POURQUOI LA FRANCE EST MOINS TOUCHEE PAR L'INFLATION QUE LES AUTRES PAYS EUROPEENS

Linflation est à son plus haut niveau au sein de la zone euro et de l’UE depuis plus de 20 ans. Elle a atteint près de 10% au sein de l’UE au mois de juillet. Un nouveau record depuis l'existence de la monnaie unique européenne.Les trois pays Baltes sont les Etats membres les plus grevés par l’inflation : l’Estonie a dépassé les 23%, la Lettonie et la Lituanie étant respectivement juste au-dessus et en dessous des 21%. 

Ce sont, pour le reste, principalement les pays de l’Est de l’Europe qui souffrent de la forte hausse des prix. Le reste de l'Europe n'est pas pour autant épargné. Ainsi aux Pays-Bas la hausse des prix dépasse 13 % sur un an. Le gouvernement néerlandais a pris moins de mesures que d'autres exécutifs européens pour soutenir le pouvoir d'achat des ménages et lutter contre l'inflation. Toujours selon les données d’Eurostat pour la même période, elle est de 8,8 % en Allemagne, de 10,3 % en Espagne, de 9 % en Italie. En Grande-Bretagne ce taux était de 10,1 % en juillet.

A l’autre bout du spectre, la France et Malte s’en tirent le mieux. Malte n’a notamment toujours pas relevé les prix de l’énergie réglementés par l’Etat, maintenant ainsi artificiellement l’inflation à zéro dans ce domaine...« Tout le monde devrait avoir autour de 9 % d’inflation normalement, mais la France fait exception », constate Éric Heyer, économiste et directeur du département analyse et prévisions de l’OFCE. Avec un taux d’inflation annuel de 6,7% au mois d’août , peut-on pour autant affirmer que la France se porte bien par rapport à ses voisins allemands, espagnols, italiens ou britanniques ?

Le bouclier tarifaire

Si l’inflation est plus faible en France, « c’est en partie grâce à notre mix énergétique », explique Éric Heyer. Continuer à miser sur le nucléaire nous permet notamment d’être plus indépendants que notre voisin allemand qui importe beaucoup plus d’énergies fossiles. D’après des chiffres de l’Agence internationale de l’Energie, le pétrole russe ne représentait que 17 % des importations d’or noir de la France en 2019, contre 34 % pour l’Allemagne.

L'autre raison et « la plus importante », selon Éric Heyer, ce sont « les mesures pour soutenir les ménages, soit avec des chèques soit en bloquant les prix ». L’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Espagne ont préféré, par choix politique, l’aide financière aux citoyens en distribuant des chèques et des remises sur le carburant, sans pour autant bloquer les prix. La France a préféré miser gros sur le bouclier tarifaire en bloquant les prix du gaz jusqu'à fin 2022 .. « S’il n’y avait pas cette protection, la facture d’électricité augmenterait en janvier 2023 de 120 euros par mois et la facture de gaz de 180 euros par mois ». 

Dans la lignée de propos tenus ce week-end par le ministre des Comptes publics Gabriel Attal, Bruno Le Maire a confirmé que tous les Français continueraient à bénéficier en 2023 d’une forme atténuée de « bouclier tarifaire » sur les prix du gaz et de l’électricité. La flambée des prix de l’énergie devrait donc être contenue et limitée au moins jusqu’au début de l’année 2023 pour les Français. 

Début 2023, « il y aura une augmentation pour tout le monde du prix du gaz et de l’électricité, qui sera la plus contenue possible, dans la mesure de ce que nous permettent nos finances publiques » , a garanti le ministre de l’Economie. Depuis l’automne 2021, le « bouclier tarifaire » et les remises gouvernementales sur le prix du carburant ont coûté 24 milliards d’euros, selon un récent chiffrage de Bercy mais le spectre des Gilets jaunes aidant...

Les limites du bouclier tarifaire

Et pourtant pour Jean-Marc Daniel, le bouclier tarifaire « est une modification artificielle des prix, qui, in fine sera juste un transfert pour les générations futures ». Ils permettent de limiter l’inflation « dans un temps limité » mais « la création de déficit budgétaire ne peut pas durer éternellement ». Et c’est une évidence pour tous les spécialistes, « l’inflation repartira à la hausse quand on lèvera ces boucliers tarifaires ».

