médaille de bronze aux championnats d'Allemagne de la discipline. Également footballeuse ,cette ancienne sportive de haut niveau qui milite pour « une prospérité respectueuse du climat » y voit des similitudes avec la politique. Avant de s'illustrer en politique, Annalena Baerbock en faisait autant sur un trampoline. Dans un documentaire diffusé par la chaîne publique NDR, l'élue rapproche d'ailleurs la pratique du trampoline de celle de la politique.

Selon elle, «il faut être vraiment courageuse» dans ces deux domaines, puisqu'«à chaque nouvelle figure qu'on apprend, on ne sait pas si on va atterrir sur la tête ou sur les pieds».




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

LA SUCCESSION D'ANGELA MERKEL SE PRECISE AVEC LA DESIGNATION POUR LES LEGISLATIVES

D'ARMIN LARSCHET A LA CDU-CSU

La succession d’Angela Merkel promettait de ne pas être facile. Après seize ans au pouvoir, la chancelière allemande, toujours populaire, laisse derrière elle un Parti démocrate-chrétien (CDU/CSU) plein de doutes.

Le fort soutien apporté lundi par la direction du parti à la candidature d’Armin Laschet pour les législatives du 26 septembre pourrait indiquer que le parti a surmonté son questionnement interne. La CDU valide en effet la candidature d’Armin Laschet pour briguer la succession d’Angela Merkel

Contesté par le populaire Markus Söder, le président du parti chrétien-démocrate a finalement été largement investi pour mener une bataille législative plus incertaine que jamais.

Une semaine de duel fratricide à la CDU-CSU

Après une semaine de duel fratricide entre les deux hommes, – une rare crise au sein de cette formation disciplinée –, le comité exécutif du parti chrétien-démocrate CDU, s’est prononcé, au bout de six heures de réunion virtuelle et au terme d’un vote interne, pour la candidature de son président face à celle du populaire dirigeant bavarois Markus Söder. Le soutien des responsables de la CDU est net : 77,5 % d’entre eux se sont prononcés en faveur d’Armin Laschet contre 22,5 % pour Markus Söder. Candidat naturel de la CDU dont il a pris la tête en janvier, Armin Laschet, partisan de la continuité avec le cap centriste d’Angela Merkel, avait vu son investiture contestée par M. Söder, chef du « parti frère » bavarois CSU.

Silencieuse, Angela Merkel est jugée en partie responsable de la zizanie qu’elle laisse dans son camp à la fin de son « règne » de 16 ans, après avoir éliminé pendant des années ses concurrents en interne et empêché l’éclosion d’une relève naturelle.

Un affrontement qui peut laisser des traces: la CDU en sort fragilisée

La CDU a en effet enregistré voici peu ses pires scores électoraux dans le Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat, la patrie d’Helmut Kohl. Elle n’est plus créditée que de 26-28% des intentions de vote, contre 35% en février. Elle est happée par des affaires de corruption en lien avec l’achat de masques anti-covid.

Certes Laschet a pu se targuer d’un bilan positif à la tête du land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le plus peuplé d’Allemagne. Il incarne aussi, à l’image de Merkel, un centrisme apprécié outre-Rhin et la stabilité, une vertu que les Allemands vénèrent. Mais Il a beau être proche de Merkel, sa cote de popularité est en chute libre. De plus, la guerre des chefs faisait rage au sein des démocrates-chrétiens. Il y a peu, Markus Söder, président de la CSU, le parti frère, s'était lui aussi porté candidat. Et ce avec l’appui massif de la CSU, qui n’avait jusqu’ici jamais réussi à faire élire un chancelier.

Un tel affrontement entre CDU et CSU s’est rarement produit depuis que l’alliance entre ces deux « partis frères » a été scellée après-guerre. Cette victoire à l’arraché de M. Laschet, âgé de 60 ans et dirigeant de la région d’Allemagne la plus peuplée, la Rhénanie du nord-Westphalie, risque de laisser des traces.« Celui qui sortira vainqueur ne partira pas en position de force. Söder ou Laschet sauront qu’ils démarrent une campagne électorale avec seulement le soutien de la moitié de leur base », commentait lundi le quotidien Handelsblatt. « Quel que soit le vainqueur entre Laschet et Söder, il sera très difficile de rassembler les troupes divisées face à un parti Vert très discipliné », mettait en garde la Süddeutsche Zeitung.

L'ascension des Verts

Or, face aux Verts, qui sont en pleine ascension (près de 23% des intentions de vote) et qui ont également désigné leur candidat le 19 avril, il y a pourtant urgence à trancher. Les Verts sont en effet, pour la première fois, les principaux adversaires des conservateurs qu’ils talonnent dans les sondages en vue des élections.

A l’opposé de l’étalage des divisions à droite, les écologistes ont offert lundi une image d’unité et de renouveau en désignant une juriste quadragénaire, Annalena Baerbock, pour se lancer à la conquête de la chancellerie.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

COVID INQUIETUDES AUTOUR DU VARIANT BRESILIEN

Suspension des vols avec le Brésil

Après 48 heures de polémique, d’alertes des médecins et de critiques de l’opposition, Paris a finalement tranché : la France suspend « jusqu'à nouvel ordre » tous les vols avec le Brésil. Les autres pays européens ayant des liaisons directes avec le Brésil ont pour la plupart restreint ces vols, avec des exceptions (résidents, raisons familiales ou certaines professions) à condition de respecter une quarantaine, comme en Italie, en Espagne et aux Pays-Bas. Plus strict, le Portugal a suspendu les vols en provenance du Brésil depuis la fin janvier et organisé ponctuellement des vols de rapatriement pour les ressortissants brésiliens.

Le variant brésilien du côté de nos frontières

Pourquoi ?

Ce pays d’Amérique latine, deuxième pays le plus endeuillé au monde à cause de la pandémie de coronavirus, traverse une nouvelle vague dramatique. Avec un changement de taille : 52 % des patients en réanimation ont désormais moins de 40 ans.

La faute, entre autres, à un variant, dit brésilien. Désormais majoritaire, il fait des ravages dans les pays limitrophes et angoisse le monde entier.

À Manaus, au Brésil, l’épidémie de Covid-19 s’est fortement aggravée en raison de l’apparition de ce nouveau variant plus virulent qui présente de nombreuses mutations inquiétantes. Aujourd’hui, ce variant semble déjà se propager au-delà des frontières du géant sud-américain, en Ontario et en Colombie-Britannique et même à côté de nos frontières. Ce variant représente déjà 7 % des cas positifs aux Pays-Bas et cela augmente de 60 % par semaine.

Pas évident de suivre la multiplication de variants, plus ou moins connus, répandus et dangereux… L’ Organisation mondiale de la santé propose donc un classement. Les Variant Of Concert (comprenez préoccupants) sont pour le moment au nombre de trois (en plus de la souche initiale) : Voc 1 pour le Britannique, Voc 2 pour le Sud-africain et Voc 3 pour le Brésilien. Mais on retrouve ce même variant brésilien sous un autre nom : P1. Un deuxième variant, baptisé P2, a également émergé dans ce pays. Il fait en revanche partie des Variant of interest (VOI), donc moins présents dans le monde.

Dans quelle mesure est-il plus dangereux ?

Si l’on sait encore très peu de choses sur ce P2, les informations qui nous viennent du Brésil sur le P1 ont de quoi faire peur. Santé Publique France a publié une analyse des risques liés à l’émergence des variants :

ce P1 serait entre 40 % et 120 % plus contagieux que la souche initiale de 2020 du coronavirus. Est-il plus mortel ? Pour le moment, il n’y a pas d’impact décrit sur la sévérité de la maladie. Il est en tout cas responsable d’une réelle hécatombe au Brésil.

Mais Benjamin Davido, infectiologue à l’ hôpital Raymond-Poincaré de Garches (AP-HP), met en garde contre des prévisions catastrophistes hâtives. Car il reste énormément de questions sans réponse sur ce variant.

Mais la sitaution au Brésil ne se compare pas à celle de la France :

les décisions politiques n’ont en effet pas été les mêmes ,Jair Bolsonaro, le président brésilien, antivaccin notoire, niant la gravité de la maladie et se refusant à confiner le pays depuis des mois. Par ailleurs, le vaccin diffusé au Brésil est le CoronaVac, produit par l’entreprise chinoise Sinovac, dont l’efficacité tournerait autour de 50 %. Alors que la France a misé sur les vaccins Pfizer (95 % d’efficacité), Moderna (94 %) et AstraZeneca (70 %).

Avec 4.000 morts en 24 heures, des hôpitaux bondés et des cimetières où l’on enterre même la nuit, les images du pays servent de repoussoir. Mais l’infectiologue nuance également la vision d’une « épidémie cataclysmique pour la jeunesse. Il y a des listes d’attente dans les hôpitaux. La moyenne d’âge en réanimation, entre 40 et 50 ans, s’explique, car quand vous avez 500 malades en liste d’attente, on priorise les plus jeunes. Le tri entre patients, c’est ce qu’ils vivent. »

Est-il déjà présent en France ?

Oui, le P1 a été détecté dès février 2021. Mais sa diffusion reste très limitée. Selon le dernier point épidémiologique de Santé Publique France, publié le 8 avril, les suspicions de variant V2 (sud-africain) ou V3 (variant brésilien) étaient restées stables à 4,2 % des contaminations dans le pays.

On est très loin de 20 % des contaminations du Portugal, pourcentage publié par Le Parisien. « A l’image de la compétition bactérienne, il y a une compétition entre les variants, explique Benjamin Davido. Le variant britannique a un temps d’avance et semble nous protéger face aux autres variants. »

Et pour P2 ? Santé Publique France, à ce jour, 22 cas ont été détectés en France métropolitaine, et 72 en Guyane.

Les vaccins, efficaces contre le variant brésilien ?

Les réinfections après une immunité naturelle interrogent sur l’efficacité des vaccins. Les scientifiques parlent d'« échappement immunitaire » : « Alors que l'on sait que la vaccination marche très bien sur le mutant anglais, on voit une perte de protection avec les variants brésilien et sud-africain», explique dans Le Parisien le virologue Bruno Lina, membre du conseil scientifique. Ces deux souches sont porteuses d'une même mutation, E484K, suspectée d'amoindrir l'immunité acquise par une infection passée (avec donc une possibilité accrue de réinfection) ou par les vaccins.

Peu de données sont encore disponibles sur le variant brésilien, mais plusieurs études in vitro sur le sud-africain démontrent ce risque. C'est ce qui a poussé la Haute autorité de santé à recommander « l'utilisation exclusive des vaccins à ARN messager » (Pfizer-BioNTech et Moderna), jugés plus efficaces, en Guyane, à Mayotte et à La Réunion, où ces variants représentaient 85 %, 83 % et 65 % des nouveaux cas la semaine dernière, selon Santé publique France

Mais des solutions existent. « Le responsable de Pfizer assure qu’en six semaines, le laboratoire peut faire une mise à jour pour contrer un variant. », argue l'infectiologue Davido.




Abby Shelcore pour DayNewsWorld

LE VACCIN JOHNSON & JOHNSON AUTORISE PAR  L'UNION EUROPEENNE ARRIVE EN FRANCE

A partir de lundi 12 avril, la France va pouvoir compter sur le vaccin Janssen, filiale européenne du groupe américain Johnson & Johnson : une première livraison de « 200 000 doses » arrive « avec une semaine d'avance » en France. « On élargit la vaccination », s'est en outre félicité Olivier Véran. Sa spécificité ? Une seule injection est suffisante pour protéger contre le Covid-19. Ouvert à toutes les personnes de plus de 55 ans dès lundi, comme le vaccin AstraZeneca, il devrait permettre de donner un coup d'accélérateur à la campagne de vaccination française.

Malgré ce bon démarrage en France, des inquiétudes ont émergé aux Etats-Unis quant aux livraisons futures du vaccin de Johnson & Johnson contre le Covid-19. En effet, celles-ci seront en forte baisse la semaine prochaine aux Etats-Unis à la suite d'un incident dans une usine de production. En Europe, Johnson & Johnson pourra compter sur d'autres laboratoires qui seront chargés de sa formulation et de sa mise sous flacon. C'est le cas de Sanofi en France. La substance active, qui donne son efficacité au vaccin, proviendra elle du site de Leyde aux Pays-Bas.

Quatrième vaccin autorisé

Après l'Union européenne jeudi 11 mars, la France et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont, à leur tour, donné son homologation au vaccin contre le Covid-19 à dose unique du géant pharmaceutique américain Johnson & Johnson.

Le vaccin à dose unique Janssen du groupe américain Johnson&Johnson est autorisé en Europe le 11 mars.

Dans un communiqué, l'Agence européenne du médicament qui avait commencé son analyse le 16 février annonce « l'octroi d'une autorisation de mise sur le marché conditionnelle pour le vaccin Covid-19 Janssen afin de prévenir le Covid-19 chez les personnes à partir de 18 ans ».

C'est le quatrième vaccin autorisé en Europe, après ceux de Pfizer, Moderna et AstraZeneca mais le premier vaccin qui s'utilise en une seule dose. 

Une seule injection nécessaire

Le vaccin Janssen présente plusieurs avantages logistiques. La principale nouveauté est qu'il ne nécessite qu'une seule injection, contrairement aux vaccins de Pfizer-BioNTech, de Moderna ou d'AstraZeneca, qui sont administrés en deux doses espacées de plusieurs semaines.

De plus, ce nouveau vaccin peut être conservé durant trois mois à des températures de réfrigérateur standard, ce qui facilite sa distribution chez les médecins ou les pharmaciens notamment.

Le vaccin COVID-19 Janssen est un vaccin à vecteur viral. Pour le fabriquer, les scientifiques ont utilisé un adénovirus (appelé adénovirus de type 26 ou Ad26), responsable de rhumes hivernaux chez l'homme, dont ils ont modifié l'ADN afin que ce virus, bénin lorsqu'il est injecté chez l'homme, entraîne la fabrication de la fameuse protéine Spike, spécifique du sars-CoV-2.

Elle ne provoque pas de maladie mais amène le système immunitaire à apprendre à réagir de manière défensive, produisant une réponse immunitaire contre le Sars-CoV-2.

Une efficacité de 85% sur les formes graves

L'efficacité du vaccin Janssen a été testée lors d'essais cliniques sur environ 40 000 personnes âgées de 18 ans ou plus dans plusieurs pays, notamment les Etats-Unis, le Mexique, le Brésil et l'Afrique du Sud. Environ la moitié a reçu le vaccin, l'autre moitié un placebo, et les deux groupes ont été comparés.

Le vaccin s'est révélé efficace à 85% pour empêcher les formes graves du Covid-19, une donnée cruciale, car c'est ce qui évite les hospitalisations et les décès. Aucune personne vaccinée n'est morte du Covid-19 lors des essais, contre sept décès dans le groupe placebo.

Le vaccin était par ailleurs efficace à 66% pour prévenir les formes modérées à sévères de la maladie. Un taux qui regroupe des réalités différentes entre les pays : de 72% aux Etats-Unis, il passait à 64% en Afrique du Sud, où un variant (B.1.351) était déjà ultramajoritaire au moment de l'essai clinique, selon les données analysées par l'Agence américaine des médicaments.

Les effets secondaires les plus fréquemment observés lors des essais cliniques étaient une douleur à l'endroit de l'injection, des maux de tête, de la fatigue et des douleurs musculaires.

« Chaque nouvel outil sûr et efficace contre le Covid-19 est un pas de plus vers la maîtrise de la pandémie », a commenté,le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.




Abby Shelcore pour DayNewsWorld

UN MEMORIAL DE COEURS

 POUR LE COVID-19 A LONDRES

Il y aura sur ce mémorial le long de la Tamise autant de cœurs qu’il y a eu de victimes du Covid-19 au Royaume-Uni : plus de 126 000.

Un hommage massif et impressionnant aux victimes de l'épidémie.

Une association de familles de victimes du Covid-19 a décidé de créer un mémorial sur des dizaines de mètres de mur gris le long de la Tamise, en plein centre de Londres.

Fran , un feutre rouge à la main droite et un masque noir sur le visage, trace les contours d’un cœur. Un de plus.

« Nous avons commencé à dessiner des cœurs, rouges pour la plupart, de tailles différentes et on a recouvert le mur », explique-t-elle.

Depuis lundi, Fran est venue tous les jours. Des heures de trajet, puisqu'elle n'habite pas à Londres

Peu importe, elle honore la mémoire de son mari, mort en octobre dernier, trois semaines après leur mariage :

« C’est vraiment important que les gens qui sont morts ne soient pas oubliés.

Placer ce mémorial dans le centre de Londres, ça le rend visible par tout le monde. »

Rappeler leur responsabilité aux élus

Des cœurs visibles en particulier par les parlementaires. Ils sont de l’autre côté de la Tamise, juste en face. Impossible pour eux de rater cette fresque.




Alize Marion pour DayNewsWorld

LUTTE CONTRE L'ISLAM RADICAL

L'ASSOCIATION MILLI GORUS ET LA MOSQUEE

 DE STRASBOURG

L’organisation turque Milli Görüs, qui projette de construire la plus grande mosquée de France à Strasbourg, est au cœur d’une vive polémique.

Une organisation « qui se bat contre les valeurs de la République ».

Alors qu'une décision doit prochainement être rendue par la municipalité de Strasbourg concernant le financement de la plus grande mosquée de France, le gouvernement, par la voix de son porte-parole Gabriel Attal, a vivement critiqué l'organisation d'influence turque Milli Görüs, initiatrice du projet, jugeant qu'elle n'avait pas vocation « à avoir des activités » en France.

Le budget officiel de ce projet, baptisé Eyyub Sultan d'après un sanctuaire islamique de la ville d'Istanbul, est de 25 millions d'euros. Le 22 mars 2021, la municipalité a voté un accord de principe pour le financement de 10 % de cette somme. Cette décision a valu à la maire Europe écologie les Verts (EELV) de Strasbourg, Jeanne Barseghian, les foudres du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui l'accuse de financer une « ingérence étrangère », de la Turquie, sur le sol français.

Milli Görüs, un outil du pouvoir turc ?

La fédération d'associations originaire de Turquie Milli Görüs est loin d'être une officine occulte. Fondée en 1969 par l'ancien Premier ministre turc (1996-1997) Necmettin Erbakan, la plus ancienne fédération islamique d'Europe, dont le siège se trouve à Cologne, en Allemagne, compte plus de 500 lieux de cultes à l'international. En France, elle gère 70 mosquées sur les quelque 2 600 présentes sur le territoire, et rassemble plusieurs dizaines de milliers de fidèles. Elle siège au Conseil français du culte musulman (CFCM) ; son président Fatih Sarikir, en est le secrétaire général. « C'est un mouvement assez puissant qui contrôle 25 % à 30 % des mosquées fréquentées par les Turcs en France et bénéficie d'un solide ancrage local », explique Samim Akgönül, historien et directeur du département d'études turques à l'université de Strasbourg.,

Lancé il y a plus de dix ans sur la base de financements privés, le chantier de la mosquée de Strasbourg a été interrompu en 2019, faute de fonds. Un autre projet de lieu de culte initié par Milli Görüs est actuellement à l'étude à Mulhouse.

Sur son site Internet, Milli Görüs revendique être « un acteur incontournable de la vie des musulmans de France ». Loin d'y voir une image neutre, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, l'accuse de pratiquer un « islam politique » pointant du doigt une tentative du « gouvernement turc de s'ingérer dans les histoires françaises et notamment religieuses ».

« Milli Görüs est certes une organisation sunnite, conservatrice », estime Samim Akgönül.

« Le parti au pouvoir en Turquie, l'AKP, est issu du Milli Görüs, mais ce lien est rompu depuis plusieurs années », analyse l'historien Samim Akgönül. « Aujourd'hui, la confédération d'associations n'est pas affiliée à l'État turc. Pour autant, ils peuvent se retrouver sur certaines valeurs communes comme le nationalisme et des idées religieuses conservatrices, telles que le port du voile et l'opposition au mariage pour tous. »

Un état de crise entre la France et la Turquie

Cette suspicion du gouvernement français vis-à-vis du pouvoir turc s'inscrit dans un contexte de fortes tensions entre Emmanuel Macron et son homologue à Ankara, Recep Tayyip Erdogan. Le président de la Turquie s'est notamment montré très critique vis-à-vis des mesures françaises engagées pour combattre l'islam radical. En échec dans sa politique économique et sociale, Erdogan tente de rehausser sa légitimité en voulant devenir le nouveau leader mondial de l'islam et de la reconquête territoriale...

De nombreux conflits sur le plan international

L’état de crise entre les deux pays que sont la France et la Turquie a pris racine il y a plusieurs années, notamment à la faveur de la crise libyenne ou des propos sur « la mort cérébrale de l’Otan ».

De plus au mois de juin 2020 un fait majeur a aggravé les relations entre les deux pays. En effet un incident a eu lieu entre une frégate turque et un navire français, la première ayant menacé le second alors qu’il tentait d’approcher un cargo battant pavillon tanzanien. Ce dernier était suspecté de livrer du matériel militaire en Libye malgré l’embargo en vigueur. La ministre Florence Parly a vivement dénoncé ce geste agressif, et la France a suspendu sa participation aux opérations méditerranéennes.

Un autre événement est venu peu après remettre de l’huile sur le feu: l’intrusion de bâtiments turcs à la recherche de gisements d’hydrocarbures dans des eaux méditerranéennes revendiqués par Chypre et la Grèce. Très rapidement, Emmanuel Macron est monté au front. Cela lui a permis de « présenter la France - et lui-même - comme le défenseur des frontières et de la souveraineté de l’Europe face à l’affirmation croissante, sinon à l’agressivité de la Turquie », détaille le politologue

Outre la situation en Méditerranée orientale, c’est sur le front libyen que Paris et la Turquie continuent de s’opposer. Les forces soutenues par la Turquie à Idlib depuis le début sont en effet des groupes islamistes. Ainsi les djihadistes de Daech sont chargés de lutter contre les Kurdes.

Aussi Recep Tayyip Erdogan n'hésite-t-il pas à remettre en cause l' accord de cessez-le- feu du 23 octobre 2020 obtenu de haute lutte à Genève. ...

Depuis la rentrée, la détente paraît s’éloigner encore un peu plus notamment au regard du conflit dans le Nagorny Karabach, entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie.

Emmanuel Macron a ainsi notamment affirmé que des « djihadistes » avaient été envoyés depuis la Syrie dans le Karabach en soutien à l’Azerbaïdjan, ce dont s’est défendu Recep Tayyip Erdoğan. Le pouvoir d' Erdogan dépend en effet des ultra-nationalistes turcs qui ont quelques obsessions géopolitiques.

Enfin, si les précédents points d’accroche se sont essentiellement polarisés sur le terrain diplomatique et des enjeux internationaux, c’est plutôt sur celui de la politique intérieure française que la tension franco-turque est récemment montée d’un cran.

Le projet de loi sur le séparatisme et « l'entrisme turc »

Le discours d’Emmanuel Macron début octobre sur le projet de loi sur le séparatisme a suscité l’ire d’Ankara, vu comme une « provocation » par Recep Tayyip Erdoğan. Cela s’explique en partie selon Jean Marcou par la volonté du président turc de s’adresser à ses compatriotes à l’étranger, mais aussi d’inscrire sa position à l’international. « Ça tient aussi au positionnement que veut adopter la Turquie dans le monde musulman où actuellement, elle s’oppose à l’Arabie saoudite, aux Émirats, et donc cette volonté de leadership et de défense.

Je crois qu’il y a à la fois la défense des Turcs de l’étranger voir possiblement la défense des musulmans (...) c’est un sujet qui a toujours été très, très sensible pour la Turquie. Dans la mesure où la loi sur le séparatisme pourrait avoir des conséquences pour la communauté turque, voire pour les musulmans turcs, effectivement Erdogan intervient », analyse-t-il.

S'ajoute à cela l'absence de condoléance de la part de la Turquie après la mort de Samuel Paty dans l’attentat de Conflans-Sainte- Honorine.

La Turquie, bien que pays non arabe, serait-elle "la marionnettes des Frères musulmans- dont est issu Erdogan- et qui partage avec les salafistes un projet impérialiste à l’échelle planétaire".

Une communauté turque importante en Europe

La Turquie d’Erdogan se servirait de sa diaspora d’abord en Allemagne, qui n’ose s’opposer frontalement à elle, et maintenant en France pour étendre en Europe l'islam et s'attaquer ainsi aux valeurs de laïcité française !

Pas moins de 150 000 Turcs vivent en effet dans le Grand Est, principalement en Alsace et à Strasbourg . Les mosquées ( dont la mosquée de la Meinau accueillant 2500 fidèles),et écoles « islamo-turques » sont de plus en plus en plus nombreuses et il existe même une « faculté » de théologie au sein de l’université de Strasbourg. En outre, les projets de telles écoles se multiplient dans la France entière.

Ne faut-il pas parler alors d’entrisme turc « où le nationalisme turc conjugué à l’islam rigoureux conduit à transformer l’école en fabrique de futurs ennemis de la République », selon l’édito de Michel Taube dans Opinion internationale.

Erdogan mobilise les islamistes contre la France

A quoi joue donc le président turc Recep Tayyip Erdogan ?

« Je pense que Recep Tayyip Erdogan la joue à la fois sultan et calife. Sa stratégie est de chercher l'ennemi extérieur et de le vilipender de manière extraordinairement violente pour susciter une vague du nationalisme dans son pays. », conclut Michel Taube.

L'Union européenne doit s'inquiéter aussi avec lucidité de cet « entrisme turc » qui ne cesse de croître en Europe. La Turquie joue un jeu trouble envers les Européens.

Milli Görüs refuse la « Charte des principes de l'islam de France ».

En novembre 2020, le ministre de l'Intérieur Gérard Darmanin a dissous le groupe d'extrémistes turcs, les Loups gris, à la suite d'une série d'actions violentes visant la communauté arménienne. Marine Le Pen est alors montée au créneau en accusant Gérald Darmanin de faire un « coup de com' » et affirmant que la vraie menace venait de Milli Görüs, bien plus structurée sur le territoire français.

Deux mois plus tard, en janvier 2020, le Conseil français du culte musulman (CFCM) publie, à la demande du gouvernement, la « Charte des principes de l'islam de France ». Ce texte, qui a pour but de lutter contre l'Islamisme radical, rejette explicitement l'islam politique ainsi que les discours défendant des régimes étrangers dans les lieux de cultes.

Trois fédérations du Conseil français du culte musulman (CFCM), Trois fédérations du Conseil français du culte musulman (CFCM), dont Milli Görüs, refusent alors de le signer en l'état, jugeant que certains passages « sont de nature à fragiliser les liens de confiance entre les musulmans de France et la Nation ».

Une déclaration de guerre selon le ministre français de l'Intérieur, qui affirme qu'il n'y a « rien à "négocier " » et prévient que l'État multiplierait les contrôles visant ces associations.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

ASTRAZENECA DANS LA TOURMENTE

29 MILLIONS DE DOSES DECOUVERTES EN ITALIE

Alors que l’Union européenne accuse AstraZeneca de ne pas respecter les approvisionnements promis, un énorme stock a été découvert en Italie. C'est là, à quelques kilomètres de Rome qu'un stock de 29 millions de doses a été découvert, ont révélé mercredi les médias locaux. Les 29 millions de doses trouvées près de Rome seraient suffisantes pour vacciner 14,5 millions de personnes.Des doses dont la destination finale demeure une énigme…

Selon le quotidien La Stampa, le butin est stocké dans l'usine de Catalent Inc., sur la petite commune D'Agnani. Un lieu stratégique, puisque le laboratoire britannico-suédois AstraZeneca y fait embouteiller sa substance active. Cette étape du « fill and finish » terminée, les doses doivent être dispersées, selon le laboratoire, entre deux clients : 16 millions pour le marché européen, 13 millions pour Covax, le programme de l'OMS pour les pays à « faible revenu », a précisé l’entreprise.

Un niveau élevé de défiance

Cet épisode a provoqué un éventail de réactions qui illustrent le niveau élevé de défiance régnant dans l’UE à l’égard d’AstraZeneca, alors que le laboratoire anglo-suédois a revu à la baisse le nombre de vaccins à destination du bloc communautaire d’ici fin juin - 100 millions de doses contre 300 millions prévues dans le contrat conclu avec Bruxelles.

L’Europe ne doit pas être le dindon de la farce de la vaccination

Peter Liese, député européen issu du même parti que la chancelière allemande Angela Merkel, a dit avoir été sans voix après avoir appris la découverte de ces lots de vaccins. Il a appelé AstraZeneca à clarifier la situation. S’exprimant devant le Parlement italien après le communiqué d’AstraZeneca, Mario Draghi a déclaré que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen lui avait dit samedi que certains lots stockés à l’usine de Catalent devaient être inspectés car faisant défaut à des livraisons attendues par l’UE . La Commission européenne a refusé de s’exprimer sur les doses trouvées en Italie.

« La question de l'interdiction de ces exportations se posera »

L’UE a précisé mercredi les règles de contrôle des exportations de vaccins produits sur son sol instaurées en janvier, définissant une autorisation plus claire de blocage des exportations vers des pays disposant d’une couverture vaccinale plus élevée et/ou n’exportant pas leurs propres doses, comme la Grande-Bretagne.

Problème : du côté des autorités, des doutes ont été émis concernant la réalité de ces expéditions. La destination des doses italiennes « doit encore être clarifiée », a fait savoir aux Échos l'Élysée, précisant que « si ces doses étaient destinées à la réexportation, la question de l'interdiction de ces exportations se posera ».

En clair : l'approvisionnement du Royaume-Uni, c'est fini. C'est ce que Gabriel Attal a martelé ce mercredi, à la sortie du Conseil des ministres, estimant qu'AstraZeneca a tenu en « quasi-intégralité » ses engagements « avec la Grande-Bretagne mais pas avec l'Union européenne ». Et le porte-parole du gouvernement de dénoncer « une situation totalement inacceptable ».

Avance du voisin anglais

Force est de constater que le voisin anglais a pris de l'avance sur ses anciens partenaires. L'UE a exporté quelque 10 millions de doses, tous vaccins confondus, vers le Royaume-Uni entre le 1er février et mi-mars. Mais à l'inverse, elle n'a reçu aucune dose produite sur le sol britannique - alors que le contrat signé par AstraZeneca prévoyait la livraison de doses produites dans deux usines au Royaume-Uni.

Preuve que la gestion de sa production par AstraZeneca interpelle l'UE, les stocks d'Agnani ont été retrouvés dans le cadre d'une inspection de la « task force » mise sur pied par Thierry Breton. Le commissaire européen s'est en effet fixé un objectif : connaître les quantités de doses réellement produites par AstraZeneca sur le continent. Et ce afin, peut-être, de comprendre les retards auxquels font face les membres de l'UE.

Le compte n'y est pas : l'an dernier, le laboratoire avait promis à l'UE jusqu'à 360 millions de doses à la mi-2021. La semaine dernière, il a concédé qu'il n'en livrerait que 100 millions….




Britney Delsey pour DayNewsWorld

LONDRES AUGMENTERA SON ARSENAL NUCLEAIRE

Le Premier ministre Boris Johnson annoncera mardi que le Royaume-Uni relèvera de « plus de 40% » le plafond des ogives nucléaires qu'il est autorisé à stocker, ont révélé lundi soir deux médias britanniques.

Downing street a annoncé dans un communiqué que Boris Johnson délivrerait mardi devant le Parlement les conclusions d'un rapport sur la défense, la sécurité et la politique étrangère du pays, qui déterminera la ligne du gouvernement pour la décennie à venir.

D'après le Guardian et le Sun, qui ont pu consulter ce document d'une centaine de pages, le gouvernement prévoit de relever à 260 le nombre maximal d'ogives que le pays est autorisé à stocker, après s'être précédemment engagé à réduire son stock à 180 ogives d'ici le milieu des années 2020.

Selon les médias britanniques, Downing street invoque une « panoplie croissante de menaces technologiques et doctrinales » pour justifier ce changement de cap, inédit depuis la Guerre froide.

Le rapport met en effet en garde contre la « possibilité réaliste » qu'un groupe terroriste « réussisse à lancer une attaque CBRN [chimique, biologique, radiologique ou nucléaire] d'ici 2030 », mais aussi contre la « menace active » et le « challenge systémique » que représentent respectivement la Russie et la Chine. Une dissuasion nucléaire minimale, crédible et indépendante, affectée à la défense de l'OTAN, reste essentielle pour garantir notre sécurité », explique le rapport.

Une nouvelle course à l'armement nucléaire

Ce revirement intervient alors que Londres cherche à se repositionner après le Brexit comme une puissance incontournable sur la scène internationale, selon le concept de «Global Britain».




Bob Dean pour DayNewsWorld

 SERIEUX REVERS LORS DE SCRUTINS REGIONAUX POUR LA CDU D'ANGELA MERKEL

La CDU a enregistré deux sévères revers électoraux dimanche à l'occasion des scrutins régionaux du Bade Wurtemberg et de Rhénanie Palatinat, deux Länder frontaliers de la Belgique, du Luxembourg et de la France.

Pires scores de son histoire

Dans le Bade-Wurtemberg, région qu’elle a dirigée de 1953 à 2011 avant d’en céder la présidence aux Verts, la CDU obtient 24,1 % des voix, soit 2,9 points de moins qu’en 2016, selon des résultats non encore définitifs, lundi matin. En Rhénanie-Palatinat, fief de l’ancien chancelier conservateur Helmut Kohl (1982-1998), elle recueille 27,7 % des suffrages, soit une baisse de 4,1 points.

Ces revers peuvent s’expliquer par la popularité des ministres-présidents sortants, non-membres des conservateurs, mais aussi par des scandales internes qui ont agité le parti d’Angela Merkel ces dernières semaines. En effet différentes affaires ont secoué le parti conservateur ces derniers jours. La semaine passée, deux de ses députés, le Bavarois Georg Nüsslein (CSU) et l'élu du Bade-Wurtemberg, Nikolas Löbel (CDU), ont démissionné de leurs partis respectifs, soupçonnés d'avoir joué les intermédiaires rémunérés lors de contrats passés entre les autorités et des fabricants de masques.

Mauvaise communication

Plébiscitée au début de la crise du sanitaire, la CDU paie de surcroît aujourd'hui les récentes erreurs de gestion commises par le ministre de la Santé, Jens Spahn. La communication publique autour de l'épidémie se révèle calamiteuse. Les autorités viennent d'assouplir les contraintes sanitaires au moment où, selon l'institut Robert Koch, le pays doit se préparer à une troisième vague.

Un sérieux avertissement pour le parti d’Angela Merkel à six mois seulement des législatives du 26 septembre, qui doivent déboucher sur l’élection d’un nouveau chancelier à la tête de l’Allemagne




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

LA SUISSE VOTE POUR L'INTERDICTION DE LA BURQA

Les Suisses ont voté dimanche 7 mars 2021 à une courte majorité en faveur de l'interdiction de se dissimuler le visage dans les lieux publics. Le texte, qui vise femmes qui portent la burqa ou le niqab dans le pays, a obtenu 51,21% des voix et une majorité de cantons, selon les résultats officiels publiés par le gouvernement fédéral.

Le texte n'évoque ni la burqa, ni le niqab, ni le voile intégral. Mais les affiches de campagne ne laissaient pas de doute sur sur l’objet du référendum.

« Stopper l'islamisme radical » pouvait-on lire sur les posters qui montraient des femmes voilées de noir. Après des années de débat, en votant contre le port du voile intégral dans l’espace public, la Suisse rejoint la France, l’Autriche, la Bulgarie, la Belgique et le Danemark. Il sera donc désormais interdit de se couvrir complètement le visage en public -ce qui vaut aussi pour des manifestants cagoulés- mais des exceptions sont prévues, par exemple pour les lieux de culte.

Un projet proposé par la droite populiste

Initialement proposée par le parti populiste de droite UDC, l'initiative a été soutenue par des féministes et une partie des électeurs de la gauche laïque. Seuls quatre cantons ont dit non : Genève, les Grisons, Bâle-Ville et Appenzell Rhodes-Extérieures .Le gouvernement fédéral et le parlement s’opposaient à cette mesure

Selon les opposants, le port du voile intégral n’est pas un sujet en Suisse, où on n’estime qu’à quelques dizaines les femmes ainsi vêtues, en général des converties. Ce sont surtout des riches touristes que l’on voit ainsi vêtues fréquenter les boutiques chics de Genève ou Zürich.

Ce résultat, « c’est un immense soulagement », a dit, à l’agence ATS, Mohamed Hamdaoui, député au Grand conseil bernois et fondateur de la campagne « A visage découvert ». « Ce vote est révélateur d’une prise de conscience », selon ce membre du PS, qui se revendique musulman laïque. C’était « l’occasion de dire stop à l’islamisme » et pas « aux musulmans, qui ont évidemment toute leur place dans ce pays », a-t-il souligné.

Selon les chiffres de l’Office des statistiques de 2019, environ 5,5 % de la population suisse est musulmane, essentiellement avec des racines en ex-Yougoslavie, où cette tradition vestimentaire est absente.

En 2009, les Suisses avaient déjà voté l’interdiction de la construction de minarets sur les mosquées, provoquant la colère dans les pays musulmans et l’approbation des partis nationalistes européens.




Jaimie Potts pour DayNewsWorld

UNE SEMAINE DE VIOLENTS HEURTS EN ESPAGNE APRES L'INCARCERATION DU RAPPEUR HASEL

Le mouvement de protestation contre l’incarcération du rappeur catalan Pablo Hasél ne faiblit pas. Depuis mardi 16 février 2021, des affrontements ont eu lieu dans tout le pays.

Près d’une centaine de personnes ont été arrêtées depuis mardi et de nombreuses autres blessées, dont des policiers et une jeune fille qui a perdu un œil à Barcelone, probablement à la suite d’un tir de balle en caoutchouc de la police.

Le rappeur Hasél – de son vrai nom Pablo Rivadulla Duro, 32 ans, connu pour ses propos provocateurs à l'encontre des pouvoirs en place, tout particulièrement la monarchie a en effet été incarcéré mardi 16 février, après qu'un tribunal de Lérida (sa ville natale, en Catalogne) l'a condamné à neuf mois de prison ferme pour « apologie du terrorisme » et « calomnies contre la monarchie ».

Vendredi, une autre condamnation a été confirmée contre lui par un autre tribunal pour « obstruction à la justice » et « menaces » à un témoin dans un procès.

Les manifestants barcelonais ont une nouvelle fois samedi soir défié la police déployée en masse dans les rues de Barcelone pour tenter de prévenir les violences.

Les heurts ont débuté quand plusieurs milliers de manifestants se sont mis en marche pour le quartier général de la police.

Des altercations violentes se sont produites entre des manifestants majoritairement jeunes et de gauche proches de Podemos ou de mouvements anticapitalistes et anarchistes  et les forces de l'ordre. « À bas l'État fasciste et la monarchie ! », « Pour la pleine liberté d'expression ! » sont quelques-uns des slogans que l'on pouvait lire et entendre au sein de ces marches.

A Madrid, 400 personnes environ se sont rassemblés dans le centre-ville, sous forte protection policière, pour scander des slogans tels que « libérez Pablo Hasel ! » et taper des mains en cadence. Des rassemblements de quelques centaines de personnes ont eu lieu également en début de soirée à Malaga, Cordoue et Séville (sud), selon les médias locaux.

Les échauffourées autour de cette affaire ont provoqué un profond fossé entre les socialistes au pouvoir et leur allié de coalition Podemos, parti de gauche radical . Si le chef du gouvernement, Pedro Sánchez, a condamné sans appel les violences : « Dans une démocratie pleine comme l'Espagne, la violence est inadmissible. », les dirigeants de Podemos ont apporté leur soutien aux manifestants. Ainsi le chef de file de Podemos, Pablo Iglesias s'est rangé du côté des manifestants contestant précisément « la qualité démocratique » de son pays et fustigeant les « abus policiers ».

Avec ces manifestations « le climat social en Espagne risque de se détériorer, alimenté par les frustrations liées à la pandémie et par l'entrée en scène des extrémistes de droite de Vox, appelant à la chute du gouvernement de Pedro Sánchez "complice des terroristes gauchistes de la rue" », selon François Musseau du Point




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

MARIO DRAGHI LE SAUVEUR DE L'ITALIE

Mario Draghi a prêté serment, samedi 13 février 2021, devant le président de la République italienne, prenant officiellement ses fonctions à la tête d'un gouvernement d'union nationale.« Je jure d'être loyal à la République », a-t-il déclaré lors de la cérémonie d'investiture, retransmise en direct par la télévision depuis le palais présidentiel.

Né à Rome le 3 septembre 1947, marié et père de deux enfants, Mario Draghi est diplômé en économie et titulaire d'un doctorat du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT).Professeur d'économie dans plusieurs universités italiennes, il a représenté son pays à la Banque mondiale de 1984 à 1990, avant de devenir en 1991 directeur général du Trésor italien, un poste qu'il occupera 10 ans sous neuf gouvernements, de gauche comme de droite.

