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SHUTDOWN, REGLEMENTS DE COMPTE

ET ANNONCE DE DONALD TRUMP

La remarque virulente « Notre pays vit un enfer en ce moment » posté sur Instagram par la rappeuse américaine Cardi B contre le président américain peut résumer la situation du pays depuis le « shutdown ».

Le shutdown, la paralysie partielle de l’administration avec 800.000 employés fédéraux qui sont soit au chômage technique soit tenus de travailler sans être payés, est le plus long de l’histoire: il entame son 27éme jour et aucune issue ne se dessine.

Certaines administrations ont été tout simplement fermées. Les ministères de la sécurité intérieure, de la justice, le département d’Etat et le Trésor présentent portes closes ainsi que l’Agence de protection pour l’environnement et la NASA.

Ce qui n'est pas sans conséquences néfastes sur le fonctionnement du pays si bien que Donald Trump a rappelé des milliers de fonctionnaires à reprendre le travail sans salaire (faute de budget) pour limiter les effets de la paralysie des administrations...

En cause : l’absence d’accord pour le financement à hauteur de 5 milliards de dollars (4,4milliards d’euros) du mur exigé par Donald Trump à la frontière mexicaine.

Ce mur est présenté comme un élément-clé de sa stratégie de lutte contre l’immigration clandestine et le trafic de drogue et comme une question de « sécurité nationale » pour la Maison Blanche. De leur côté les démocrates ne veulent pas en entendre parler.

Or en endossant la responsabilité du shutdown, Donald Trump lie son sort à la réussite du mur à la frontière avec le Mexique.

Aucun camp ne veut céder et le « shutdown » vire au règlement de comptes.

Pas plus tard que vendredi des démocrates et non des moindres s'enflammaient sur l'éventualité d'une destitution de Donald Trump après une information fournie par un media en ligne, aussitôt démentie ce samedi.« Ecoutez, si Mueller a plusieurs éléments alléguant du fait que Trump a demandé à Cohen de mentir au Congrès, nous devons en être informés au plus vite », avait tweeté le sénateur Chris Murphy.

Et tous les coups semblent désormais permis.

Donald Trump et Nancy Pelosi sont engagés dans un intense bras de fer depuis le début de la paralysie budgétaire partielle. Le premier a, vendredi, annulé un voyage officiel jusqu'alors tenu secret. Il a stupéfié le Congrès en annonçant qu'il annulait un déplacement que Nancy Pelosi, troisième personnage de l'Etat, devait effectuer en Afghanistan à bord d'un avion militaire. « En raison du shutdown, je suis désolé de vous informer que votre voyage à Bruxelles, en Egypte et en Afghanistan a été repoussé », a écrit M .Trump à Mme Pelosi, qualifiant le voyage d'activité de « relations publiques », Poussant l'ironie il lui a proposé un vol commercial « Naturellement, si vous voulez voyager par avion commercial, le choix vous appartient », a conclu le locataire de la Maison Blanche. La veille, Nancy Pelosi avait demandé de reporter le traditionnel discours sur l'état de l'Union du président, prévu le 29 janvier pour des raisons de sécurité pour cause de shutdown. Or selon la tradition revient au leader de la chambre basse d'inviter le président à ce discours annuel devant la Chambre des représentants et le Sénat réunis.Coup pour coup! Privée d'avion militaire par Donald Trump, la chef des démocrates au Congrès américain, Nancy Pelosi, a affirmé vendredi avoir suspendu un voyage . « On nous a informés qu'en révélant l'existence de notre voyage, le président avait rendu la situation beaucoup plus dangereuse sur le terrain », a affirmé Nancy Pelosi à des journalistes.

Le président voudrait-il en finir avec ce bras de fer?

Le président américain Donald Trump a indiqué qu'il comptait faire samedi après-midi une « annonce majeure » concernant non seulement le shutdown mais également la construction du mur.

« Je vais faire une annonce majeure concernant la crise humanitaire à notre frontière sud, et le shutdown, demain après-midi à 15 heures [21 heures en France, NDLR], en direct depuis la Maison-Blanche », a tweeté le président républicain, sans autre précision.

Si l’impasse continuait, n'avait-il pas menacé de déclarer une « urgence » nationale pour activer des pouvoirs extraordinaires lui permettant d’obtenir les fonds sur le budget de la Défense , court-circuitant ainsi le Congrès?

Joanne Courbet pour DayNewsWorld