Si l’État fait face à la crise avec les moyens du bord et réussit à limiter les effets de la baisse du pouvoir d’achat, c’est au prix d’une dette qui s’accumule et qu’il nous faudra bien absorber un jour ou l’autre.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

PENURIE DE GAZ EN EUROPE ? 

LE RUSSE GAZPROM SUSPEND SES LIVRAISONS

 AU FRANCAIS ENGIE

Depuis que les pays occidentaux ont imposé des sanctions à Moscou après le lancement de son offensive contre l’Ukraine, la Russie a plusieurs fois réduit ses livraisons de gaz à l’Europe, qui en est fortement dépendante. La Russie représentaiten effet jusqu’à l’an dernier quelque 40 % des importations gazières de l’UE.

Suspension des livraison de Gazprom à la France pour facture impayée

Et le géant russe Gazprom, notifiant au groupe français ne pas avoir reçu « en intégralité les sommes financières dues pour les livraisons », a annoncé mardi soir la suspension totale de ses livraisons au groupe français Engie dés jeudi 1er septembre 2022.

« Gazprom Export a notifié Engie d’une suspension complète des livraisons de gaz à partir du 1er septembre 2022 jusqu’à la réception en intégralité des sommes financières dues pour les livraisons », a indiqué le groupe russe dans un communiqué publié mardi soir sur son compte Telegram.

En vertu d’un décret du président russe Vladimir Poutine signé fin mars, Gazprom précise « qu’il est interdit de livrer davantage de gaz naturel à un acheteur étranger si l’acheteur n’a pas effectué le paiement en intégralité dans le délai fixé dans le contrat ».

Des stocks de réserve?

La Première ministre française Elisabeth Borne, voulant « rassurer les clients d’Engie », a toutefois affirmé que le groupe français avait « trouvé d’autres sources d’approvisionnement », sans préciser lesquelles, dans le magazine Quotidien sur la chaîne TMC.

Les livraisons de gaz russe à Engie avaient déjà considérablement diminué depuis le début du conflit en Ukraine, passant récemment à seulement 1,5 TWh (térawatt-heure) par mois, selon Engie. Ce chiffre est à rapporter à des approvisionnements « totaux annuels en Europe supérieurs à 400 TWh » pour Engie, ajoute le principal fournisseur de gaz en France, dont l’État français détient près de 24 %.

Fin juillet, Engie avait assuré avoir significativement réduit son « exposition financière et physique au gaz russe », qui ne représentait déjà plus qu’à peu près 4 % de ses approvisionnements. « C’est complètement dans la marge de la flexibilité de nos portefeuilles, donc on n’est pas du tout inquiets », avait alors déclaré sa directrice générale Catherine MacGregor.

Jeudi dernier, les stocks de gaz de la France ont dépassé le seuil de 90 % de remplissage pour l’hiver (91,47 % mardi matin), selon la plateforme européenne Agregated Gas Storage Inventory (AGSI).

Toujours est-il que les Européens s'empressent en ordre dispersé de trouver du gaz ailleurs loin d'être prêts devant ce défi qu'ils se sont imposé...

Les Européens à la recherche de gaz désespérément...

Pour contrebalancer la chute des livraisons russes, les différents États de l’Union européenne négocient en effet chacun de leur côté avec les pays fournisseurs de gaz.

Le voyage en Algérie la semaine dernière d’Emmanuel Macron, officiellement destiné à renforcer les relations entre Paris et Alger, a permis de maigres négociations pour obtenir plus de gaz. .

La France n’est d'ailleurs pas la première à tenter d’obtenir plus de gaz de son partenaire algérien. Mario Draghi est venu signer, en juillet, un nouveau contrat de 4 milliards de m³ de gaz supplémentaire pour l’Italie. L’Espagne avait négocié du gaz algérien quelques semaines avant. D’autres pays européens ont fait le choix d’alliances avec des partenaires différents, comme la Norvège et les États-Unis. De son côté, le chancelier allemand, Olaf Scholz, s’est rendu au Canada pour signer un accord dans la nuit de mardi pour des livraisons de gaz qui débuteront vers 2025. 