Écouté et respecté, l'ancien patron de la BCE avait été appelé mardi 2 février au chevet de l'Italie, son pays natal englué dans une crise politique et économique. Il a été chargé par le président italien, Sergio Mattarella, de former un gouvernement. La quasi-totalité des grands partis politiques de la péninsule avaient apporté leur soutien ces derniers jours à l'ancien président de la Banque centrale européenne (BCE).

Un gouvernement d'union nationale.

Le nouveau gouvernement réunit des représentants de l'ensemble du paysage politique italien et des technocrates, illustrant sa volonté de rassembler autour d'un gouvernement élargi soutenu par un large spectre, du centre gauche à la droite dure.

Mario Draghi a en effet mené des entretiens tous azimuts avec les partis politiques représentés au Parlement, qui lui ont permis de former un attelage hétéroclite allant du Parti démocrate (PD, centre gauche) à la Ligue d'extrême droite de Matteo Salvini en passant par le parti de droite Forza Italia de Silvio Berlusconi. Jeudi, in extremis, l'inclassable Mouvement 5 Étoiles (M5S), anti-système jusqu'à son arrivée au pouvoir, avait donné lui aussi son feu vert .

L'ex-sauveur de l'euro a d'ores et déjà réussi l'exploit de réunir sur son nom l'ensemble des forces politiques, hormi le parti post-fasciste, Fratelli d'Italia (Frères d'Italie), de Giorgia MeloniL

Composition du gouvernement

Au poste-clé de l'économie, il a nommé Daniele Franco, spécialiste des finances publiques, une personnalité assez consensuelle. M. Franco, 67 ans, considéré comme l'un des meilleurs experts des finances publiques de la péninsule, a fait l'essentiel de sa carrière au sein de la Banque d'Italie, dont M. Draghi était gouverneur, jusqu'à en devenir le numéro deux début 2020. Pour obtenir le soutien de La Ligue d'extrême droite de Matteo Salvini, Mario Draghi a proposé de prendre dans son équipe, Giancarlo Giorgetti, au poste de ministre de l'Industrie. Il a crée un « super-ministère » de la Transition écologique, qui sera dirigé par une personnalité scientifique, Roberto Cingolani

Mario Draghi a cependant joué la continuité sur plusieurs postes importants : il a ainsi confirmé Luigi Di Maio, haut responsable du Mouvement populiste 5 Etoiles (M5S), au poste de ministre des Affaires étrangères, la technocrate Luciana Lamorgese au poste de ministre de l'Intérieur et Roberto Speranza, du petit parti de gauche LEU, au poste de ministre de la Santé.De plus le nouveau chef du gouvernement a également habilement mêlé technocrates et responsables politiques, choisissant des personnalité compétentes dans tous les partis lui ayant offert leur soutien, sans faire appel cependant aux leaders.

Mario Draghi, surnommé « Super Mario » pour son rôle dans la crise de la dette de la zone euro en 2012, demandera la confiance du Parlement en début de semaine.


Chantiers sanitaire et économique

Les difficultés ne font cependant que commencer pour cet Italien affable de 73 ans réputé pour sa discrétion, son sérieux et sa détermination.

Il lui faudra en effet se mettre à l'ouvrage, avec notamment le chantier du redressement de l'économie, durement affectée par la crise liée au coronavirus. En 2020, le PIB italien a chuté de près de 9% .La troisième économie de la zone compte beaucoup sur la manne de plus de 200 milliards d'euros de fonds européens, conditionnée à la présentation à Bruxelles d'ici à fin avril d'un plan détaillé de dépenses.

Mais la priorité sera aussi et surtout de contenir l'épidémie, qui a fait près de 100 000 morts en Italie. D'après les spécialistes, l'urgence, c'est d'accélérer la campagne de vaccination. affectée comme dans les autres pays européens par des lenteurs d'approvisionnement. Seulement 1,2 million d'Italiens sur 60 millions ont été vaccinés.

Même s'il bénéficie pour l'instant de son aura de « sauveur de la nation », cet homme formé chez les jésuites, dont l'arrivée a réjoui les marchés financiers, devra faire preuve de beaucoup d'habileté pour rester en selle sur le long terme.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

COVID-19 LA HONGRIE PREMIER PAYS EUROPEEN

A UTILISER LE VACCIN RUSSE SPOUTNIK V

«Aujourd'hui, nous commençons à vacciner avec le vaccin Spoutnik V, cela se passe dans les stations de vaccination désignées» par les autorités, a déclaré Cecilia Muller lors d'un point de presse quotidien.

La Hongrie avait déjà été le premier membre de l'UE à approuver Spoutnik V le mois dernier, en commandant deux millions de doses à livrer sur trois mois, soit assez pour vacciner un million de personnes.

Relativement peu coûteux, plus facile à conserver et à transporter que d’autres, le vaccin russe affiche des performances insolentes contre le Covid-19.

Le mois dernier, le gouvernement hongrois a également été le premier chez les 27 à approuver le vaccin Sinopharm fabriqué en Chine et a déclaré avoir commandé cinq millions de doses.

«Si la Hongrie ommence à utiliser le vaccin Sinopharm chinois dans un avenir proche, plus de 2,5 millions de personnes pourront être vaccinées d'ici Pâques», a déclaré Orban à la radio vendredi.

Souvent en conflit avec la Commission européenne, notamment au sujet du droit d'asile Budapest n' a eu de cesse de critiquer le processus de validation et d'achat des vaccins par Bruxelles, trop lent selon le premier ministre Viktor Orban.

«Chaque jour que nous passerions à attendre Bruxelles, nous perdrions cent vies hongroises», a-t-il déclaré.




Jaimie Potts pour DayNewsWorld

COVID PLUS DE 10 MILLIONS DE VACCINES

AU ROYAUME-UNI

Alors qu'en France à peine un peu plus de 1,6 million de personnes ont été (partiellement) vaccinées, c'est peu dire que de l'autre côté de la Manche, les autorités sanitaires ont pris une longueur d'avance.

Le cap des 10 millions de personnes ayant déjà reçu une première dose a été dépassé mercredi par le Royaume-Uni.

Plus précisément, 10.490.487 premières doses avaient été administrées jeudi depuis le début de la campagne de vaccination lancée le 8 décembre. Cela représente 15,7 % de la population en moins de deux mois.

Il faut dire que le rythme de la campagne s'est fait au pas de charge - jusqu'à 600.000 doses injectées par jour. Le nombre de personnes ayant reçu les deux doses requises s'élève en revanche seulement à 501.957 (0,8 % de la population).90 % des plus de 75 ans vaccinés

Se félicitant de cette évolution, Boris Johnson a souligné que près de 90 % des personnes de plus de 75 ans avaient reçu une dose, ainsi que tous les résidents (volontaires) des maisons de retraite.

Le gouvernement s'est fixé pour objectif d'administrer une première dose à tous les plus de 70 ans, au personnel et aux résidents des maisons de retraite, aux soignants ainsi qu'aux personnesliniquement vulnérables d'ici à la mi-février, soit 15 millions de personnes représentant seulement 21 % de la population mais 88 % des décès.

Un pari en passe de réussir.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

ITALIE: EN QUETE D'UNE NOUVELLE MAJORITE

LE PREMIER MINISTRE DEMISSIONNE

Le Président du conseil italien, Giuseppe Conte, a tenté un pari politique, ce mardi, en choisissant la démission collective de son gouvernement avec l'ambition d'en former un troisième autour d'une troisième majorité différente.

Conte essaye de constituer une troisième majorité

Le président du Conseil italien est parvenu la semaine dernière à obtenir la confiance de la Chambre des députés et du Sénat, au prix de l'abstention des élus du petit parti centriste de Matteo Renzi, Italia Viva et du ralliement de quelques indépendants. Mais le départ d'Italia Viva de la coalition gouvernementale a largement fragilisé sa situation et il n'a pas été capable, malgré ses efforts, d'attirer à lui des sénateurs centristes et indépendants afin de combler le vide.

Giuseppe Conte espère désormais obtenir un mandat du président Sergio Matterella pour tenter de former un nouveau gouvernement, le troisième depuis 2018, et mettre en œuvre un plan de plus de 200 milliards d’euros censé relancer le moteur de la troisième économie de la zone euro, refroidi par la pandémie de Covid-19, qui a fait plus de 85 000 morts dans le pays.

Le président Sergio Mattarella entame ce mercredi après-midi une série de consultations rapides avec les partis politiques en vue de trouver une issue à la crise, a annoncé la présidence de la République. S'il estime que Giuseppe Conte peut obtenir le soutien nécessaire pour mettre en place une nouvelle coalition, le président attendra probablement quelques jours pour lui permettre de finaliser un accord et composer un nouveau cabinet.

Si Giuseppe Conte échoue à trouver de nouveaux alliés, le président devra proposer un autre candidat capable de former une coalition viable.

En cas d'échec, Sergio Mattarella pourrait convoquer de nouvelles élections législatives, deux ans avant la date prévue, bien que selon les analystes politiques, il s'agisse du scénario le moins probable.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

DES MANIFESTATIONS ANTI-CONFINEMENT

 DANS PLUSIEURS PAYS D'EUROPE

« Je pense que si on va sur ce chemin, nous nous dirigeons vers une guerre civile », a déclaré dimanche le maire d’Eindhoven aux Pays-Bas, John Jorritsma, devant les caméras de télévision.



La pandémie a fait plus de 2,12 millions de morts dans le monde depuis la fin décembre 2019. Les Etats-Unis sont de loin le pays comptant officiellement le plus de morts (417 441), suivis par le Brésil (216 445), l’Inde (153 339), le Mexique (149 084) et le Royaume-Uni (97 329).

Quant à la vaccination, elle progresse de manière inégale et lentement. Au moins 61,7 millions de doses de vaccins ont été administrées dans le monde. Si 64 pays ou territoires ont entamé leur campagne de vaccination, treize d’entre eux concentrent plus de 90 % des doses injectées.

Les autorités se voient donc dans l'obligation de soumettre la population à des mesures de confinement pour limiter la propagation du virus, mesures de moins en moins bien acceptées cependant.

En effet depuis ce week-end, les manifestants anti-confinement commencent à donner de plus en plus de la voix dans plusieurs pays d’Europe, notamment en Espagne, mais aussi au Danemark et aux Pays-Bas où heurts et pillages ont éclaté en marge des cortèges.

Incidents dans plusieurs villes des Pays-Bas

Des incidents ont été signalés dans le pays notamment à Amsterdam, Eindhoven, La Haye, Breda, Arnhem, Tilbourg, Enschede, Appeldoorn, Venlo et Ruremond depuis l’annonce du couvre-feu, instauré dans le pays depuis samedi, le premier couvre-feu depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les Néerlandais n’ont désormais plus le droit de sortir entre 21 h et 4 h 30, et ce au moins jusqu’au 9 février. Tout contrevenant encourt une amende de 95 €.

Certaines dérogations sont possibles, notamment pour les personnes revenant de funérailles ou celles devant travailler pendant le couvre-feu, à condition qu’elles présentent une attestation de déplacement. Le Premier ministre Mark Rutte avait déclaré mercredi que la décision d’instaurer un couvre-feu avait été confortée par la propagation du variant britannique du coronavirus.Les anti-confinements ont immédiatement donné de la voix dans ce pays où la population n’avait encore jamais eu à justifier ses déplacements depuis le début de la crise sanitaire.

Un canon à eau et des chiens policiers ont été déployés sur le Museumplein, une place du centre d’Amsterdam, pour disperser des centaines de manifestants, selon la télévision publique NOS.

Au moins 100 personnes ont été arrêtées en marge du rassemblement, a affirmé dimanche dans un communiqué la mairie d’Amsterdam, qui estime le nombre de manifestants présents dimanche dans la capitale à environ 1 500.

À La Haye, dans le quartier du Schilderswijk, plusieurs incendies ont été signalés et un agent de police a été filmé en train de prendre la fuite face à un groupe de personnes rassemblées, selon la télévision publique NOS. À Eindhoven, dans le sud du pays, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser une foule de plusieurs centaines de personnes, selon la télévision régionale Omroep Brabant.

Un centre de dépistage du Covid-19 a également été incendié samedi soir dans le village d’Urk, dans le nord du pays, alors que le couvre-feu national imposé par le gouvernement entrait en vigueur, ont indiqué les autorités locales. « L’incendie dans un centre de dépistage d’Urk dépasse toutes les limites », a déclaré dimanche le ministre de la Santé Hugo de Jonge.

Arrestations également au Danemark

La colère monte également au Danemark où la police a annoncé l’arrestation de trois personnes suspectées d’avoir incendié un mannequin à l’effigie de la Première ministre danoise lors d’une manifestation anti-restrictions marquée par de nouveaux incidents samedi soir à Copenhague.« Il est complètement inacceptable d’exprimer des menaces aussi sérieuses dans une démocratie, et je suis donc satisfaite que l’enquête ait déjà permis de procéder à des arrestations », a déclaré la directrice de la police de Copenhague, Anne Tønnes, dans un communiqué. Plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées samedi en début de soirée avant de défiler avec des flambeaux dans la capitale danoise aux cris de « Liberté pour le Danemark, nous en avons eu assez ! » contre les mesures anti-coronavirus prises par l’exécutif.

Baptisé « Men in Black Danemark », ce groupe actif sur Facebook organise des manifestations depuis plus d’un mois contre la « coercition » et la « dictature » du semi-confinement anti-Covid en place au Danemark. Malgré une tonalité radicale de manifestants vêtus de noir, l’essentiel du défilé s’est déroulé dans le calme, avec un important encadrement de police. Mais des tensions sont apparues lors de la dispersion de la manifestation, avec notamment des jets de bouteilles sur les forces de l’ordre . Commerces non essentiels, bars, restaurants et écoles sont notamment fermés en ce moment au Danemark et le gouvernement a prolongé les restrictions jusqu’au 7 février.

Manifestations en Espagne

Des milliers de personnes avaient aussi manifesté samedi à Madrid, dénonçant la « tromperie » d’un virus qui, selon certains manifestants, « n’existe pas ». Aux cris de « Liberté ! » et dans une ambiance hostile à la presse, des milliers de personnes ont défilé de la gare d’Atocha à la Plaza Colon.De nombreux manifestants ne portaient pas de masques, malgré l’obligation légale de le porter en permanence sur la voie publique et au milieu de la troisième vague, qui a fait plus de 400 morts par jour cette semaine. Pour tenter d’enrayer la pandémie, le gouvernement a décrété un couvre-feu nocturne et la restriction de la mobilité entre les régions. Dans celle de Madrid, les hôtels doivent, désormais, fermer à 21 heures.

Depuis quelques semaines, la gronde des anti-confinements enfle également dans certains pays de l'est. Le week-end dernier, quelques milliers de personnes ont également manifesté à Prague contre les mesures de restriction mises en place pour freiner la propagation du virus.

Fin octobre 2020, les Italiens avaient fait entendre leurs mécontentements. Des milliers de personnes avaient manifesté, plus ou moins violemment, du nord au sud du pays contre le couvre-feu.

Les autorités italiennes avaient redouter une bombe sociale après le dernier décret, particulièrement restrictif, mis en place pour éviter le retour du cauchemar du printemps dernier.






Alize Marion pour DayNewsWorld

SUITE A LA VIDEO CHOC DU PALAIS DE POUTINE

 LES  APPELS A MANIFESTER POUR LA LIBERATION D'ALEXEI NAVALNY SE MULTIPLIENT

Avant de quitter Berlin, dimanche, et d'être aussitôt interpellé à son arrivée à l'aéroport Cheremetyevo de Moscou, Alexeï Navalny avait réservé à Vladimir Poutine une petite surprise : une vidéo choc dans laquelle l'opposant russe Alexeï Navalny dévoile une enquête sur le palais de 17 000 m2 de Vladimir Poutine, dénonçant ses financements obscurs.

Le faste du «palais de Poutine»

Le présumé « Palais de Poutine »se situe non loin de la ville de Guélendjik au bord de la mer Noire. Cette immense propriété de 7 000 hectares – soit « 39 fois la taille de Monaco » – de style « palazzo » comporte les infrastructures les plus luxueuses. On y recense une piscine, un spa, une salle de massage, un sauna et hammams, et même une « aqua-discothèque ». Mais également un casino, des vignobles, une cave de dégustation, d’une enceinte de hockey sur glace, un théâtre avec une vaste scène, ainsi que d’un strip club. Le tout aurait été construit pour la somme de 1,12 milliard d’euros. Selon Alexeï Navalny , le complexe a été financé par des proches du président russe, tels qu’Igor Setchine, PDG du géant pétrolier Rosneft, et l’homme d’affaires Guennadi Timtchenko.« C'est un Etat au sein de la Russie. Et, dans cet Etat, il n'y a qu'un tsar inamovible. Poutine, obsédé par les richesses et le luxe », selon cette vidéo

Cette vidéo en forme de représailles à l'arrestation de l'opposant n° 1 du Kremlin a été vue plus de 65 millions de fois sur YouTube. Le Kremlin a rejeté les allégations et qualifié d'« escrocs » les équipes d'Alexeï Navalny derrière la vidéo. Sa revanche et

Des appels à manifester pour la libération d'Alexeï Navalny.

L'équipe d'Alexeï Navalny a appelé ses partisans à « descendre dans la rue » samedi dans 65 villes de Russie pour exiger la libération de l'opposant, détenu depuis son retour dimanche dans son pays. Des appels à manifester alimentés par le record d'audience de l' enquête accusant Vladimir Poutine de corruption.

Les mises en garde musclées des autorités

Mais vendredi 22 février 2021, la police de Moscou a annoncé que « toutes les tentatives d'organiser un événement public non autorisé et toute action provocatrice seront considérées comme une menace à l'ordre public et seront réprimées sans délai ». Le Parquet a annoncé des mesures en vue de « limiter l'accès aux informations illégales » diffusées en ligne et constituant des « appels à participer à des actions illégales de masse ». Pour sa part, le ministère de l'Intérieur a dit être prêt à « protéger l'ordre public » et a promis de poursuivre les auteurs d'appels à manifester sur internet.

De plus jeudi et vendredi ce sont des proches de Navalny qui ont été interpellés, dont des représentants de son mouvement dans plusieurs régions (dans l’Oural, en Sibérie et en Extrême-Orient)., Sa porte-parole, Kira Iarmych, a été condamnée à neuf jours de détention tandis que la juriste Lioubov Sobol, autre figure de l’opposition, arrêtée jeudi, a finalement été relâchée.

Mais, de sa prison, Alexeï Navalny a fait passer le message aux opposants : « N'ayez pas peur… »




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

RECONFINEMENT TOTAL EN ANGLETERRE

Retour à la case confinement. Comme en mars dernier, l’Angleterre retourne à la case « national lockdown ». Confronté à la propagation alarmante du nouveau variant du coronavirus et au risque de submersion du système de santé, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a annoncé lundi 4 janvier au soir le reconfinement de l’Angleterre jusqu’à la mi-février. « Le nouveau variant se diffuse, a constaté le Premier ministre. Il est entre 50 et 70 % plus contagieux que le coronavirus selon nos scientifiques ».

Les écoles fermées dès mardi

« Nous avons besoin de faire plus », a-t-il déclaré, allusion aux mesures déjà en vigueur en Angleterre, annonçant dans la foulée un « national lockdown ». Ce nouveau confinement, aussi strict que celui mis en place au printemps dernier, prévoit la fermeture des écoles dès mardi 5 décembre et doit durer si les conditions le permettent, jusqu’à la mi-février, a-t-il annoncé dans son allocution télévisée.

Dans les hôpitaux anglais, le nombre de patients atteints par le virus, près de 27 000, a « augmenté de près d’un tiers » en une semaine et dépasse de 40 % le plus haut du pic de la première vague, a-t-il souligné. « Il est clair que nous devons faire plus » pour « prendre le contrôle » du nouveau variant. « Nous devons ainsi entrer dans un confinement national qui soit assez fort pour maîtriser ce variant ».

Si le Parlement doit débattre mercredi de ces mesures, Boris Johnson a appelé la population à suivre les règles immédiatement. Le confinement doit entrer en vigueur dès mercredi à minuit et une minute.

Si les conditions sont réunies, le confinement sera levé à la mi-février, échéance à laquelle, espère Boris Johnson, tous les plus de 70 ans seront vaccinés grâce à l’accélération de la campagne lancée le 8 décembre -plus d’un million de personnes vaccinés à ce jour-et désormais menée avec deux vaccins, celui de Pfizer/BioNTech et celui d’AstraZeneca/Oxford.

L’Ecosse avait d’ores et déjà annoncé un confinement total dès lundi soir pour tout le mois de janvier, comprenant la fermeture des écoles. « A partir de minuit et pour tout janvier, vous serez légalement tenus de rester à la maison », a annoncé la première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, invoquant un « coup dur » dû au nouveau « variant du virus qui se propage rapidement ».

Les provinces d’Irlande du Nord et du Pays de Galles ont instauré juste après Noël leur troisième confinement.

Le Royaume-Uni est très touché par le coronavirus et son variant. 58 784 nouveaux cas ont été détectés dans le pays entre dimanche 3 et lundi 4 janvier, a annoncé le gouvernement britannique . 383 834 personnes ont été testées positives ces sept derniers jours.

Avec plus de 75 000 morts, le Royaume-Uni est l’un des pays d’Europe les plus absolument endeuillés par le Covid-19, et la tendance s’est aggravée ces dernières semaines.




Boby Dean pour DayNewsWorld

BREXIT: L'ECOSSE PRO-EUROPEENNE

VEUT SON INDEPENDANCE

Au moment où le Royaume-Uni a officiellement quitté le marché commun et l'union douanière, bon nombre d' Ecossais souhaitent que ce divorce soit le déclic pour leur indépendance.

Et pour cause : 62% d' entre-eux s'étaient prononcés contre la sortie de l'Union européenne lors du référendum du 23 juin 2016.

Pour l'indépendance

Aussi la Première ministre écossaise, indépendantiste, Nicola Sturgeon a-elle dit samedi 2 janvier 2021 espérer que l'Ecosse gagne son indépendance et puisse « rejoindre » l’Union européenne, soulignant que le Brexit s’était fait contre la volonté des Ecossais.

« Nous subissons maintenant un Brexit dur contre notre volonté, au pire moment possible, au milieu d’une pandémie et d’une récession économique », a déploré Nicola Sturgeon sur le site Internet de son parti indépendantiste, le SNP, deux jours après la sortie du Royaume-Uni du marché unique et de l’union douanière.

« Aucun accord ne pourra jamais compenser ce que le Brexit nous enlève (...) Il est temps de tracer notre propre avenir en tant que nation européenne indépendante », a encore déclaré Nicola Sturgeon lors d'une allocution jeudi 31 décembre 2020.

Pour les indépendantistes, Londres a trahi la confiance des Ecossais, ignorant la promesse faite en 2014 de respecter leurs droits comme citoyens européens s’ils demeuraient au sein du Royaume-Uni.

Le député indépendantiste Ian Blackford, principal représentant du SNP à Westminster, n'a pas manqué de le rappeler jeudi, alors que les députés votaient pour valider l'accord sur les relations post-Brexit. « Forcer notre nation à quitter l'Union européenne signifie perdre une part précieuse de qui nous sommes », a-t-il plaidé, avant de voter contre le texte, qu'il a qualifié d' « acte de vandalisme économique impardonnable  ».

Le combat pour un référendum

La Première ministre écossaise a exprimé sa détermination à organiser un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, après celui perdu par son camp en 2014, lorsque 55 % des Écossais avaient dit « non » à l’indépendance. Mais la décision d’organiser un tel référendum revient au Premier ministre britannique Boris qui a exclu à plusieurs reprises l'idée de permettre à l'Ecosse d'organiser un nouveau scrutin. Si Nicola Sturgeon fait valoir que le Brexit a changé la donne, le locataire du 10 Downing Street rappelle que les Ecossais ont rejeté l'indépendance il y a seulement six ans.

Néanmoins, une large victoire du SNP lors des élections locales de mai prochain renforcerait la pression sur Londres pour accepter une nouvelle consultation. Selon le dernier sondage mené par l’institut Savanta ComRes pour le journal The Scotsman, mi-décembre, 58 % des Ecossais soutiennent désormais une rupture avec le Royaume-Uni, du jamais vu. Reste une hypothèse, celle de voir les Ecossais organiser un référendum sans l'aval de Londres, à la manière des Catalans en 2017. La crise constitutionnelle pourrait alors bien être inévitable.

« En tant que membre indépendant de l’Union européenne, l’Ecosse serait un partenaire et pourrait construire des ponts – pas seulement un pont vers la construction d’une économie plus forte et une société plus juste, mais aussi un pont pour faciliter les relations entre l’UE et le Royaume-Uni », a avancé Nicola Sturgeon.




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

SI BORIS JOHNSON SORT VICTORIEUX AVEC L'ACCORD SUR LE BREXIT IL DOIT MAINTENANT

 FAIRE FACE A DE NOMBREUX DEFIS

Après dix mois de négociations harassantes, l’Union européenne et le Royaume-Uni ont conclu in extremis jeudi 24 décembre un accord historique sur leur future relation commerciale, qui leur permettra d’éviter in extremis un « no deal » dévastateur pour leurs économies en fin d’année.

« Cet accord protégera les intérêts européens et cet accord est aussi, je le crois, dans l’intérêt du Royaume-Uni », s’est félicitée la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d’une conférence de presse. « Il posera les fondations solides d’un nouveau départ avec un ami de longue date », a-t-elle ajouté.

Les négociations se trouvaient dans l' impasse sur la pêche, ultime point d’achoppement des discussions.

Malgré son faible poids économique, le secteur revêt une importance politique et sociale pour plusieurs États membres, dont la France, les Pays-Bas, le Danemark ou l’Irlande alors que les Britanniques, qui reprennent le contrôle de leurs eaux, en avaient fait le symbole de leur souveraineté retrouvée après le divorce. .

En jeu : le partage des quelque 650 millions d’euros de produits pêchés chaque année par l’UE dans les eaux britanniques et sur la durée de la période d’adaptation pour les pêcheurs européens. L’accord prévoit notamment une période de transition jusqu’en juin 2026, à l’issue de laquelle les pêcheurs européens auront progressivement renoncé à 25% de leurs prises.

Accès au marché européen

Avec cet accord, l’UE offre à son ancien État membre un accès inédit sans droit de douane ni quota à son immense marché de 450 millions de consommateurs mais devra se soumettre à des conditions strictes : les entreprises d’outre-Manche devront respecter un certain nombre de règles évolutives au fil du temps en matière d’environnement, de droit du travail et de fiscalité pour éviter tout dumping. Des garanties existent aussi en matière d’aides d’État.

Victoire pour Johnson

L’accord constitue une victoire pour Boris Johnson à un moment où sa popularité a été mise à mal par une gestion erratique de la pandémie de Covid-19 (quelque 70 000 morts au Royaume-Uni).

Dans un message vidéo, le Premier ministre britannique Boris Johnson a en effet brandi devant le sapin du 10, Downing Street les centaines de pages de l’accord présenté comme un «petit cadeau». «Voici un accord pour apporter certitude aux entreprises et aux voyageurs et à tous les investisseurs dans notre pays à partir du 1er janvier», s’est félicité le dirigeant, triomphant dans les urnes il y a un an sur la promesse de «réaliser le Brexit».

Le Royaume-Uni face aux défis du Brexit

Maintenant que Boris Johnson a rempli sa promesse de réaliser le Brexit, son défi est d’en faire un succès; Le Royaume-Uni se trouve en effet vendredi dorénavant face aux défis que présente sa nouvelle vie, affranchi des règles de l’Union européenne avec la sortie du Royaume-Uni du marché unique le 31 décembre à minuit après un demi-siècle d’intégration européenne.

Défi économique tout d'abord. Certes les Britanniques retrouvent la liberté de signer accords des commerciaux tous azimuts mais « Il convient de négocier pays par pays pour avoir une politique commercial propre au Royaume-Uni, ce qui va prendre du temps », estime Alan Winters, économiste. Des accords ont déjà été passés avec des pays d’Asie, de la Méditerranée et d’Europe. La relation avec les États-Unis depuis l’élection de Joe Biden pose également question. Ce dernier avait qualifié Boris Johnson de « clone du président Trump » en décembre 2019.

Défi politique ensuite . Boris Johnson doit gérer les velléités indépendantistes de l'Ecosse qui avait voter contre le Brexit- la Première ministre Nicola Sturgeon n'a-telle pas souhaité « tracer l’avenir du pays en tant que nation européenne »?- ou encore le cas de la réunification irlandaise.

Au Parlement britannique, le texte sera discuté mercredi par les députés. Mais son adoption fait peu de doutes vu la majorité dont dispose le gouvernement et le soutien apporté par l’opposition travailliste.

Côté européen, Bruxelles va lancer lundi la procédure pour la signature et la mise en oeuvre de l’accord. Il devra être validé par les États membres, un processus qui devrait prendre plusieurs jours, puis validé a posteriori par le Parlement européen début 2021.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

EMPOISONNEMENT D'ALEXEI NAVALNY CONFIRME

PAR L'HOPITAL DE BERLIN

Les médecins berlinois qui ont soigné Alexeï Navalny ont rendu publics, mercredi 23 décembre 2020, les détails cliniques de son empoisonnement au Novitchok.

L’opposant russe se félicite sur Twitter et Facebook de la publication de cette « preuve » médicale que réclamait Moscou depuis des mois.

« Un empoisonnement grave avec un inhibiteur de la cholinestérase a été diagnostiqué à [l’hôpital de] la Charité », expliquent les scientifiques dans cet article de quatre pages paru dans la revue

The Lancet, qui retrace pour la première fois les symptômes déclenchés par l’agent neurotoxique du groupe Novitchok mis au point par l’URSS dans les années 1980.

La vérification de l’implication d’un agent Novitchok (…) n’a été réalisée que plusieurs jours après avoir établi le diagnostic d’empoisonnement (…) et n’a pas affecté les décisions thérapeutiques », précisent les auteurs.

Selon l’article, publié avec le consentement de M. Navalny, l’opposant russe est, après l’apparition de ses premiers symptômes, tombé dans le coma, son rythme cardiaque a fortement ralenti et la température de son corps est tombée jusqu’à 33,5 degrés.

« Son bon état de santé avant l’empoisonnement a probablement favorisé son rétablissement », expliquent les scientifiques, contredisant les conclusions des médecins russes qui ont un temps mis en cause l’hygiène de vie et l’état de santé générale de M. Navalny.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

FEU VERT POUR LE VACCIN PFIZER-BIONTECH

 EN EUROPE

Ce lundi 21 décembre 2020 après-midi, l'Agence européenne des médicaments (AEM) a accordé son feu vert au vaccin Pfizer-BioNTech, le même qu'outre Atlantique et outre- Manche.

Le régulateur européen a avancé sa décision de huit jours, cédant à la pression de plusieurs pays de l'Union européenne , dont l'Allemagne, pour une autorisation rapide. L'avis positif de l'AEM doit désormais se traduire en autorisation de mise sur le marché de l'UE, ce que fera la Commission européenne, « au plus vite » et peut-être dès ce soir a tweeté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.L'Agence a délivré une autorisation provisoire d'un an.

La surveillance d'éventuels effets secondaires trop conséquents, que les examens n'ont pas révélés jusqu'ici, se poursuivra tout au long des campagnes de vaccination. Accusé par les uns d'avoir été trop lent et par les autres d'accorder son feu vert sous pression, le régulateur européen défend son approche. « Il s'agit d'un succès historique et scientifique », a affirmé Emer Cooke, directrice exécutive de l'EMA assurant que « les éléments scientifiques montrent que les bénéfices du vaccin sont plus grands que les risques ».

L'AEM poursuit son travail d'examen des vaccins d'autres laboratoires. Elle doit se prononcer le 6 janvier sur le vaccin de l'américain Moderna, puis le 12 janvier sur celui du britannique AstraZeneca.

300 millions de doses

L'Union européenne avait précommandé 300 millions de doses du vaccin, qui nécessite deux injections par personne. Elle s'est engagée à verser à l'américain Pfizer et à son partenaire allemand BioNTech 15,50 euros par dose, selon des informations qui ont fuité. C'est un tarif nettement inférieur à celui obtenu par les Etats-Unis (19,50 euros, pour 100 millions de doses) et qui confirme l'intérêt pour les 27 d'avoir uni leurs forces pour négocier et commander.Les doses vont être réparties entre les Etats membres selon des clés de population - 45 millions de doses sont prévues pour la France.

Les Etats membres sont à présent dans les starting-blocks pour entamer les campagnes de vaccination ces prochains jours. L'Allemagne, l'Autriche ou l'Italie ont annoncé vouloir se lancer dès ce dimanche 27 decembre 2020.

La France vise le même timing.La première phase de vaccination devrait durer en France jusqu’à la fin du mois de février. La vaccination y sera d'abord réservée aux résidents des Ehpad puis étendue progressivement aux plus de 75 ans, aux plus de 65 ans et au personnel de santé. Les autres Etats européens ont dans l'ensemble aussi opté pour vacciner en priorité les publics les plus menacés.

Rassurer l'opinion

L'Europe est mise au défi de rassurer l'opinion alors qu'une trop forte défiance face aux campagnes de vaccination à venir mettrait à mal leur efficacité. Emer Cooke, la directrice de l'EMA, a estimé le 10 décembre devant le Parlement européen « qu'il faut comprendre les doutes », a fortiori dans un contexte de forte « désinformation », et faire en réponse œuvre de pédagogie et de transparence . L'EMA promet notamment de publier l'ensemble des données à sa disposition, y compris les plans de gestion du risque des fabricants de vaccins, d'habitude tenus secrets.

La nouvelle souche détectée en Angleterre ne semble pas perturber le processus. Les responsables de l'Agence européenne du médicament précisent qu'à ce stade, rien ne prouve que le vaccin soit inefficace sur le virus muté.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

NOUVELLE VARIANTE DU CORONAVIRUS

 TRES CONTAGIEUSE AU ROYAUME-UNI

Le gouvernement du conservateur Boris Johnson a annoncé samedi soir le reconfinement de Londres, du sud-est de l’Angleterre et d’une partie de l’Est, contraignant plus de 16 millions d’habitants à rester chez eux et à renoncer aux retrouvailles de Noël.

Les commerces non essentiels ont fermé et tous les déplacements en dehors de ces zones, placées sous le niveau d’alerte le plus élevé, que ce soit pour aller ailleurs au Royaume-Uni ou à l’étranger, sont interdits. Les pubs, restaurants et musées y étaient déjà fermés depuis mercredi.

La Belgique et les Pays-Bas suspendent les vols.

Le gouvernement tente de juguler une envolée des contaminations attribuée à une nouvelle souche du coronavirus, qui se transmet « bien plus facilement », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. L’inquiétude grandit en Europe après cette annonce.

En réaction, la Belgique et les Pays-Bas ont décidé de suspendre les vols en provenance et vers le Royaume-Uni, tandis que la France envisage une mesure similaire.

Une nouvelle souche "hors de contrôle" apparue dès septembre

Le conseiller scientifique du gouvernement britannique, Patrick Valance, a apporté des précisions sur cette nouvelle souche. « La nouvelle variante du virus contient des mutations dans des zones du virus connues pour jouer sur la manière dont celui-ci s’attache aux cellules et rentre dedans. Trois types de preuves montrent la même chose : ce virus muté a une transmissibilité plus élevée, il se propage plus vite. » Selon lui, cette nouvelle version serait apparue dès septembre, à Londres ou dans le Kent, au sud-est de l'Angleterre.

Lors de la semaine du 9 décembre, plus de 60% des cas comptabilisées dans la région comportaient cette mutation. « Cela indique que cette nouvelle version non seulement se propage plus vite mais devient la version dominante. Est-ce-que cette mutation change la maladie ? Pour l’instant, la réponse semble être non », a poursuivi le médecin.

Rien n'indique encore que ce virus muté est plus mortel, qu'il cause une forme plus sévère de la maladie ou qu'il réduit l'efficacité des vaccins, a souligné Boris Johnson. Dimanche, son ministre de la Santé, Matt Hancock, a expliqué que cette nouvelle souche était devenue « hors de contrôle ». « Nous devions reprendre le contrôle, et la seule manière de le faire, est de restreindre les contacts sociaux », a-t-il déclaré.

« Ce sera très difficile de la garder sous contrôle jusqu’à ce qu’un vaccin soit déployé », a-t-il ajouté.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

IMPLICATION DU FSB DANS L'EMPOISONNEMENT

D' ALEXEI NAVALNY

Une cellule d'experts en armes chimiques des services spéciaux russes serait à l'origine de l'empoisonnement d'Alexeï Navalny…

C'est ce qu'affirme le site d'investigation Bellingcat, qui ajoute que ces hommes suivaient l'opposant russe dans la plupart de ses voyages depuis 2017, l'année où il avait annoncé vouloir se présenter à la présidentielle.

D'après le média en ligne, trois de ces hommes, dont les noms et les photos sont révélés, l'ont suivi dans 37 de ses voyages, et ils se trouvaient dans les parages lors de son empoisonnement présumé en août dernier, en Sibérie, par un agent neurotoxique.

En détracteur du président russe, toujours convalescent en Allemagne, aurait été empoisonné dans une chambre d'hôtel, à Tomsk. Des traces d'une substance de type Novitchock auraient été retrouvées sur des bouteilles d'eau proposées à l'hôtel et emportées par son entourage. Alexeï Navalny avait finalement été transféré et pris en charge en Allemagne.« Je sais qui a voulu me tuer.

Je sais où ils vivent, où ils travaillent. Je connais leurs vraies identités, leurs pseudonymes. J’ai leurs photos », a déclaré Alexeï Navalny dans une vidéo reprenant l’enquête du site Bellingcat et du média indépendant russe The Insider avec Der Spiegel, El Pais et CNN.

« C’est l’histoire d’un groupe secret d’assassins du FSB [service fédéral de sécurité, successeur du KGB] qui comprend des médecins et des chimistes, explique celui dont Vladimir Poutine ne prononce jamais le nom.

Une opération d’une telle ampleur ne peut être organisée par personne d’autre que le chef du FSB. Mais il n’aurait jamais osé le faire sans ordre de Poutine. »

Bellingcat avait déjà révélé que le GRU, les services secrets russes, étaient responsables de l’empoisonnement de Sergueï et Ioulia Skripal en 2018 au Royaume-Uni, une tentative d’assassinat qui a provoqué la mort d’un citoyen britannique.

En Russie, le Kremlin a refusé l'ouverture d'une enquête criminelle, la jugeant infondée.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

EMMANUEL MACRON POSITIF AU COVID-19

Le président de la République a été diagnostiqué positif au Covid-19, a annoncé l'Elysée jeudi 17 décembre 2020.

« Ce diagnostic a été établi suite à un test RT-PCR réalisé dès l'apparition de premiers symptômes », précise l'Elysée dans un communiqué.

« Conformément aux consignes sanitaires en vigueur applicables à tous, le président de la République s'isolera pendant sept jours », ajoute la présidence. « Il continuera de travailler et d'assurer ses activités à distance.

L’information secoue aussitôt le sommet de l’Etat. Le Premier ministre, Jean Castex, cas contact d'Emmanuel Macron après un dîner à l'Elysée mercredi soir, « se place à l'isolement, bien qu'il ne présente aucun symptôme de la maladie », a indiqué Matignon avant de préciser qu'il avait subi un test PCR dont le résultat est négatif.

Olivier Véran, ministre de la Santé, présente à sa place jeudi matin la stratégie de vaccination contre le Covid-19 au Sénat.

Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a également annoncé qu'il s'isolait, après avoir participé au même dîner. Le ministre des relations avec le Parlement, Marc Fesneau, s'est également mis en quarantaine, après avoir croisé le président à plusieurs reprises cette semaine.

De son côté, le cabinet de l'épouse du chef de l'Etat fait savoir que « Brigitte Macron est cas contact mais ne présente aucun symptôme. »

Le président de la République a également croisé plusieurs dirigeants étrangers au cours des derniers jours.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a annoncé s'être également isolé, tout comme le chef du gouvernement portugais Antonio Costa ou le président du Conseil européen Charles Michel, qui avait rencontré le chef de l'Etat français lundi.

Cette annonce bouleverse quelque peu l'agenda présidentiel. L'Elysée a confirmé l'annulation du déplacement qu'Emmanuel Macron devait effectuer au Liban mardi 22 et mercredi 23 décembre 2020.

En revanche, il devrait bien présider le Conseil présidentiel pour le développement prévu ce jeudi à l'Elysée et devrait participer par visioconférence à une table ronde de la Conférence nationale humanitaire qui se tiendra au quai d'Orsay. Emmanuel Macron poursuit pour l'instant ses activités.

Si les symptômes du Covid-19 devaient l'en empêcher ou le conduire à l'hôpital, la Constitution prévoit la continuité du pouvoir, en établissant un nouvel organigramme :

en cas d’empêchement du chef de l’Etat, c’est le président du Sénat qui assure l’intérim.c'est le président du Sénat qui exercerait alors les fonctions du président de la République.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

BREXIT VERS L'INEXORABLE NO-DEAL

Le Premier ministre britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se retrouvent ce mercredi 9 décembre 2020 à Bruxelles pour tenter de débloquer les négociations post-Brexit, un rendez-vous qui semble être une dernière chance de parvenir à un accord.

