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LE DESENGAGEMENT NUCLEAIRE REMIS AUX CALENDES GRECQUES

Les Américains ont mis leur menace d'octobre dernier à exécution en décidant ce vendredi de se retirer du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaires (INF en anglais).

Ce traité signé entre les deux puissances adversaires à la fin de la Guerre froide leur interdit le test, la production et le déploiement de tout missile terrestre d'une portée de 500 à 5 500 km équipé ou non d'une charge nucléaire.

Mais selon Washington Moscou ne respecte pas ses engagements, accusée d'avoir testé un nouveau missile, le 9M729, d'une portée supérieure à 500 km, ce que dément Moscou.

« Demain les Etats-Unis vont suspendre leurs obligations dans le cadre du traité INF et lancer le processus de retrait », qui « sera achevé dans six mois à moins que la Russie respecte ses obligations en détruisant tous ses missiles, lanceurs et équipements qui violent le texte », a déclaré le président Donald Trump dans un communiqué.

Mais ce retrait de l'accord est surtout motivé par le fait que la Chine n'étant pas liée par ce traité bilatéral russo-américain, bénéficie d'un avantage stratégique en Asie.

Son arsenal nucléaire « est constituée de missiles qui sont interdits pour les Américains et les Russes dans le cadre du traité, précise Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS).

Cet arsenal permet notamment à Pékin de menacer les bases américaines dans la région Asie-Pacifique, de la Corée du Sud à Guam en passant par le Japon».

Cette remise en cause par les Américains du INF fragilise l'architecture de désarmement élaboré depuis la Guerre froide

Et «l'Europe est la grande perdante politique du retrait d'un traité qui symbolisait pour les Européens la fin de la Guerre froide».

Alize Marion pour DayNewsWorld