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LE SORT DES FEMMES  DANS LE MONDE

Nous nous proposons d’ouvrir régulièrement une rubrique sur ce thème de la place de femmes dans le monde au XXIème  siècle, en partant d’exemples faisant l’actualité.

Nous aborderons aujourd’hui l’Arabie Saoudite, l’Inde et la France.

Arabie Saoudite :

Les Saoudiennes viennent d’obtenir par une loi entrée en vigueur dimanche dernier, 6 janvier 2019, le droit d’être informée désormais par texto de tout changement concernant leur statut matrimonial, dont le divorce.

C’est la chaine d’information Al Ekhbariya qui vient de diffuser l’information en précisant que les Tribunaux étaient désormais chargés de diffuser ces informations. Les femmes pourront simultanément consulter des documents liés à la rupture de leur mariage sur le site internet du Ministère de la Justice.

Informées par texto ? On pourrait s’offusquer ! Que nenni ! Dans ce pays grand comme 4 fois la France (2 150 000 Km2), complètement désertique, dont chaque habitant ou presque est propriétaire d’un Smartphone, il est apparu plus pratique et plus  rapide d’utiliser ce mode de communication plutôt que de lentes caravanes de chameaux !

La réforme a été présentée comme une avancée par le nouveau prince, Salman Abdelaziz Al Saoud qui en 2018 avait déjà donné aux femmes le droit de conduire.

Cependant, il faut rappeler que les hommes ont encore et toujours un droit unilatéral de divorcer (qui inclut aussi la rupture des fiançailles) sans avoir besoin de fournir de justificatifs. Le divorce est effectif immédiatement  l’époux ayant néanmoins l’obligation de fournir à son ex-épouse, un soutien financier de 4 mois 10 jours. Quatre mois dix jours on n’a pas encore compris pourquoi ?

Simultanément, une femme ne peut obtenir le divorce qu’avec le consentement de son mari ou « si la justice démontre qu’elle est maltraitée ». Dans la pratique il est donc encore  difficile pour une femme d’obtenir le divorce, et l’avancée « civilisationnel », comme le dirait Emmanuel Macron, voulu par le Prince Salman, est minuscule.

Car la capacité des hommes à divorcer se traduit par une polygamie illimitée, dans ce pays qui tolère la polygamie jusqu’à 4 femmes.

On comptait en Arabie Saoudite en 2013 (source Courrier International) un divorce toutes les 20 mn !

La Monarchie Saoudienne est l’un des régimes les plus durs du monde. Le régime est intraitable dans de  nombreux domaines qui relève du sociétal et malgré quelques reformes, les droits des femmes dans ce pays n’a rien à voir avec ceux de leurs semblables dans le monde occidental.

Malgré cette situation, l’Arabie Saoudite a obtenu de l’ONU, le 21 septembre 2015, et après une longue séance de travail, sa nomination à la tête du « groupe consultatif »chargé de sélectionner les rapporteurs en charges des thématiques choisies, dont celle …. Des violences faites aux femmes. On s’interroge toujours !

La récente décision du régime Wahhabite a-t-elle été influencée par cette nouvelle responsabilité ? C’est probable ! Mais ce n’est pas certain non plus ! Il faut en effet observer qu’il a fallu plus de 4 ans à la Monarchie Saoudienne pour faire évoluer le droit des femmes. A ce rythme il faudra attendre encore plusieurs décennies pour que les femmes arabes obtiennent des avancées complémentaires et un statut équivalent à celui de leurs consœurs occidentales.

L’Inde :

L’Inde se déchire depuis quelques jours, sur l’accès des femmes à un temple indou. Des violences durent depuis le 2 janvier 2019 après que 2 femmes ont pénétré en catimini dans un Temple de Sabarimala (une ville portuaire du Kerala, située dans le sud de l’Inde).

La controverse autour de l’entrée des femmes dans un temple indou a démarré avec un arrêt de la Cour Suprême (qui est la plus haute Instance Judicaire), laquelle avait jugé, conformément au droit international, que l’interdiction faite aux femmes de venir prier violait la liberté religieuse et le principe d’égalité des sexes.

Dans un pays où le poids de la religion est immense (l’interdiction des femmes est gravée dans l’Hindouisme), cet arrêt n’en fini pas d’alimenter un débat qui semble être dominé par  la droite.

Cette affaire, a par ailleurs, mis en évidence la faiblesse de l’Etat de droit en Inde, la police d’Etat ne s’étant toujours pas résolue à faire appliquer la loi.

La France :

« Précarisées, discriminées, révoltées » des femmes gilets jaunes ont manifesté nombreuses ce dimanche 6 janvier 2019. Elles portaient ce jour là de grandes banderoles « noires » sur lesquelles était inscrit leur slogan.

De l’avis général, il n’y pas eu d’incidents graves ni de violences à l’exemple de ce qui s’était passé le jour précédent.  Il faut néanmoins relever que sur Paris, la manifestation a été encerclée, Place de l’Opéra, par les CRS. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux a montré « une femme traitée de folle, nécessitant une thérapie » par lesdits CRS, qui voulaient l’obliger à enlever son gilet jaune. Certains journaux n’ont pas été plus délicats, comme le Parisien, traitant dans un titre ces femmes de « gonzesses défilant dans la rue ».

Les femmes gilets jaunes qui avaient été très présentes à partir du 17 novembre, tout au début du mouvement, avaient souhaité organiser leur propre rassemblement tout « en précisant que leur manifestation n’allait pas relever d’une lutte féministe, mais d’une lutte féminine ».

Elles avaient été discrètes jusqu’à présent. Elles ont voulu montrer le 6 janvier 2019, qu’elles représentaient elles aussi, coiffées de bonnet phrygien et pleurant des larmes bleues et rouges, « la mère patrie en colère, pour elles mêmes et l’avenir de leurs enfants ».

Au-delà du débat de fond, les codes employés par les manifestantes pour s’organiser n’ont pas été anodins. Le mouvement est resté néanmoins très protéiforme, la situation et le rapport de force avec le pouvoir politique en place ne lui donnant que très peu de visibilité.

A la lueur de ces exemples, on voit que les femmes, rarement mises en avant, luttent encore et toujours pour avoir la parole et exister, même en France comme on vient de le constater.

Clara Mitchell pour DayNewsWorld