Cette rencontre au sommet intervient à trois semaines de la rupture définitive entre Londres et l’Union européenne après des mois de pourparlers sans progrès sur les sujets qui fâchent et la menace accrue d’un échec aux lourdes conséquences économiques.

Merkel reste positive, mais le pessimisme règne côté européen

Angela Merkel a estimé mercredi qu'il y avait « encore une chance de parvenir à un accord » sur le Brexit entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Un éventuel accord « doit préserver l'intégrité du marché intérieur » de l'UE, a mis en garde devant la chambre basse du parlement la chancelière allemande, dont le pays préside jusqu'à la fin de l'année le Conseil de l'UE.

Les deux camps ont affiché des positions très fermes à la veille de la réunion sur leurs éventuelles concessions. L’UE ne sacrifiera « jamais (son) avenir » pour conclure un accord post-Brexit au prix de concessions qui fragiliseraient son marché unique, a prévenu le négociateur européen Michel Barnier. « Nos amis doivent comprendre que le Royaume-Uni a quitté l’UE pour pouvoir exercer un contrôle démocratique. Nous en sommes encore loin », a averti Boris Johnson.

En Irlande, le chef du gouvernement, Michael Martin a confié être pessimiste, jugeant que la situation était « très grave ».

Des points de crispation demeurent.

La rencontre des deux responsables politiques, qui commencera par un dîner, a pour objectif de voir si les blocages les plus importants peuvent être levés et éviter un no deal mais « pas de ficeler de manière définitive la négociation », a souligné Bruxelles. « Elle s’apparente à un rendez-vous de la dernière chance pour voir si les lignes rouges des deux camps peuvent encore bouger », estime Eric Maurice, de la Fondation Schuman.

Britanniques et Européens achoppent toujours sur les trois mêmes sujets depuis mars : l’accès européen aux eaux britanniques, la manière de régler les différends dans le futur accord et les garanties exigées par l’UE à Londres en matière de concurrence en échange d’un accès sans droits de douanes ni quotas au marché du continent.

Malgré l’impasse sur leur relation future à partir du 1er janvier, Londres et Bruxelles ont malgré tout réussi à s’entendre mardi sur l’application du traité encadrant le divorce intervenu le 31 janvier 2020.

Une réunion à Bruxelles a permis d’arriver à un « accord de principe » sur les dispositions douanières spécifiques à l’Irlande du Nord, censées éviter le retour d’une frontière avec la République d’Irlande.

Le gouvernement britannique va retirer les articles d’un projet de loi controversé qui visaient à les contourner mais violaient de son propre aveu le droit international, au nom de la nécessité d’assurer la continuité des échanges entre Irlande du Nord et Grande-Bretagne.

L’UE avait lancé une procédure d’infraction contre Londres et le Parlement européen avait menacé de ne pas ratifier l’éventuel futur accord.Si les négociations commerciales continuent de s'enliser, ce geste s'apparente à une concession du Royaume-Uni.

Avec sa loi controversée qui, de son propre aveu, violait les règles du droit international, Londres entendait avoir le pouvoir de prendre unilatéralement des décisions commerciales dans sa province d'Irlande du Nord, pouvoirs censés être partagés avec les Européens selon l'accord de Brexit. Il enfreignait ainsi des dispositions clés du traité conclu l'an dernier, qui vise à éviter le retour d'une frontière sur l'île d'Irlande, conformément à l'accord de paix de 1998 qui a mis fin à trois décennies de violences dans la

La nouvelle a soulagé l’Irlande, en première ligne du choc qui s’annonce le 31 décembre prochain à la fin de la période de transition quand le Royaume-Uni va sortir du marché unique et de l’union douanière. Dublin a exprimé l’espoir que « l’élan va se poursuivre dans les négociations » en cours.

Veille d’un sommet européen

La rencontre de Bruxelles se déroulera à la veille d’un sommet des Vingt-Sept et quel que soit son résultat, le Brexit sera l’un des sujets chauds de la réunion.

Les États membres espèrent un accord mais pas « à n’importe quel prix » et la France a averti qu’elle n’hésiterait pas à y mettre son veto si ses pêcheurs étaient sacrifiés.

En cas d’échec, les échanges entre Londres et l’UE se feront dès le 1er janvier selon les seules règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane ou de quotas, au risque d’un nouveau choc pour des économies déjà fragilisées par le coronavirus.

S’il est conclu, l’accord commercial - de plus de 700 pages - devra encore être ratifié par les Parlements britannique et européen avant d’entrer en vigueur le 1er janvier.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

LA HONGRIE ET LA POLOGNE BLOQUE

LE PLAN DE RELANCE EUROPEENNE

La Pologne et la Hongrie mettent leur veto au budget et au plan de relance européenne en raison de la clause sur l'« État de droit »

Sous l'influence du Hongrois Viktor Orban et de Jaroslaw Kaczynski, l'homme fort de Varsovie, les ambassadeurs de Hongrie et de Pologne ont exécuté les menaces de veto brandies depuis des mois....

Lundi 16 novembre 2020, la Hongrie et la Pologne ont bloqué le plan de relance européen de 750 milliards d’euros, ainsi que le budget pluriannuel (2021-2027) de 1 074 milliards d’euros qu’il doit venir abonder.

« C’est une crise grave qui s’ouvre », commente un diplomate, alors que, après la première vague du Covid-19, la pandémie a repris sa progression, et que, partout en Europe, les économies se reconfinent et sombrent de nouveau.

Un mécanisme de conditionnalité : Pas d'État de droit, pas de fonds

Le point de blocage se niche dans le mécanisme sur « l'État de droit », dont l'UE entendait se doter pour la première fois. Ce mécanisme (décliné en huit articles) permettrait de conditionner le versement des fonds européens au respect d'un certain nombre de principes découlant des traités, dont l'indépendance de la justice, le refus de l'arbitraire, l'obstruction aux enquêtes pour corruption, ,l'indépendance des médias etc.

Si une version ambiguë de l'état de droit convenait très bien à Budapest et Varsovie, une version plus précise entre en contradiction avec la politique « illibérale » et nationaliste d’Orban et de Kaczyński.

« Chantage politique » et « limitation radicale de la souveraineté » ?

Ce critère « n'est qu'un prétexte, un beau mot qui sonne bien à l'oreille, mais il s'agit d'un asservissement institutionnel, politique, d'une limitation radicale de la souveraineté », a dénoncé plus tôt dans la journée le ministre polonais de la Justice, Zbigniew Ziobro, qui appartient à l'aile dure du gouvernement.

Pour Budapest comme pour Varsovie , ce mécanisme dissimule mal un « chantage politique » contre deux régimes qui, au nom d'une certaine interprétation des valeurs chrétiennes, affrontent la doctrine libérale et occidentale des valeurs humaines issue de l'article 2 du traité de l'UE.

Dissensions au sein de l'UE ravivées

A l'origine, les Pays-Bas, la Suède, le Danemark, l'Autriche et même la chancelière Merkel ne voulaient pas entendre parler d'un plan de relance reposant sur un emprunt communet c'est ce même groupe de petits pays riches du Nord (emmenés par les Pays-Bas) qui veulent conditionner les subventions à l'état de droit.

Les Polonais et les Hongrois ,très dépendants des fonds européens, vont subir toutes sortes de pressions économiques pour les inciter à calmer le jeu.

Pour la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen il s'agit avant tout de préserver le bien commun : la relance économique post-Covid que le plan dit Next Generation UE est censé soutenir.

L’idée d’une Europe unie tant économiquement que sur le terrain des valeurs n'est pas encore née !




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

UN VACCIN CONTRE LE COVID-19

DEBUT JANVIER

L'Agence européenne des médicaments envisage de donner son avis favorable dans les prochaines semaines à un premier vaccin contre le Covid-19 en vue d'une distribution. Le directeur de l'organisme, Guido Rasi, l'a affirmé dans un entretien au journal italien Il Sole 24 Ore publié samedi 14 novembre 2020.

« Si les données sont solides, nous pourrons donner le feu vert au premier vaccin d'ici la fin de l'année et commencer la distribution à partir de janvier », a affirmé Guido Rasi, directeur de l'Agence européenne des médicaments à Il Sole 24 Ore

L'Agence européenne des médicaments table sur « 6 ou 7 » vaccins différents disponibles en 2021, estime son patron. L'institution a reçu vendredi « les premières données cliniques de Pfizer pour son vaccin », précise-t-il. L'organisme a aussi « reçu d'AstraZeneca les données précliniques, celles des essais sur les animaux qui sont déjà en cours d'évaluation ». Elle a aussi eu « plusieurs discussions avec Moderna ».

Vacciner « plus de la moitié » de la population européenne

En mettant un vaccin sur le marché en janvier, ses premiers effets sur la propagation du virus « seront visibles dans cinq à six mois, essentiellement l'été prochain », explique le directeur de l'Agence européenne des médicaments.

« Il est évident qu'il ne sera pas possible de vacciner tout le monde, souligne Guido Rasi, mais nous commencerons par les catégories les plus exposées, comme les personnes âgées et les travailleurs de la santé, ce qui commencera à bloquer les ponts de transmission ».

Le patron de l'Agence européenne des médicaments juge qu'il faut vacciner « plus de la moitié » de la population européenne pour « pouvoir assister à un déclin de la pandémie », ce qui nécessitera « au moins 500 millions de doses en Europe ».

Pour vacciner tout le monde, « cela prendra au moins un an », évalue Guido Rasi , et « si tout se passe bien à la fin de 2021, nous aurons une immunisation suffisante ».




Jenny Chase pour DayNewsWorld

VIVRE AVEC LE COVID-19 SUR LE TEMPS LONG

Jean Castex travaille à des « règles » pour le pays jusqu’à l’arrivée d’un vaccin contre le coronavirus.Il va falloir « vivre avec le virus sur le temps long » : le Premier ministre Jean Castex travaille à des « règles » pour le pays jusqu’à l’arrivée d’un vaccin contre le coronavirus, a-t-il confié à nos confrères du Monde ce samedi 14 novembre 2020.

« Tant que nous n’aurons pas de vaccin, nous devons donner des perspectives sur les règles du jeu », déclare le chef du gouvernement, qui a présenté jeudi la stratégie jusque fin 2020 mais planche aussi sur la période au-delà, possiblement jusqu’à l’été.

« Une certitude : les rassemblements festifs, familiaux dans des salles de fêtes ne pourront pas reprendre avant longtemps. De même, les bars et les restaurants qui font aussi partie des endroits de contamination forte ne pourront pas rouvrir dès le 1er décembre, contrairement aux magasins de jouets, par exemple » , détaille-t-il.

Jeudi, le Premier ministre a jugé possible, si la tendance à la légère baisse des cas de coronavirus se confirme, de prendre des mesures d’allégement à compter du 1er décembre « strictement limitées aux commerces », et sur la base d’un protocole renforcé.

 « Notre combat contre l’épidémie est collectif » (Emmanuel Macron)

Dans un tweet diffusé ce samedi 14 novembre 2020, Emmanuel Macron a estimé que « notre combat contre l’épidémie est collectif et les prochains jours seront décisifs ».

Le chef de l’État rappelle dans ce message les gestes pour « sauver des vies », « en classe, au bureau, à la maison ».

« Porter un masque, se laver régulièrement les mains, garder une distance d’au moins un mètre, aérer régulièrement les espaces fermés, télécharger TousAntiCovid sur son smartphone. »ans les mois à venir, « le télétravail devra perdurer, sur la base d’un équilibre à trouver dans les entreprises pour éviter le tout ou rien », ajoute le Premier ministre.

« Ma crainte, c’est que les Français ne se fassent pas assez vacciner »

Lundi, les laboratoires américain Pfizer et allemand BioNTech ont affirmé que leur candidat vaccin était «efficace à 90%» contre le Covid-19, selon l’essai à grande échelle de phase 3 en cours, dernière étape avant une demande d’homologation, suscitant une vague d’espoir dans le monde.

Mais le gouvernement français reste sur ses gardes. « La perspective d’un vaccin se rapproche. Il y a le projet Pfizer, mais aussi beaucoup d’autres en phase d’essai. Il faut se préparer tout en restant prudent », juge Jean Castex, qui assure avoir « déjà sécurisé les commandes ».

« Ma crainte, c’est que les Français ne se fassent pas assez vacciner », souligne-t-il.

Selon un sondage Ipsos publié en septembre, la France se situe parmi les pays où l’intention de recourir au vaccin est la plus faible. Ils ne seraient ainsi que 59 % à se faire vacciner contre le Covid-19 en France, contre 74 % au niveau mondial.




Boby Dean pour DayNewsWorld

L’UNION EUROPEENNE

CONTRE LES DISCRIMINATIONS ANTI-LGBT

La Commission européenne va proposer une reconnaissance mutuelle entre États membres des droits parentaux des couples de même sexe.La Commission européenne a présenté jeudi un plan destiné à lutter contre les discriminations et la haine à l’endroit des personnes LGBT et à renforcer les droits des couples homoparentaux, face à des «tendances inquiétantes» en Europe, notamment en Pologne.

« Nous voyons des progrès dans certains États membres. Par exemple beaucoup ont reconnu légalement les couples de même sexe », a déclaré la vice-présidente de la Commission, Vera Jourova, lors d’une conférence de presse.

«Mais nous voyons aussi des tendances inquiétantes», a-t-elle poursuivi, citant les zones déclarées

« sans idéologie LGBT» (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres) dans certaines villes polonaises et les attaques contre des manifestants.

La Commission va proposer une reconnaissance mutuelle entre États membres des droits parentaux des couples de même sexe.

Elle a indiqué que 21 États membres reconnaissaient une forme d’union entre personnes de même sexe, et qu’une partie seulement d’entre eux reconnaissait la possibilité d’adopter un enfant pour ces couples. Une législation européenne pour une reconnaissance mutuelle des droits parentaux nécessiterait toutefois l’unanimité des États membres.

Obliger les États membres à sévir

L’exécutif européen veut aussi durcir la lutte contre les discours et les crimes ou délits anti-LGBT, en proposant qu’ils soient prévus spécifiquement dans les traités. Une telle inclusion pourrait ensuite déboucher sur une obligation pour les États membres de punir ces infractions.

La commissaire européenne à l’Égalité, Helena Dalli, a aussi condamné les «thérapies de conversion» qui visent à changer l’orientation sexuelle des personnes LGBT.

«Personne n’a besoin d’être corrigé. Les pratiques de conversion doivent cesser», a-t-elle dit lors de la présentation de cette, première initiative européenne de ce type.

Selon une enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne de 2019, les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre se sont accrues dans l’UE :

43% des personnes LGBT disent se sentir discriminées, contre 37% en 2012.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

COVID

PFIZER ANNONCE UN VACCIN EFFICACE A 90%

Pfizer et Biontech viennent de réaliser une première analyse intermédiaire de leur essai de phase 3 sur un vaccin contre le nouveau coronavirus, la dernière avant une demande d'homologation.

En l'état actuel de la recherche, le vaccin est « efficace à 90% », affirment lundi les deux laboratoires.

Cette « efficacité vaccinale » a été mesurée en comparant le nombre de participants infectés par le nouveau coronavirus dans le groupe qui a reçu le vaccin et dans celui sous placebo, « sept jours après la deuxième dose » et 28 jours après la première, ont-ils expliqué dans un communiqué conjoint.

« Plus de huit mois après le début de la pire pandémie en plus d'un siècle, nous pensons que cette étape représente un pas en avant significatif pour le monde dans notre bataille contre le Covid-19 », a déclaré le président-directeur général de Pfizer, Albert Bourla, dans un communiqué.

« Le premier ensemble de résultats de notre essai de vaccin Covid-19 de phase 3 fournit la preuve initiale de la capacité de notre vaccin à prévenir le Covid-19 », ajoute-t-il.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

AUTRICHE

ATTENTAT TERRORISTE A VIENNE

REVENDIQUE PAR DAECH

Une opération de police « majeure » conduisant à 14 arrestations a été menée après l'attaque survenue dans la capitale autrichienne. Le bilan de celle-ci est lourd : quatre personnes ont été tuées, et plusieurs ont été blessées, un assaillant a été

abattu selon un dernier bilan mardi matin.

Attentat revendiqué par Daech

Selon le ministre de l'Intérieur, ce dernier est un « sympathisant » du groupe terroriste Etat islamique. L'assaillant Kujtim Fejzulai

tué hier soir était âgé de 20 ans, détenteur de la nationalité autrichienne, d'origine nord-macédonienne.

Il avait été condamné à de la prison en 2019 pour avoir tenté de se rendre en Syrie pour y rejoindre Daech, a indiqué le ministre de l'Intérieur, cité par le journal Kurier.

Le groupe Etat islamique vient de revendiquer l'attaque terroriste de Vienne, via son agence de propagande Amaq.

Le communiqué de l'EI impute à un « soldat du califat » les fusillades meurtrières près d'une synagogue et de l'opéra.

Dans un texte séparé, accompagné d'une photo de l'assaillant armé, l'agence de propagande évoque « une attaque aux armes à feu menée hier (lundi) par un combattant de l'Etat islamique dans la ville de Vienne ».

Les Faits

Des coups de feu ont été échangés, ce lundi 2 novembre 2020 au soir, à Vienne, en Autriche, ont indiqué la police et les médias locaux. Au moins un mort et plusieurs blessés, dont un policier, ont été signalés par les forces de l'ordre

Des tirs ont été échangés près d'une synagogue de Vienne, en Autriche, ce lundi soir, selon la police.

La fusillade, toujours en cours, s'apparente à une attaque terroriste, perpétrée par plusieurs assaillants, a indiqué le ministère de l'Intérieur autrichien.

Les coups de feu ont eu lieu dans une rue où se situe la principale synagogue de la capitale autrichienne, près de la Schwedenplatz, vers 20 heures.

Quatre morts et plusieurs blessés

Quatre  morts et plusieurs blessés, dont un policier, ont été signalés par les forces de l'ordre. Un des agresseurs « serait mort, un autre en fuite », a précisé le ministère de l'Intérieur. Six scènes de crime ont été dénombrées par la police de Vienne sur Twitter.

Un des auteurs a été abattu, a fait savoir la police locale. Un autre a été arrêté après un échange de coups de feu, et les recherches se poursuivent pour déterminer s’il y a d’autres tireurs, précise l’agence de presse autrichienne. Selon la même source, un policier a par ailleurs été gravement blessé. En tout, une quinzaine de personnes ont été transportées à l’hôpital

Une importante opération policière

Une importante opération policière a été déployée dans le centre, ont indiqué les forces de l'ordre sur Twitter. La police a demandé à la population de rester chez elle, à l'écart des lieux publics et des transports en commun, ainsi que de ne pas partager de photos et de vidéos.

Deux hommes qui connaissaient l’attaquant interpellés en Suisse

L’enquête a pris une dimension internationale avec l’arrestation, à Zurich, de deux jeunes Suisses qui connaissaient Kujtim Fejzulai.« Les enquêtes de police ont permis d’identifier des ressortissants suisses âgés de 18 et 24 ans. Les deux hommes ont été arrêtés à Winterthur mardi après-midi en coordination avec les autorités autrichiennes », a indiqué la police cantonale de Zurich dans un communiqué.

« Une attaque terroriste répugnante »

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a condamné sur Twitter « une attaque terroriste répugnante ».  « Nous ne nous laisserons jamais intimider par le terrorisme et nous combattrons ces attaques avec tous nos moyens », a-t-il écrit sur Twitter .

Les motifs de cette fusillade ne sont, pour l’heure, pas connus. « A ce stade, il n’est pas possible de dire si la synagogue était visée », a réagi sur Twitter Oskar Deutsch, le président de la Commaunauté israélite de Vienne (IKG).

Samedi, le gouvernement autrichien avait annoncé l’instauration d’un couvre-feu nocturne et la fermeture des cafés, bars et restaurants à l’exception de la vente à emporter. Les nouvelles mesures de restriction devaient entrer en vigueur à partir de minuit ce lundi soir. Les Viennois profitaient donc d'une dernière soirée de « liberté » dans le centre de la capitale, relativement fréquenté.

Trois jours de deuil national

Le pays a décrété trois jours de deuil national. Mardi, les drapeaux ont été mis en berne sur les bâtiments publics partout à travers le pays et une minute de silence observée à midi, tandis que les cloches des églises sonnaient. Le chef du gouvernement, le président Alexander Van der Bellen et d’autres hauts responsables ont participé à une cérémonie en hommage aux victimes.

VERS UN "PATRIOT ACT" EUROPEEN ?

Evoquant comme le président français une réponse européenne, le chef de la diplomatie italienne Luigi Di Maio a proposé mardi dans un message publié sur Facebook un "Patriot Act" européen, à l'image de la loi antiterroriste américaine.

« Aujourd'hui nous sommes tous des enfants du même peuple européen' », assure le ministre italien des Affaires étrangères. « La sûreté d'un Etat est la sûreté de tous les autres. J'en parlerai dans les prochains jours avec mes homologues.  Restons unis contre toute forme de terrorisme et de fanatisme », a-t-il conclu.

Le chancelier exige une réponse européenne coordonnée

Face à l’irruption dans le quotidien des Viennois de la menace djihadiste qui avait jusqu’alors épargné le pays, le chancelier autrichien Sebastian Kurz est monté dès mardi soir à l’offensive politique et diplomatique. « L’UE doit beaucoup plus se concentrer à l’avenir sur le problème de l’islam politique », une « idéologie » qui représente un « danger » pour le « mode de vie européen », a estimé le chancelier autrichien dans une interview au quotidien allemand Die Welt.

« Je suis déjà en contact avec Emmanuel Macron et de nombreux autres chefs de gouvernement sur cette question, afin que nous puissions nous coordonner plus étroitement au sein de l’UE », a expliqué Sebastian Kurz.

Cet attentat, qui intervient dans un climat tendu en Europe et après une série noire d’attaques en France, a suscité un afflux de réactions de solidarité, du président américain Donald Trump à son homologue russe Vladimir Poutine en passant par l’ensemble des dirigeants européens, d’Ursula von der Leyen à Emmanuel Macron ou Angela Merkel.




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

LA TURQUIE OSE-T-ELLE MENACER L 'EUROPE ?

A quelques jours de la rentrée scolaire, alors qu' un hommage à Samuel Paty, décapité par un islamiste, doit être rendu, le président du conseil français du culte musulman (CFCM) Mohammed Moussaoui, semble rétropédaler sur l'application du droit d'expression en France. Selon Mohammed Moussaoui, la liberté de caricaturer ( Mahomet,NDLR) doit être mesurée en fonction du contexte dans lequel elle s'exerce afin de ne pas heurter. Il estime également que ces dessins ne doivent pas être présentés à l'école.

« Pour préserver l'ordre public, il faut parfois renoncer à certains droits ».Il en appelle à la retenue.  « La volonté d'offenser délibérément les sentiments (des musulmans, NDLR) n'a pas lieu d'être dans un pays où la fraternité fait partie du triptyque.

Il faut tenir compte du contexte dans lequel ce droit (la liberté de caricaturer, NDLR) s'exerce. Il ne s'agit pas de faire plaisir aux extrémistes, mais de respecter le devoir de fraternité », développe-t-il sur RMC. Il semble suivre en cela de nombreux autres pays musulmans qui aimeraient dicter leur volonté à Emmanuel Macron. Et tout particulièrement la Turquie qui se voudrait le chantre de l'islamisme.

En réponse l’hebdomadaire français a publié mardi 27 octobre 2020 au soir sur les réseaux sociaux la « une » de son dernier numéro, sur laquelle s’étale une caricature de M. Erdogan en slip, une canette à la main, qui soulève la robe d’une femme voilée en s’écriant :

« Ouuuh ! Le Prophète ! », commente le chef d’Etat sur cette Une titrée :

« Erdogan, dans le privé, il est très drôle ».

Cette représentation peu flatteuse du dirigeant turc a suscité l’ire d’Ankara.

La santé mentale du Président Macron

Aussi le président turc Erdogan n'a-t-il pas hésité une fois de plus à mettre en doute la « santé mentale » du président français. Il a critiqué, samedi 24  et dimanche 25 octobre, avec virulence, l'attitude du président français envers les musulmans, après l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

« Tout ce qu'on peut dire d'un chef d'Etat qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c'est : allez d'abord faire des examens de santé mentale », a notamment déclaré le dirigeant turc, dans un discours télévisé.

Erdogan en appelle même lundi 26 octobre 2020 à l'UE

« Les responsables européens doivent dire 'stop' à la campagne de haine qui est dirigée par Macron », a lancé Recep Tayyip Erdogan dans un discours virulent à Ankara.

Pour le dirigeant turc, « une campagne de lynchage semblable à celle contre les Juifs d'Europe avant la Deuxième Guerre mondiale est en train d'être menée contre les musulmans ».Le président turc a également appelé, lundi, ses compatriotes à cesser d'acheter des produits français. Ce langage outrancier et inadmissible de la part d'un dirigeant ne fait qu'exacerber les tensions.

« L’outrage et l’insulte ne sont pas une méthode », a tonné l’Élysée

Heureusement Berlin et Rome ont condamné vivement les propos du président turc.

La chancelière allemande a vivement critiqué le discours de Recep Tayyip Erdogan sur la santé mentale d'Emmanuel Macron. « Ce sont des déclarations diffamatoires qui ne sont absolument pas acceptables », particulièrement dans le contexte du « meurtre affreux du professeur français Samuel Paty par un fanatique islamique », a dit Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière allemande. « Les propos adressés par le président Erdogan au président Macron sont inacceptables », a écrit Giuseppe Conte en français sur son compte Twitter, lundi 26 octobre 2020 après-midi.

« Les invectives personnelles n'aident pas l'agenda positif que l'UE veut poursuivre avec la Turquie, mais éloignent au contraire les solutions. Pleine solidarité avec le président Emmanuel Macron », a ajouté le chef du gouvernement italien.

C'est que Recep Tayyib Erdogan a lancé depuis quelques temps déjà une stratégie de la tension avec la France

( cf la chronique de Hakim El Karoui «Erdogan et la stratégie de la tension» ) et ce n'est pas la première fois qu'il insulte le président Emmanuel Macron.- « L’outrage et l’insulte ne sont pas une méthode », a tonné avec raison l’Élysée.

Dans un geste diplomatique rare et fort, Emmanuel Macron a rappelé samedi 24 octobre son ambassadeur en Turquie pour protester contre les «propos inacceptables», mais aussi contre «l’outrance et la grossièreté» du président turc, qui a mis en cause sa «santé mentale ».

La Turquie un pays en crise économique

Erdogan ne cesse pas de bomber le torse et de donner de la voix contre les Occidentaux alors que la Turquie sur le plan économique va mal : hyper-inflation, dévaluation express de la livre, difficultés à équilibrer la balance des paiements, doutes des investisseurs internationaux sur la qualité de la gouvernance économique du pays du fait de l’interventionnisme répété du président Erdogan auprès de la banque centrale pour ne pas relever les taux d’intérêt sont les données actuelles du pays. En échec dans sa politique économique et sociale, Erdogan tente de rehausser sa légitimité en voulant devenir le nouveau leader mondial de l'islam et de la reconquête territoriale...

De nombreux conflits sur le plan international

L’état de crise entre les deux pays que sont la France et la Turquie a pris racine il y a plusieurs années, notamment à la faveur de la crise libyenne ou des propos sur « la mort cérébrale de l’Otan ».

De plus au mois de juin un fait majeur a aggravé les relations entre les deux pays. En effet un incident a eu lieu entre une frégate turque et un navire français, la première ayant menacé le second alors qu’il tentait d’approcher un cargo battant pavillon tanzanien. Ce dernier était suspecté de livrer du matériel militaire en Libye malgré l’embargo en vigueur. La ministre Florence Parly a vivement dénoncé ce geste agressif, et la France a suspendu sa participation aux opérations.aux méditerranéennes.

Un autre événement est venu peu après remettre de l’huile sur le feu: l’intrusion de bâtiments turcs à la recherche de gisements d’hydrocarbures dans des eaux méditerranéennes revendiqués par Chypre et la Grèce. Très rapidement, Emmanuel Macron est monté au front. Cela lui a permis de « présenter la France - et lui-même - comme le défenseur des frontières et de la souveraineté de l’Europe face à l’affirmation croissante, sinon à l’agressivité de la Turquie », détaille le politologue Bruno Tertrais dans la revue World Politics Review. La crise dans les eaux grecques s’est muée dans en un échange de menaces de la part. Recep Tayyip Erdoğan,

Outre la situation en Méditerranée orientale, c’est sur le front libyen que Paris et la Turquie continuent de s’opposer. «Qu’on soit clair, les forces soutenues par la Turquie à Idlib depuis le début sont des groupes islamistes. Déjà, lors de l’intervention turque dans le Rojava il y a quelques mois, c’était des groupes islamistes qui se battaient. La Turquie s’en défend, mais elle a soutenu des djihadistes et a également mené des négociations avec Daech. Aujourd’hui, les masques sont tombés. Le fait que des réseaux djihadistes transitaient de la Turquie vers la Syrie, ce n’est un secret pour personne.», analyse pour sa part la chercheuse Myriam Benraad, spécialiste reconnue du Moyen-Orient, et interrogée par Sputnik. Ainsi les djihadistes de Daech sont chargés de lutter contre les Kurdes.

Aussi Recep Tayyip Erdogan n'hésite-t-il pas à remettre en cause l' accord de cessez-le- feu du 23 octobre 2020 obtenu de haute lutte à Genève. A des journalistes à Istanbul à propos de l'accord signé le 23 octobre à Genève, la Turquie, acteur clé dans ce dossier; se montre sceptique. « L'accord de cessez-le-feu de ce jour n'a pas été conclu au plus haut niveau mais à un niveau moindre », a ainsi déclaré le président turc, Recep Tayyip Erdogan...

Karabach et les milices jihadistes.

Depuis la rentrée, la détente paraît s’éloigner encore un peu plus notamment au regard du conflit dans le Nagorny Karabach, entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie.

Emmanuel Macron a ainsi notamment affirmé que des « jihadistes » avaient été envoyés depuis la Syrie dans le Karabach en soutien à l’Azerbaïdjan, ce dont s’est défendu Recep Tayyip Erdoğan. Le pouvoir d' Erdogan dépend en effet des ultra-nationalistes turcs qui ont quelques obsessions géopolitiques.


Enfin, si les précédents points d’accroche se sont essentiellement polarisés sur le terrain diplomatique et des enjeux internationaux, c’est plutôt sur celui de la politique intérieure française que la tension franco-turque est récemment montée d’un cran.

Le projet de loi sur le séparatisme et « l'entrisme turc »

Le discours d’Emmanuel Macron début octobre sur le projet de loi sur le séparatisme a suscité l’ire d’Ankara, vu comme une « provocation » par Recep Tayyip Erdoğan. Cela s’explique en partie selon Jean Marcou par la volonté du président turc de s’adresser à ses compatriotes à l’étranger, mais aussi d’inscrire sa position à l’international. « Ça tient aussi au positionnement que veut adopter la Turquie dans le monde musulman où actuellement, elle s’oppose à l’Arabie saoudite, aux Émirats, et donc cette volonté de leadership et de défense.

Je crois qu’il y a à la fois la défense des Turcs de l’étranger voir possiblement la défense des musulmans (...) c’est un sujet qui a toujours été très, très sensible pour la Turquie. Dans la mesure où la loi sur le séparatisme pourrait avoir des conséquences pour la communauté turque, voire pour les musulmans turcs, effectivement Erdogan intervient », analyse-t-il.

S'ajoute à cela l'absence de condoléance de la part de la Turquie après la mort de Samuel Paty dans l’attentat de Conflans-Sainte- Honorine.

La Turquie, bien que pays non arabe,est "la marionnettes des Frères musulmans- dont est issu Erdogan- et qui partage avec les salafistes un projet impérialiste à l’échelle planétaire".

La Turquie d’Erdogan se sert de sa diaspora d’abord en Allemagne, qui n’ose s’opposer frontalement à elle, et maintenant en France pour étendre en Europe l'islam et s'attaquer ainsi aux valeurs de laïcité française !

Pas moins de 150 000 Turcs vivent en effet dans le Grand Est, principalement en Alsace et à Strasbourg . Les mosquées ( dont la mosquée de la Meinau accueillant 2500 fidèles),et écoles « islamo-turques » sont de plus en plus en plus nombreuses et il existe même une « faculté » de théologie au sein de l’université de Strasbourg. En outre, les projets de telles écoles se multiplient dans la France entière.

Ne faut-il pas parler alors d’entrisme turc «  où le nationalisme turc conjugué à l’islam rigoureux conduit à transformer l’école en fabrique de futurs ennemis de la République », selon l’édito de Michel Taube dans Opinion internationale.

Erdogan mobilise les islamistes contre la France

A quoi joue donc le président turc Recep Tayyip Erdogan ?

 « Je pense que Recep Tayyip Erdogan la joue à la fois sultan et calife. Sa stratégie est de chercher l'ennemi extérieur et de le vilipender de manière extraordinairement violente pour susciter une vague du nationalisme dans son pays. », conclut Michel Taube.

L'Union européenne s'est déjà inquiétée récemment d'un « risque de confrontation militaire internationale majeure » en Syrie et dit envisager « toutes les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts en matière de sécurité » , et elle doit s'inquiéter aussi avec lucidité de cet « entrisme turc » qui ne cesse de croître en Europe.

La Turquie joue un jeu trouble envers les Européens qui pourraient cependant prendre des mesures de rétorsion envers ce pays.

Les revendications religieuses sont  aussi un moyen pour Erdogan de rehausser sa légitimité auprès d’une frange de la population conservatrice et de faire diversion par rapport à sa politique intérieure.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

DURCISSEMENT DES MESURES DANS

UNE EUROPE DUREMENT FRAPPEE PAR LA DEUXIEME VAGUE DE CORONAVIRUS

La deuxième vague de l’épidémie due au coronavirus frappe durement le continent européen, entraînant des records de contamination dans plusieurs pays, qui ont annoncé un durcissement des restrictions. L’Espagne doit ainsi décréter, dimanche 25 octobre, un nouvel état d’alerte, ouvrant la voie à l’instauration d’un couvre-feu dans plusieurs régions. L’Italie a également annoncé dimanche plusieurs mesures fortes, dont la fermeture des cinémas et théâtres.

Des chiffres en fonction de la politique de dépistage de chaque pays.

Sur l’ensemble du continent européen, le nombre des contaminations détectées s’approche des 8,7 millions et plus de 261 000 personnes sont mortes de cette maladie. Dont quelque 10 000 en Allemagne, un pays jusqu’ici relativement épargné mais désormais frappé de plein fouet par le rebond épidémique.

Dans le monde, la pandémie a fait au moins 1 151 077 morts depuis fin décembre, d’après un bilan établi à partir de sources officielles recueillies auprès des autorités nationales compétentes et des informations de l’Organisation mondiale de la santé. Les Etats-Unis présentent les bilans les plus lourds avec 224 906 décès portant le nombre total de cas depuis le début de la pandémie à près de 8,5 millions dans le pays. Le nombre de contaminations a connu samedi 25 novembre 2020 un record pour le deuxième jour consécutif, avec 88.973 nouveaux cas (79.963 la veille).

Le nombre de morts sur 24 heures reste lui globalement stable depuis le début de l'automne, avec entre 700 et 800 décès. Dans les Amériques, la Colombie (30 000 morts) est devenue le huitième pays à franchir officiellement le seuil du million de personnes déclarées positives, après les Etats-Unis, l’Inde, le Brésil, la Russie, l’Argentine, l’Espagne et la France. Le nombre de cas confirmés dépend cependant fortement de la politique de dépistage pratiquée dans chaque pays.

L’Italie va adopter de nouvelles restrictions, dont la fermeture des cinémas et théâtres, après la publication de chiffres record de nouvelles contaminations, ont annoncé les services du premier ministre, Giuseppe Conte.Cinémas, théâtres, salles de gym et piscines vont devoir fermer, tandis que bars et restaurants devront cesser de servir après 18 heures, selon ces mesures, adoptées en dépit des protestations publiques qui ont éclaté ces derniers jours, notamment à Rome.

Trois régions ont déjà adopté ces derniers jours un couvre-feu : celles de Rome (Latium), Milan (Lombardie) et Naples (Campanie). Au moins deux autres régions, le Piémont et la Sicile, leur emboîteront le pas dans la semaine.Dans la nuit de samedi à dimanche, des dizaines de manifestants d’extrême droite protestant contre le couvre-feu ont affronté les forces de l’ordre antiémeutes dans le centre historique de la capitale

Etat d’alerte en Espagne

M. Sanchez avait préparé le terrain dès vendredi en assurant que la situation était « grave », que « les prochaines semaines et les prochains mois » seraient durs, très durs et qu’il était « prêt à adopter toutes les mesures nécessaires » pour freiner l’épidémie. Deux jours plus tôt, l’Espagne était devenue le premier pays de l’Union européenne et le sixième au monde à dépasser le million de cas de Covid-19, le chef du gouvernement ayant même révélé vendredi que le nombre réel de personnes infectées par le coronavirus en Espagne était en fait supérieur à 3 millions.

Le nombre de décès est proche de 35 000. Le gouvernement de Pedro Sanchez doit ainsi décréter dimanche matin un nouvel état d’alerte, autorisant les restrictions, le deuxième dans le pays après celui proclamé en mars, et qui avait duré jusqu’en juin. Samedi soir, au moins neuf régions espagnoles avaient demandé au gouvernement central de proclamer l’état d’alerte, sachant que certaines zones géographiques ont déjà pris les devants avec des restrictions locales, comme Madrid, la Castille-et-Leon (nord), la région de Valence (est) et la ville de Grenade (sud).

Durcissement des mesures nationales à Bruxelles

En Belgique, les autorités bruxelloises ont décidé d’avancer à 22 heures le couvre-feu imposé dans le pays, et ont ordonné la fermeture des magasins à 20 heures ainsi que l’interdiction des activités culturelles et sportives à partir de lundi. Ce nouveau tour de vis va au-delà des décisions prises vendredi par le gouvernement pour l’ensemble du royaume et suit les mesures annoncées par les autorités de la Wallonie, particulièrement touchée par la pandémie.

L’est de l’Europe durement frappé également

Plusieurs pays de l’Est, où la situation se dégrade, ont imposé samedi de nouvelles mesures, à l’image de la Pologne, dont l’intégralité du territoire est désormais en « zone rouge », synonyme de nombreuses restrictions. En Slovaquie voisine, un couvre-feu nocturne est entré en vigueur samedi – il sera maintenu jusqu’au 1er novembre. Et en République tchèque, un autre pays limitrophe, où le taux de contamination et de décès est le pire d’Europe sur les deux dernières semaines, un confinement partiel est déjà instauré jusqu’au 3 novembre 2020.

Un confinement partiel s’applique aussi depuis samedi en Slovénie, dont le ministre des affaires étrangères, Anze Logar, a été testé positif, après avoir bouclé une tournée dans les pays baltes. Ses trois homologues dans ces Etats, qui l’avaient rencontré, ainsi que la chef de l’opposition biélorusse, Svetlana Tsikhanovskaïa, se sont placés samedi en quarantaine. Deux autres personnalités politiques d’Europe de l’Est ont annoncé leur infection, le président polonais, Andrzej Duda, et le maire de Kiev, l’ancien boxeur Vitali Klitschko.

Le président Donald Trump, en pleine campagne électorale, a promis l'arrivée imminente d'un vaccin, qu'il veut gratuit.

Son adversaire démocrate Joe Biden a également promis vendredi que le vaccin serait «gratuit pour tout le monde» s'il remportait l'élection présidentielle du 3 novembre 2020.




Boby Dean pour DayNewsWorld

DES MESURES DE RECONFINEMENTS DANS LE MONDE MAIS LA SUEDE COMME CONTRE-EXEMPLE

Dans l'espoir de « célébrer Noël correctement », l'Irlande et le Pays de Galles deviennent cette semaine les premiers territoires à reconfiner leurs populations en Europe, frappée par la deuxième vague et obligée de multiplier les restrictions pour contrer le Covid-19. « Si nous unissons nos efforts pendant les six prochaines semaines, nous aurons l'occasion de célébrer Noël correctement », a lancé le Premier ministre irlandais Micheal Martin. Le Pays de Galles (3 millions d'habitants) sera quant à lui soumis à compter de 18H00 vendredi à un confinement de deux semaines, mesure la plus dure instaurée au Royaume-Uni depuis la première vague de Covid-19 du printemps.

De son côté, le premier ministre Boris Johnson avait annoncé en septembre une batterie de nouvelles restrictions concernant l'Angleterre Tout comme l'Irlande et le Pays de Galles, la Belgique pourrait mettre en place un nouveau confinement dès la semaine prochaine « si la tendance ne s'inverse pas d'ici là », selon un porte-parole des autorités sanitaires belges le 21 octobre.

En Espagne, depuis le 2 octobre 2020, Madrid est officiellement reconfinée en partie, devenant ainsi la première capitale européenne reconfinée.. Désormais, les habitants de Madrid et de sa banlieue sont interdits de sortir de la ville sauf pour aller travailler, se rendre chez le médecin ou emmener les enfants à l'école.La région de Navarre sera elle partiellement bouclée à partir du 22 octobre, comme de plus en plus de villes espagnoles, à l'instar de Burgos, qui s'ajoute à la liste.

Trois municipalités du nord du Portugal sont ainsi reconfinées depuis le 23 octobre et les déplacements à travers tout le pays seront limités à la Toussaint

Le confinement n'est pas à suivre en Suède, selon l'Agence de santé

Mais face à cette 2ème vague de Covid-19, la Suède persiste dans sa stratégie, et même assouplit les contraintes. En effet alors que la deuxième vague de coronavirus déstabilise le reste de l'Europe, les autorités nordiques assument parfaitement la stratégie très particulière qu'elles suivent depuis le début de la pandémie et vont même jusqu'à.assouplir les quelques restrictions mises en place, y compris pour les personnes âgées, les plus à risque.Pourtant comme ailleurs le nombre de cas par jour ne cesse d'augmenter depuis la mi-septembre, 1 614 nouvelles infections ayant été relevées le 22 octobre.

Mais selon Johan Carlson, le directeur de l'Agence suédoise de santé publique, les confinements, couvre-feux et autres restrictions « ne sont pas une voie à suivre ». Un argument prévaut : Il s'agit de créer une situation où l'on peut vivre sa vie de manière assez normale compte tenu des restrictions.

Cette semaine, les autorités ont été cependant obligées de prendre des mesures plus fermes pour tenter d'éteindre, ou tout du moins de réduire, le gros foyer épidémique qui est en train de s'étendre dans la ville universitaire d'Uppsala, située à environ 70 kilomètres de Stockholm.




Boby Dean pour DayNewsWorld

BREXIT DEAL OR NO DEAL ?

Les négociations entre Londres et Bruxelles sont-elles définitivement terminées ?

Au cours d'un point presse, Emmanuel Macron a annoncé que les Vingt-Sept se donnaient deux semaines supplémentaires pour trouver un accord post-Brexit avec le Royaume-Uni. « Nous avons autorisé les négociateurs à poursuivre les discussions pour les deux prochaines semaines », a déclaré le Président Français, ajoutant que « la Grande-Bretagne a davantage besoin d'un accord que l'Union européenne. »

De son côté, le porte-parole de Boris Johnson considère que la position de Bruxelles signe de facto la fin des négociations. « Les négociations n'ont pas lieu d'être si l'UE ne change pas de position, a-t-il lancé l'après-midi vendredi 16 octobre 2020 . L'UE a effectivement mis fin aux discussions hier. Cela ne sert à rien de discuter si l'UE ne change pas fondamentalement de position. »

Lors d'un sommet européen entamé la veille, l'UE a estimé que Londres était à l'origine de l'impasse des négociations sur leurs futures relations à partir du 1er janvier prochain, affirmant qu'il revenait à Boris Johnson de faire des compromis.De son côté, David Frost, principal négociateur britannique, s'est dit déçu et surpris par l'attitude de l'UE.« Aussi surpris par l'idée selon laquelle pour parvenir à un accord toutes les initiatives futures doivent venir du Royaume-Uni. C'est une approche inhabituelle dans la conduite d'une négociation », a-t-il réagi sur Twitter.

Deal or no deal ?

Le Royaume-Uni et l'UE ont officiellement divorcé le 31 janvier mais sont entrés dans une période de transition, le temps de trouver un terrain d'entente sur leurs futures relations, notamment commerciales.

Passé le 31 décembre, faute d'accord, ce sera un divorce « sec », le « saut dans le vide » que redoutent notamment les milieux d'affaires avec la perspective de rétablissements de droits de douane et de divergences réglementaires.« A moins d'un changement fondamental d'approche, nous allons vers la solution à l'australienne et nous devons le faire avec une grande confiance », prévenait, jeudi 15 octobre 2020, Boris Johnson, en référence à l'absence d'accord de libre-échange entre l'UE et l'Australie

Mais à en croire les médias britanniques citant des sources proches des négociations, David Frost, le négociateur en chef de Boris Johnson, estime qu’un accord est toujours possible et que deux semaines supplémentaires de pourparlers pourraient mener à une percée alors qu’un compromis sur la pêche semble émerger.

Toujours est-il que les Européens font bloc et ne veulent pas céder sur des points qui leur paraissent fondamentaux. Les Vingt-sept, dont les économies combinées pèsent quelque 18.400 milliards de dollars (15.700 milliards d'euros) contre seulement 3.000 milliards (2.600 milliards d'euros) pour le Royaume-Uni, continuent de penser qu'un accord est possible, à condition toutefois que Boris Johnson y mette du sien..

Points de blocage

Les négociations ont permis de rapprocher les points de vue sur des thèmes tels que la protection sociale des citoyens ou les transports mais elles achoppent toujours sur trois sujets principaux: les droits de pêche, une question primordiale pour la France, les questions de gouvernance - et notamment les mécanismes de règlement des litiges - et la garantie de règles du jeu équitables en matière de concurrence.

D’abord la mise en place de conditions de concurrence équitables qui permettent au Royaume-Uni l’accès à un marché de 450 millions de consommateurs. Il s'agit essentiellement de respecter des normes environnementales et sociales.

La question de la pêche est également essentielle pour plusieurs États membres, dont la France. « En aucun cas nos pêcheurs ne sauraient être les sacrifiés de ce Brexit. (...) Préserver l'accès de nos pêcheurs aux eaux britanniques (...) est un point important de cette discussion pour nous », a déclaré jeudi le président français Emmanuel Macron à son arrivée à Bruxelles. Le mandat du négociateur européen Michel Barnier est de préserver l’accès réciproque aux eaux européennes et britanniques même si les Européens sont plus nombreux à pêcher dans les eaux britanniques que l’inverse. L’enjeu est le maintien des activités de pêche pour les Français, les Irlandais, les Néerlandais, les Belges et les Espagnols et plus marginalement les Allemands.

Enfin, il faut des règles claires et mettre en place un mécanisme pour régler les différends. L’objectif est d'avoir une relation équilibrée, soutenable économiquement et politiquement.

Boris Johnson a déclaré à de nombreuses reprises être favorable à un accord, estimant toutefois que le Royaume-Uni était capable de transformer un « no deal » en succès.

« C'est le vent au large de nos côtes qui a soufflé dans les voiles de Drake, Raleigh et Nelson, et a propulsé ce pays vers sa grandeur commerciale. », avait déclaré Bojo en politique intérieure.

Boris Johnson semble donner du crédit aux propos d’Angela Merkel qui voit dans le Brexit le risque d’un concurrent commercial aux portes de l’UE...

Michel Barnier, le principal négociateur européen, a annoncé qu'il échangerait avec David Frost vendredi et qu'il se rendrait à Londres au cours du week-end. Il s'est dit prêt à négocier « jusqu'au dernier jour possible ». 

Un « no deal » ne risquerait-il pas de provoquer un vaste chaos en désorganisant totalement les relations commerciales entre le Royaume-Uni, l'Union européenne et le reste du monde, au moment où une « deuxième vague » de l'épidémie de coronavirus menace la fragile reprise de l'économie mondiale?




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

BORIS JOHNSON SUR LA SELLETTE CONVOQUE

LA GRANDEUR DU ROYAUME-UNI

POUR RECONSTRUIRE EN MIEUX APRES LE COVID-19

Depuis son retour aux affaires, le 27 avril, tous les clignotants sont au rouge pour Boris Johnson au point d'occulter son triomphe électoral du 12 décembre 2019...

C'est pourquoi le premier ministre britannique Boris Johnson a tenté de profiter du congrès de son parti pour réaffirmer son autorité. Il a beau avoir mené son parti à une victoire historique lors des élections générales de décembre 2019 et disposer d’une très large majorité à la Chambre des communes, sa gestion brouillonne de la pandémie de Covid-19 et son style de gouvernement sont en effet ouvertement critiqués.

Boris Johnson lui -même a eu le Covid

Le Premier ministre britannique affirme que les rumeurs à son sujet sur le coronavirus font partie d'une « propagande séditieuse ». Âgé de 56 ans et en surpoids, Boris Johnson avait passé trois nuits en soins intensifs en avril après avoir été contaminé par le nouveau coronavirus. Depuis, les interrogations sur les répercussions de la maladie sur sa santé sont récurrentes au Royaume-Uni .

Boris Johnson a perdu 12 kgs

« BoJo », comme il est parfois surnommé, a certes reconnu avoir été durement touché par la maladie en raison d’un « problème sous-jacent très commun: j’étais trop gros ». Disant avoir depuis perdu près de 12 kilos, il a assuré qu’il continuerait « ce régime, parce qu’il faut chercher le héros qui est en vous ».

Mais « Bojo » se défend d'avoir perdu son « mojo ».

« J’ai lu beaucoup de bêtises récemment sur comment le fait d’avoir moi-même été malade du Covid m’avait d’une certaine manière enlevé mon mojo », mélange de chance, confiance en soi et charisme ayant caractérisé son ascension, a déclaré le Premier ministre, connu pour sa verve et son tempérament bouillonnant, lors du discours de clôture au congrès annuel de son parti, qu’il dirige depuis l’été 2019.

« Des bêtises pour empêcher le Brexit »

« Ce sont, bien sûr, des balivernes évidentes, le genre de propagande séditieuse que l’on attendrait de gens qui ne veulent pas que ce gouvernement réussisse, qui voulaient nous empêcher de réaliser le Brexit et tous les autres engagements de notre programme », a-t-il ajouté lors de cette allocution prononcée en ligne, coronavirus oblige.

Baisse de popularité même au sein des Tories

Désormais, une frange des « Tories » lui reproche même son attitude à l’égard de l’Union Européenne. À tel point que ses adversaires commencent à évoquer son remplacement par le ministre des Finances, le jeune Rishi Sunak.

Même dans son propre camp, la tendance est à la défiance, voire à la rébellion. Alors que le soutien à la politique sanitaire du Premier ministre « s’est nettement dégradé au sein des membres du parti » selon une enquête réalisée par le site ConservativeHome, le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab a appelé samedi les Conservateurs à l’unité.

« L’une des leçons que les Conservateurs tirent du coronavirus est que nous sommes plus grands quand nous travaillons ensemble que pris chacun individuellement », a-t-il déclaré lors du Congrès qui se déroule cette année uniquement en ligne en raison de la pandémie.

Dans un court discours, il a vanté les mérites de Boris Johnson sur le Brexit, l’environnement ou les droits humains. « C’est le Premier ministre qui a eu le courage moral d’imposer des sanctions » aux Russes, « c’est le Premier ministre qui va réunir le monde entier l’année prochaine à Glasgow »pour la COP26, a-t-il énuméré.

Selon une enquête réalisée par le site ConservativeHome, les membres du parti soutiennent de moins en moins les mesures de confinement contraint que Johnson impose localement. « Cette baisse de confiance fait écho à celle observée dans les sondages auprès du grand public et reflète la baisse de popularité du Premier ministre lui-même », a estimé Paul Goodman, rédacteur en chef de ConservativeHome.

Reconstruire le Royaume-Unis « en mieux »

Boris Johnson, même confronté à une crise de confiance dans son propre camp conservateur, ne s'en laisse pas conter et s’engage à reconstruire le Royaume-Uni « en mieux » après la pandémie

Car Boris Johnson continue d'avoir foi en sa vision

« La crise du coronavirus est un catalyseur du changement », a assuré Boris Johnson mardi, annonçant une « révolution verte » aux conservateurs et un pays qui deviendrait à l’horizon 2030 « l’Arabie saoudite de l’énergie éolienne ». Les jours précédents, il avait multiplié les apparitions casque de chantier sur la tête, cultivant une image de bâtisseur et de porteur de bonnes nouvelles, répétant le nouveau slogan de Downing Street, « Build back better » – « reconstruisons mieux », en français.

Le dirigeant promet une révolution énergétique verte, une réforme du système de protection sociale ou encore un accès facilité à la propriété.

En apparence saine avant la crise sanitaire, avec le quasi plein emploi, l’économie britannique souffrait en fait de « problèmes sous-jacents chroniques » que le dirigeant s’est engagé à résoudre, comme des infrastructures de transport « inadéquates », une pénurie de compétences ou le manque de logements abordables. « Nous ne pouvons désormais définir la mission de ce pays comme simplement rétablir la normalité, ce n’est pas assez », a-t-il martelé.

Le Premier ministre a promis mardi que « d'ici à 10 ans, l'éolien offshore alimentera en énergie chaque foyer » britannique. Pour s'assurer que la prochaine génération d'éoliennes est bien « Made in UK », l'Etat va investir dans les ports et les usines du pays.Boris Johnson n'a pas eu peur de convoquer l'histoire britannique et ses grands héros, mardi, pour annoncer à l'occasion de la conférence annuelle du parti conservateur un ambitieux plan de développement de l'énergie éolienne au Royaume-Uni.

« C'est le vent au large de nos côtes qui a soufflé dans les voiles de Drake, Raleigh et Nelson, et a propulsé ce pays vers sa grandeur commerciale. »

Boris Johnson semble donner du crédit aux propos d’Angela Merkel qui voit dans le Brexit le risque d’un concurrent commercial aux portes de l’UE...

« La stratégie du « Global Britain » n’est-elle pas assise sur l’idée que le RU avec ses points forts – la finance, le commerce, les services, la langue, le droit – pourrait devenir à terme une plaque tournante des échanges internationaux, à l’inverse d’une stratégie de repli sur soi ? », s'interroge Stéphane Madaule, économiste du développement.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

LA PSYCHOSE DE LA PANDEMIE DE LA COVID-19 ENTRETENUE EN EUROPE

La pandémie provoquée par le nouveau coronavirus a contaminé officiellement plus de cinq millions de personnes en Europe, depuis l'apparition des premiers cas en décembre.

Au total 227 130 sont mortes du Covid-19 sur le continent européen.

Psychose de la pandémie ?

France

Dans son point hebdomadaire jeudi 24 septembre, Santé publique France fait état d'une « augmentation exponentielle des admissions en réanimation ».

599 personnes y ont été hospitalisées la semaine du 14 au 20 septembre, soit 40% de plus que la semaine précédente.

Cette même semaine, l'institut note une augmentation des principaux chiffres : nombre de cas, passages aux urgences, nouvelles hospitalisations et décès à l'hôpital ou en Ehpad.

Il y a eu 66.671 nouveaux cas confirmés la semaine dernière (+8%), 6.514 passages aux urgences (+21%), 3.657 hospitalisations (+34%) et 332 décès (+25%).

Santé publique France note par ailleurs une « hausse de la circulation du SARS-CoV-2 chez les 65 ans et plus ».

Autre point clé, le service public de santé estime que « l'augmentation des nombres de cas confirmés » est certainement sous-estimée, en raison de la « saturation des capacités diagnostiques ». Il évoque aussi une « probable sous-estimation du nombre de clusters » (foyers de contamination).

« On est toujours dans une phase ascendante de l'épidémie, quasiment tous les indicateurs sont en hausse », souligne vendredi Sophie Vaux, épidémiologiste à l'agence sanitaire. Ce qui a permis au gouvernement de Macron d'agiter le chiffon rouge :

Face à une remontée du taux d'incidence du virus dans la métropole d'Aix-Marseille, dans le sud-est de la France, et en Guadeloupe, dans les Antilles françaises, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé mercredi des mesures très strictes dans ces deux régions, désormais placées en « zone d'alerte maximale »

La fronde des territoires contre Paris

Cela entraîne la fermeture totale des bars et des restaurants à partir de samedi. Les autres « établissements recevant du public » vont aussi être fermés, sauf ceux qui ont un « protocole sanitaire strict », comme les théâtres, les musées ou les cinémas.

Ces mesures ont suscité l'incompréhension et la colère chez de nombreux élus et responsables économiques et dresse les territoires les uns contre les autres ,et contre Paris.

Le président de la région, Renaud Muselier, a dénoncé une « punition collective extrêmement dure pour l'économie de nos territoires'. La maire de Marseille, Michèle Rubirola, a exprimé sur Twitter son « étonnement » et sa « colère ». « La violence des annonces » d'Olivier Véran « n'est pas acceptable », a déclaré son premier adjoint, Benoît Payan.

Les restaurateurs de la métropole Aix-marseille ont obtenu un délai de 24h supplémentaires et fermeront leurs portes dimanche soir pour deux semaines. Une décision qui a du mal à satisfaire les professionnels. Le ministre de la Santé Olivier Véran a une nouvelle fois justifié ce vendredi la décision du gouvernement lors d'une visite à l'hôpital de la Timone. Mais il a été la cible de toutes les critiques, et certains se disent même prêts à braver l'interdiction d'ouvrir

Outre Marseille et la Guadeloupe, onze autre métropoles, dont Paris, ont été placées en « zone d'alerte renforcée », ce qui implique notamment la fermeture des bars à partir de 22 heures et la limitation des ventes d'alcool.

Les rassemblements vont également être limités à 1 000 personnes, contre 5 000 actuellement. Cette mesure devrait concerner le tournoi de tennis de Roland-Garros, qui commence dimanche, avec quatre mois de retard, et avait déjà prévu de réduire sa jauge à 5 000 spectateurs.

Etudes épidémiologistes et comportements humains

Grâce à une modélisation, des chercheurs révèlent que la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 pourrait s'étendre jusqu'en janvier 2021 en Europe. En France, elle pourrait avoir lieu début octobre, autrement dit la semaine prochaine. Cependant, « il n’est pas possible de prédire l’ampleur de cette deuxième vague", explique le CNRS, avant d'ajouter que « les simulations effectuées soulignent l’importance des comportements humains pour ralentir la pandémie »

.Allemagne

Considérée comme un modèle dans sa gestion de la pandémie de Covid-19 en Europe, l'Allemagne est elle aussi sur le qui-vive face à une résurgence des nouvelles infections ces dernières semaines.

La Bavière est particulièrement touchée, et le Land a décidé de durcir ses restrictions à Munich, où le port du masque dans une partie du centre ville sera obligatoire à partir de jeudi.

Par ailleurs, l'Allemagne a étendu mercredi sa liste de régions à risque dans onze pays européens y compris la France.

Italie

En Italie, le port du masque sera désormais obligatoire 24 heures sur 24 dans le centre historique de Gênes, le grand port du nord-ouest, ont annoncé mercredi les autorités locales.

Royaume-Uni

Dans le pays le plus lourdement touché du continent européen, les nouvelles restrictions annoncées il y a deux jours par le Premier ministre Boris Johnson entrent en vigueur jeudi : les pubs et les restaurants, dans lesquels seul le service à table sera autorisé, fermeront dès 22 heures en Angleterre, et le télétravail sera à nouveau encouragé.

En pleine résurgence de l'épidémie, le gouvernement britannique lance jeudi en Angleterre et au Pays de Galles son application de traçage des cas de nouveau coronavirus, quatre mois après la date initialement prévue.

Espagne

En Espagne, près d'un million d'habitants de la capitale Madrid et de sa périphérie ont interdiction depuis lundi de quitter leur quartier, sauf pour des raisons bien précises comme aller travailler ou étudier.

Finlande

En Finlande, un programme pilote a débuté mercredi. Les passagers qui arrivent à l'aéroport d'Helsinki peuvent, sur la base du volontariat, se faire renifler par des chiens détecteurs de Covid-19.Le test se fait via une lingette passée sur le cou des passagers puis présentée à un chien.

La seconde vague pourrait s'étendre jusqu'en janvier 2021 en Europe mais aucune modélisation n'est cependant capable de prévoir l’intensité de cette deuxième vague, ni son taux de mortalité.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

UNE ENIEME REFORME 

 SUR LA POLITIQUE DE L'ASILE ET DE LA MIGRATION

VOULUE PAR BRUXELLES

Une semaine avant que la Commission européenne présente sa proposition de réforme de la politique de l’asile et de la migration le 23 septembre, sa présidente, Ursula von der Leyen a plaidé en faveur d’un « système européen de gouvernance de la migration » lors de son discours sur l’état de l’Union devant les députés européens mercredi 16 septembre.

Le règlement de Dublin décrié en période de crise

La crise migratoire de 2015 a montré les limites du dispositif, la fragilité du système, les dissensions entre États et la faillite de la solidarité entre Etats-membres.

Le règlement de Dublin, plusieurs fois amendé depuis 1990, confie en effet la responsabilité des demandes d’asile aux pays d’entrée des migrants dans l’Union européenne. Avec un double objectif : éviter, d’un côté, que les demandeurs d’asile soient renvoyés d’un pays à l’autre et empêcher, de l’autre, qu’une même personne abuse du système en présentant des demandes d’asile dans plusieurs États.Il s’agissait d’un premier pas instaurant des règles communes de coordination en matière d’asile avec l’idée, conformément aux accords de Maastricht, que les États délégueraient peu à peu leur souveraineté dans ce domaine au profit d’une politique européenne.

Mais lorsque plus d’un million de Syriens et d’Afghans fuyant leur pays sont arrivés en Europe en 2015, cette gestion, qui se voulait rationnelle, a montré qu’elle fonctionnait mal en temps de crise, en faisant porter une responsabilité disproportionnée aux pays d’entrée dans l’UE que sont notamment la Grèce et l'Italie.

Des projets de réformes avortés

« Je peux annoncer que nous allons abolir le règlement de Dublin et le remplacer par un nouveau système européen de gouvernance de la migration (…). Il y aura un nouveau mécanisme fort de solidarité », a-t-elle dit, une semaine avant la présentation par la Commission d’une réforme très attendue de la politique migratoire dans l’UE. Il y aura des structures communes pour l’asile et le retour. Et il y aura un nouveau mécanisme fort de solidarité », a encore précisé. la cheffe de l’exécutif européen Ursula von der Leyen, alors que les pays qui sont en première ligne d’arrivée des migrants (Grèce, Malte, Italie notamment) se plaignent de devoir faire face à une charge disproportionnée

Mais depuis lors, tous les projets de réforme, qui supposent l’unanimité des États membres, se sont heurtés à l’individualisme des États et ont échoué. Ainsi en mars 2016, la Commission avait proposé de faire du modeste Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO) une vraie agence européenne de l’asile chargée du statut des réfugiés pour tous les États membres, avec un recours possible auprès d’une cour d’appel européenne.

Même les mesures ponctuelles âprement négociées au cas par cas n’ont pas été respectées par les États membres. Sur les 100 000 relocalisations prévues depuis l’Italie et la Grèce de 2015 à 2017, à peine 35 000 l’avaient été.

Une réforme peut-elle voir le jour aujourd’hui ?

Une semaine après l'incendie volontaire par des migrants eux-mêmes du camp de réfugiés de Moria, sur l’île grecque de Lesbos, la chef de l’exécutif européen a demandé à tous les Etats membres de l’UE d’« intensifier leurs efforts » sur la question migratoire, ajoutant que l’ensemble de Europe « doit faire sa part ».« Les images du camp de Moria nous rappellent douloureusement que l’Europe doit agir dans l’unité (…). Si nous intensifions nos efforts, nous attendons de tous les Etats membres qu’ils intensifient eux aussi leurs efforts. La migration constitue un défi européen et c’est l’ensemble de l’Europe qui doit faire sa part », a-t-elle insisté.

Pour ne pas faire imploser l’UE, l’opposition aux migrants ayant fortement nourri l’euroscepticisme, Bruxelles va devoir trouvé une porte de sortie opérationnelle.

Mais en tout état de cause avec l'accord de tous les Etats-membres.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

A QUI PROFITE L'AFFAIRE NAVALNY ?

SES PREMIERES PAROLES

Son état de santé s’est nettement amélioré : une semaine après avoir été sorti du coma artificiel dans lequel il avait été plongé , l’opposant russe Alexeï Navalny a diffusé, mardi 15 septembre 2020, sur Instagram une photo accompagnée d’un message. Assis sur son lit d’hôpital, les yeux ouverts, en compagnie de sa famille, il écrit :

« Je ne sais encore presque rien faire, mais hier [lundi] j’ai pu respirer par moi-même toute une journée.

Ça m’a beaucoup plu, c’est un procédé étonnant et sous-estimé par beaucoup. Je le recommande. Vous me manquez. »

C’est sa première publication sur son compte – qui totalise 1,7 million d’abonnés – depuis son empoisonnement à la fin d’août. Alexeï Navalny a été victime d’un malaise le 20 août à bord d’un avion entre la Sibérie et Moscou après avoir bu du thé à l’aéroport. Hospitalisé dans un premier temps à Omsk, en Sibérie, il a été transféré le 22 août 2020 en Allemagne.

Des interrogations en Russie

Un laboratoire militaire allemand a conclu le 3 septembre à l’empoisonnement d’Alexeï Navalny, âgé de 44 ans, par un agent neurotoxique de type Novitchok, conçu à des fins militaires à l’époque soviétique, ce que Moscou conteste. Interrogé ce mardi 15 septembre 2020 à ce sujet, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a réaffirmé que la Russie était prête à faire la lumière sur cette affaire mais qu’elle avait besoin pour cela d’avoir accès à des informations détenues par l’Allemagne. Moscou refuse par ailleurs d’ouvrir une enquête criminelle sur l’affaire car les médecins russes affirment n’avoir identifié aucune substance toxique dans l’organisme de M. Navalny lorsqu’il a été hospitalisé en Sibérie.

La Russie affirme aussi n’avoir aucun stock de Novitchok. Ces stocks « ont été détruits en accord avec le protocole et les règlements de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques » (OIAC), a déclaré le chef du renseignement extérieur Sergueï Narychkine, selon les agences de presse russes. Il a souligné avoir « beaucoup de questions pour la partie allemande » car « quand Alexeï Navalny a quitté le territoire russe, il n’y avait pas de substance toxique dans son corps ».

« La mention du novitchok par les officiels allemands le 2 septembre amène fatalement à faire un parallèle avec l’affaire Skripal à Londres. Comme les Britanniques en 2018, les Allemands ont fait savoir qu’ils ne pouvaient transmettre les résultats des analyses aux Russes, malgré une demande officielle des autorités russes.

En revanche, comme en 2018, l’affaire a pu être portée devant l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques et prendre une dimension internationale, sortant d’un cadre bilatéral, germano-russe en l’occurrence. », souligne la spécialiste Héléna Perroud dans son billet du 14 septembre 2020 (Geopragma).

Un chimiste militaire, Mirzayanov, qui avait fait défection après 25 ans d’ancienneté à l'usine d’armes chimiques située à Nukus, en Ouzbékistan où était fabriqué le fameux poison, aurait parlé du novitchok aux Américains... Et à Héléna Perroud de conclure « On peut dès lors se demander si le novitchok reste bien une spécialité strictement russe. Curieux que « de hauts responsables russes », s’ils avaient employé ce poison, l’aient sciemment laissé partir en Allemagne pour s’y faire soigner. ». Concernant l’état de santé du patient, leporte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, qui ne prononce jamais le nom de l’opposant, a dit, d’après les agences russes, que « tout le monde » serait « content » s’il se remettait.

Elections régionales du 13 septembre 2020

Toujours est-il qu'il faut replacer l'affaire dans son contexte immédiat. Pour les élections régionales du 13 septembre 2020, mobilisant 40 millions d’électeurs, appelés à voter pour élire des gouverneurs et des parlements régionaux, Navalny et ses partisans ont initié la campagne du « vote intelligent », pour faire barrage aux candidats du parti au pouvoir, Russie Unie. Ce premier message de l’opposant russe paraît au lendemain d’une victoire électorale symbolique à Tomsk, en Sibérie occidentale, où deux des partisans de M. Navalny sont entrés au conseil municipal, une première. D’autres ont été élus dans la troisième ville du pays, Novossibirsk, également en Sibérie occidentale. Notons également qu' à la veille de son malaise Alexei Navalni venait de réaliser des enquêtes filmées d’une trentaine de minutes chacune sur les « élites » politiques de Sibérie. Les deux premières, l’une sur Novosibirsk – « Qui a pris le contrôle de la capitale de la Sibérie et comment la libérer ? » – l’autre sur Tomsk – « Tomsk aux mains de la mafia des députés ». Les élections ont cependant mis les candidats du parti au pouvoir majoritairement vainqueurs.

Retour en Russie

Interrogée quant à un retour de M. Navalny en Russie une fois rétabli, sa porte-parole a répondu qu’« il n’avait jamais été question d’autre chose ». « Je comprends pourquoi on se pose la question, mais je trouve néanmoins étrange qu’on puisse penser » qu’il choisisse l’exil, a-t-elle commenté sur Twitter

A qui profite l’affaire Navalny ?

« Sur la scène internationale cette affaire risque d’affaiblir pour un temps la position russe, au moment où le pays est engagé sur divers fronts, de la promotion de son vaccin à la Biélorussie en passant par « l’Orient compliqué ». Elle renforce tous ceux qui ne veulent pas, sur le continent européen, d’un axe fort Paris-Berlin-Moscou.

Et très concrètement elle semble profiter, dans un premier temps, aux Etats-Unis. » qui cherchent notamment à récupérer le marché européen du gaz avec pour cible l'arrêt du gazoduc russe Nord Stream 2 reliant l'Allemagne.




Alize Marion pour DayNewsWorld

ESCALADE DES TENSIONS ENTRE LA GRECE

 ET LA TURQUIE ET LA FRANCE

Dans un discours télévisé, le président turc Erdogan s'en est pris à Emmanuel Macron lui recommandant de « ne pas chercher querelle à la Turquie ».

Paris avait soutenu la Grèce demandant un arrêt de la politique de confrontation d'Ankara (Turquie). C'est une nouvelle étape dans le bras de fer entre la Turquie et la Grèce avec Paris au premier rang. : Athènes veut acheter 18 avions Rafale à la France. Le pays se dotera aussi de quatre nouvelles frégates et 15 000 militaires supplémentaires. C'est le Premier ministre qui l'a officialisé à la télévision samedi 12 septembre. Une déclaration qui va encore faire monter la tension entre les deux pays.

« M. Macron, vous n’avez pas fini d’avoir des ennuis avec moi. »

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a averti samedi 12 septembre son homologue français, Emmanuel Macron.« Ne cherchez pas querelle au peuple turc, ne cherchez pas querelle à la Turquie », a lancé M. Erdogan lors d’un discours télévisé, à Istanbul, en référence aux sévères critiques émises par le président français envers Ankara dans le cadre du conflit entre la Turquie et la Grèce à propos de la prospection pétrolière en Méditerranée. Il y a deux jours, Emmanuel Macron s'est montré très sévère avec le président turc. « Le gouvernement du président Erdogan a aujourd'hui des comportements inadmissibles », a-t-il assuré.

Depuis plusieurs semaines, un navire turc prospecte en effet en Méditerranée à la recherche de gisements de gaz. La Grèce accuse la Turquie d'effectuer ces recherches dans une zone qui lui appartient. La France soutient la Grèce. Elle a d'ailleurs déployé temporairement deux chasseurs Rafale et deux bâtiments de la marine nationale en Méditerranée orientale sur fond de tensions entre la Grèce et la Turquie autour de l’exploitation gazière, a annoncé jeudi 13 août 2020 le ministère français des armées.

Cette possible vente d'avions de la France à la Grèce risque d'accentuer la crise entre Paris et Ankara. Le président Erdogan a assuré au président français : "Monsieur Macron, vous n'avez pas fini d'avoir des ennuis avec moi. (...) Ne vous querellez pas avec le peuple turc", a-t-il menacé.


Veiller « au respect du droit international »

Emmanuel Macron a annoncé mercredi soir le renforcement temporaire de la présence militaire française dans cette zone et appelé la Grèce et la Turquie, toutes deux membres de l’OTAN, à se concerter davantage pour apaiser les tensions.

Le 23 juillet, le chef de l’Etat avait vivement fustigé les « violations » des souverainetés grecque et chypriote par la Turquie concernant l’exploration des ressources gazières en mer.« [La] présence militaire [française] a pour but de renforcer l’appréciation autonome de la situation et d’affirmer l’attachement de la France à la libre circulation, à la sécurité de la navigation maritime en Méditerranée et au respect du droit international », a précisé pour sa part le ministère des armées.

Athènes accuse Ankara de violer son territoire en effectuant des recherches énergétiques au sud de l’île grecque de 

Karpathos (Meis, en turc), mais la Turquie refuse d’admettre que ce petit territoire situé près de ses côtes limite son champ d’action. « Revendiquer une souveraineté maritime en se servant de l’île de Karpathos, située à deux kilomètres des côtes turques et 580 kilomètres de la Grèce métropolitaine, ne peut s’expliquer rationnellement », a ajouté M. Erdogan devant les responsables de son parti.

En réponse à cette « provocation », la Grèce a déployé des unités de la marine et de l'armée de l'air dans le secteur. Une escalade des tensions qui s'envenime d'autant plus que la France, soutenant la « souveraineté » grecque et voulant « faire respecter le droit international », a fermement condamné les agissements turcs et a renforcé mercredi sa présence militaire en Méditerranée.

Stratégie politique

La découverte ces dernières années de vastes gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l’appétit des pays riverains et renforcé les tensions entre la Turquie et la Grèce, Ankara souhaitant notamment s’imposer dans la ruée vers les hydrocarbures et s’affirmer comme première puissance en Méditerranée orientale.

La situation s'est détériorée lundi 10 août après le déploiement d'un navire turc de recherche sismique, escorté par des bâtiments militaires, au sud-est de la mer Égée, riche en gisements. La marine grecque est également présente dans la zone pour « surveiller » les activités turques, d'après Athènes. Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a assuré mercredi que la Grèce ne chercherait pas à aggraver la tension, tout en prévenant « qu'aucune provocation ne resterait sans réponse ».

Pour le spécialiste des mutations stratégiques en Méditerranée et au Moyen-Orient Jean Marcou, il faut en réalité voir au-delà du simple besoin en hydrocarbures : il est surtout question de stratégie. "La Turquie a toujours été tenue en dehors de ce grand jeu gazier, explique Jean Marcou. C'est à la fois l'un des pays avec le plus grand littoral, mais aussi celui qui a le plus de mal à accéder au contrôle des espaces maritimes, notamment à cause de Chypre et des îles grecques." 

Depuis 1974, l'armée turque occupe la partie nord de l'île. Dès lors, "la Turquie part du postulat que puisqu'il y a un Etat turc à Chypre, elle n'a pas besoin de négocier pour explorer ses eaux territoriales", explique Joëlle Dalègre, spécialiste de la Grèce contemporaine et de ses relations avec la Turquie.

De plus, les autres pays riverains de l'est de la Méditerranée essaient eux aussi de s'approprier des espaces maritimes, attirés par de potentielles découvertes de gisements. Face à l'alliance entre la Grèce, Chypre, Israël et l'Egypte, la Turquie se sent exclue. Elle veut montrer qu'on ne pourra pas se passer d'elle dans la zone.

Confronté dans son pays à une sévère crise économique, le président turc tente de s’illustrer sur la scène internationale et d’étendre son influence hors des frontières turques, en Syrie, en Libye, en Méditerranée.

Adepte du rapport de force, le «Reis» testerait les limites de ses adversaires. Il ne négocie que lorsque celles-ci sont atteintes, comme avec la Russie après une dramatique escalade militaire en février dernier à Idlib en Syrie, ou avec les Etats-Unis à l’automne 2019 après que Donald Trump avait menacé d’«oblitérer l’économie turque», selon le journaliste Jérémie Berlioux.

L'intervention en Libye, les offensives en Syrie, et donc l'exploration gazière : Ankara veut asseoir sa puissance et devenir incontournable en Méditerranée orientale.

Les excursions turques dans les eaux grecques sont d'autant plus symboliques que les navires portent chacun le surnom de grands sultans ottomans.




Alize Marion pour DayNewsWorld

PROFONDE CRISE EN BIELORUSSIE

Le président de la Bielorussie Alexandre Loukachenko ne lâche rien, malgré un mois de contestation massive et le dernier rebondissement en date, l'arrestation de l'opposante Maria Kolesnikova.

Après l'élection, qu'Alexandre Loukachenko a clamé avoir remportée avec 80% des voix, des manifestations ont éclaté dans tout le pays pour être violemment réprimées. Le lundi 10 au soir, lendemain du vote, c'est le candidate Svetlana Tikhanovskaïa qui disparaît après avoir été retenue des heures au siège de la commission électorale pour se retrouver en exil forcée en Lituanie..Et c'est une suite d'enlèvements, d'exils forcés, d'intimidations qui s'ensuit pour les opposants au président Alexandre Loukachenko depuis un mois

Pourtant, dans une interview récente donnée à plusieurs médias publics russes, Alexandre Loukachenko a bien voulu reconnaître qu' « il était assis sur le fauteuil présidentiel depuis un peu trop longtemps » (26 ans !)  mais il estime être le seul en mesure de protéger les Biélorusses, il a plaidé pour obtenir le soutien de la Russie.

Un avertissement et des exils forcés

Il a même lancé ce qui résonne comme un avertissement : « Tout cela est très douloureux et même tragique pour moi, mais cela ne signifie pas que je renonce. Parce que je regarde tout cela avec philosophie, un jour il (Dieu) m'appellera là-haut. Mais maintenant, je dois protéger ce qui a été construit de nos mains, protéger les personnes qui l'ont construit, et elles sont une majorité écrasante. Si la Bielorussie tombe, le prochain sera la Russie » et il a ajouté « Si Loukachenko s'écroule, tout le système s'écroulera, suivi de tout le Bielorussie »


Un régime à l'agonie

En parallèle, l'opposante Maria Kolesnikova, a été arrêtée, officiellement pour violation des règles de franchissement de frontière. Enlevée lundi matin à Minsk, Maria Kolesnikova a été emmenée de force à la frontière entre le Bielorussie et l'Ukraine, mardi à l'aube, tout comme deux de ses collaborateurs du conseil de transition de l'opposition, mais séparément. Ses deux collaborateurs, Anton Rodnenkov et Ivan Kravtsov ont confirmé cette version après avoir rejoint la capitale ukrainienne: Maria Kolesnikova est l'une des trois femmes à avoir pris la tête de l'opposition pendant la campagne présidentielle. Elle est la seule restée au pays malgré les menaces, les intimidations et ce qui ressemble à une tentative d'exil forcée.

Multiplication des arrestations, citations à comparaître, ou peines de prison à l'encontre des opposants : le tour de vis des autorités bielorusses ne semble guère avoir de prise sur l'intensité du mouvement.

Exilée en Lituanie, la leader de l'opposition Svetlana Tikhanovskaïa dit ne pas avoir de nouvelles « de Maria Kolesnikova depuis plus de 24 heures » et affirme qu' »elle a été kidnappée » .

Puis d'ajouter : « Nous allons continuer à nous battre, nous sommes en train de gagner notre combat. Nos manifestations, nos grèves sont en train de produire leur effet. Ce régime est à l'agonie et le fait qu'ils kidnappent des gens montre qu'ils ont peur et qu'ils ne savent plus quoi faire »




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

LE VACCIN RUSSE SPOUTNIK V

 UN REMEDE CONTRE LE CORONAVIRUS

L'hebdomadaire britannique « The Lancet », référence mondiale de la recherche scientifique en médecine, a publié les résultats de deux essais pour le vaccin russe anti-Covid-19, menés en juin-juillet de cette année et impliquant 76 participants, qui ont montré que 100% des participants développaient des anticorps contre le nouveau coronavirus et que ceux-ci ne présentaient pas d'effets secondaires graves. Les premiers essais suggèrent que le vaccin Spoutnik V déclencherait une protection contre le coronavirus à plus long terme que celle des anticorps.

Le vaccin russe anti-COVID-19 « Spoutnik V » a produit une réponse immunitaire chez tous les participants lors des premiers essais cliniques, selon les résultats publiés vendredi par la revue médicale américaines The Lancet.

Les résultats des deux essais, menés en juin-juillet de cette année et impliquant 76 participants, ont en effet montré que 100% des participants développaient des anticorps contre le nouveau coronavirus et que ceux-ci ne présentaient pas d'effets secondaires graves, d'après The Lancet.

« Des essais de grande ampleur sur une période plus longue, comprenant une comparaison avec un placebo, et une supervision supplémentaire sont nécessaires afin d'assurer la sûreté et l'efficacité à long terme du vaccin », a ajouté la revue.

Lancement d'un essai clinique de grande ampleur

La Russie a accordé une autorisation réglementaire pour le premier vaccin anti-COVID-19 dès le mois août, devenant le premier pays à le faire.

Certains experts occidentaux ont néanmoins mis en garde contre l'utilisation du vaccin tant que tous les tests, approuvés au niveau international, et toutes les mesures réglementaires n'auront pas été menées à bien avec le lancement, la semaine dernière, d'un essai clinique de stade avancé de 40.000 personnes.

The Lancet a ajouté que les premiers essais suggèrent que le vaccin Spoutnik V déclenche une réponse de certaines cellules du système immunitaire, les lymphocytes T.

Celles-ci pourraient offrir une protection à plus long terme que les anticorps contre le coronavirus.




Boby Dean pour DayNewsWorld

ALEXEI NAVALNY EMPOISONNE

PAR DU NOVITCHOK

C'est désormais officiel : l'opposant russe Alexeï Navalny, 44 ans, a été empoisonné par un agent neurotoxique. Le gouvernement allemand affirme détenir « la preuve sans équivoque » de l'utilisation de ce produit, semblable au Novitchok dont a été victime l'ex-espion Sergueï Skripal, près de Londres, en mars 2018.

Alexeï Navalny, l'ennemi numéro un de Poutine, dont les autorités ne prononcent jamais le nom, a perdu conscience le 20 août à bord d'un vol entre Tomsk et Moscou après avoir bu un thé à l'aéroport. Il est soigné depuis en Allemagne.

L’opposant russe a été « victime d’un crime » destiné à le « réduire au silence », a dénoncé la chancelière allemande, Angela Merkel, ajoutant que « de très graves questions se posent à présent, auxquelles seul le gouvernement russe peut et doit répondre ».

Laboratoire de l'armée allemande

Le gouvernement allemand est désormais affirmatif : le principal opposant au Kremlin Alexeï Navalny a bien été empoisonné par un agent neurotoxique. Des tests toxicologiques réalisés par un laboratoire de l’armée allemande ont apporté des « preuves sans équivoque » d’empoisonnement par un produit de la famille du Novitchok, a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, dans un communiqué mercredi 2 septembre.

Redouté pour ses enquêtes consacrées à la corruption des élites et diffusées sur YouTube, Navalny compte de nombreux ennemis. Parmi eux, Evgueni Prigojine, à la tête d'une usine à trolls et d'une compagnie de mercenaires. Ce dernier a promis de « le ruiner, sauf s'il rend l'âme ».

Berlin demande des comptes à Moscou

Se disant « choqué », Berlin demande à la Russie des éclaircissements « urgents ». « Le ministère des affaires étrangères informera l’ambassadeur russe des résultats de l’enquête », prévient le gouvernement. L’Allemagne va en outre tenir informés « ses partenaires de l’Union européenne et de l’OTAN des résultats de l’enquête », poursuit-il. « Elle discutera d’une réponse commune appropriée avec ses partenaires à la lumière de la déclaration russe. »

« Seul l’Etat (FSB, GRU) a pu avoir recours au Novitchok. C’est au-delà de tout doute raisonnable », a estimé sur Twitter Ivan Jdanov, le directeur du Fonds contre la corruption d’Alexeï Navalny, citant les acronymes des services spéciaux russes. Il a par la suite relevé qu’il s’agissait d’une « substance toxique militaire ». « Cela montre clairement qu’une attaque d’une telle ampleur a pu être organisée par l’Etat », a ajouté le responsable de l’organisation anticorruption, spécialisée dans les enquêtes sur l’élite politique russe et l’entourage de Vladimir Poutine.

« Choisir du Novitchok pour empoisonner Navalny, en 2020, revient à laisser un autographe sur la scène du crime », a commenté Leonid Volkov, le plus proche lieutenant d’Alexeï Navalny, mercredi, sur Twitter.

La Russie prête à coopérer ?

La Russie se dit prête à coopérer« Nous sommes prêts et sommes intéressés à coopérer entièrement et à échanger des informations sur ce sujet avec l’Allemagne », a assuré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par l’agence de presse publique RIA Novosti.

Un scientifique russe, régulièrement présenté par la presse russe comme ayant participé à l’élaboration du Novitchok à l’époque soviétique, a pour sa part exclu que M. Navalny ait pu être empoisonné par cette substance, qui l’aurait tué.

« Autrement, il serait en train de se reposer au cimetière, voilà tout », a lâché Leonid Rink, selon l’agence publique RIA Novosti.




Alize Marion pour DayNewsWorld

DES TESTS SUR L'HOMME DU VACCIN

CONTRE LE COVID-19 DE SANOFI ET GSK

Le laboratoire français Sanofi a lancé, jeudi 3 septembre, l’essai clinique sur l’homme pour le candidat-vaccin contre le Covid-19 qu’il développe avec le britannique GSK, à la suite d’essais précliniques « prometteurs ».

Le lancement de ces essais cliniques de phases 1 et 2 est « une étape importante et un pas de plus vers le développement d’un vaccin potentiel pour nous aider à vaincre le Covid-19 », a affirmé Thomas Triomphe, vice-président exécutif de Sanofi Pasteur, cité dans un communiqué.

Le candidat-vaccin, développé par Sanofi en partenariat avec GSK, repose sur une technologie à base de protéine recombinante que Sanofi a employée pour produire un de ces vaccins contre la grippe saisonnière et sur un adjuvant développé par GSK. « Les études précliniques révèlent un profil de sécurité et d’immunogénicité prometteur », selon le communiqué.

Un essai randomisé

Les laboratoires vont recruter 440 participants en bonne santé pour conduire cet essai randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo, qui permettra d’évaluer la tolérance et la réponse immunitaire du candidat-vaccin.« Nous attendons avec impatience les données de cette étude qui, si elles sont positives, nous permettront de passer en phase 3 [la dernière avant une éventuelle mise sur le marché] d’ici à la fin de l’année », précise dans le communiqué Roger Connor, président de GSK Global Vaccines.

Un milliard de doses en 2021

Les deux entreprises espèrent pouvoir présenter une demande d’homologation dans le courant du premier semestre de 2021, et ont augmenté leurs capacités de production « pour pouvoir assurer la fabrication d’un milliard de doses en 2021 ». « Sanofi et GSK s’engagent à mettre ce vaccin à la disposition de tous », assurent les laboratoires dans le communiqué.

Plusieurs pays ont d’ores et déjà réservé des doses du candidat-vaccin – 60 millions de doses sont notamment promises au gouvernement britannique, la Commission européenne en a réservé 300 millions, et les Etats-Unis 100 millions avec une option jusqu’à 500 millions de doses supplémentaires à plus long terme.

Le dispositif Covax

Selon le communiqué, « les deux partenaires prévoient également de mettre une portion significative de leur production totale 2021-2022 à la disposition de Covax ». Le dispositif Covax, destiné à acheter et à distribuer équitablement deux milliards de doses en 2021, a été monté à l’initiative de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) et de l’organisation Gavi, l’Alliance du vaccin.

Ailleurs dans le monde, d’autres candidats-vaccins sont à des stades plus avancés, notamment celui du laboratoire américain Pfizer et la jeune biotech Moderna, dont le candidat-vaccin est en « phase 3 » des essais cliniques sur humains, la dernière avant une commercialisation.

Sanofi développe parallèlement un deuxième candidat-vaccin à acide ribonucléique (ARN) messager en partenariat avec Translate Bio.




Boby Dean pour DayNewsWorld

CORONAVIRUS: MANIFESTATIONS ANTIMASQUES

 A BERLIN ET PARIS

« Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. » (Hannah Arendt)


La « fête de la liberté et de la paix », qui a rassemblé 18 000 personnes, « libres penseurs », militants antivaccin ou encore sympathisants d’extrême droite, constituait le deuxième du genre en un mois.La police berlinoise a interrompu samedi 29 août la manifestation d’opposants au port du masque et aux mesures de restrictions contre la pandémie de Covid-19, faute de respect des gestes barrière par les quelque 18 000 participants.

« La distanciation minimum n’est pas respectée (…) malgré les demandes répétées » des forces de l’ordre, a déclaré la police, « c’est pourquoi il n’y a pas d’autre possibilité que de dissoudre le rassemblement ».

A peine entamée, la marche partie vers 11 heures de l’emblématique porte de Brandebourg avait dû faire halte sur l’injonction de la police .

« Fête de la liberté et de la paix »

Intitulé « fête de la liberté et de la paix », l’événement, qui rassemble « libres penseurs », militants antivaccin, conspirationnistes ou encore sympathisants d’extrême droite, constituait le second du genre en un mois et inquiète les autorités.La foule y est très mélangée, de toutes classes d’âge, y compris des familles avec de très jeunes enfants en bas âge. Les drapeaux de la paix arc-en-ciel et de l’Allemagne se côtoient, les manifestants ont aussi à plusieurs reprises crié « Merkel doit partir ! », le mot d’ordre du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne.

La municipalité de la capitale allemande avait d’abord interdit mercredi la manifestation pour « raison de santé publique » : l’impossibilité à ses yeux de faire respecter les distances d’au moins 1,50 mètre entre manifestants. Mais le tribunal administratif, saisi en référé par les organisateurs, leur a finalement donné raison vendredi.

L’initiateur de la manifestation, Michael Ballweg, un entrepreneur en informatique sans étiquette politique à la tête du mouvement Penseurs non-conformistes-711 apparu à Stuttgart, a décrit la tentative d’interdiction comme une « attaque contre la Constitution » allemande défendant le droit d’expression.

La « dictature » des mesures anticorona

Ses partisans s’insurgent contre la « dictature » des mesures autour du nouveau coronavirus ressenties comme une entrave à leur liberté. Ils exigent la chute du gouvernement d’Angela Merkel et de nouvelles élections en octobre 2020, soit un an avant la date prévue.

Plusieurs figures d’extrême droite avaient appelé à rejoindre la manifestation et s’étaient félicitées qu’elle puisse se tenir.

Plusieurs organisations de gauche ont quant à elles appelé à des contre-manifestations. Samedi, « il sera important que nous montrions qu’il ne peut y avoir de tolérance pour les racistes, les antisémites, les extrémistes de droite et les nazis », a asséné Anne Helm, dirigeante de la section berlinoise du parti de gauche radicale Die Linke.

Ce rassemblement intervient dans un contexte de grogne croissante dans l’opinion allemande à l’égard des restrictions liées à la pandémie. Et ce, même si l’Allemagne a plutôt mieux résisté que ses voisins, et que les restrictions pour lutter contre le nouveau coronavirus n’ont jamais été aussi strictes qu’en France ou en Italie par exemple.

Une reprise de la pandémie

Comme de nombreux pays européens, l’Allemagne est également confrontée ces dernières semaines à une reprise de la pandémie, avec en moyenne quelque 1 500 nouveaux cas déclarés chaque jour. Samedi, l’institut de veille sanitaire RKI a fait état de 1 479 nouvelles infections en vingt-quatre heures.La chancelière Angela Merkel a déclaré vendredi s’attendre à une évolution de la pandémie « encore plus difficile » dans les prochains mois.

Une première en France

Alors que près de 18 000 personnes ont manifesté à Berlin, entre 200 et 300 personnes se sont rassemblés au même moment à Paris pour protester contre le port du masque obligatoire aux cris de « liberté, liberté ! ». Une première en France.

Réunis à partir de 13h00 place de la Nation, ils ont notamment accusé le gouvernement de « manipuler les gens par la peur » et d’imposer le masque dans plusieurs grandes villes « sans aucune justification scientifique ».

À Paris, les manifestants ont rapidement été encerclés par plusieurs dizaines de policiers. Au total, 123 manifestants ont été verbalisés et une personne a été interpellée pour outrage et rébellion, selon la préfecture de police.

Des manifestants brandissent des pancartes proclamant « Stop au mensonge et à la corruption » ou « L’État profond ne passera pas ».

Un rassemblement aux multiples revendications

« Le masque, c’est la porte d’entrée vers la dictature mondiale. » : « On utilise le masque comme symbole de la muselière, c’est un test de soumission du peuple. Depuis des mois, on voit que les politiques en profitent pour faire passer des lois liberticides. » La jeune femme est l’une des animatrices du groupe Facebook « Nous sommes la deuxième vague », qui a relayé l’appel au rassemblement des « anti-masques », samedi 29 août à Paris.

Ceux qui refusent la 5G et les vaccins « forcés » côtoient ainsi ceux de quelques « faucheurs volontaires » ; des masques Anonymous frôlent un fourre-tout complotiste dénonçant le milliardaire américain d’origine hongroise George Soros et les « Big Pharma ».Tous se retrouvent cependant aux mêmes cris de « liberté, liberté ».

Un jeune homme déploie une banderole sur la tribune, laissant apparaître une citation de la philosophe Hannah Arendt, tellement actuelle qu’elle se retrouve brandie par tous les camps :

« Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez. »




Garett Skyport pour DayNewsWorld


L'OPPOSANT RUSSE NAVALNY

PROBABLEMENT EMPOISONNE, SELON BERLIN

L’opposant politique russe a été transféré samedi à Berlin, après un malaise dans un avion et une première hospitalisation jeudi à Omsk. Il est toujours dans le coma.Le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, a annoncé, lundi 24 août, que Berlin jugeait « assez probable », l’empoisonnement de l’opposant russe Alexeï Navalny.

« Il s’agit d’un patient qui, de manière assez probable, a été victime d’une attaque au poison », a-t-il déclaré à la presse « Le soupçon ne porte pas sur le fait que M. Navalny se soit empoisonné lui-même mais que quelqu’un a empoisonné M. Navalny et le gouvernement allemand prend ce soupçon très au sérieux », a fait valoir le gouvernement allemand.

 L’hôpital où il est soigné a lui aussi indiqué qu’il présentait « des traces d’empoisonnement » et que des séquelles du système nerveux à long terme n’étaient « pas exclues ».

L’opposant de 44 ans a été placé en réanimation à l’hôpital des urgences d’Omsk (Sibérie), jeudi dernier après s’être senti mal dans un avion. Son entourage avait immédiatement dénoncé un « empoisonnement intentionnel ». L’hôpital russe où a été admis l’opposant jeudi a donné son feu vert vendredi à son transport vers l’Allemagne, affirmant que son état était « stable », après s’y être initialement opposé.L’opposant est actuellement traité à l’hôpital de la Charité, l’un des plus réputés en Europe

Le refus initial de transférer Alexeï Navalny à l’étranger a été dénoncé par ses alliés comme une « décision politique » qui « menaçait la vie » de l’opposant. Son épouse, Ioulia Navalnaïa, avait, elle, dit ne « pas faire confiance » à cet hôpital public. Elle avait affirmé avoir été empêchée de voir son mari dans un premier temps, puis de parler aux médecins allemands.

Certains partisans de l’adversaire numéro un de Vladimir Poutine soupçonnent que le transfert a été retardé afin que le poison qu’il aurait ingéré devienne plus difficile à détecter.  Les médecins russes disent n’avoir subi « aucune pression ».




Alize Marion pour DayNewsWorld

ALEXEI NAVALNY AURAIT-IL ETE EMPOISONNE ?

L’opposant russe Alexeï Navalny a été hospitalisé en urgence, jeudi 20 août 2020 au matin, et se trouvait dans un état grave dans un hôpital de la ville d’Omsk, en Sibérie. Le médecin-chef de cet hôpital a confirmé que M. Navalny se trouvait dans un état sérieux. Inconscient, il a été placé sous respirateur artificiel.

Selon sa porte-parole, Kira Iarmich, il serait ensuite tombé dans le coma.Vladimir Poutine, est hospitalisé « en soins intensifs », a annoncé sa porte-parole sur Twitter, jeudi 20 août.

« Nous supposons qu’Alexeï a été empoisonné avec quelque chose de mélangé dans son thé.

C’est la seule chose qu’il a bue depuis le matin [à l’aéroport de Tomsk]. Les médecins disent que la toxine a été absorbée plus rapidement par le liquide chaud », écrit cette dernière.

L'an dernier, l'opposant Alexeï Navalny avait déjà fait état de soupçons d'empoisonnement à son encontre, démentis par un médecin, alors qu'il se trouvait en détention.

L'avocat de 44 ans, dont les publications anti-corruption sont abondamment partagées sur les réseaux sociaux, a déjà souffert d'attaques physiques dans le passé. Il avait notamment été aspergé dans les yeux par un produit désinfectant à la sortie de son bureau en 2017. Sa candidature à l'élection présidentielle de 2018 avait été rejetée en raison d'une précédente condamnation.

Navalny a par ailleurs purgé de nombreuses peines de prison ces dernières années pour avoir organisé des manifestations, au point que la Cour européenne des droits de l’homme condamne ses placements en détention de 2012 et 2014, qu’elle a jugés politiquement motivés.




Alize Marion pour DayNewsWorld

ALLEMAGNE UN PROBABLE ATTENTAT ISLAMISTE

Selon l'état actuel de l'enquête, « il s'agit d'attaques ciblées notamment contre des conducteurs de motos et les déclarations du suspect après les faits laissent penser à une motivation religieuse et islamiste » mais « il existe également des indices d'une instabilité psychologique », a expliqué le parquet dans un communiqué. Selon plusieurs médias, l'auteur des faits est un Irakien de 30 ans qui a hurlé « Allah Akbar » en sortant de son véhicule, après avoir percuté plusieurs voitures et motos sur l'autoroute urbaine vers 18H30 locales (16H30 GMT).

« Que personne ne s'approche, sinon vous allez tous mourir ! », a-t-il aussi crié selon des témoins cités par le quotidien Bild, en menaçant de détenir un engin explosif. Il a été interpellé par les forces de l'ordre arrivées en nombre sur place. La police a alors interrompu la circulation sur cette autoroute très fréquentée pendant plusieurs heures, provoquant des bouchons monstres, afin de vérifier le contenu de boîtes suspectes laissées par l'homme dans son véhicule.

Camion-bélier

L'une des boîtes a été ouverte à distance par précaution avec un appareil de projection d'eau à très haute pression. Mais rien de suspect n'a été immédiatement trouvé.

Les autorités allemandes sont sur le qui-vive concernant la menace islamiste pesant sur le pays, particulièrement depuis un attentat au camion-bélier revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) qui avait fait 12 morts en décembre 2016 à Berlin. Cette attaque jihadiste est la plus meurtrière jamais commise sur le sol allemand. Depuis cette date, les autorités allemandes ont déjoué une dizaine de tentatives d'attentats de ce type, dont deux en novembre 2019, selon la police.

Parmi ces tentatives en particulier, la police avait déjoué en juin 2018 un attentat à la "bombe biologique", suite à l'arrestation d'un Tunisien suspecté d'être lié à l'organisation Etat islamique. L'homme de 29 ans arrivé en Allemagne en 2015 a été condamné en mars de cette année à dix ans de prison pour cet acte et sa compagne à huit ans de réclusion.

Depuis 2013, le nombre d'islamistes considérés comme dangereux se trouvant en Allemagne a été multiplié par cinq pour s'établir actuellement à 680. Celui des salafistes est lui évalué à environ 11.000, soit deux fois plus qu'en 2013.

La chancelière allemande Angela Merkel a été souvent accusée, notamment par l'extrême droite, d'avoir contribué à ces attentats en ayant ouvert généreusement les frontières de son pays à des centaines de milliers de réfugiés et migrants en 2015.




Boby Dean pour DayNewsWorld

6000 ARRESTATIONS ET 2 MORTS DANS LES MANIFESTATIONS CONTRE LOUKACHENKO

 EN BIELORUSSIE

Trois jours après la réélection à la présidence du dirigeant autoritaire Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis vingt-six ans, les manifestations se poursuivent en Biélorussie. Plus de mille personnes ont été arrêtées par la police dans la nuit de mardi à mercredi et 51 blessées, a déclaré le ministère de l’intérieur, mercredi 12 août 2020.

Au troisième jour d’une contestation post-électorale violemment réprimée, les autorités affirment avoir affaire à des casseurs et à des provocateurs pilotés depuis l’étranger.

Un autre manifestant a trouvé la mort, ont-elles annoncé alors que deux manifestants sont morts depuis le début, dimanche, de ce mouvement de protestation

La police biélorusse a par ailleurs fait savoir qu’elle avait tiré à balles réelles sur des manifestants « agressifs », armés de bâtons en métal, qui protestaient mardi à Brest, dans le sud du pays, faisant, selon le bilan officiel, un blessé. Depuis dimanche soir, la police use de grenades sonores et de balles en caoutchouc pour disperser les protestataires, faisant plus de 250 blessés en trois jours. Chaîne humaine

Mercredi, à la mi-journée, des dizaines de femmes, vêtues de blanc et tenant des fleurs, ont formé une chaîne humaine dans le centre de Minsk pour dénoncer les violences policières. « L’amour ne s’impose pas par la force », était-il écrit sur une banderole.

Des médias antigouvernementaux ont signalé des actions similaires dans d’autres villes, sans que la police intervienne. Sur les réseaux sociaux, des appels à manifester mercredi soir circulaient.

Des centaines de personnes étaient aussi rassemblées devant un centre de détention de Minsk pour tenter d’avoir des nouvelles de proches probablement arrêtés. Quelque 6 000 personnes ont été arrêtées depuis dimanche, sans que l’on sache combien sont encore détenues.

Des événements choquants

« Pars, avant qu’il ne soit trop tard, avant que tu n’aies plongé les gens dans un terrible abîme, dans le gouffre d’une guerre civile ! Pars ! », a lancé la Prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch, s’adressant mercredi au président, dans une interview pour Radio Free Europe.

Au cours d’une discussion téléphonique, mercredi, avec le président russe, Vladimir Poutine, Emmanuel Macron a « fait part de sa très grande préoccupation sur la situation en Biélorussie et la violence opposée aux citoyens lors des élections ». « Il a souligné la nécessité de retrouver la voie du dialogue », a précisé l’Elysée.

« Les gens ont le droit de s’exprimer et d’exprimer leur désaccord, a fortiori dans le contexte d’élections, quand les libertés démocratiques devraient être maintenues, et non supprimées », a, pour sa part, déclaré la haute-commissaire de l’Organisation des nations unies (ONU) aux droits de l’homme, Michelle Bachelet. Elle a ainsi condamné la répression des manifestations et réclamé la libération des personnes arrêtées.

En déplacement à Prague, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, avait plus tôt dans la journée soutenu les manifestants. « Nous voulons que le peuple biélorusse jouisse des libertés qu’il réclame, qu’il pense être dans son meilleur intérêt », a-t-il déclaré, lors d’une conférence de presse commune avec le premier ministre tchèque, Andrej Babis .

Les ministres des affaires étrangères des Etats membres de l’UE doivent se réunir vendredi, et Bruxelles a menacé de prendre des sanctions contre Minsk en raison des fraudes électorales et de la dureté de la répression.

Svetlana Tsikhanovskaïa réfugié en Lituanie

Une grande figure de la révolte biélorusse reste absente de ces manifestations. La principale opposante d’Alexandre Loukachenko Svetlana Tsikhanovskaïa, qui avait galvanisé les foules lors de la campagne présidentielle, a dû fuir et s’est réfugiée en Lituanie. Dans un message diffusé sur les réseaux progouvernement, elle a appelé à cesser le combat, ce qui fait dire aux observateurs locaux qu’elle a subi des menaces.

Dimanche, Alexandre Loukachenko a remporté un sixième mandat, avec 80,08 % des voix. Svetlana Tsikhanovskaïa n’a, elle, obtenu que 9,9 % des voix. Loukachenko, 65 ans, n’a jamais laissé d’opposition s’ancrer.

Un plan de médiation présenté

La Lettonie, la Lituanie et la Pologne, voisins de la Biélorussie, ont quant à eux présenté mercredi « un plan en trois points qui pourrait devenir un prélude à la médiation des présidents de la région pour résoudre la crise politique » en Biélorussie, a déclaré à la presse Gitanas Nauseda, le président lituanien.

Dans le cadre de ce plan, le président Alexandre Loukachenko devrait créer un « conseil national » réunissant des représentants du gouvernement et de la société civile, sous peine de sanctions de l'UE, libérer les manifestants détenus et « mettre un terme à l'usage de la force contre ses citoyens », a-t-il indiqué.

« Le président letton et le président polonais voient tous les deux favorablement cette initiative et accepteraient de servir de médiateur avec moi pour désamorcer cette situation », a-t-il ajouté.




Jennie Chase pour DayNewsWorld

LA FIN DU  DERNIER DICTATEUR D'EUROPE

EN BIELORUSSIE ?

Au pouvoir depuis 1994, le président biélorusse Alexandre Loukachenko brigue ce dimanche 9 août 2020 un nouveau mandat. Mais Svetlana Tikhanovskaya, une jeune opposante inattendue, a mobilisé les foules malgré la répression.et pourrait créer la surprise

Le scrutin de dimanche, qui s'est ouvert à 8 h locales (5 h GMT) et doit se dérouler jusqu'à 20 h (17 h GMT), a été précédé d'un vote anticipé depuis mardi, qui a enregistré une participation de 41,7 % selon les autorités.

Le pouvoir biélorusse a redoublé d'efforts pour enrayer l'essor de Svetlana Tikhanovskaïa, arrêtant samedi la cheffe de son QG de campagne, interpellant brièvement le même jour une autre alliée de premier plan de l'opposante et dénonçant depuis fin juillet un complot d'opposants et mercenaires russes pour mettre le pays à feu et à sang.

Mais Svetlana Tikhanovskaïa, enseignante d'anglais de formation, âgée de 37 ans, a tenu bon, bien qu'elle ait « peur tous les jours », a-t-elle confié vendredi. « Merci de votre soutien et de votre confiance (...) réveillons-nous dans un nouveau pays », a-t-elle encore lancé à ses partisans dans une vidéo postée samedi, condamnant les arrestations des derniers jours et appelant à la vigilance face aux fraudes.

Amnesty International note qu'à l'approche de la présidentielle de 2020, « les droits humains sont attaqués de toute part » dans ce pays où la peine de mort est toujours en vigueur.

Trois femmes pour tenir tête à Alexandre Loukachenko

Avant l'émergence surprise de Svetlana Tikhanovskaïa, Alexandre Loukachenko, un ex-directeur de sovkhoze de 65 ans, a éliminé ses principaux concurrents au printemps et au début de l'été : deux d'entre eux sont incarcérés, un troisième s'est exilé. Trois autres candidats sont en lice, mais aucun n'a su mobiliser.,

Svetlana Tikhanovskaïa , la « Jeanne d'Arc biélorusse », comme elle est parfois surnommée, se présente, elle, comme une « femme ordinaire, une mère et une épouse » qui a remplacé au pied levé son mari, Sergueï Tikhanovski, un blogueur incarcéré en mai alors qu'il faisait campagne.Le régime n'a pas pardonné à ce vidéoblogueur ses critiques incendiaires contre le pouvoir. Ni, surtout, le fait qu'il cartonne avec sa chaîne YouTube auprès de la classe pauvre, travailleuse, qui passait jusque-là pour acquise à Loukachenko. Mais le pouvoir a néanmoins agréé la candidature de son épouse, sans doute jugée moins dangereuse. Qualifiée de « pauvre nana » par Alexandre Loukachenko, elle a su mobiliser alors même que la Biélorussie n'a jamais pu voir émerger d'opposition unie et structurée.

Pour cela, elle s'est alliée à deux autres femmes qui représentent, elles aussi, un proche emprisonné ou proscrit.

Maria Kolesnikova est l'ex-directrice de campagne de l'ancien banquier Viktor Babaryko, autre candidat à la présidentielle mis sous les verrous, pour des accusations de fraude et de blanchiment d'argent.

Veronika Tsepkalo, elle, est l'épouse d'un troisième détracteur du régime qui s'est exilé cet été avec leurs enfants à Moscou, en Russie. Les trois femmes, qui ont réussi à fédérer l'opposition à Alexandre Loukachenko, sont soutenues par des figures prestigieuses comme la prix Nobel de littérature 2015 Svetlana Alexievitch, elle-même biélorusse. Mais leur campagne n'est pas sans danger : Svetlana Tikhanovskaïa affirme avoir reçu des menaces qui l'ont conduite à exiler à l'étranger sa fille de 5 ans et son fils de 10 ans, dans un endroit tenu secret.

En cas de victoire, elle a promis l'organisation, dans six mois, d'une élection présidentielle libre et transparente, le retour, via un référendum, à la constitution de 1994, qui prévoyait des réels contrepouvoirs à celui du président [ainsi que la limitation du nombre des mandats], et la libération des prisonniers politiques.

Minsk a accusé Moscou de tentative de déstabilisation

Le vote de dimanche se déroule aussi dans une atmosphère de défiance envers Moscou, dont Alexandre Loukachenko est à la fois le plus proche et le plus turbulent allié.

Jamais en 26 ans les tensions n'ont été si concrètes : pour Alexandre Loukachenko, les « marionnettistes » du Kremlin ont l'intention de faire de la Biélorussie un vassal.

Fin juillet, 33 Russes, des mercenaires présumés de l'opaque groupe militaire privé Wagner, réputé proche du pouvoir russe, ont été arrêtés, accusés de préparer un « massacre » à Minsk. Alexandre Loukachenko les accuse d'avoir voulu le renverser, mais la Russie dément. Selon Moscou, les Russes arrêtés étaient en simple transit et ne sont « coupables de rien ». D'après la justice ukrainienne, la plupart de ces mercenaires auraient participé, aux côtés des séparatistes russes, à la guerre du Donbass, dans l'est de l'Ukraine (voisine de la Biélorussie).

Moscou a rejeté ces allégations, dénonçant un « spectacle » électoral

« Alexandre Loukachenko pousse l'idée un peu complotiste de l'ingérence russe pour récupérer la main sur la campagne présidentielle », s'alarme Olga Belova, spécialiste de la Biélorussie.




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

ANCIEN ROI DE L'ESPAGNE JUAN CARLOS SOUPCONNE DE CORRUPTION S'EXILE

Aucune précision n’a été faite concernant le pays où l’ancien roi, qui avait abdiqué en 2014 sur fond de scandales, s’installera.

Alors qu'il serait soupçonné de corruption et sous le coup d’une enquête de la Cour suprême, l’ex-roi d’Espagne Juan Carlos a annoncé sa décision de quitter le pays dans une lettre adressée à son fils, le souverain Felipe VI, rendue publique par la maison royale lundi 3 août 2020.

Aucune précision n’a été faite concernant le pays ou le lieu dans lequel il s’installera.

« Guidé à présent par la conviction de rendre le meilleur service aux Espagnols, à leurs institutions, et à toi en tant que roi, je t’informe de ma décision réfléchie de m’exiler, en cette période, en dehors de l’Espagne », a écrit l’ancien souverain, estimant devoir prendre cette décision sur fond de « répercussions publiques de certains épisodes de [sa] vie privée passée ».

Il s’assure ainsi de ne pas rendre la tâche plus difficile à son fils, ajoute-il. Dans un communiqué de la maison royale, son fils fait savoir qu’il accepte sa décision et l’en remercie.

Il ne s’agit cependant pas d’une tentative d’échapper à la justice de son pays, a fait savoir l’avocat de l’ancien monarque, Javier Sánchez-Junco Mans, précisant que Juan Carlos « a l’intention de se rendre disponible pour coopérer à l’enquête ».

« Train du désert »

Début juin, la Cour suprême espagnole avait annoncé l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur une possible commission versée à Juan Carlos à l’occasion du contrat de construction d’un « train du désert » entre Médine et La Mecque. Un marché attribué par l’Arabie saoudite à un consortium espagnol pour 7 milliards d’euros, en 2011.

Le dossier avait été ouvert en septembre 2018 à la suite de la publication dans la presse d’enregistrements où l’ancienne maîtresse de Juan Carlos, Corinna zu Sayn-Wittgenstein, parlait de cette commission.

En vertu de l’immunité dont il bénéficie, seule la Cour suprême peut chercher à cerner la responsabilité de l’ancien monarque, mais uniquement pour des faits commis après son abdication. Juan Carlos Ier avait quitté le pouvoir en juin 2014 en faveur de son fils Felipe, alors que la fin de son règne avait été ternie par différents scandales, en particulier des soupçons sur ses relations étroites avec la famille royale saoudienne.

Juan Carlos, aujourd’hui âgé de 82 ans, était jusqu’au tournant du siècle un symbole fort de l’unité espagnole, apprécié pour avoir assuré la restauration pacifique de la démocratie après la mort du dictateur Francisco Franco en 1975.




Paul Emison pour DayNewsWorld

VERS DES RECONFINEMENTS LOCALISES

 EN FRANCE

« On n’a pas encore gagné la guerre » contre le nouveau coronavirus. Dans un entretien accordé au quotidien le Parisien, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a fait part de son inquiétude et appelé à la prudence, ainsi qu’au respect des gestes barrière, face à la nouvelle hausse des cas de contamination.

L’éventualité d’une reconfinement partiel ou de fermeture de certains bars et établissements nocturnes est ainsi à l’étude.

Le ministre de la Santé a par ailleurs indiqué que tous les tests nasaux PCR (Réaction en Chaîne par Polymérase, N.D.L.R.) seraient désormais intégralement remboursés, qu’ils soient prescrits ou non par un médecin. Olivier Véran a signé un arrêté en ce sens, publié samedi au Journal officiel.

L’arrêté, précise le ministre, « permet dès aujourd’hui à n’importe qui de bénéficier d’un test PCR entièrement remboursé, sans avoir besoin d’une ordonnance et sans avoir à se justifier de la démarche ou présenter des symptômes ».

Le seuil du millier de nouvelles infections par jour a été dépassé jeudi et vendredi, retrouvant un niveau comparable à celui de la fin du confinement en mai dernier. « On ne peut pas parler d’une deuxième vague mais une chose est sûre on voit, depuis quelques jours, le nombre de cas positifs remonter nettement alors qu’il baissait depuis treize semaines », constate Olivier Véran dans son interview au Parisien.

Une recrudescence des cas chez les jeunes

Le ministre de la Santé explique notamment cette hausse par une recrudescence de cas chez les jeunes. « Lors des campagnes de dépistage massif », on remarque « que les patients sont jeunes, plus jeunes que lors de la précédente vague. Le taux d'asymptomatiques est, lui, extrêmement élevé », dit le ministre.

« C'est le cas particulièrement en Ile-de-France où l'on voit arriver des jeunes qui ont été infectés sans qu'on sache comment », poursuit Olivier Véran.

« Sans doute que les personnes vulnérables et âgées ont conservé un niveau de prudence élevé alors que les jeunes, eux, font moins attention. C’est ce que l’on constate notamment lors de rassemblements festifs et surtout familiaux à l’origine de clusters », poursuit Olivier Véran.

« De plus, on a fortement augmenté le nombre de tests réalisés. Après le 11 mai on en faisait un peu plus de 200 000 par semaine, désormais, je suis en mesure de vous dire qu’on approche des 500 000 tests par semaine avec un taux de positifs de l’ordre de 1 à 1,5 % », ajoute-t-il.

Castex : « éviter le reconfinement général »

De son côté, le Premier ministre a aussi mis en avant l’idée d’un reconfinement, mais souhaite avant tout limiter les effets d’une telle mesure. « Ce qu’il faut éviter par-dessus tout, c’est le reconfinement général », une mesure qui serait « catastrophique » au niveau économique et social, a déclaré le Premier ministre Jean Castex samedi au quotidien Nice Matin, au sujet de l’épidémie de Covid-19.

« Nous savons maintenant ce que cela produit : une telle mesure brise la progression de l’épidémie, certes, mais au niveau économique et social, c’est catastrophique, y compris pour la santé psychologique de certains de nos concitoyens », a insisté le chef du gouvernement, dans un entretien publié par le quotidien régional sur son site.

« La priorité, c’est encore et toujours la prévention », insiste Jean Castex, en niant que ce terme de reconfinement soit « un mot tabou » et en rassurant sur la propagation du virus.




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

UN PLAN DE RELANCE EUROPEEN DE 750 MILLIARDS OBTENU AU FORCEPS

"Jour historique pour l’Europe ! ", s’est exclamé Emmanuel Macron sur Twitter.

Après cinq jours et plusieurs dizaines d’heures de négociations, le sommet européen de Bruxelles a finalement accouché d’un accord.

Malgré l’opposition initiale des pays dits « frugaux » que sont les Pays-Bas, l'Autriche, la Suède et le Danemark, les 27 pays membres de l’UE ont validé un plan de relance portant sur un emprunt commun de 750 milliards d’euros pour soutenir la récession historique liée à l’épidémie de coronavirus.

Dans le détail, 390 milliards d’euros de subventions seront allouées aux Etats les plus frappés par la pandémie. Pour ce faire, la Commission européenne va s’endetter au nom de tous les pays membres, qui devront rembourser.

Outre cette somme, 360 milliards d’euros seront disponibles pour des prêts, remboursables par le pays demandeur.

Ce plan de relance profite avant tout aux pays du Sud comme l’Italie et l’Espagne, considérés comme trop laxistes en matière de budget par les pays « frugaux ».

Nommés ainsi pour leur attachement à l'état des finances publiques et leur réticence à trop aider d'autres pays (souvent du sud) qu'ils accusent d'être des « cigales » et de n'avoir rien fait pour éponger leur déficit,ces pays du Nord souhaitaient limiter le plus maximum cette partie des « dons ».

C'est pourquoi le président du Conseil européen Charles Michel a dû revoir sa proposition initiale et leur fournir des gages, notamment en révisant à la baisse les 500 milliards de subventions prévues au départ.

« Quand l’Allemagne et la France se mettent ensemble, elles ne peuvent pas tout, mais si elles ne se mettent pas ensemble rien n’est possible. Nous avons réussi à franchir ensemble beaucoup d’étapes pour l’unité européenne », s'est félicité Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel.

En s'accordant pour octroyer des subventions aux pays les plus touchés par la crise du Covid-19, sur la base d'un emprunt commun aux 27, l'accord fait ainsi basculer l'Europe dans une forme de solidarité budgétaire, un pas vers une forme de fédéralisme.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

DES SUJETS DE DESACCORDS

 SUR LE PLAN DE RELANCE EUROPEENNE

Les pays de l'Union européenne sont réunis pour tenter de sauver le plan de relance face à la crise économique causée par la pandémie de Covid-19. Mais, dimanche matin, les Vingt-Sept étaient en désaccord.

Les discussions se heurtent en effet à l'opposition du camp des « frugaux », c'est-à-dire les pays partisans d'une stricte orthodoxie budgétaire : les Pays-Bas, l'Autriche, le Danemark et la Suède, qui ont ensuite été rejoints par la Finlande. Angela Merkel n’a pas écarté, dimanche, le risque d’un échec dans les négociations sur un plan de relance post-coronavirus massif, sur lequel les pays « frugaux » sont très réservés « Il y a beaucoup de bonne volonté (...) mais il est aussi possible qu'aucun résultat ne soit obtenu aujourd'hui », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.

« Je ne peux toujours pas dire si une solution sera trouvée », a déclaré Mme Merkel, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne (UE).

Des fonds contre des réformes

Sur la table des négociations, un fonds constitué par une capacité d’emprunt de 750 milliards d’euros pour relancer l’économie européenne, adossé au budget à long terme de l’UE (2021-2027) de 1 074 milliards d’euros. L’unanimité des 27 Etats membres étant requise, un compromis est particulièrement difficile .

.Une des options sur la table est de modifier la répartition entre prêts et subventions en augmentant la part des premiers à 300 milliards d’euros (contre 250 dans la proposition initiale) sans réduire la part des subventions directement destinées aux Etats pour soutenir leurs plans de relance. Les « frugaux » préfèrent nettement les prêts aux subventions. Mais Paris et Berlin refusent des subventions inférieures à 400 milliards.

Charles Michel a, par ailleurs, proposé un mécanisme permettant à un pays qui aurait des réserves sur le plan de réformes présenté par un autre Etat, pour obtenir ces aides, d’ouvrir un débat à 27, soit devant le Conseil européen (c’est-à-dire les dirigeants), soit devant les ministres des finances de l’UE. Une réponse au souhait du premier ministre néerlandais M. Rutte de voir ces plans nationaux validés par les Vingt-Sept à l’unanimité, ce qui offrirait de facto un veto à n’importe quelle capitale.

Les pays « frugaux » reprochent en effet à leurs voisins du Sud un laxisme budgétaire et le manque de compétitivité de leur économie. Mais ces demandes pressantes de réformes inquiètent Rome et Madrid, qui craignent d’être soumis à un programme de réformes (marché du travail, retraites…) imposé, comme la Grèce dans le passé.

Autre coup de pouce de Charles Michel pour vaincre les résistances : accroître certains « rabais » accordés aux pays qui versent davantage d’argent au budget de l’UE qu’ils n’en reçoivent. Ce serait le cas pour Vienne, Copenhague et Stockholm, mais pas La Haye ni Berlin dont les rabais restent inchangés.

Bras de fer sur l’Etat de droit

Outre ces sujets délicats, un autre pèse lourdement sur les discussions La Commission européenne a en effet proposé de créer un lien direct entre le versement des aides européennes prévues dans le fonds de relance et le respect de l'Etat de droit. Or la Hongrie, la Pologne et la Slovénie s'opposent à cette condition. La Hongrie est sous le coup d'une procédure dite « de l'article 7 », une procédure exceptionnelle pour risque de « violation grave » des valeurs de l'UE déclenchée par le Parlement européen. Plusieurs auditions ont eu lieu en Conseil des ministres pour parler de la situation en Hongrie mais aucune décision n'a été prise.

Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, a ainsi accusé dimanche son homologue néerlandais de vouloir le « punir financièrement ». Selon M. Orban, la création d’un tel mécanisme exigerait « des semaines de négociations »

.« Le problème », estime un diplomate européen, est que les « questions fondamentales » de l’unanimité et de l’Etat de droit, qui risquent de faire échouer les négociations, « ne seront pas résolues juste avec un second sommet ».




Garett Skyport pour DayNewsWorld


DEUX VISIONS OPPOSEES DE LA POLOGNE

 SE JOUE DANS LA PRESIDENTIELLE

Les Polonais sont appelés aux urnes ce dimanche, pour le second tour de l'élection présidentielle qui oppose le président conservateur sortant Andrzej Duda au maire libéral de Varsovie Rafal Trzaskowski,  europhile convaincu.

Deux candidats aux coude-à-coude

Soutenu par le parti conservateur et nationaliste Droit et Justice (PiS), le président Andrzej Duda fait face au maire de Varsovie, Rafal Trzaskowski, du principal parti d'opposition centriste Plateforme civique (PO). Au premier tour, le 28 juin, Andrzej Duda est arrivé premier, avec 43,5 % des voix, et Rafal Trzaskowski deuxième, avec 30,4 %.

Mais le soutien au chef de l’État a considérablement diminué depuis, y compris en raison des retombées de l'épidémie, qui ont plongé la Pologne dans sa première récession depuis la chute du régime communiste .Les derniers sondages pour le second tour font état de chances égales pour les deux candidats.

Le résultat de ce scrutin sera décisif pour l'avenir du gouvernement que ses détracteurs accusent de faire reculer les libertés démocratiques acquises il y a trois décennies à la chute du communisme.

« Deux visions de la Pologne »

Particulièrement populaire dans les campagnes et les bourgades,  le conservateur Andrzej Duda a promis de défendre les aides sociales populaires lancées par le PiS. Il  a mené une campagne polarisante, attaquant notamment les droits des personnes LGBT et rejetant l'idée d'indemnisations pour les biens juifs volés par les nazis et sous le régime communiste. Le gouvernement et ses médias publics, engagés dans la campagne en faveur d'Andrzej Duda, ont attaqué les titres contrôlés par des capitaux allemands, les accusant de « parti pris » après qu'un tabloïd du groupe Ringier Axel Springer eut critiqué le candidat Duda pour avoir gracié un pédophile.

C’est dans les grandes villes comme Varsovie, dont il est le maire, que Rafal Trzaskowski compte le plus de soutiens, dans cette population citadine plus jeune, plus ouverte, plus européenne. Parmi ces électeurs, beaucoup osent la comparaison avec Kennedy pour son éloquence et son visage séduisant.

Rafal Trzaskowski , lui, est favorable aux partenariats civils y compris entre personnes du même sexe. Sa décision de signer une déclaration de soutien aux LGBT a incité l'an dernier nombre de régions de l'est rural et le plus conservateur du pays à se proclamer « zones libres de LGBT ». En cas de victoire, il promet de faire marche arrière concernant les réformes controversées du système judiciaire qui ont mis la Pologne sur une trajectoire de collision avec le reste de l'Union européenne.

Le maire de Varsovie a tenté d'apparaître comme une figure à même d'unir une nation divisée, cependant de nombreux observateurs estiment qu'une période de querelles entre le parlement - où le PiS est majoritaire - et le palais présidentiel s'ouvrira si Trzaskowski est élu.

« Ces élections détermineront le sort de la Pologne pour l'avenir prévisible », a déclaré Adam Strzembosz, ancien président de la Cour suprême.

« Sera-t-il dominé et complètement soumis à un parti politique, avec toutes les conséquences d'un pouvoir de nature dictatoriale, ou bien arrivera-t-on à arrêter ce processus ? », s'est-il interrogé.




Abby Shelcore pour DayNewsWorld

CORONAVIRUS: DEUX REGIONS A NOUVEAU RECONFINEES EN ESPAGNE

Samedi 4 juillet, les autorité espagnoles reconfine, en raison d'une recrudescence de contaminations au Covid-19, une zone autour de la ville de Lerida en Catalogne, comptant plus de 200.000 habitants.

Ce dimanche 5 juillet 2020 c'est au tour de quelque 70.000 habitants d'une région côtière du nord-ouest de l'Espagne qui sont à nouveau soumis à des mesures de confinement en raison d'une hausse de contaminations au nouveau coronavirus.

A partir de minuit, les habitants des 14 localités du comté d'A Mariña, en Galice, ne pourront pas sortir de la zone, se réunir à plus de 10 personnes, et la capacité d'accueil des lieux clos sera révisée à la baisse, selon les autorités sanitaires.

200.000 personnes reconfinées en Catalogne

Deux semaines après la levée du confinement sévère imposé au pays, il s'agit de la deuxième zone géographique à faire marche arrière. Samedi, a été reconfinée une zone dans la province de Lerida, en Catalogne (nord-est), comptant plus de 200.000 habitants.Une zone comprenant une quarantaine de municipalités. Trop de cas de coronavirus : plus de 4000 diagnostiqués.Huit foyers de contamination ont été identifiés, pour la plupart autour d'exploitations agricoles qui emploient des travailleurs saisonniers pour la récolte des fruits.

« Il est nécessaire de nous isoler pour éviter une augmentation exponentielle du nombre de cas », a expliqué le responsable sanitaire régional, Jesus Vazquez. Ces mesures ont été décidées pour au moins cinq jours, au terme desquels la situation sera réévaluée. L'Espagne est l'un des pays les plus affectés par la pandémie de nouveau coronavirus, responsable d'au moins 28.385 morts sur son sol. Mais les autorités estiment avoir réussi à contrôler la contagion après le sévère confinement de plus de trois mois de toute la population, levé le 21 juin. Elles surveillent néanmoins de près 50 foyers de contamination qui ont surgi un peu partout dans le pays.

Ce reconfinement coïncide avec la réouverture des frontières samedi aux ressortissants de 12 nouveaux pays, suivant les recommandations de l'Union européenne.




Boby Dean pour DayNewsWorld

UNE PRESIDENCE A VIE POUR POUTINE ?

Les Russes ont validé à 77,9 % par référendum un bloc d'amendements qui, outre la question des mandats du président en exercice, introduisent aussi ses principes conservateurs dans la Constitution.La participation tournait, quant à elle, autour de 65 %.

Le doute n'a jamais pesé quant à l'issue du scrutin : la réforme a été approuvée par le législateur en début d'année et le nouveau texte de la Constitution est déjà en vente dans les librairies.

Vladimir Poutine avait, pour sa part, demandé mardi aux Russes de garantir « la stabilité, la sécurité et la prospérité » du pays, qu'il se targue d'avoir sorti du chaos post-soviétique. Pour la génération qui a connu la chute du communisme, Vladimir Poutine reste avant tout l’homme de la stabilité, et d’une certaine grandeur retrouvée sur la scène internationale.

« Une présidence à vie » ?

L'amendement le plus controversé accorde à Vladimir Poutine l'option de deux mandats supplémentaires à l'issue de l'actuel en 2024. Une nécessité, selon lui, car la classe politique ne doit pas se perdre dans « une quête de successeurs potentiels ». En l'état du droit, il aurait dû se retirer de la présidence en 2024, à l'issue du mandat actuel.

Ce changement lui permettrait de rester au Kremlin jusqu'en 2036, l'année de ses 84 ans. D'autres amendements renforcent certaines prérogatives présidentielles.

La révision introduit aussi dans la Constitution des principes conservateurs chers au président – foi en Dieu, mariage réservé aux hétérosexuels, enseignement patriotique – ainsi que des garanties sociales, comme l'indexation des retraites.

« Enorme mensonge »

Le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, a parlé, commentant ces résultats, de « falsification » et d'« énorme mensonge », appelant ses partisans à se mobiliser pour les prochaines élections régionales de septembre. La campagne du vote sur la réforme constitutionnelle n'a pas laissé de place à l'opposition pour s'exprimer dans un contexte de coronavirus et de presse aux ordres. Pour Alexeï Navalny, le référendum n'a d'autre but que de lui garantir « une présidence à vie » et les autres mesures ont visé à faire aller les Russes aux urnes.

« Vladimir Poutine est en train de faire de son pays un régime autocratique » selon un analyste.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

UNE CONSTITUTION SUR MESURE

POUR VLADIMIR POUTINE

Malgré les risques sanitaires dus au coronavirus, les Russes votent pendant une semaine pour la réforme de la Constitution de 1993 que Vladimir Poutine a menée au pas de charge en six mois.

Adoptée par le Parlement, elle ne doit pas légalement faire l’objet d’un référendum mais le président russe a tenu à un tel plébiscite, arguant de l’importance du sujet.

Poutine à vie

La réforme autorise, dans u amendement clef, le président en exercice de rester au Kremlin deux mandats de plus, jusqu’en 2036, l’année de ses 84 ans. En l’état du droit, Vladimir Poutine aurait dû se retirer de la présidence en 2024.

Si dimanche 21 juin 2020 Vladimir Poutine a affirmé , à la télévision russe, ne pas avoir encore décidé s'il resterait au Kremlin après 2024 ou pas , il a tout de même suggéré qu'un changement à la tête de l'Etat n'assurerait pas la stabilité du pays.

«Autrement, je sais que dans deux ans au lieu de travailler normalement à tous les niveaux de l’État, tous les regards se mettront en quête de successeurs potentiels. Il faut travailler et pas chercher des successeurs», a-t-il martelé. Pour le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, la réforme est nécessaire pour «garantir la stabilité, lever une incertitude». Outre la question des mandats, le président renforce également avec ce vote certaines prérogatives, comme les nominations et limogeages de juges.

Pour l’opposant numéro 1 au Kremlin, Alexey Navalny, ce vote relève d’une démarche populiste dont le seul but est de «remettre le compteur des mandats de Poutine à zéro, lui donner droit à une présidence à vie». «C’est une violation de la Constitution, un coup d’État», a-t-il proclamé en juin sur les réseaux sociaux.

Valeurs traditionnelles et patriotiques

Mais cet amendement clef ne figure sur aucune des nombreuses affiches du « oui » dans les rues de Moscou. Les thématiques mises en avant sur les affiches sont d'ordre sociétal. Ainsi la photo d'un enfant embrassant sa grand-mère rappelle que l'indexation des retraites fait son entrée dans la Constitution , celle d'une famille modèle symbolise la sauvegarde des valeurs traditionnelles grâce aux amendements faisant référence à Dieu et limitant le mariage aux hétérosexuels. Ces principes, censés fédérer les Russes, sont au cœur du système de valeurs patriotiques conservatrices du chef de l’État russe

Une campagne contre la réforme avortée

Du fait de l’épidémie et de l’absence d’accès des voix discordantes aux médias, la campagne contre la réforme n’a cependant jamais décollé. Les rassemblements prévus en avril à Moscou n’ont pu avoir lieu du fait du confinement. Le site «Niet» qui collectait les signatures de Russes opposés aux réformes a lui été bloqué par la justice, le forçant à se relancer sous un autre nom de domaine « dans certaines grandes villes comme Moscou et Ekaterinbourg, où la société civile fourmille de foyers d'opposition,et plusieurs régions d'Extrême-Orient et de Sibérie, qui se sentent oubliées et ont déjà voté contre le pouvoir en place, la marge de succès du 'oui' pourrait se révéler faible », explique la politologue Ekaterina Schulmann.

Risque de faible taux de participation

La réforme ne soulève toutefois pas l'enthousiasme des quelque 110 millions d’électeurs russes répartis sur les 11 fuseaux horaires que compte la Russie, appelés aux urnes.

En outre la popularité de Vladimir Poutine a souffert d’une réforme décriée des retraites et de la crise du coronavirus.De mai 2018 à mai 2020, son taux d’approbation mesuré par l’institut indépendant Levada est passé de 79% à 59%.

Mais les électeurs fidèles à Poutine le resteront, d'autant plus que beaucoup sont obligés d'aller voter, notamment chez les travailleurs du service public.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

RAPATRIEMENT DE DIX ENFANTS DE DJIHADISTES FRANCAIS

Dix enfants de djihadistes français qui étaient retenus dans des camps de déplacés sous contrôle kurde en Syrie ont été rapatriés en France dans la nuit de dimanche à lundi, a annoncé le ministère français des Affaires étrangères. « La France a procédé ce jour au retour de dix jeunes enfants français mineurs, orphelins ou cas humanitaires, qui se trouvaient dans des camps du nord-est de la Syrie », a-t-il indiqué dans un communiqué.

« Ces enfants ont été remis aux autorités judiciaires françaises, et font désormais l'objet d'un suivi médical particulier et d'une prise en charge par les services sociaux. La France remercie les responsables locaux du nord-est de la Syrie de leur coopération, qui a rendu possible cette issue.

La décision a été prise au regard de la situation de ces jeunes enfants particulièrement vulnérables et dans le cadre des autorisations données par les responsables locaux », est-il indiqué. Aucune précision n'a été donnée sur leur lieu d'arrivée en France, ni sur les circonstances dans lesquelles ils ont quitté la Syrie.


Un casse-tête juridique et politique

La Depuis l'effondrement du groupe État islamique en mars 2019, la France a ramené 28 enfants au total de Syrie. La chute du « califat » de l'EI proclamé en 2014 a marqué le début d'un casse-tête juridique et politique pour la communauté internationale. Certains pays européens comme l'Autriche, l'Allemagne ou la France hésitent à faire rentrer les adultes djihadistes, les estimant complices de l'EI et dont ils souhaitent le jugement sur place.

La situation est par ailleurs compliquée pour les quelque 300 enfants de jihadistes français non orphelins, pour lesquels l'autorisation de la mère est nécessaire.

Au total, quelque 12 000 étrangers, 4 000 femmes et 8 000 enfants, sont installés dans trois camps de déplacés du Nord-Est, la grande majorité dans celui d'Al-Hol, selon les autorités kurdes.

Insistance des États-Unis

Les responsables kurdes ont souvent appelé les pays concernés à rapatrier leurs ressortissants, affirmant ne pas être en mesure de les garder beaucoup plus longtemps. Un appel aussi régulièrement relayé par les États-Unis qui s'inquiètent du risque d'évasion et de dispersion des jihadistes détenus vers d'autres théâtres ou pour certains vers l'Europe afin d'y commettre des attentats.Treize jihadistes françaises, dont Hayat Boumedienne, la compagne de l'un des auteurs des attentats de janvier 2015 en France, se sont évadées des camps où elles étaient détenues, selon le Centre d'analyse du terrorisme (CAT)

En janvier, des enquêteurs de l'ONU ont également plaidé pour un rapatriement, au moins des enfants, en situation « particulièrement précaire ».




Britney Delsey pour DayNewsWorld

ATTAQUE TERRORISTE AU ROYAUME-UNIS

Samedi 20 juin 2020 au soir, trois personnes ont été tuées et au moins trois autres grièvement blessées lors d'une attaque au couteau à Forbury Gardens vers 19 heures à Reading située à environ 60 kilomètres de Londres.

La police britannique a indiqué, dimanche 21 juin 2020, qu'elle traitait désormais comme un acte « terroriste » cette attaque.

« La section antiterroriste de la police peut désormais confirmer que l'attaque au couteau qui a eu lieu à Reading la nuit dernière a été qualifiée d'acte terroriste », a déclaré dimanche la police, qui avait dans un premier temps écarté la piste terroriste.

« C'était une atrocité », a dénoncé Neil Basu, chef de la police antiterroriste, lors d'une conférence de presse.

Un suspect a été interpellé et placé en garde à vue samedi peu après les faits.Selon la police, il s'agit d'un homme de 25 ans habitant à Reading. Plusieurs médias britanniques, dont le Guardian et la BBC affirment qu'il s'agit d'un ressortissant libyen. Selon le Guardian, la police a perquisitionné un appartement à Reading, samedi vers 23 heures locales.

Il s'agirait du logement du suspect, croit savoir le quotidien britannique.

Scotland Yard a appelé les personnes ayant assisté au drame ou ayant des informations sur le suspect à contacter la police, promettant « d'enquêter en continu ».

L'investigation devra notamment déterminer les motivations du suspect, encore inconnues dimanche midi. Néanmoins, l'attaque n'avait « aucun lien avec la manifestation [du mouvement antiraciste] Black Lives Matter qui s'est déroulée pacifiquement un peu plus tôt dans la journée », a assuré Neil Basu, de Scotland Yard.

Les faits se sont produits à proximité du lieu du rassemblement antiraciste, trois heures après la fin de l'événement, selon la police.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

CORONAVIRUS UN IMPORTANT CLUSTER

 DANS UN ABATTOIR OUTRE-RHIN

Outre-Rhin, de nouveaux « clusters » apparaissent , dont un particulièrement important, à Gütersloh, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie . Au sein du plus grand abattoir d'Europe détenu par l'entreprise Tönnies, quelque 730 employés ont en effet été testés positifs au coronavirus, sur 1.100 tests pratiqués. « Nous voyons avec ces foyers que le virus n'est pas parti », a d'ailleurs réagi la chancelière Angela Merkel.

L'abattoir a été fermé partiellement, le temps de poursuivre la production en cours, avant une fermeture complète de l'établissement. Les médias locaux rapportent que les écoles de la ville de près de 100.000 habitants et les garderies ont été fermées par précaution.

D’après le responsable de la région, Sven-Georg Adenauer, le virus aurait pu se propager dans l'abattoir, au retour de travailleurs venant des pays de l’Est, notamment de Roumanie. Grâce à la réouverture des frontières, certains avaient voyagé dans leur famille ces dernières semaines avant de revenir en Allemagne.

Le pays était jusque-là relativement épargné par la pandémie du coronavirus. Mais il avait annoncé en mai un durcissement de ses contrôles dans les abattoirs après l’apparition d’un cluster dans un abattoir le 8 mai dernier.

En France également, des foyers de contaminations avaient été constatés dans des abattoirs du Loiret et des Côtes d’Armor.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

REOUVERTURE DES FRONTIERES DE L'EUROPE MALGRE L'INQUIETUDE DE L'OMS

L'Europe, confiante dans la ralentissement de l'épidémie de coronavirus, va faire tomber plusieurs de ses restrictions à la circulation des personnes et des marchandises la semaine prochaine. C'est le cas de l'Allemagne, qui rouvre ses frontières lundi, de la Pologne, ou de l'Autriche, qui n'imposera plus de quarantaine aux entrants sur son territoire.

L'Espagne, de son côté, craint une résurgence de la maladie quand les barrières aux frontières vont être levées...

Fernando Simon, directeur des Urgences sanitaires espagnoles :

« La solution va être la surveillance, la responsabilité des passagers et la responsabilité des voyagistes, des avions, etc., pour identifier les personnes malades, vraiment malades, pour les traiter et les surveiller correctement et leurs contacts. »

L'OMS voit d'un œil plutôt inquiet la reprise des mouvements de population, alors que la pandémie est au plus fort dans certains Etats et n'a même pas atteint son pic dans d'autres.

Michael Ryan, directeur des Situations d'urgence de l'OMS :

« Chaque pays a des risques et des chances différents à ce stade. Et c’est vraiment aux autorités nationales d’étudier attentivement où elles se trouvent dans la pandémie.

Elle continue de croître dans de nombreuses régions du monde. Et nous sommes profondément préoccupés car les systèmes de santé dans certains pays sont en difficulté et sont soumis à une énorme pression. »




Boby Dean pour DayNewsWorld

LE MEURTRE DU PREMIER MINISTRE SUEDOIS

 OLOF PALME RESOLU

Un soir d’hiver 1986, Olof Palme, Premier ministre suédois, avait été abattu en pleine rue, sans aucune raison. Après de nombreuses fausses pistes, les enquêteurs pensent avoir enfin retrouvé son meurtrier, ce 10 juin 2020. Trente-quatre ans plus tard, le mystérieux assassinat du Premier ministre suédois semblerait enfin résolu.

Le 29 février 1986, les Suédois se réveillaient avec une terrible nouvelle.

Dans la nuit, leur Premier ministre avait été abattu, d’une balle dans le dos, et laissé pour mort sur un trottoir gelé de Stockholm, sa femme blessée à ses côtés. Olof Palme, figure du Parti social-démocrate et chef du gouvernement depuis 1982, avait alors 59 ans.

Ce soir-là, il était allé au cinéma avec son épouse, à pied, comme ils en avaient l’habitude, et sans garde du corps.

En sortant de la séance, le drame s’était produit. À 23h21, deux coups de feu avaient percé la nuit glaciale : une première balle avait tué Olof Palme sur le coup, la seconde avait manqué de peu Lisbeth Beck-Friis, sa femme.

Le meurtrier, lui, s’était évanoui aussi mystérieusement qu’il était apparu.

Quelques rares témoins raconteront avoir vu un homme d’une quarantaine d’années, mesurant autour de 1,80 mètre et portant un manteau. Voilà pour le seul portrait-robot.

34 ans après cet assassinat, l’enquête semble enfin résolue… En tout cas, close. Mercredi 10 juin, le procureur général Krister Petersson, en charge de l’affaire depuis 2017, a annoncé qu’il ne pouvait « plus avancer davantage » dans les investigations. Il a estimé que tous les indices portaient à désigner un certain Stig Engström comme coupable. Mais puisque ce dernier est décédé en 2000, il ne pourra pas être arrêté. Sans véritable aveu, le dossier est donc classé. Les Suédois peuvent ainsi tourner la page d’un triste chapitre de leur Histoire nationale.

Un employé pas vraiment modèle

Depuis le début de l’enquête, le nom de Stig Engström revenait régulièrement. Mais pourquoi ce graphiste de 52 ans, employé d’une compagnie d’assurances, aurait abattu froidement le chef du gouvernement ? S’il a rapidement été suspecté, c’est qu’il avait été l’un des premiers témoins arrivés sur le lieu du crime. Il avait alors été interrogé par la police, qui l’avait jugé peu fiable, tant sa version des faits était floue.

Le véritable scénario se serait donc déroulé ainsi : le soir du meurtre, Stig Engström était resté tard au bureau et, en sortant, aurait croisé Olof Palme et son épouse. Il serait donc revenu à la fin de la séance de cinéma, aurait suivi le couple quelques temps avant de tirer. Son arme, qui n’a jamais été retrouvée, lui aurait été fournie par un ami collectionneur

Mais quel était le mobile de son crime ? Stig Engström était particulièrement hostile à la politique du dirigeant socialiste, homologue de Mitterrand. Mais il était loin d’être le seul, ce qui a particulièrement compliqué l’enquête.

La longue liste des suspects

L’investigation a en effet connu de nombreux couacs et autres fausses pistes. Sur la liste des suspects, ont un temps été incriminés la CIA, la police suédoise elle-même, le régime d’apartheid d’Afrique du Sud ou encore le Parti des travailleurs du Kurdistan dont 22 militants ont été arrêtés en 1987 dans cette affaire. Il faut dire que politiquement, Olof Palme était plus que clivant. Ambitieux et réformiste, il s’était engagé pour la décolonisation et le désarmement, contre l’apartheid et la guerre au Vietnam. Ce qui ne plaisait pas à tout le monde.

En juillet 1989, l’affaire avait connu un incroyable rebondissement avec l’inculpation de Christer Pettersson, un délinquant toxicomane, qui avait été identifié par Lisbeth Beck-Friis. Jusqu’à sa mort en 2018, cette dernière restera persuadée que cet homme, relaxé par la suite puis décédé en 2004, était bien le coupable. En 2018, un nouveau volet de l’enquête s’était donc ouvert après la disparition de la veuve du Premier ministre.

Si la plupart des témoins de ce drame ne sont désormais plus là pour juger de cette nouvelle conclusion, il semblerait que cette fois-ci, elle soit définitive.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

LA MENACE DE BORIS JOHNSON CONTRE PEKIN

POUR DEFENDRE HONGKONG

La tension monte entre Londres et Pékin. Dans une tribune publiée mercredi par le « Times » de Londres et le « South China Morning Post », le Premier ministre britannique Boris Johnson menace Pékin de dérouler le tapis rouge aux résidents de Hong-Kong si la Chine persiste à leur imposer sa loi sur la sécurité nationale, adoptée par l'Assemblée nationale populaire chinoise mais qui reste à finaliser.

La loi sur la sécurité nationale ou une restriction des libertés.

La loi sur la sécurité nationale prévoit de punir les activités séparatistes, « terroristes », la subversion, ou encore les ingérences étrangères dans le territoire autonome chinois.

Décidée par Pékin après une vague de manifestations pour les libertés à Hongkong, la loi a provoqué une levée de boucliers internationale et un regain d'agitation dans ce territoire autonome du sud de la Chine.

Les opposants à l'influence de Pékin dans le territoire affirment que la mesure ouvre la voie à une régression sans précédent des libertés dans la métropole financière de 7 millions d'habitants.

Or Pékin s'est engagé lors de la rétrocession à garantir à Hongkong une large autonomie et des libertés selon le principe « un pays, deux systèmes ».

« Si la Chine va de l'avant, la Grande-Bretagne ne pourra pas, en conscience, hausser les épaules et passer à autre chose ; au contraire, nous honorerons nos obligations et fournirons une alternative », prévient le dirigeant britannique. « De nombreuses personnes à Hongkong craignent que leur mode de vie – que la Chine s'est engagée à maintenir – ne soit menacé » par cette loi, a écrit Boris Johnson, qui « restreindrait [les] libertés et réduirait substantiellement [l'autonomie] » de Hong Kong.

Des passeports d'outre-mer à la citoyenneté britannique pour 2,5 millions de HongKongais

Si la loi sur la sécurité nationale est appliquée, Boris Johnson prévient  que le gouvernement britannique modifiera sa législation sur l'immigration pour permettre aux Hong-Kongais détenteurs d'un « passeport britannique d'outre-mer » d'entrer en Grande-Bretagne sans visa britannique pour une période de 12 mois renouvelables, et non plus de 6 mois. Ils disposeraient d'un permis de travail « qui pourrait les placer sur la voie de la citoyenneté » britannique.

Quelque 350 000 personnes à Hongkong détiennent actuellement le « passeport britannique d'outre-mer », qui donne l'accès sans visa à la Grande-Bretagne pour un séjour allant jusqu'à six mois, a indiqué Boris Johnson. Quelque 2,5 millions de personnes supplémentaires seraient éligibles à une demande d'obtention de ce document, délivré aux habitants de l'ancienne colonie britannique lors de sa rétrocession à la Chine en 1997.

Ingérence dans les affaires hongkongaises?

Cette position a fait réagir Pékin mercredi. La Chine a appelé le Royaume-Uni à « cesser immédiatement toute ingérence » dans les affaires hongkongaises, en brandissant des mesures de représailles. « Nous conseillons à la partie britannique (...) d'abandonner sa mentalité de Guerre froide, son état d'esprit colonial, de reconnaître et de respecter le fait que Hong Kong a été rendu » à la Chine, a indiqué Zhao Lijian, porte-parole de la diplomatie chinoise.

« La Grande-Bretagne ne cherche pas à entraver la montée de la Chine » dans le concert des nations, a assuré le Premier ministre britannique. « La Grande-Bretagne veut seulement que HongKong prospère dans le cadre de "un pays, deux systèmes" », a-t-il dit.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

LE SCANDALE CUMMINGS

 DESSERT BORIS JOHNSON

Boris Johnson affronte ce mercredi un sondage catastrophique après son élection triomphale de décembre 2019. Un sondage YouGov pour le quotidien The Times montre en effet que le soutien du public au Parti conservateur de Boris Johnson a chuté de neuf points en une semaine, atteignant désormais 44 %. Le principal parti d’opposition, le Labour, a gagné cinq points à 38 % sur la même période.

En cause : le scandale provoqué par les déplacements de son principal conseiller Dominic Cummings qui n’a pas respecté les règles de confinement en vigueur dans l’un des pays les plus endeuillés au monde par la pandémie de Covid-19.

À la une des journaux depuis cinq jours, la tempête provoquée par Dominic Cummings, considéré comme le cerveau de la campagne du référendum de 2016 qui a abouti au Brexit, fait des ravages dans l’opinion.

Au sein même du camp conservateur, près d’une quarantaine de députés demandent son départ et un secrétaire d’État a démissionné mardi, en expliquant ne pas pouvoir défendre le conseiller alors que certains habitants de sa circonscription « n’ont pas pu visiter leurs proches malades parce qu’ils suivaient les recommandations du gouvernement ».

Les explications de Dominic Cummings, qui a dit s’être rendu chez ses parents à Durham, à 400 kilomètres de Londres dans le nord de l’Angleterre, parce qu’il craignait d’être contaminé par le coronavirus et cherchait une solution de garde pour son enfant, n’ont pas convaincu. Son absence d’excuses et de regrets a été particulièrement mal vécue, ainsi qu’un second déplacement en voiture, à une quarantaine de kilomètres du domicile de ses parents.

Le très influent et controversé conseiller a reçu le soutien de Boris Johnson, déjà venu deux fois personnellement devant la presse pour le défendre.

Mais les sondages qui se succèdent montrent qu’une très large majorité des Britanniques estiment que le conseiller a enfreint les règles du confinement et qu’il devrait quitter son poste.

Même la sœur du Premier ministre, Rachel Johnson, s’en est mêlée, affirmant mercredi à ITV qu’à la place de Dominic Cummings, elle aurait reconnu avoir « déconné ».

Lors de la conférence de presse quotidienne du gouvernement, mardi, un pasteur a demandé au ministre de la Santé si les amendes infligées aux personnes n’ayant pas respecté le confinement pour des motifs de garde d’enfant pourraient être annulées. Après avoir indiqué qu’il examinerait la question, le gouvernement est finalement revenu en arrière, à la déception de l’homme d’Église. L’affaire donne «le sentiment qu’il y a deux types de règles, pour ceux au pouvoir et le reste d’entre nous », a-t-il déclaré mercredi à la BBC.

Au total, plus de 37 000 personnes testées positives au Covid-19 sont décédées, selon un bilan du ministère de la Santé publié mardi.

Le décompte dépasse les 46 000 décès si on inclut les cas non confirmés mais suspectés, selon le Bureau national des statistiques.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

PAS DE CONFINEMENT EN SUEDE

MAIS UNE MORTALITE ELEVEE

La Suède, qui se distingue par son approche souple face à la pandémie de Covid-19, a annoncé lundi avoir enregistré la mort de plus de 4.000 personnes au total, dont 90% étaient âgées de plus de 70 ans. Sur 33.843 cas confirmés, l'Agence publique de la santé (APS) a recensé 4.029 décès dans ce pays de 10,3 millions d'habitants. D'après le site internet Worldometer, le taux de mortalité liée au nouveau coronavirus est ainsi de 399 par million de personnes en Suède.

Un taux bien supérieur à celui constaté dans les pays nordiques voisins que sont la Norvège (43 par million), le Danemark (97) et la Finlande (56) qui ont pris des mesures de confinement. Il est en revanche plus bas qu'en Espagne (615), au Royaume-Uni (542) ou en France (435).

Pas de confinement mais une immunité de groupe ?

A l'opposé des dispositifs souvent stricts imposés dans le reste de l'Europe, la Suède, dont la population n'a jamais été confinée, a maintenu ouverts les écoles (pour les enfants de moins de seize ans), cafés, bars, restaurants et entreprises, demandant à chacun d'observer les recommandations de distanciation sociale et de « prendre ses responsabilités ». Seules mesures restrictives : l'interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes et des visites en maisons de retraite.

L'Agence publique de la santé a en effet rejeté les mesures prises sur une assez courte période ailleurs, les considérant trop inefficaces par rapport à l'impact qu'elles ont sur l'ensemble de la société. Elle estime son approche pertinente sur le long terme en tablant sur l'immunité de groupe.

90% des morts avaient plus de 70 ans

Anders Tegnell, épidémiologiste à l'APS, a insisté à plusieurs reprises sur le fait que, d'après lui, des restrictions plus strictes n'auraient pas sauvé davantage de vies. Les trois-quarts des Suédois morts du Covid-19 étaient des personnes soignées dans des établissements médicalisés ou chez elles. Anders Tegnell a à cet égard souligné qu'une interdiction des visites dans les centres de soins avait été édictée dès la mi-mars.

« Je ne suis vraiment pas sûr qu'on aurait pu faire beaucoup plus », a-t-il déclaré ce week-end dans un entretien avec la Radio suédoise, tout en reconnaissant « la faiblesse de la prise en charge des plus âgés » mise en évidence par la crise du coronavirus, n'hésitant pas à parler à cet égard de « situation terrible ».

La Suède exclue de l'accord de libre échange cet été ?

Avec l’arrivée de l’été, de nombreux pays préparent des plans pour la réouverture des frontières malgré la persistance de la pandémie. En Scandinavie cependant, la Suède pourrait faire office de paria en raison de la propagation encore importante du virus.

Selon Anders Tegnell, qui dirige l’Agence suédoise de santé publique, le fait qu’il y ait davantage d’infections dans le pays pourrait au contraire rendre ses citoyens moins susceptibles de tomber malades. Une théorie fondée sur l’idée que contracter le coronavirus garantit une immunité ultérieure, ce qui n’est pas certain d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Si diverses études suggèrent que les personnes infectées possèdent certains anticorps qui, selon l’OMS, devraient probablement « apporter un certain niveau de protection », il n’y a pas, pour l’heure, de preuve d’immunité totale.

De plus la Suède affiche non seulement un niveau d’infection plus élevé, mais ses capacités en matière de tests et de traçabilité sont également plus faibles que celles de ses voisins. À l’heure actuelle, les personnes présentant des symptômes légers ne peuvent pas être testées, à moins d’appartenir à certaines catégories hautement prioritaires, comme les travailleurs de la santé ou les aidants, et il n’existe pas d’application officielle de recherche des contacts comme celle utilisée en Norvège.

Cela signifie que même si un pourcentage plus élevé de résidents suédois sont immunisés contre le virus d’ici à l’été, il pourrait être difficile d’identifier qui a développé l’immunité et qui ne l’a pas fait, à moins que la recherche des contacts et les tests ne soient considérablement renforcés...

La Suède pourrait donc faire les frais de sa politique sanitaire concernant le Covid-19 cet été en étant exclue des accords de libre circulation.




Abby Shelcore pour DayNewsWorld

CONDAMNATION DE VOLKSWAGEN

 DANS LE SCANDALE DU DIESELGATE

La justice allemande a condamné lundi Volkswagen à rembourser en partie un client qui avait acheté une voiture équipée d’un moteur diesel truqué. Ce jugement pourrait faire jurisprudence pour des dizaines de milliers d’autres automobilistes

Presque cinq ans après son éclatement, le scandale des moteurs diesel truqués s’approche lundi de son épilogue judiciaire, avec un arrêt décisif en Allemagne dans le conflit opposant Volkswagen à des dizaines de milliers de clients.

Lors de l’audience tenue début mai, les juges de la Cour fédérale allemande (BGH) ont ouvert la porte à un remboursement au moins partiel des clients floués, estimant que l’achat d’une voiture équipée d’un moteur truqué constituait un préjudice en soi.

Dans un arrêt qui devrait influencer des dizaines de milliers de procédures , la cour suprême fédérale allemande a condamné Volkswagen à rembourser en partie un particulier qui avait acheté un véhicule dont le moteur diesel était truqué.

Crise historique

Cette décision pourrait influencer l’issue de dizaines de milliers de procédures en remboursement encore en cours en Allemagne.

Il s’agirait du premier revers judiciaire notable du géant de l’automobile en Allemagne, dans ce scandale qui a plongé l’industrie automobile allemande, pilier de l’économie du pays, dans une crise historique dont elle peine toujours à sortir. Mais avec un accord à l’amiable signé pour éviter un méga-procès de clients allemands, et la fin d’une importante enquête pénale, Volkswagen a déjà tiré un trait sur une grande partie du dieselgate.

Un cas d’exemple

La Cour s’intéressait au cas de Herbert Gilbert, 65 ans, qui a acheté d’occasion en 2014 une Volkswagen Sharan diesel, soit l’un des 11 millions de véhicules dans esquels le constructeur a avoué en septembre 2015 avoir placé des logiciels truquant les émissions polluantes.

La Cour d’appel avait donné raison au retraité, condamnant le constructeur à payer 25 616 euros et à reprendre le véhicule (une somme inférieure au prix d’achat de 31 490 euros car les juges ont pris en compte la perte de valeur due à l’utilisation).

Volkswagen et le requérant ont fait appel, le premier car il estime qu’un remboursement n’a pas lieu d’être et l’autre pour recevoir l’intégralité du prix d’achat.

En équipant ses voitures de logiciels capables de les faire apparaître moins polluantes qu’elles ne le sont en réalité, le groupe automobile allemand a « trompé sciemment et systématiquement pendant plusieurs années » les autorités « dans une optique de profitabilité », a expliqué le juge Stephan Seiters.

Un scandale de 30 milliards d’euros

De quoi limiter l’impact financier pour le groupe automobile, auquel le scandale a déjà coûté plus de 30 milliards d’euros. D’autant que la décision intervient après la fin en avril d’un procès sans précédent en Allemagne, similaire à une "class action" à l’américaine regroupant des centaines de milliers de requérants.

Volkswagen va débourser au moins 750 millions d’euros pour indemniser 235 000 clients en vertu d’un accord à l’amiable, une somme qui peut paraître faible comparée aux plus de 30 milliards d’euros qu’a déjà coûté le scandale au constructeur, principalement aux Etats-Unis.




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

DES « MANIFESTATIONS CORONA »

ALARMANTES EN ALLEMAGNE

Pays moins touché par le virus que ses voisins, l’Allemagne voit se développer les « manifestations corona » contre les restrictions.

Angela Merkel prend de plus en plus au sérieux ces « manifestations corona » qui vont à nouveau rassembler samedi dans tout le pays des militants d’ultragauche, de droite identitaire ou complotiste opposés aux restrictions restantes.

Rien qu’à Stuttgart, 5 000 personnes ont été autorisées à battre le pavé, malgré les interdictions de grands rassemblements du fait de la pandémie, là où les organisateurs affirmaient vouloir réunir 500 000 personnes.

Des manifestations sont aussi attendues, comme déjà au cours des dernières semaines, à Munich, Berlin ou encore Dortmund, sous étroite surveillance policière.

Des protestataires soutenus par l’extrême droite

Les manifestants, assemblage hétéroclite de militants extrémistes, défenseurs des libertés publiques, opposants aux vaccins, voire d’antisémites, protestent contre le port du masque ou les restrictions de mouvement qui subsistent après le déconfinement. Certains vont jusqu’à revendiquer le droit d’être contaminé.Les slogans comme « Nous sommes le peuple » ou « Liberté, Liberté ! »font référence aux manifestations qui ont précédé la chute du Mur de Berlin en 1989.

D’autres protestataires sont issus de mouvements xénophobes plus récents, exigeant que « Merkel s’en aille » ou dénonçant la « presse mensongère ». Ils sont soutenus par le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) qui espère bien surfer sur ces mobilisations pour regagner le terrain perdu durant le pic de la pandémie ; La chancelière, Angela Merkel, a en effet vu sa popularité grimper en raison d’une gestion de l’épidémie ayant permis à l’Allemagne d’être moins touchée que ses voisins. . Un Allemand sur quatre dit comprendre ces manifestations, selon un sondage Civey.

Violence et antisémitisme

Des violences ont déjà émaillé certains rassemblements. Le 1er mai à Berlin, une équipe de la chaîne ZDF a été violemment agressée par une dizaine de personnes proches selon la police de l’ultragauche. À Prina en Saxe, un policier a été blessé en marge d’un défilé.

La chancelière a elle-même jugé ces marches « alarmantes », auprès de dirigeants de son parti, et accusé la Russie d’être derrière des opérations de désinformation qui les nourriraient, selon le quotidien populaire Bild.

Le « niveau élevé d’agressivité » dans ces manifestations, selon les termes du porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert, inquiète l’équipe gouvernementale réveillant le souvenir du mouvement islamophobe allemand Pegida.

Outre les violences contre les policiers et journalistes, deux autres aspects inquiète particulièrement les autorités. Dès les premières manifestations à Berlin, des messages anti-juifs ont été aperçus, accusant par exemple Rockefeller et Rothschild d’avoir « inventé le coronavirus » ou comparant le port du masque avec celui de l’étoile jaune.

Ces manifestations « constituent un réservoir dans lequel antisémites, conspirateurs et négationnistes peuvent se retrouver », met en garde Felix Klein, commissaire du gouvernement pour la lutte contre l’antisémitisme.

Pour Felix Klein, « il n’est pas surprenant que les théories antisémites fleurissent à nouveau dans la crise actuelle ». « On reprochait aux Juifs les épidémies de peste, on les accusait d’empoisonner les puits », rappelle-t-il dans le quotidien Süddeutsche Zeitung.

L’autre composante est le succès des théories complotistes avec une fréquentation en nette hausse de groupes conspirationnistes sur Telegram ou Youtube.Les thèses antivaccins y sont en vogue, comme les craintes liées au développement de la 5G.

Ces dérives préoccupent jusqu’au sommet de l’État : le président de la République, Frank-Walter Steinmeier, est sorti de sa réserve jeudi pour prévenir qu’il valait « mieux porter un masque qu’un chapeau d’aluminium », traditionnellement associé en Allemagne aux conspirationnistes.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

L'ITALIE OUVRE SES PORTES

AUX TOURISTES DE L'UE

Après l'Espagne et la Grèce, c'est l' Italie qui s'apprête à rouvrir ses portes aux touristes de l’UE. Le gouvernement italien a en effet approuvé, samedi 16 mai, un décret autorisant les voyages à destination et en provenance de l'étranger à partir du 3 juin.

La quarantaine obligatoire pour les visiteurs étrangers dans la péninsule va également être supprimée.

Ces mesures ont été annoncées, à l’issue d’un Conseil des ministres de près d’une dizaine d’heures autour du Premier ministre Giuseppe Conte.

Elles s’appliquent « dans le respect des liens dérivant de l’ordre juridique de l’Union européenne », précise le communiqué, alors que les frontières européennes de l’espace Schengen sont actuellement fermées, précise un communiqué gouvernemental.

Ces mesures pourraient évoluer en fonction d’un éventuel « risque épidémiologique », ajoute le texte.

En Italie, le tourisme est l’un des principaux secteurs de l’économie et représente environ 13 % du PIB. « L’ouverture des frontières italiennes aux citoyens européens non seulement favorise le tourisme mais sauve également les récoltes avec le retour d’environ 150.000 travailleurs saisonniers de Roumanie, Pologne et Bulgarie », s’est par ailleurs réjouie samedi la Coldiretti, l’un des principaux syndicats d’agriculteurs.

A partir du 3 juin, il sera également possible pour les Italiens de voyager librement dans tout le pays, sans aucune limitation, sauf en cas de résurgence de l’épidémie de Covid-19 qui a fait près de 32.000 morts dans la péninsule. Confinés depuis le 10 mars et autorisés à se déplacer uniquement dans leur commune d’appartenance seulement pour des motifs de santé et de travail, les Italiens pourront de nouveau se déplacer librement à partir du 18 mai à l’intérieur de leur région, selon le communiqué du gouvernement.

La France n'apprécie pas les décisions « unilatérales » de certains de ses voisins sur la réouverture des frontières. « La décision unilatérale de l'Espagne, cette semaine, de l'Italie annoncée ce matin, ne conforte pas ce que nous devons faire pour travailler en solidarité, a estimé samedi 16 mai le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. J'aurai l'occasion d'échanger avec mon homologue (italien) dans le week-end pour que nous puissions adapter nos règles ».

« Il est essentiel que nous puissions avoir des décisions coordonnées au niveau européen surtout sur l'infra-Schengen. Ce n'est pas le cas aujourd'hui », a déclaré le ministre de l'Intérieur.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

DECONFINEMENT EN BONNE VOIE DANS

 DES PAYS EUROPEENS

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé  jeudi après-midi  que la France allait  commencer  son déconfinement le 11 mai 2020. L'hypothèse d'une deuxième vague de l'épidémie continue toutefois à inquiéter. Ailleurs en Europe, des pays ont déjà entamé le leur et bonne nouvelle, il se passe plutôt bien jusqu'ici que ce soit en Allemagne ou en Autriche.

L'Allemagne, qui a eu les capacités de tester massivement sa population dès l'arrivée de la pandémie et avait près de 25 000 lits en réanimation , été moins touchée que la France. Un peu plus de 7.000 personnes sont mortes du Covid-19 pour une population de 83 millions d'habitants.

Elle a entamé son déconfinement le 20 avril 2020 en autorisant la réouverture des magasins d'une surface inférieure à 800 mètres carrés. Les lycées ont rouvert le 4 mai. Les coiffeurs également.

Les consignes du déconfinement sont bien respectées par les citoyens. Il n’y a pas de congestion dans les transports en commun, et là où c’est obligatoire, à Berlin par exemple, le port du masque a été respecté dès le 1er jour où la mesure a été appliquée dans la capitale allemande.

Le nombre de nouveaux cas quotidiens est ainsi passé sous la barre des 1.000 alors qu'on en comptait plus de 2.000 le 19 avril. Et le taux de contagiosité (R0) reste pour le moment maîtrisé et a même baissé atteignant aujourd'hui 0,65 contre 0,8 à l'orée du déconfinement. (l'épidémie est considérée comme contenue quand le R0 est inférieur à 1).

Face à ces bons résultats, l'Allemagne a donc  décidé d'accélérer le déconfinement avec la reprise du championnat allemand de football à la mi-mai, ainsi que la réouverture des restaurants et des hôtels.

En Autriche, le déconfinement a également commencé progressivement dès le 14 avril avec l'ouverture des petits commerces puis le samedi 2 mai celles des autres magasins. De nombreux salariés ont repris le travail, même si le télétravail reste encouragé, et la fréquentation des transports en communs a nettement augmenté. Le nombre de nouveaux cas journaliers est toutefois en forte baisse. L'Autriche est passée de 185 nouveaux cas le 14 avril à 41 aujourd'hui avec un taux de reproduction inférieur à 1.

Le gouvernement a donc décidé le 5 mai de poursuivre l'assouplissement des restrictions avec l'ouverture des. cafés et restaurantsle 15 mai et la reprise du chemin de l'école pour presque tous les élèves le 18 mai. d'habitants.

Si certains pays ont connu une deuxième vague, comme en Asie ce serait non pas à cause d'une mauvaise gestion intérieure du déconfinement mais plutôt la faute d' une réouverture de frontières trop rapide.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

LE DECONFINEMENT SELON LES PAYS EN EUROPE

Les pays européens peaufinent leur plan de sortie du confinement, vrai casse-tête planétaire dans l’attente de la découverte d’un vaccin ou d’un remède pour juguler l’épidémie de Covid-19.

La pandémie, a fait plus de 200 000 morts sur près de 3 millions de contaminés dans le monde, mais diminue dans les quatre pays européens les plus touchés.qui affichaient, dimanche des bilans quotidiens de morts en nette baisse : 288 morts en Espagne, 260 en Italie, 242 en France et 413 morts à l’hôpital au Royaume-Uni, le nombre le plus bas depuis la fin du mois de mars.

Le déconfinement déjà amorcé par certains pays européens

Dès le 14 avril, l’Autriche a été le premier pays de l’Union européenne à atténuer le confinement qu’elle avait décrété le 16 mars. Les commerces non essentiels de moins de 400 mètres carrés, ainsi que les enseignes de bricolage et jardinage, ont pu rouvrir. Les autres boutiques suivront le 1er mai, à l’exception du secteur de l’hôtellerie-restauration, dont la reprise d’activité se fera « par étapes », à partir du 15 mai. En outre, le port du masque est désormais obligatoire, notamment dans les transports.

Le ministère de la santé jugeant la crise sanitaire « sous contrôle », l’Allemagne a également entamé, le 20 avril, son déconfinement. Mais, fédéralisme oblige, celui-ci sera mis en place de façon sensiblement différente dans les seize Länder du pays. Tous les commerces d’une surface inférieure à 800 mètres carrés ont pu rouvrir leurs portes avec de stricts mots d’ordre de « distanciation sociale ». L’autorisation vaut aussi pour les concessionnaires automobiles, les magasins de vélos et les librairies, et ce, quelle que soit leur taille.

Considérés comme des « établissements de service où une proximité corporelle est inévitable », les salons de coiffure ne rouvriront qu’à compter du 4 mai. Les lieux culturels, les bars, les restaurants – sauf pour les livraisons –, les aires de jeu et les terrains de sport demeurent aussi fermés. Les grands rassemblements, tels que les concerts ou les compétitions sportives, resteront interdits au moins jusqu’au 31 août.

Dans un premier temps, elle ne concernera que les élèves en fin de cycle – primaire ou secondaire –, afin que ceux qui préparent des examens puissent les passer comme prévu. En revanche, les crèches gardent portes closes jusqu’à nouvel ordre. Sans l’imposer, la chancelière allemande a recommandé le port de masque de protection dans les transports en commun et dans les magasins.

En République tchèque, plusieurs boutiques ont pu rouvrir, à condition d’imposer -comme ailleurs- des règles de distanciation. Progressivement, les pans d’activité reprennent, redonnant un peu de souffle aux économies, jusque-là paralysées par l'épidémie de coronavirus. Cette timide remise en marche se traduit même par le retour des joggeurs dans certains parcs, comme à Sofia en Bulgarie.

La stratégie est sensiblement différente au Danemark où, après un mois de confinement, les crèches mais aussi les écoles maternelles et primaires ont pu rouvrir le 15 avril. Les collégiens et lycéens patienteront, eux, jusqu’au 10 mai pour reprendre les cours. Depuis le 20 avril, les salons de coiffure, les instituts de beauté, les tatoueurs et les auto-écoles ont aussi pu reprendre leurs activités. Mais les bars, restaurants et centres commerciaux restent clos et les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits.

D’autres l’amorcent cette semaine

En Suisse, certains commerces rouvrent lundi 27 avril 2020. .A la mi-avril, le gouvernement suisse a annoncé un assouplissement en trois étapes de ces mesures. Les écoles, les autres magasins et les marchés devraient pouvoir rouvrir dès le 11 mai, et à partir du 8 juin, cela devrait être le tour des établissements d'enseignement professionnel et du secondaire, des universités, musées, bibliothèques et zoos.La reprise des cours va de pair avec l’application de mesures d’hygiène très strictes, même si certains parents ne se disent pas totalement rassurés

Le confinement y était moins dur qu’en Espagne. Après six semaines cloîtrés chez eux, les petits Espagnols peuvent depuis dimanche recommencer à jouer dans la rue, avec un certain nombre de restrictions, comme l’absence de contacts. Le confinement a été prolongé dans le pays jusqu’au 9 mai inclus, et le gouvernement présentera mardi son plan d’assouplissement. Quelques activités qualifiées de « non essentielles », comme l’industrie ou la construction, avaient déjà pu reprendre il y a deux semaines, après quinze jours d’un arrêt forcé de l’économie.

L’Italie aussi doit détailler en début de semaine les mesures qu’elle envisage de mettre en place à compter du 4 mai. Dans une allocution, dimanche, le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a dessiné les contours de la « phase 2 » de la lutte contre l’épidémie. La clé de tout sera le respect des gestes barrières édictés par les autorités sanitaires et l’usage du masque. Les écoles resteront fermées jusqu’en septembre.

Toutefois, depuis une semaine, peu à peu, les entreprises rouvrent, de façon partielle et avec beaucoup de précautions, comme les librairies, papeteries et magasins de vêtements pour enfants. Et, lundi, les entreprises stratégiques italiennes ont progressivement repris, notamment « les activités productives et industrielles plus tournées vers l’exportation », comme l’automobile ou la mode.

De son côté, la Norvège a fait le choix de rouvrir lundi les écoles pour les plus petits. Une semaine après l’ouverture des barnehager, qui font office de crèche et de maternelle, c’est au tour de quelque 250 000 enfants de 6 à 10 ans de retrouver les bancs de l’école, dans des classes réduites à 15 élèves au maximum, après six semaines de « téléenseignement ».

A l’inverse, la Roumanie a abandonné l’idée de rouvrir avant septembre les crèches, les écoles et les établissements d’enseignement supérieur, jugeant impossible d’y appliquer les mesures de précaution contre le coronavirus, a fait savoir lundi le président, Klaus Iohannis…

D’autres planchent encore sur leur stratégie

En France, c’est mardi que le premier ministre, Edouard Philippe, dévoilera sa « stratégie nationale du plan de déconfinement », qui doit débuter le 11 mai, avec notamment une réouverture progressive mais controversée des écoles.

Samedi, le conseil scientifique a transmis à l’exécutif son avis sur la sortie progressive du confinement.Au Royaume-Uni, le premier ministre, Boris Johnson, lui-même frappé par le Covid-19, est de retour au 10 Downing Street.

Il a appelé les Britanniques à continuer à respecter le confinement au moins jusqu’au 7 mai 2020, bien que la courbe de la pandémie « commence à s’inverser » au Royaume-Uni.

Face à la pression qui monte pour esquisser une stratégie de déconfinement, il a dit comprendre « l’impatience » de la population, appelée à rester chez elle depuis le 23 mars et a promis des décisions « dans les jours à venir ».




Simon Freeman pour DayNewsWorld

 INQUIETANT INCENDIE AUTOUR DE TCHERNOBYL

Un important incendie fait rage autour la zone d'exclusion de Tchernobyl. L'incendie a été provoqué par un jeune habitant vivant près de la zone de Tchernobyl qui a dit avoir mis le feu à l'herbe « pour s'amuser », selon la police.

Plus de 400 pompiers ukrainiens combattaient lundi 13 avril 2020 un important incendie autour la zone d'exclusion de Tchernobyl.

L'Ukraine a notamment mobilisé des hélicoptères bombardiers d'eau pour éteindre le sinistre qui dure depuis le 4 avril 2020, entretenu par des vents violents.

Malgré l’importance de l’incendie, les autorités ukrainiennes se veulent confiante. « La centrale nucléaire de Tchernobyl, les lieux de stockage de déchets radioactifs et les autres infrastructures cruciales de la zone d'exclusion ne sont pas menacés », a ainsi indiqué Volodymyr Demtchouk, un haut-responsable des services d'urgence ukrainien, dans une vidéo publiée lundi sur Facebook.

Le pire incendie jamais observé dans la zone?

Mais de son côté, l’ONG Greenpeace se montre beaucoup plus alarmiste. Selon elle, il s'agit du pire incendie jamais observé dans la zone d'exclusion de Tchernobyl, qui forme un rayon de 30 kilomètres autour de l'ancienne centrale. S'appuyant sur des images satellites, l'ONG affirme que le feu n'est qu'à « environ 1,5 kilomètres » de l'arche recouvrant le réacteur ayant explosé par accident en avril 1986.

Depuis plusieurs jours, les autorités ukrainiennes n'ont pas donné d'estimations récentes sur la taille de l'incendie. Selon Sergiy Zibtsev, directeur du Centre régional de suivi des incendies en Europe de l'Est, basé à Kiev et lié à un programme des Nations Unies, le feu est « gigantesque » et « imprévisible ». « Dans l'ouest de la zone d'exclusion, il a déjà couvert 20 000 hectares selon nos estimations », a-t-il affirmé.

Le directeur d'une association organisant des visites guidées dans la zone d'exclusion, Yaroslav Iemelianenko, a lui affirmé sur Facebook que l'incendie avait atteint la ville fantôme de Pripiat, évacuée après la catastrophe

Niveau de radiation

Après le début de l'incendie, le chef par intérim de l'inspection écologique gouvernementale, Legor Firsov, avait toutefois indiqué que les niveaux de radiation dans l'épicentre de l'incendie dépassaient largement les normes. Il était ensuite revenu sur ses propos.

L'un des réacteurs de la centrale de Tchernobyl a explosé le 26 avril 1986 contaminant, selon certaines estimations, jusqu'aux trois quarts de l'Europe. A l'époque l'URSS tenta plusieurs semaines de cacher l'incident avant de se résoudre à faire évacuer la zone, encore inhabitable plus de 30 ans après.

Qu'en est-il aujourd'hui des informations officielles ? Les autorités ukrainiennes affirment que le feu n'a pas causé d'augmentation du taux de radioactivité.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

DU DECONFINEMENT EN EUROPE PAR CHOIX ECONOMIQUE ?

En Europe, plus de 75.000 personnes infectées par le Covid-19 sont mortes. Pourtant, plusieurs Etats s'orientent déjà vers un assouplissement du confinement. Ils sont en train d'emboîter le pas à la Chine, qui a suspendu lundi les mesures de confinement dans la ville de Wuhan, épicentre de la contamination de Covid-19. L'Espagne, l'Italie ou l'Autriche réfléchissent déjà à un déconfinement progressif, qu'ils justifient par une baisse du nombre d'infections et d'hospitalisations.

Pilote au sein de l'UE, l'Autriche a commencé mardi à sortir de son confinement avec une réouverture prudente de ses petits commerces et de ses jardins publics. Dans les écoles, le retour à la normale n'est pas prévu d'ici un mois. Ce week-end, le chancelier Sebastien Kurz a pris la parole pour inciter la population à se montrer responsable et raisonnable, malgré l'assouplissement des mesures car « ce virus va nous accompagner encore plusieurs mois ».

Les clients doivent cependant impérativement porter un masque. L'Autriche compte moins de 400 morts du Covid-19 pour une population de 9 millions d'habitants, comparable à celle de la ville de New York.

Mercredi, ce sera au tour du Danemark de rouvrir les crèches et les écoles, mais ni les collèges ni les lycées.

L'Allemagne se prépare « par étapes ». L'Allemagne se prépare à lever progressivement les restrictions, profitant d'une situation moins dramatique que dans d'autres pays européens. Dans ses très attendues recommandations publiées lundi, l'Académie nationale des Sciences Leopoldina a prôné un retour « par étapes » à la normale si notamment les chiffres des nouvelles contaminations « se stabilisent à un bas niveau » et si « les mesures d'hygiène sont maintenues ». Or, c'est sur la base des conclusions de cette institution que la chancelière Angela Merkel doit décider mercredi, avec les chefs des seize États régionaux, de la suite des mesures de confinement lancées à la mi-mars et prévues en l'état jusqu'au 19 avril.

Le troisième pays le plus touché au monde par le coronavirus, dont l’économie est à l’arrêt depuis deux semaines, assouplit ses mesures de confinement. Très durement frappée avec plus de 18.000 morts, et étranglée économiquement, l'Espagne s'est donc résolue lundi à autoriser les travailleurs à reprendre le chemin des usines et des chantiers, sous conditions strictes, notamment dans l’industrie et la construction. Mais attention, pas de lever du confinement pour le reste de la population.Dix millions de masques ont été distribués par des policiers et des volontaires dans les métros et les gares. Les Espagnols restent néanmoins soumis à un confinement très strict.

Au Royaume-Uni, le pays n'a « toujours pas passé le pic » de l'épidémie, a relevé le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab, qui dirige provisoirement le gouvernement en l'absence de Boris Johnson, convalescent après avoir été contaminé par le coronavirus.

La reprise du travail, bien entamée en Chine après la levée des mesures de confinement, est toutefois loin d'être à l'ordre du jour dans de nombreux autres pays. Pour autant, les habitants sont toujours incités à rester chez eux, les contrôles sanitaires restent poussés et les arrivées et sorties de cette mégapole sont surveillées.

En Inde, le Premier ministre Narendra Modi a annoncé mardi la prolongation au moins jusqu'au 3 mai du confinement de son pays de 1,3 milliard d'habitants, la plus grande population au monde soumise à ce genre de mesure.

Le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué prévoir pour 2020 une récession record de 7,5 % pour la zone euro et de 13 % pour le Royaume-Uni...




Larry Ricky pour DayNewsWorld

 STRATEGIE DE DECONFINEMENT

 A CHACUN SA SOLUTION ?

La sortie du confinement se fera certainement de manière progressive, alors que la date du 15 avril n'est plus d'actualité, a souligné le Premier ministre Edouard Philippe à la mission d'information de l'Assemblée nationale.

Actuellement, « plusieurs équipes » travaillent sur des scénarios possibles de déconfinement, dont le Conseil scientifique, qui, dans un avis du 23 mars, estimait que le confinement "durera vraisemblablement au moins six semaines à compter de sa mise en place", ce qui correspond à trois cycles de contamination. Mais cette stratégie de déconfinement reste une grande inconnue, alors qu'elle n'a aucun précédent.

De nombreuses conditions pour un déconfinement

Selon les spécialistes, le pic des transmissions a eu lieu il y a quelques jours, le pic des hospitalisations est en train d'être atteint, avant de se stabiliser. Le pic de mortalité lui pourrait être atteint d'ici une semaine, 10 jours. Et tant que la population n'est pas immunisée, la levée pure et simple du confinement ne fera que remettre les conditions initiales qui ont amené à cette épidémie et donc amener à un rebond de l'épidémie.

Par ailleurs, avant d'envisager un déconfinement, le Conseil scientifique sur le coronavirus rappelle que cette décision ne pourra être prise qu'après que le gouvernement s'est assuré que certains « indicateurs épidémiologiques indiquant notamment que la saturation des services hospitaliers, et des services de réanimation » soit « jugulée ».

Une campagne massive de tests

Un dépistage massif doit avoir lieu avant d'envisager un déconfinement. Olivier Véran, le ministre de la Santé, a promis une montée en puissance de ces tests rapides qui permettent d'obtenir un résultat pour certain en 10 minutes - alors que 5millions d'entre eux ont été commandés par la France. La Direction générale de la Santé indique que les capacités de dépistage seront augmentées avec « 30.000 tests supplémentaires par jour au mois d'avril, 60.000 tests supplémentaires par jour au mois de mai et plus de 100.000 tests par jour au mois de juin ».

L'objectif de cette campagne de dépistage massif par tests sérologiques, c'est-à-dire à partir de l'analyse du sang: détecter les personnes qui ont fabriqué des anticorps en réaction à la présence du coronavirus et donc déterminer qui est immunisé dans la population.C'est la stratégieA  adoptée avec succès par les Sud-Coréens

Un déconfinement par région ? Par âge ? Par profil médical ?

Alors comment déconfiner la population quand la situation sanitaire sera stabilisée. Les hypothèses avancées par le Premier ministre portent sur un déconfinement « qui serait régionalisé ou sujet à une politique de test, ou en fonction, qui sait, de classe d'âge ». La possibilité que les personnes de plus de 60, 70 ans soient les dernières à pouvoir sortir du confinement est notamment évoquée.

« Je suis sûr que si on assortit pas le déconfinement de dépistage dans les lieux clos, les Ehpad, les hôpitaux, les prisons...., on ne s'en sortira pas », prévient le professeur Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière.

Le médecin rappelle que « des chaînes de transmission » continuent de se constituer dans ces lieux clos. Si la sortie du confinement est « le véritable enjeu aujourd'hui », le professeur Caumes insiste sur l'importance du « testing, tracing » et recommande de suivre l'exemple de certains pays d'Asie du Sud-Est.

Afin d'anticiper toute nouvelle chaîne de transmission, la question des déplacements restent crucial. Le « tracing », mis en avant par le professeur Caumes, a notamment été mis en place en Corée-du-Sud pour suivre les déplacements des malades. Les données de géolocalisation sont transmises directement par les opérateurs téléphoniques aux autorités. Toute personne passée près d'une personne infectée est donc alertée et peut se faire tester.

Cette méthode semble difficilement applicable en France, car en contradiction avec la protection des libertés individuelles. Emmanuel Macron a mis en place un comité d'experts en charge notamment d'étudier les « pratiques de 'backtracking' qui permettent d'identifier les personnes en contact avec celles infectées par le virus du Covid-19 » ou encore d'accompagner « la réflexion des autorités sur la doctrine et la capacité à réaliser des tests ainsi que sur l'opportunité de la mise en place d'une stratégie numérique d'identification des personnes ayant été au contact de personnes infectées ».

Le Premier ministre a évoqué mercredi la possibilité d'un traçage « volontaire », via les téléphones portables.

L'Allemagne étudie elle la mise en place de « passeports d'immunité », pour les personnes immunisées qui pourraient ainsi sortir du confinement. « Les personnes immunisées pourraient se voir délivrer une sorte de carnet de vaccination qui pourrait, par exemple, les exempter de restrictions », explique au quotidien britannique The Guardian l'épidémiologiste allemand Gerard Krause.

Même avec la levée du confinement, de nombreuses précautions devront être prises. Les gestes barrières devront être respectés encore pendant  quelques mois . L'hypothèse d'un port du masque généralisé est également évoquée.

Mais le gros risque est de voir un rebond de l'épidémie après la sortie du confinement. Les scientifiques doivent se mettre d'accord sur la partie nécessaire de population immunisée pour prétendre à une immunité collective.




Britney Delsey pour Daynewsworld

 CORONAVIRUS

 LA STRATEGIE SUD-COREENNE  CHOISIE

EN ALLEMAGNE

Avec 389 décès pour quelque 52 547 cas, et un taux de létalité de seulement 0,7 %, la situation en Allemagne est loin d’être aussi dramatique que dans d’autres pays européens. C'est qu'elle a choisi la stratégie sud-coréenne qui a fait ses preuves ,à savoir : campagne massive de dépistage, isolement des personnes infectées et traçage technologique pour retrouver puis tester les gens avec qui elles ont été en contact.

L’Allemagne pratique déjà, selon les autorités, entre 300 000 et 500 000 dépistages par semaine, un rythme plus élevé que nombre de ses voisins européens, la France en particulier qui les réserve aux seuls malades à pathologie sévère. Et le gouvernement d’Angela Merkel ne compte pas s’arrêter là : un document du ministère de l’Intérieur, que viennent de révéler plusieurs médias, prescrit une stratégie inspirée de la Corée du Sud, avec pas moins de 200 000 tests par jour.

Seraient désormais testés tous ceux qui pensent être atteints du Covid-19, ainsi que toutes les personnes susceptibles d’avoir été en contact avec un malade, stipule ce document. Actuellement, les dépistages concernent les personnes à la fois malades et ayant été en contact avec une personne positive.

Le document juge en outre la géolocalisation, outil utilisé par Séoul, « inévitable à long terme » pour permettre à la population de connaître les endroits où des personnes testées positives se trouvent. La Corée du Sud peut être un exemple » malgré les différences culturelles entre les deux pays, a estimé dimanche dans le quotidien « Frankfurter Allgemeine Zeitung » le responsable de l’Institut Robert-Koch, chargé de piloter la lutte contre l’épidémie en Allemagne, Lothar Wieler.

Un vif débat s’est déjà engagé à ce sujet en Allemagne, où la question de la protection des données privées est jugée sacro-sainte après deux dictatures au XXe siècle.

En adoptant cette stratégie l'Allemagne espère empêcher une saturation de ses hôpitaux, où le personnel manque. Mais le départ d’une grande partie des 200 000 aides-soignantes à domicile polonaises, ukrainiennes ou baltes qui portent quotidiennement assistance à entre 300 000 et 500 000 personnes âgées fait craindre un nouveau désastre sanitaire.

Toutefois, Lothar Wieler n’a pas exclu que le pays finisse par connaître une situation à l’italienne, avec des hôpitaux débordés.




Jaimie Potts pour DayNewsWorld

CORONAVIRUS LE GOUVERNEMENT FRANCAIS

 SUR LE PIED DE GUERRE ?

2606 personnes sont mortes à l'hôpital du Covid-19 et une première personnalité politique est décédée dans la nuit de samedi à dimanche, Patrick Devedjian .

La vague de l'épidémie, « extrêmement élevée »  […] déferle sur la France », avait prévenu Edouard Philippe vendredi 27 mars en annonçant la prolongation du confinement jusqu'au 15 avril au moins.

A l’heure où des millions de vies sont en jeu, à l’heure où les héros en blouse blanche se donnent corps et âmes, le gouvernement a voulu, à son tour, montrer sa mobilisation totale dans sa gestion de la crise.

« Le combat ne fait que commencer. Les quinze premiers jours d'avril seront encore plus difficiles que les quinze jours qui viennent de s'écouler ».

C'est ce qu'a martelé le Premier ministre samedi lors d'une conférence de presse en compagnie du ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran et de plusieurs experts . La France est dans « un combat qui va durer », a-t-il ajouté.

Alors que les évacuations de malades se poursuivent, la capacité de réanimation va être portée à 14.000 lits voire 14.500 lits (contre 5.000 au départ et 10.000 aujourd'hui).

Un milliard de masques ont été commandés, ainsi que 5 millions de nouveaux tests de dépistage rapide. De nouvelles mesures ont été prises en direction des Ehpad où résident des personnes âgées fragiles.

Certes le gouvernement s'est mobilisé depuis les premiers jours de confinement.

« Nous avons tout mis en œuvre pour le faire ces dernières semaines », souligne le Premier ministre. Il n'en demeure pas moins que cet exercice pédagogique du samedi 28 mars 2020 s'est vite transformé en plaidoyer fustigeant les « donneurs de leçons » qui « savent parfaitement ce qu'il faut faire ».

Le gouvernement fait face à de nombreuses critiques, venant pour partie de l'opposition.

Il devra plus tard répondre de sa gestion de crise sanitaire et de son impréparation.




Garett Skyport pour DayNewsWorld
 

CORONAVIRUS

 CHOISIR ENTRE LA VIE ET LA MORT

Les nouvelles infections au coronavirus se multipliant par centaines chaque jour, l'Italie a du mal à trouver suffisamment de lits dans les hôpitaux pour traiter les malades. Des médecins se trouvent désormais confrontés au dilemme de choisir entre la vie et la mort de leurs patients.

A eux de sélectionner ceux qui reçoivent un traitement salvateur.

« Si une personne dont l'âge est compris entre 80 et 95 ans est en grave détresse respiratoire, il est peu probable qu'elle poursuive son traitement », a déclaré au journal Corriere della Sera le médecin Christian Salaroli, chef de l'unité de soins intensifs d'un hôpital de Bergame, dans le nord de la Lombardie.

« Ce sont des mots terribles, mais qui sont malheureusement vrais. Nous ne sommes pas en mesure de tenter ce que vous appelez des miracles », a avoué M. Salaroli.

Le coronavirus s'avère particulièrement mortel en Italie :

L'Italie a dépassé les 10 000 morts causés par la pandémie de Covid-19, avec 889 comptabilisés en 24 heures, a annoncé, samedi 28 mars, la Protection civile. Or, selon les Nations unies, le pays a la deuxième population la plus âgée du monde après le Japon. Ces personnes sont celles qui souffrent le plus de la maladie, une fois qu'elles sont infectées.

Au début de ce mois, la Société italienne d'anesthésie, d'analgésie, de réanimation et de thérapie intensive (SIAARTI) a publié des recommandations éthiques destinées aux médecins qui devraient obtenir un lit de soins intensifs « dans des conditions exceptionnelles ».

Plutôt que d'admettre les patients sur la base du « premier arrivé, premier servi » , la SIAARTI conseille aux médecins et aux infirmières confrontés aux « choix difficiles » de se concentrer sur les patients qui ont plus de chances de guérir après un traitement intensif.

Le personnel médical dit être « dépassé » par une énorme pression émotionnelle. Le docteur Salaroli a déclaré au Corriere della Sera que la charge émotionnelle du personnel médical est « dévastatrice », et que certains membres de son équipe médicale sont « surpassés » par les choix qu'ils ont dû faire.

« Cela peut arriver aussi bien à un médecin-chef qu'à un jeune médecin qui vient d'arriver, et qui se retrouve obligé de décider du sort d'un être humain. Je le répète à haute voix », a-t-il déclaré.

« J'ai vu des infirmières avec trente ans d'expérience pleurer, des gens qui avaient des crises de nerfs, qui tremblaient, tout d'un coup », poursuit le docteur Salaroli.

« Ce n'est pas la SIAARTI qui propose de traiter certains patients et de limiter le traitement pour d'autres. Au contraire, ce sont les situations d'urgence qui [l'expliquent] », se justifie la Société italienne d'anesthésie pour justifier des décisions de vie ou de mort.




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

ET SI LE BON SENS GUIDAIT NOS POLITIQUES

POUR LUTTER CONTRE LE COVID-19 ?

Dans une tribune au « Monde », le médecin et biostaticien Antoine Vanier répond au professeur Didier Raoult sur l'utilisation de la chloroquine comme remède au Covid-19. Il souligne l’insuffisance des preuves de l’efficacité de la chloroquine contre le Covid-19 et la suffisance de son argumentation. « La société n’a pas à vous suivre tel un prophète, quand bien même votre intuition serait la bonne »

Et pourtant le professeur Didier Raoult a apporté vendredi 27 mars les résultats encourageants d'une nouvelle étude portant sur l'administration de l'hydroxychloroquine et d'un antibiotique à des patients atteints du Covid-19. Une association « pertinente » au regard de l'étude, selon l'infectiologue.

Sur Twitter, l'infectiologue s'appuie sur une nouvelle étude mise en ligne sur le site de l'IHU de Marseille pour « démontrer l'efficacité du protocole sur 80 patients » atteints du Covid-19 et « démontrer la pertinence de l'association de l'association de l'hydroxychloroquine et de l'azithromycine ». D'après cette nouvelle étude menée à plus large échelle, « chez 80 patients hospitalisés recevant une combinaison d'hydroxychloroquine et d'azithromycine nous avons noté une amélioration clinique chez tous les patients, une personne âgée de 86 ans est décédée et un patient de 74 ans est toujours en unité de soins intensifs. »

Malgré des résultats encourageants, il existe pourtant des voix dissonantes concernant l'usage de l'hydroxychloroquine.

Dans le détail, « une chute rapide de la charge virale nasopharyngée a été observée, avec 83% de négatif au jour 7 et 93% au jour 8" chez les patients à qui le traitement a été administré. "Cela a permis aux patients de rapidement sortir de quartiers hautement contagieux avec une durée moyenne de séjour de cinq jours », peut-on encore lire dans cette étude.

« Nous estimons que d'autres équipes devraient évaluer d'urgence la rentabilité de cette stratégie thérapeutique, pour à la fois éviter la propagation de la maladie et traiter les patients le plus tôt possible avant que des complications irréversibles s'installent », conclut l'auteur de l'étude.

Récemment, l'ancien maire de Toulouse et ancien ministre de la santé Philippe Douste-Blazy a pris également position en appelant dans une vidéo Emmanuel Douste-Blazy a pris également position en appelant dans une vidéo Emmanuel Macron et Olivier Véran à permettre « la prescription de la chloroquine aux malades avant qu’il ne soit trop tard » comme le demande le scientifique de renommée mondiale de Marseille.

Loin de vouloir être « un prophète », la « star mondiale » de la microbiologie, au look transgressif, semble simplement avoir du bon sens. « Quand vous avez un traitement qui marche contre zéro autre traitement disponible, c'est ce traitement qui devrait devenir la référence », réplique-t-il dans Le Parisien, tout en dénonçant, dans une tribune au Monde « la méthode » scientifique qui « a pris le dessus sur le fond ».

Loin des querelles de chapelle et des conflits d’intérêts ne serait-il pas temps de penser à sauver des vies. Il revient au politique de trancher sans céder à l'émotion collective.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

TSUNAMI CONTINU

DANS LES HOPITAUX DE LONDRES

Les hôpitaux publics de Londres sont confrontés à un «tsunami continu» de malades graves du nouveau coronavirus tout en devant pallier une proportion «sans précédent» de personnel souffrant, a assuré jeudi un responsable du système public de santé britannique.

Après avoir « massivement » augmenté la capacité d’accueil en soins intensifs ces dernières semaines, les établissements hospitaliers de la capitale britannique doivent faire face à « une explosion » du nombre des « patients gravement malades », « une sorte de tsunami continu », a déclaré Chris Hopson sur BBC Radio 4.

Cette tension est accentuée par le fait que la proportion de membres du personnel soignant absents pour maladie est de « 30 %, 40 % et à certains endroits même 50 % », a poursuivi Chris Hopson, qui parle d’un taux d’absence « sans précédent ».

Selon le dernier bilan publié mercredi, 463 personnes sont mortes du nouveau coronavirus au Royaume-Uni et 9 529 ont été officiellement contaminées.

Un confinement général de la population

Face à l’aggravation des derniers jours, le gouvernement a décrété un confinement général de la population et annoncé l’ouverture la semaine prochaine d’un hôpital de campagne temporaire de 4 000 lits dans un centre de conférence de Londres.

La famille royale est elle aussi concernée, le prince Charles ayant été testé positif.

La politique de contamination par masse n'a, semble-t-il, pas obtenu les effets escomptés par le premier ministre Boris Johnson.

Des hôpitaux de campagne

Face à l’aggravation constatée ces derniers jours, le gouvernement a décrété un confinement général de la population et annoncé l’ouverture la semaine prochaine d’un hôpital de campagne de 4 000 lits dans un centre de conférence de Londres.

Selon les médias britanniques, une dizaine de ces structures provisoires supplémentaires pourraient être mises sur pied dans tout le Royaume-Uni.

L’objectif étant d’éviter un scénario à l’italienne, avec des hôpitaux débordés, qui se traduirait par une hausse de la mortalité.

« Nous espérons que, peut-être dans trois semaines, les mesures vont commencer à aplatir la courbe (du nombre des cas de contamination) », a commenté sur la BBC Neil Ferguson, un scientifique qui conseille le gouvernement sur le virus.

Des mesures économiques

Sur le plan économique, après avoir déjà annoncé des mesures de soutien sans précédent aux entreprises et aux salariés affectés, le ministre des Finances Rishi Sunak doit rendre publiques jeudi après-midi des mesures pour aider les travailleurs indépendants, touchés de plein fouet par la paralysie de l’économie.

Commande de matériel chez les industriels

L’exécutif a demandé aux industriels de reconvertir leur production, dans un effort collectif sans précédent depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Pour faire face au manque de respirateurs, les autorités britanniques en ont commandé 10 000 auprès de Dyson, a annoncé jeudi ce groupe connu pour ses aspirateurs sans sac.« Ce nouvel appareil pourra être fabriqué rapidement, efficacement et en grandes quantités », selon un communiqué du groupe.

Pour participer à la lutte contre la propagation de l’épidémie, quelque 560 000 personnes se sont inscrites comme volontaires auprès du service national de santé.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

QUATRE TRAITEMENTS EXPERIMENTAUX

CONTRE LE CORONAVIRUS EN EUROPE

Un essai clinique européen a été lancé dimanche dans au moins sept pays européens pour tester quatre traitements expérimentaux contre le coronavirus.

Il va inclure en tout 3200 patients, a annoncé dimanche le ministère de la Santé français.

«Sous stricte surveillance»

Les quatre traitements testés à grande échelle seront les molécules suivantes: le remdesivir, le lopinavir en combinaison avec le ritonavir, ce dernier traitement étant associé ou non à l'interféron bêta, et l'hyroxychloroquine, selon un communiqué de l'Inserm, l'organisme qui chapeaute la reherche médicale en France.

«Il est prévu d'inclure 3200 patients européens incluant la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Espagne, et peut être d'autres pays dont au moins 800 en France, hospitalisés pour une infection Covid-19 dans un service de médecine ou directement en réanimation», précise l'Institut français de la recherche médicale.

«Un essai, ce sont des malades que l'on traite en milieu hospitalier sous stricte surveillance, et qui ont accès à ces molécules pour en tester l'efficacité sur le virus et sur leur évolution clinique», a précisé le Pr Salomon, directeur général de la Santé (DGS) en France lors d'un point-presse. «C'est très important de le faire rapidement et dans ces conditions.»

«Baptisé Discovery, il inclut notamment l'hyroxychloroquine», a-t-il confirmé.

Réserves sur la chloroquine

Depuis l'apparition du nouveau coronavirus en Chine, le Pr Didier Raoult, directeur de l'IHU Méditerranée Infection à Marseille, défend l'usage de la chloroquine contre la maladie. Il a suscité des réserves chez de nombreux autres spécialistes, qui estiment notamment que les essais qu'il a menés auprès de 24 patients ne répondent pas à tous les critères nécessaires.

«Cet essai a permis d'aboutir à des résultats intéressants qui sont d'ailleurs publiés ce jour dans International Journal of Antimicrobial Agents», selon le Pr Salomon.

Ce test sera «adaptatif» et «très rapidement les traitements expérimentaux inefficaces pourront être abandonnés et remplacés par d'autres molécules qui émergeront de la recherche», souligne dans le communiqué de l'Inserm Florence Ader, infectiologue à l'hôpital de la Croix-Rousse au CHU de Lyon, qui va piloter le projet.

Un autre essai clinique international sera lancé «sous l'égide de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), baptisé 'Solidarity'», indique encore l'Inserm.




Boby Dean pour DayNewsWorld

LE SCENARIO CAUCHEMAR POUR

LA GRANDE- BRETAGNE FACE AU CORONAVIRUS

Le Royaume-Uni a recensé mardi soir 71 morts et 1 950 cas de contamination. Mais les autorités ont reconnu que le nombre réel des cas était probablement bien plus élevé. Boris Johson, avait invité ses compatriotes à « encaisser le coup », arguant qu'il y avait de toute façon, sans doute déjà des « dizaines de milliers de cas dans le pays ».
Jusqu’alors la stratégie contre le covid-19 consistait essentiellement à isoler les personnes présentant des symptômes ou revenant de zones à risque pour alléger la pression sur les services de santé et favoriser l’émergence d’une « immunité collective ». Une stratégie controversée.

Bojo a enfin pris conscience de la gravité de la situation.

Selon la presse britannique, c’est un rapport de l’Imperial College de Londres, s’appuyant sur des données provenant d’Italie, qui a convaincu les dirigeants britanniques de changer d’approche.

D’après ce rapport rendu public lundi soir, l’épidémie pourrait faire jusqu’à 510 000 morts au Royaume-Uni et y toucher 81 % de la population, dans le cas purement hypothétique où aucune mesure n’aurait été prise.

Une « submersion » du système de santé

Avec le type de réponse qui constituait jusqu’à lundi la ligne de conduite du gouvernement, les chercheurs estiment que ce pays risquait jusqu’à 260 000 décès, en raison d’une « submersion » de son système de santé.

Mis à mal par dix ans d'austérité, le service public de santé britannique, le NHS, ne dispose en effet que de peu de lits de réanimation : deux pour 1000 habitants, contre sept pour 1000 en Allemagne.

Avec des mesures plus fortes réduisant les contacts, le nombre des décès pourrait en revanche diminuer à « quelques milliers ou dizaines de milliers ».

Des mesures plus strictes

Face à ce risque sanitaire le Premier ministre Boris Johnson a enfin pris des mesures plus strictes. Il a demandé à la population d’éviter tout contact et tout déplacement « non essentiel ». Il a également recommandé aux personnes âgées et aux femmes enceintes de s’isoler pendant trois mois.Dans la foulée mardi matin, le Royaume-Uni a déconseillé à ses ressortissants tout voyage à l’étranger « non essentiel », dans un premier temps pour 30 jours, mettant en avant les limitations « sans précédent » à la circulation imposées dans le monde.

Ces mesures restent néanmoins moins radicales que celles prises dans les pays voisins, ne prévoyant ni fermeture des écoles, restaurants ou salles de spectacles, ni interdiction formelle des rassemblements. Elles constituent cependant un net renforcement par rapport à la stratégie controversée adoptée. 

Une pétition appelant le gouvernement à fermer les écoles dès que possible a cependant recueilli près de 645.000 signatures sur internet, bien au-dessus du seuil de 100.000 nécessaire pour convoquer un débat au Parlement. Et sur Twitter, le hashtag #CloseTheSchoolsNow ("Fermez les écoles maintenant") est populaire pour éviter le pire.

« Chaque famille perdra des êtres chers », avait prévenu le Premier ministre, Boris Johnson. Qu'on se le dise...




Britney Delsey pour DayNewsWorld

A QUAND LE CONFINEMENT TOTAL ?

La France bascule cette semaine dans une nouvelle phase de lutte contre l’épidémie de Covid-19. Emmanuel Macron est appelé à trancher ce lundi 16 mars 2020 la lourde question d’un éventuel confinement obligatoire de toute la population, comme en Italie et en Espagne.

« La progression de l’épidémie est inquiétante », déclare Jérôme Salomon ce lundi qui demande à tous les Français de se mobiliser.

Le bilan de l'épidémie de coronavirus en France est passé à 127 morts, selon un nouveau bilan donné par Santé publique France, dimanche 15 mars au soir.

5 423 cas ont été détectéset 300 personnes sont déjà hospitalisées en réanimation. « La situation de l'épidémie en France est très inquiétante.

Elle se détériore très vite. C'est une épidémie très rapide. On voit que le nombre de cas double désormais tous les trois jours », a déclaré lundi 16 mars sur France Inter Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé (DGS). « Ça démontre une situation extrêmement préoccupante », a-t-il ajouté.

Des estimations scientifiques alarmantes

Un groupe de scientifiques a publié des estimations alarmantes sur ce que pourrait causer l’épidémie dans le pire des cas, rapporte Le Monde. Ainsi, ces dix épidémiologistes nommés par Emmanuel Macron « pour éclairer la décision publique » ont relayé le chiffre de 300 à 500 000 morts, en se basant sur les hypothèses de transmissibilité et de mortalité probables les plus élevées et en l’absence de toute mesure de prévention ou d’endiguement.

Compte-tenu des mesures déjà prise « les modèles suggèrent que cela peut être suffisant pour endiguer la première vague de l’épidémie, mais cela dépend beaucoup du comportement des gens et de la façon dont ils vont appliquer ces consignes », a expliqué Simon Cauchemez, l’épidémiologiste de l’Institut Pasteur, qui a présenté les modélisations.

A quand le confinement ?

Si le gouvernement a déjà enjoint dimanche les Français à respecter les consignes pour freiner la propagation du coronavirus après une hausse sans précédent des décès et contaminations dans le pays, les Français semblent ne pas avoir pour autant perçu la gravité de la situation, bravant pour certains les règles imposées. Contrairement à une idée largement répandue jusque-là, « les formes graves sont signalées chez des adultes sans pathologies antérieures » et pas seulement « chez des personnes âgées ou fragiles », avertit la Direction générale de la Santé.

L'exécutif a enfin décidé de fermer tous les lieux publics « non essentiels » depuis samedi minuit. Ce lundi, d'autres mesures plus strictes pourraient être annoncées par le Président de la république lors de l’allocution télévisée de ce soir.. Et cela pour une longue durée, comme l’ont déjà décidé l’Italie ou l’Espagne.

Car l’enjeu sanitaire est lourd, les hôpitaux redoutant ne pas pouvoir faire face à un afflux de patients contaminés.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

A QUOI JOUE  ERDOGAN QUI MENACE L'EUROPE TOUT EN DEMANDANT L'AIDE DE L'OTAN

ET RISQUE LA CONFRONTATION AVEC LA RUSSIE  ?

Après la mort de 33 de ses soldats à Idlib, le président turc Recep Tayyip Erdogan se retrouve dos au mur et se tourne vers les Occidentaux, entre menaces et appels à l’aide.

Une frappe aérienne a en effet tué au moins trente-trois soldats turcs à Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, jeudi 27 février, soit les pertes les plus importantes subies par la Turquie en une seule journée depuis sa première intervention militaire en Syrie en 2016.  

Après avoir attribué le raid meurtrier de vendredi à l'aviation syrienne, Ankara a riposté par des tirs d'artillerie qui auraient tué 16 soldats syriens. Le ministère turc de la défense a affirmé que des frappes ordonnées en représailles par Ankara ont permis de « neutraliser » 309 soldats du régime. Au vu de la supériorité aérienne russe dans le ciel d'Idleb, Ankara a demandé à la communauté internationale de mettre en place une zone d'exclusion aérienne.

Le Kremlin, allié de Damas, a affirmé que les soldats turcs visés se trouvaient au milieu de terroristes, mais s'est dit prêt vendredi matin à travailler à « éviter que ne se renouvellent de telles tragédies ».

Il s’agit d’une grave escalade dans les combats qui opposent la rébellion syrienne soutenue par la Turquie aux forces loyalistes de Bachar Al-Assad appuyées par l’aviation russe.

La frappe aérienne, un tir « de précision » selon des experts militaires turcs, a touché dans la journée de jeudi un immeuble de deux étages à Balyoun, une localité de la province d’Idlib, où des soldats turcs avaient trouvé refuge après un bombardement sur leur convoi, dépêché en renfort dans la zone pour aider les groupes rebelles.

Après un revers aussi sévère, le président turc Recep Tayyip Erdogan se retrouve dos au mur et se tourne vers ses alliés occidentaux, entre menaces et appels à l’aide.

Menaces turques aux Européens: Les réfugiés comme arme de guerre

La Turquie a ainsi annoncé avoir actionné son ultime moyen de pression sur les Européens : déclencher un afflux massif de réfugiés syriens vers l’Europe. Ces menaces proférées dès jeudi soir, à la suite d’un conseil de sécurité extraordinaire présidé par le chef de l’Etat, Recep Tayyip Erdogan, dans la nuit de jeudi à vendredi. « Nous ne retiendrons plus ceux qui veulent se rendre en Europe », a déclaré vendredi matin un officiel turc sous couvert d’anonymat. Jeudi soir, un officiel turc avait déclaré que la police, les garde-côtes et les garde-frontières avaient reçu l’ordre de ne pas empêcher les réfugiés d’atteindre l’Europe par voie terrestre ou maritime. « Tous les réfugiés, dont les Syriens, sont désormais invités à pénétrer dans l’Union européenne », avait confié ce responsable, estimant que le fardeau était « trop lourd à porter pour un seul pays ».

Une annonce visant clairement à tordre le bras des Européens pour obtenir un soutien plus franc dans la crise syrienne, qui réveille le spectre d'une grave crise migratoire comme celle qui a secoué le continent européen en 2015. La Turquie accueille sur son sol quatre millions de réfugiés , syriens pour la plupart. Elle s'est engagée en 2016 auprès de l'Union européenne à retenir les migrants qui transitent par son territoire, moyennant des milliards d'euros d'aide.

Peu après cette annonce, la Grèce a annoncé avoir renforcé ses patrouilles à la frontière avec la Turquie. Selon une source policière grecque, le nombre de patrouilles a été doublé et un appel à la mobilisation générale a été passé en interne. « Tout est sous contrôle, il n’y a pas de raison de s’inquiéter », a toutefois assuré cette source.

Dans le passé, la Turquie a plusieurs fois menacé d’« ouvrir les portes » de l’Europe aux migrants, les observateurs y voyant une manière de faire pression sur les pays de l’Union européenne encore traumatisés par la crise migratoire de l’été 2015. Plusieurs centaines de milliers de personnes, fuyant en majorité les conflits au Proche-Orient, s’étaient alors rendues en Europe en transitant par la Turquie.

Mais en même la Turquie appelle à l'aide l'Otan

La Turquie invoque, comme elle l’a déjà fait précédemment, l’article 4 du traité fondateur de l’Otan, qui prévoit qu’un pays membre peut demander des consultations de l’ensemble du Conseil dès qu’il estime que son intégrité territoriale, son indépendance politique ou sa sécurité sont menacées. Ankara a déjà été en contact jeudi avec le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg. Celui-ci a condamné, lors d’une conversation téléphonique avec le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu, les « frappes aériennes aveugles du régime syrien et de son allié russe ». Parallèlement, il a « exhorté toutes les parties à une désescalade de cette situation dangereuse ».

Ce n'est pas la première fois que la Turquie a invoque l’article 4 pour initier une réunion du Conseil de l’Atlantique Nord à la suite de « menaces » syriennes. Elle l'a fait notamment en 2012 et à l’occasion de ces consultations, l’Otan avait approuvé à l’époque le déploiement de missiles sol-air Patriot à la frontière syro-turque.

Le Conseil de l’Atlantique Nord va donc se rassembler vendredi à la demande de la Turquie, communique l’Otan, à la suite de frappes (syriennes, selon Ankara) qui ont tué une trentaine de soldats turcs jeudi dans la province d’Idleb, dans le nord de la Syrie. Les 28 autres pays membres de l’Otan seront donc consultés sur la situation syrienne, alors qu’Ankara a répliqué dans la nuit par des bombardements sur des positions du régime de Bachar al-Assad, selon le chef de l’Etat turc

Mais qui sont ces rebelles que la Turquie soutient ? Des groupes islamistes ?

Selon la chercheuse Myriam Benraad, spécialiste reconnue du Moyen-Orient, et interrogée par Sputnik voilà ce qu’il reste de la rébellion à Idlib:

«Qu’on soit clair, les forces soutenues par la Turquie à Idlib depuis le début sont des groupes islamistes. Déjà, lors de l’intervention turque dans le Rojava il y a quelques mois, c’était des groupes islamistes qui se battaient. La Turquie s’en défend, mais elle a soutenu des djihadistes et a également mené des négociations avec Daech. Aujourd’hui, les masques sont tombés. Le fait que des réseaux djihadistes transitaient de la Turquie vers la Syrie, ce n’est un secret pour personne.»

Alors que des discussions sur la Syrie se poursuivaient jeudi à Ankara entre militaires et diplomates russes et turques, Moscou a accusé la Turquie de violer un accord en soutenant militairement des rebelles. Ce nouveau round de pourparlers entre Russes et Turcs visant à trouver une issue à la crise d'Idlib s'est ainsi achevé sans annonce de résultat concluant.

«En violation des accords de Sotchi, la partie turque continue de soutenir des groupes armés illégaux dans la zone de désescalade d'Idlib par des tirs d'artillerie», a déclaré le ministère russe de la Défense, indiquant que la Turquie avait également recours à des drones. MM. Erdogan et Poutine avaient conclu en 2018 à Sotchi un accord instaurant une «zone démilitarisée» à Idlib censée séparer les positions du régime de celles des rebelles et des djihadistes.

"En fait à Idlib, Frères musulmans et djihadistes -appartenant à une quinzaine de groupes rebelles- luttent contre Bachar el-Assad. Ces groupes se constituent en deux coalitions majeures. D’une part, il y a le FLN, Front de Libération National : une coalition de groupes rebelles qui nie officiellement tout lien avec des organisations terroristes, mais qui sont affiliés aux Frères musulmans et à la Turquie, à l’image de leur chef, Fadlallah el-Haji .D’autre part, il y a le Hayat Tahrir al-Cham (HTS), plus connu sous le nom de Front al-Nosra dont la Turquie aurait joué un rôle dans la formation. Un groupe affilié à Al-Qaïda, généralement reconnu en Occident et ailleurs comme un groupe terroriste".


A quoi joue donc le président turc Recep Tayyip Erdogan ?

Pour Alexandre Del Valle, spécialiste des relations entre l' Europe et la Turquie et du monde arabo-musulman,et interrogé par Sputnik: «Cela s’inscrit dans une stratégie plus large, il n’y a pas qu’Idlib qui soit concerné. Erdogan a essayé de négocier avec Moscou et les États-Unis une sorte de protectorat non dit dans tout le nord de la Syrie frontalier avec la Turquie, une bande de protection. Le but de cette stratégie est de reloger des Syriens arabes réfugiés, qui sont tout de même trois millions, dans cette zone. Des réfugiés que d’ailleurs la population turque ne veut plus voir car ils sont plutôt hostiles aux populations arabes. Cela lui permettrait de faire d’une pierre deux coups: il aurait renvoyé tous les réfugiés syriens chez eux et, en même temps, il aurait empêché les Kurdes de revenir au nord de la Syrie. »


Un conflit direct entre Russie et Turquie ne paraît plus totalement invraisemblable. L'Union européenne s'est inquiétée, vendredi matin, d'un « risque de confrontation militaire internationale majeure » en Syrie et dit envisager « toutes les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts en matière de sécurité ».


La Turquie joue un jeu trouble envers les Européens qui pourraient cependant prendre des mesures de rétorsion envers ce pays. Et qui pourraient peut-être aussi s'allier avec la Russie dans ce conflit ...




Garett Skyport pour DayNewsWorld

LE DOUBLE ATTENTAT A HANAU OU LA RESURGENCE DU TERRORISME D'EXTREME-DROITE EN ALLEMAGNE

Un homme a ouvert le feu mercredi soir contre deux bars à chicha de Hanau, tuant neuf personnes.

Deux bars à chicha visés

Une première fusillade a visé un bar à chicha, le Midnight, vers 22 heures. Selon la police, au moins une personne a été grièvement blessée sur ce premier site. Des témoins, cités par des médias locaux, ont rapporté avoir entendu une dizaine de coups de feu. Trois personnes ont été tuées devant ce premier bar à chicha.

Selon la police, le ou les auteurs auraient ensuite quitté les lieux en voiture en direction de la Kurt-Schumacher Platz, dans le quartier de Kesselstadt. Une seconde fusillade s'est alors produite, dans un autre bar, l'Arena Bar. Le tireur aurait sonné à la porte et tiré sur des personnes présentes dans la zone fumeur, tuant cinq personnes dont une femme, selon des informations de Bild, ajoutant que des victimes étaient d'origine kurde.Une motivation probablement « xénophobe » selon le parquet fédéral. Le suspect, Tobias R., a été retrouvé mort jeudi matin à son domicile aux côtés d’un autre corps sans vie. Un manifeste et une vidéo dans lesquelles il évoque des « peuples à éliminer » ont par ailleurs été découverts.

Le "poison" du racisme

Angela Merkel a fustigé jeudi 20 février le « poison » du racisme en Allemagne après les attentats qui ont fait neuf morts à Hanau, près de Francfort, liant cet acte à d’autres attentats d’extrême droite commis dans le pays.

« Le racisme est un poison, la haine est un poison. Et ce poison existe dans notre société, depuis les actes de la NSU jusqu’au meurtre de Walter Lübcke et aux assassinats de Halle », a déclaré la chancelière, évoquant respectivement la série de meurtres et d’attentats d’un groupuscule néonazi dans les années 2000, le meurtre en juin dernier d’un élu pro-migrants, puis l’attaque visant une synagogue qui a fait deux morts en octobre.

« Nous nous opposons avec force et détermination à tous ceux qui tentent de diviser l’Allemagne », a-t-elle ajouté, insistant sur « les droits et la dignité de chaque personne dans notre pays », sans distinction « d’origine ou de religion ». Reconnaissant qu’il était « trop tôt » pour faire toute la lumière sur ce crime, « il y a de nombreuses indications selon lesquelles l’auteur a agi mû par des idées d’extrême droite, racistes, par haine contre des personnes d’origine, de croyance ou d’apparence différentes ».

« L’AfD est le bras politique du terrorisme d’extrême droite »

Les réactions politiques se sont multipliées dans la matinée de jeudi condamnant ce crime atroce.

Le maire de Hanau a annoncé la tenue d’une veillée en hommage aux victimes, jeudi en fin d’après-midi, ainsi que la mise à disposition d’un registre de condoléances devant l’hôtel de ville. Un rassemblement est également prévu à Berlin en fin de journée devant la porte de Brandebourg.

La présidente de la Commission européenne et ex-ministre allemande Ursula von der Leyen s’est dite « profondément choquée » par les fusillades. Certains responsables font clairement le lien entre cette violence et le climat entretenu par le parti d’extrême droite AfD. A l’instar du social-démocrate Michael Roth, secrétaire d’Etat aux affaires européennes :

« Le milieu à l’origine d’actes comme ceux de Hanau se nourrit idéologiquement de fascistes comme Björn Höcke [chef de l’AfD en Thuringe]. La haine de la démocratie, le racisme, l’antisémitisme, la haine contre les Tziganes et l’islamophobie prospèrent sur des terres fertiles. Pour cela, je maintiens ma position : l’AfD est le bras politique du terrorisme d’extrême droite. »

La fusillade qui a eu lieu à Hanau en Allemagne, mercredi soir, pourrait avoir été commise par un militant d'extrême droite allemand. C'est l'une des pistes les plus probables selon les premiers éléments de l'enquête.

Si cette hypothèse se confirmait, cela raviverait la crainte de voir apparaître un terrorisme d'extrême droite actif en Allemagne.




Jaimie Potts pour DayNewsWorld

AGNES BUZYN POUR LES MUNICIPALES DE PARIS

« J'Y VAIS POUR GAGNER »

L'ancienne ministre de la Santé se disait très occupée par que la réforme des retraites et la crise sanitaire qui nécessitaient son plein engagement ministériel.

De toute évidence, Emmanuel Macron a su convaincre sa ministre que la crise que traverse La République en marche est bien plus grave que celles du coronavirus et de l’hôpital réunies.

L’Elysée et l’appareil d’En Marche ! se sont mis d’accord sur le nom d’Agnès Buzyn .

Mais une fois de plus la Macronie raisonne davantage pouvoir qu’intérêt général ...Le parti LREM avant toute chose !

Le ministère est à la militante Buzyn ce qu'est la famille au « grivois » Griveaux.

Benjamin Griveaux en personne n'avait-il pas salué pas jeudi dernier le « sens de l’intérêt général » de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui ne serait pas candidate aux municipales à Paris.

« Elle est une ministre engagée, elle fait face à une crise importante qui est celle du coronavirus, expliquait celui qui tentait depuis des semaines de l’enrôler sur sa liste du XVe arrondissement. Le rôle de la ministre des Affaires sociales et de la Santé dans ces moments-là, c’est d’être aux avant-postes. »

La ministre des Solidarités et de la Santé n’a-t-elle pas elle-même répété jusqu’à ces derniers jours que ses responsabilités ne lui laissaient pas la possibilité de s’engager dans cette bataille ?

En pleine crise de l’hôpital public, alors que commence ce lundi le débat sur la réforme des retraites et que l’épidémie de coronavirus est encore loin d’être vaincue, ces réticences avaient été bien comprises.

Mais voilà Paris vaut bien une trahison de plus…Car à quatre semaines du scrutin, à douze jours de la date limite du dépôt des listes et en raison d’un sombre vaudeville 2.0, le parti présidentiel n’avait plus de candidat dans la capitale.

Face à la crise, Emmanuel Macron voulait une «personnalité incontestable» susceptible de mettre tout le monde d’accord.

Il fallait d ' abord plaire aux partenaires MoDem, UDI et Agir et surtout être un antidote aux divisions donc tendre la main à Cédric Villani. Ensuite il fallait impérativement une femme pouvant faire face aux deux fortes personnalités que sont Dati et Hidalgo.

L’image d’Agnès Buzyn n’est pourtant pas très bonne à droite. Dans le dernier baromètre Ipsos-Le Point, 20 % des électeurs de François Fillon exprimaient un jugement favorable sur l’action de la ministre de la Santé et 54 % un avis défavorable La notoriété de la candidate LREM reste donc faible même si François Bayrou lui a souvent dit souvent

« que les médecins sont faits pour la politique, parce qu’ils savent écouter et donner du réconfort », confiait l'intéressée en octobre 2019, se reconnaissant bien dans ce profil.

Et à l’hématologue de 57 ans d' affirmer vaillamment « avoir toujours adoré la politique ».

L’emporter dans la capitale pour celle qui a prévenu dimanche 16 février au soir, souriante, « J’y vais pour gagner ​», n' est pas gagné d'avance.




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

COUP DE TONNERRE EN ALLEMAGNE

 LA DAUPHINE D'ANGELA MERKEL JETTE L'EPONGE

Le tremblement de terre politique continue en Allemagne. La dauphine désignée d'Angela Merkel, Annegret Kramp-Karrenbauer, a annoncé lundi 10 février 2020 renoncer à lui succéder et vouloir abandonner la présidence du parti conservateur, tirant les leçons de la crise politique ouverte par une alliance avec l'extrême droite en Thuringe.

En pleine crise politique nationale autour d'une alliance régionale avec l'extrême droite , Annegret Kramp-Karrenbauer a fait savoir dans la matinée lors d'une réunion de la direction du parti démocrate-chrétien CDU qu'elle «n'a pas pour objectif d'être candidate à la chancellerie allemande».

Lors d'une réunion ce matin, elle a notamment justifié sa décision par les événements de Thuringe et la tentation d'une frange du parti de s'allier avec le mouvement d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD).

Elle a expliqué qu'«une partie de la CDU a une relation non clarifiée avec l'AfD» mais aussi avec le parti de gauche radicale Die Linke, alors qu'elle même rejette clairement toute alliance avec l'une ou l'autre de ces formations .

AKK, élue en décembre 2018, n'a jamais réussi à s'imposer à la présidence de la CDU. Elle a été en particulier très critiquée après l'alliance surprise nouée la semaine dernière entre des élus CDU de Thuringe et l'extrême droite pour élire un nouveau dirigeant pour cet Etat régional.

Elle s'est vu reprocher de ne pas tenir son parti, tiraillé entre adversaires et partisans d'une coopération avec l'AfD, surtout dans les Etats de l'ex-RDA, où l'extrême droite est très puissante et complique la formation des majorités régionales.

Dans la mesure où la candidature à la chancellerie doit aller de pair avec la présidence du parti à ses yeux, AKK a en conséquence décidé de renoncer dans les mois qui viennent à cette présidence. Elle doit en revanche conserver son poste de ministre de la Défense.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

BREXIT BRAS DE FER ENTRE LES VINGT-SEPT

ET LE ROYAUME-UNIS

Sorti vendredi soir de l’UE, le Royaume-Uni doit désormais redéfinir les modalités de sa relation avec les Vingt-Sept et se mettre d’accord avec le bloc européen sur la nouvelle architecture de leur relation, en particulier commerciale .Le chef du gouvernement britannique, Boris Johnson, a présenté sa vision, expliquant que son pays allait «quitter sa chrysalide» européenne et prendre son envol vers le reste du monde.

S'affranchir des règles européennes

Le premier ministre britannique a certes affirmé lundi 3 février dans son discours de trente minutes que son pays ne ferait aucune « concurrence déloyale » à l’UE après le Brexit

« Nous ne ferons aucune concurrence déloyale, qu’elle soit commerciale, économique ou environnementale », a déclaré le dirigeant conservateur, s’engageant à ne pas revoir à la baisse les normes européennes.

Mais dans le même temps, Boris Johnson a signifié aux Européens son intention inflexible de s’affranchir des règles de l’Union européenne après le Brexit rejetant tout alignement sur les règles européennes comme prix d’un accord de libre-échange avec Bruxelles : « Allons-nous insister pour que l’UE fasse tout comme nous comme prix du libre-échange ? Bien sûr que non. »

« Je ne vois aucun besoin de nous contraindre par un accord avec l’UE. Nous allons restaurer notre pleine souveraineté sur nos frontières, l’immigration, la souveraineté sur nos frontières, l’immigration, la concurrence, les règles encadrant les subventions, les approvisionnements, la protection des données. »

Il a aussi estimé que la coopération avec les Européens en matière de défense et de politique étrangère ne nécessiterait « pas nécessairement un traité ».

Boris Johnson a également présenté ce lundi 3 février 2020 sa vision de la place du Royaume-Uni dans le monde. Le Royaume-Uni cherche de nouveaux partenaires, du côté de son allié historique américain mais aussi en Asie-Pacifique. Le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab a ainsi annoncé dimanche qu’il se rendrait la semaine prochaine au Japon et en Australie pour négocier des accords commerciaux et explorer les opportunités « à l’international ». De son côté, le président américain Donald Trump fait miroiter depuis plusieurs mois un accord commercial bilatéral « magnifique » à son allié historique. Son chef de la diplomatie Mike Pompeo, en visite au Royaume-Uni jeudi, a insisté auprès de Londres sur les « énormes bénéfices » de leur rapprochement post-Brexit.

Les propositions de Bruxelles

De son côté, l’UE a justement mis en garde Londres lundi contre toute tentation de concurrence déloyale, et s’est dite prête à négocier « un accord commercial très ambitieux ». Cet accord visera notamment à éliminer tous les droits de douane et tous les quotas sur les biens échangés avec le continent, une proposition jamais vue de la part de l’UE avec ses partenaires, a précisé le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier. Il a également prévenu que l’UE n’accepterait pas de voir émerger une économie dérégulée à sa porte qui profiterait d’« avantages concurrentiels déloyaux ».

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a toutefois prévenu que le niveau d’accès du Royaume-Uni au marché unique européen dépendrait de son niveau d’alignement sur les règles communautaires.

« Plus le Royaume-Uni veut être proche [des règles], plus l’accès au marché unique sera facile, mais rien n’est gratuit (…), je pense que c’est une question d’équité de respecter les règles », a-t-elle souligné, rappelant que la déclaration politique, qui accompagne le traité de retrait, a été signée par Boris Johnson. Si les Britanniques veulent un accord douanier avantageux ouvrant le marché européen à ses produits, ils ne pourront donc pas s’affranchir totalement des normes communautaires et créer ainsi un concurrent dérégulé et déloyal aux portes de l’Union.

Les ambitions de Boris Johnson diffèrent grandement de celles de la Commission européenne.

Neuf tables rondes de négociations auront lieu d’ici octobre «pour faire le maximum» d’ici la fin de la période de transition, prévue pour l’heure fin décembre 2020

Des propos des deux côtés qui laissent entrevoir un bras de fer intense sur leur future relation commerciale...Le Royaume-Uni compte bien défendre chèrement ses intérêts dans ses futures négociations commerciales.

Abby Shelcore pour DayNewsWorld

ATTENTAT TERRORISTE A LONDRES REVENDIQUE

La ville de Londres une fois encore touchée par un acte terroriste. Plusieurs personnes ont été poignardées dans le quartier de Streatham , situé sur la rive sud de la Tamise, à Londres, dimanche 2 février 2020, a annoncé la police sur Twitter.

Les autorités ont évoqué un acte « lié au terrorisme ».

Le suspect a été abattu. « L'incident a été rapidement déclaré comme un acte terroriste et nous pensons qu'il est lié à l'islamisme », ont ajouté dans un communiqué les autorités.

Deux personnes ont été poignardées et « trois personnes ont été blessés », a annoncé la police, en précisant qu'un homme était en urgence vitale. Les deux autres victimes, des femmes, sont hors de danger.

La police a annoncé avoir abattu l'homme qui avait poignardé plusieurs personnes.« Nous pouvons confirmer que l’homme sur lequel la police a tiré a été déclaré mort », a déclaré la police.

Le Premier ministre Boris Johnson a remercié les services de secours, ajoutant que ses pensées allaient aux « blessés et à tous ceux qui ont été affectés ».

Le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué ce lundi une attaque au couteau menée la veille à Londres ayant fait des blessés, selon Amaq, l’organe de propagande des djihadistes. L’assaillant dans le quartier de Streatham dans le sud de Londres hier (dimanche) fait partie des combattants de l’Etat islamique », a indiqué Amaq dans un communiqué. « Il a mené l’attaque en réponse aux appels à cibler les ressortissants des pays de la coalition » internationale antidjihadistes, souligne le communiqué partagé sur les chaînes Telegram du groupe djihadiste.

La capitale britannique a été plusieurs fois endeuillée par des attaques terroristes au couteau ces dernières années. La dernière avant celle de Streatham a eu lieu fin novembre sur le London Bridge et avait fait deux victimes. L’auteur de l’attaque revendiquée par Daesh était un ancien détenu pour des faits de terrorisme libéré à mi-peine.

Depuis, le gouvernement de Boris Johnson a annoncé des mesures aggravant les peines pour les auteurs d’actes terroristes et interdisant leur libération anticipée.

Dans le projet, qui doit être étudié au Parlement, il est prévu que ceux qui sont condamnés pour des actes considérés comme terroristes soient emprisonnés pour au moins 14 ans.

Boby Dean pour DayNewsWorld

AVEC LE BREXIT VOICI LA CARTE D'IDENTITE

DE L'EUROPE DES 27

Avec l'officialisation ce vendredi du départ du Royaume-Uni, l'Union européenne va perdre l'un de ses membres les plus puissants et les plus emblématiques. Un tournant historique qui transforme le visage de l'UE à de nombreux niveaux. Carte d'identité de cette « Europe des 27 »

Vendredi, le Royaume-Uni ne fera plus partie de l'Union européenne . Après presque 70 ans d'élargissement constant, la zone de coopération politique et économique perd l'un de ses membres les plus puissants. Un moment inédit et historique.

En passant de 28 à 27 Etats membres, l'Union européenne change considérablement de visage, que ce soit au niveau démographique, stratégique ou économique.

Voici donc la nouvelle carte d'identité de l'« Europe des 27 ».

13 % d'habitants en moins

Avec 513 millions d'habitants en 2019, l'Union européenne se classe à la troisième position des zones les plus peuplées au monde, loin derrière les géants chinois (1,4 milliard) et indien (1,3 milliard)

En perdant les 66 millions de citoyens du Royaume-Uni, la population européenne va chuter de 13 %, à 447 millions d'habitants. Suffisant toutefois pour que l'UE conserve sa place sur le podium, devant les Américains (328 millions d'habitants).

Toujours la première puissance maritime mondiale

Avec 4,476 millions km², l'Europe a toujours été un petit poucet en termes de superficie. Une taille qui la positionne à la septième position mondiale. En perdant le Royaume-Uni et ses 243.000 km² soit 5,5 % du total, l'UE conservera cette septième place avec une superficie de 4,233 millions km², tout juste entre l'Australie et l'Inde.

La perte sera plus importante concernant le territoire maritime. Avec 25,6 millions de km², l'Union européenne est de loin la première puissance maritime mondiale, devant les Etats-Unis (12,2 millions). Sans les 6,8 millions km² du Royaume-Uni, elle se retrouvera amputée d'un quart de son espace maritime mais conservera la première place avec 18,8 millions km². En grande partie grâce à la France et ses 10 millions de km².

Deuxième puissance économique mondiale, pour l'instant…

Affichant un PIB de 18.750 milliards de dollars en 2018, l'Union européenne est, selon les chiffres du Fonds monétaire international, la deuxième puissance économique au monde, talonnant les Etats-Unis (20.500 milliards). En perdant le Royaume-Uni et ses 2.828 milliards de dollars de PIB, soit sa deuxième économie, l'Union européenne se voit amputée de 15 % de sa puissance économique.

Avec un PIB d'environ 16.000 milliards de dollars, l'UE des 27 conserve son statut de deuxième puissance économique mondiale mais se retrouve sous la menace de la Chine qui a enregistré 13.400 milliards de dollars de PIB en 2018 et qui jouit d'une croissance bien plus dynamique que celle du Vieux Continent.Des fleurons industriels perdus

Berceau de la révolution industrielle, le Royaume-Uni compte aujourd'hui des entreprises parmi les plus puissantes au monde. Ainsi l'Union européenne va perdre avec BP et Shell (toutefois codirigée avec les Pays-Bas), deux des plus grands groupes pétroliers au monde. Dans le secteur des assurances, c'est un acteur emblématique, Prudential, fondé en 1848, qui quitte l'UE, tout comme le numéro trois mondial de la distribution, Tesco.

Dans le secteur aéronautique, c'est Rolls-Royce, l'un des plus gros motoristes au monde, qui sort de l'Union européenne, ainsi que le géant des télécommunications Vodafone, troisième opérateur mobile mondial en nombre d'abonnés. Enfin, Unilever, quatrième acteur mondial des produits alimentaires et de soins du corps, fait également partie de ces entreprises, même si, comme Shell, il s'agit d'une société néerlando-britannique.

A noter toutefois que la perte de ces fleurons de l'industrie est avant tout symbolique car l'accord du Brexit permettra à ces entreprises de commercer avec l'Union européenne dans des conditions favorables.

Finance : bye bye la City

Si elle a perdu en 2018 son titre de première place financière au monde, en passant derrière New York, la City de Londres reste un lieu emblématique du secteur. Au Royaume-Uni, les services financiers emploient 1,1 million de personnes, dont près de la moitié rien qu'à Londres. En tout, le secteur de la finance a rapporté 132 milliards de livres à l'économie anglaise en 2018, ce qui représente 6,9 % de son PIB, selon les données du parlement britannique.

Le Brexit entériné, la première place financière de l'Union européenne est désormais Francfort, qui se classe 15e au niveau mondial, talonnée par Paris (17e), selon le classement 2019 du thinktank britannique Z/Yen. Toutefois, il est difficile d'évaluer l'impact de la « perte » de la City pour l'Union européenne, beaucoup d'établissements ayant annoncé des transferts d'actifs et de personnels du Royaume-Uni vers le continent. Mais dans quelles proportions ? Là-dessus, le flou reste total

Première destination touristique mondiale

D'après les chiffres de l'Organisation mondiale du tourisme, l'Union européenne capte à elle seule 50 % du secteur avec 713 millions de visiteurs internationaux. L'UE peut se targuer d'avoir en son sein les deux pays les plus visités au monde, à savoir la France (86,9 millions de touristes en 2017) et l'Espagne (81,8 millions).

Avec 37,7 millions de visiteurs, le Royaume-Uni se classe septième destination mondiale, mais ne représente que 5,3 % du tourisme européen.

Un chiffre d'autant plus faible que l'incertitude liée au Brexit fait fuir les touristes de la perfide Albion. La fréquentation y a ainsi chuté de 7,7 % au deuxième trimestre 2018 .




Abby Shelcore pour DayNewsWorld

BREXIT GOOD-BYE AUX EURODEPUTES BRITANNIQUES

Le Parlement européen a ratifié mercredi 29 janvier à Bruxelles le traité de retrait sur les modalités du divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Sans cette ratification, il y aurait eu un Brexit dur vendredi 31 janvier à 23 h, heure de Londres.

Ce vote historique a eu lieu ce mercredi à 18 h après un débat de deux heures par 621 votes pour, 49 contre et 13 abstentions. Le Brexit aura bien lieu.

Il s’agissait de la dernière étape majeure dans la ratification de l’accord, trois ans et demi après le référendum sur le Brexit au Royaume-Uni.

« Ce n’est qu’un au revoir »

Au 1er février , le Royaume-Uni quitte les institutions européennes. Plus d’eurodéputés, plus de ministres dans le conseil de l’Union européenne, plus de commissaire européen. L’anglais va certes rester une des langues officielles de l’UE, mais les 73 eurodéputés britanniques n’ont plus le droit de siéger à partir du 1er février 2020.

Aussitôt après le vote, qui a scellé le départ des eurodéputés britanniques, nombre d’élus se sont donné la main dans l’hémicycle et ont entonné la chanson écossaise « Auld Lang Syne » (Ce n’est qu’un au revoir), certains brandissant des écharpes aux couleurs des drapeaux britannique et européen.

« Nous vous aimerons toujours et nous ne serons jamais loin », a promis la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen aux eurodéputés sur le départ, lors d’un débat avant le scrutin. « Vous allez nous manquer », a-t-elle assuré. Le résultat était attendu, bien loin des incertitudes qui ont eu lieu lors des votes ces trois dernières années au parlement britannique à Westminster.

Michel Barnier, négociateur de l’UE pour le Brexit, s’est dit « très touché, pour dire la vérité, au terme de ce débat qui a été très émouvant et grave. Le Royaume-Uni a choisi de quitter démocratiquement l’Union. Nous continuerons de regretter ce vote, mais nous l’avons respecté. Si le traité qui est soumis à ce vote a une qualité, c’est d’organiser le départ du Royaume-Uni de manière ordonnée », a-t-il rappelé en séance. « Le Brexit a des conséquences innombrables sur le plan humain et social, technique et juridique, financier et économique, et ce n’est pas fini. Nous avec ce traité d’apporter des garanties juridiques pour les citoyens et leurs droits. »

Premier départ d’un État membre de l’UE

Ce vote clôt un processus où l’Union européenne perd pour la première fois un État membre, qui plus est l’un des plus grands et des plus riches pays du bloc. Avec le départ de 66 millions d’habitants, l’UE verra sa population passer à quelque 446 millions. Son territoire diminuera de 5,5 %.

La période de transition qui s’ouvre va voir peu de changements concrets et lance les négociations autour du futur statut du Royaume-Uni avec l’Union européenne.

Une période cruciale et délicate puisque sans accord trouvé au 31 décembre 2020 , le pays deviendra un État tiers et les règles d’échanges institués par l’OMC devront s’appliquer.


Abby Shelcore pour DayNewsWorld

BREXIT LES CHANGEMENTS

AU 1 ER FEVRIER 2020

Le Brexit interviendra vendredi à minuit, soit 1.317 jours après la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne. Qu'est-ce qui va changer au 1er février 2020 ?

Avec la ratification de l'accord de retrait, le Royaume-Uni sortira de l’Union de façon ordonnée le 31 janvier 2020 à minuit. Il ne sera plus un État membre de l'Union européenne et de la Communauté européenne de l'énergie atomique à partir du 1er février 2020.

S'ouvre alors une période dite « de transition », selon les conditions actées par l’accord de retrait.

Pendant cette période de transition-qui est prévue jusqu’au 31 décembre 2020 mais qui peut être étendue de un ou deux ans- c'est le droit de l'Union européenne qui s'applique au Royaume-Uni.

Cette période de transition prévue par l’accord de retrait laissera le temps à chacun de préparer la mise en œuvre de l’accord de retrait et d’anticiper la relation future entre l’UE et le Royaume-Uni, qui doit encore être négociée.

Pendant cette période de transition de 11 mois, Londres et Bruxelles vont négocier leur relation future.Cette période aidera en particulier les citoyens, les entreprises et les administrations, à s'adapter au retrait du Royaume-Uni.

Quelques changements pratiques vont toutefois intervenir d'ici là.


1° 66 millions d'habitants en moins -

Vendredi à minuit (23h00 GMT), l'Union européenne va pour la première fois perdre un Etat membre, qui plus est l'un des plus grands et des plus riches pays du bloc.

Avec le départ de 66 millions d'habitants, l'UE verra sa population passer à quelque 446 millions. Son territoire diminuera de 5,5%.

Si jamais le Royaume-Uni décidait un jour de revenir, il devrait se soumettre à la procédure d'adhésion habituelle.

2° Les institutions -

A Bruxelles, le retrait de l'Union Jack devant le Parlement européen symbolisera un changement bien réel: le Royaume-Uni sort de l'UE et devient un "pays tiers".

Plus aucun des 73 eurodéputés britanniques élus en mai ne siégera. 46 des sièges seront réservés pour de futurs Etats membres et 27 seront redistribués.

Londres n'aura plus le droit de présenter un candidat à un poste de commissaire européen. Il n'y avait déjà plus de représentant britannique dans l'exécutif européen, Boris Johnson ayant refusé d'en proposer un dans la nouvelle Commission.

Le Premier ministre britannique ne sera plus invité aux sommets européens, pas plus que les membres du gouvernement n'assisteront aux réunions ministérielles.

En tant que citoyens d'un pays étranger, les Britanniques ne pourront plus prétendre à des postes de fonctionnaires à Bruxelles. Nombre d'entre eux ont toutefois acquis une double nationalité afin de pouvoir rester.

En revanche, le Royaume-Uni, deuxième contributeur net au budget de l'UE derrière l'Allemagne, continuera à payer jusqu'à la fin de la transition.


3° Période de transition pour les expatriés

Selon les Nations unies, environ 1,2 million de citoyens britanniques vivent dans un pays de l'UE, principalement en Espagne, Irlande, France, Allemagne et Italie.

Selon l'office britannique des statistiques, 2,9 millions de ressortissants des 27 pays de l'UE vivent au Royaume-Uni, soit quelque 4,6% de la population.En vertu de l'accord de retrait, les expatriés installés de part et d'autre de la Manche avant la fin de la période de transition conserveront leurs droits de résider et de travailler dans leur pays d'accueil.

Les citoyens européens résidant au Royaume-Uni doivent s’enregistrer pour bénéficier de ces droits. Pour