Un bon moyen pour le gouvernement de Justin Trudeau de compter sur un partenaire fiable qui va financer ses nouvelles infrastructures pour le gaz naturel liquéfié et l’hydrogène. En outre certains pays se retrouvent incapables de discuter avec d’autres fournisseurs de gaz pour des raisons de simple géographie. La Hongrie de Viktor Orban est allée demander plus de gaz directement à Moscou, alors que le nouveau gouvernement intérimaire en Bulgarie est tenté de faire de même.

Dans ce contexte de crise énergétique, « L’Institut Jacques Delors plaide depuis dix ans pour la création d’une centrale d’achat commune du gaz au niveau européen », une structure qui existe déjà pour l’uranium, rappelle Thomas Pellerin-Carlin.

Une solution difficile cependant à mettre en place dans la mesure où le choix du mix énergétique relève de la compétence des États, avec des situations très différentes...




Andrew Preston pour DayNewsWorld

UNE RENTREE DE TOUS LES DANGERS

POUR LE GOUVERNEMENT FRANCAIS ?

Le président de la République se prépare à une rentrée agitée, avec des Français rattrapés par les conséquences économiques de la guerre en Ukraine et une opposition politique en embuscade. D'ailleurs vendredi 19 août, à Bormes-les-Mimosas (Var), Emmanuel Macron a demandé aux Français « d'accepter de payer le prix de notre liberté et de nos valeurs ». « L'exécutif est en effet face à des enjeux considérables : sur le plan géopolitique avec la guerre en Ukraine, sur le plan énergétique avec potentiellement des restrictions cet hiver, et des enjeux climatiques très présents tout au long de l'été, liste le politologue Bruno Cautrès. Et puis, pour corser tout ça, des enjeux économiques avec la question de l'inflation et du pouvoir d'achat. ».

L'inflation et le pouvoir d'achat

En France comme en Europe, les conséquences économiques sont lourdes, à commencer par le retour de l'inflation . Le vote du projet de loi sur le pouvoir d'achat en juillet a permis au gouvernement d'apporter une première salve de réponses . Les plus de 20 milliards d’euros de mesures votées – non sans mal – cet été pour soutenir le pouvoir d’achat (remise carburant, prime de rentrée, revalorisation des minima sociaux, bouclier tarifaire sur le gaz et l’électricité, hausse du plafond de défiscalisation des heures supplémentaires…) suffiront-ils à calmer les inquiétudes des Français La flambée des prix, en particulier alimentaires et de l’énergie, va continuer à mettre l’exécutif sous pression. Si les prix à la pompe sont en recul, l’inflation a dépassé 6 % en juillet.

La souveraineté énergétique

La souveraineté énergétique sera aussi au menu de la rentrée. Il faut « oeuvrer pour notre souveraineté énergétique, pour accompagner les Français, nos entreprises dans le contexte de cette guerre », a déclaré Emmanuel Macron depuis le Var. En effet, l’autonomie risque d’être difficile à atteindre et de possibles pénuries d’énergies consécutives à la guerre menée par la Russie en Ukraine ne sont pas exclues. Dans ce contexte, l'Algérie, premier exportateur africain de gaz naturel,et où le président se rend en fin de semaine, pourrait être une des solutions alternatives en attendant de profonds changements dans la politique énergétique.

L'urgence climatique, après un été marquant

L'été a été marqué par des incendies et phénomènes climatiques d'une ampleur sans précédent, comme les orages de la semaine dernière en Corse . Ils ont rappelé l'urgence des questions liées au réchauffement climatique . C'est pourquoi le président de la République organisera fin août un séminaire gouvernemental consacré notamment à l'écologie alors que la Première ministre, Elisabeth Borne, doit aussi prononcer un « discours fort sur la sobriété et la transition énergétiques » lors de l'université d'été du Medef. Le chef de l'Etat lui a en outre demandé de « remettre à l'automne un agenda de planification écologique décliné par mois et années », précise l'Elysée.

La sécurité

La période estivale a aussi été marquée par le retour de la sécurité dans le débat public, après plusieurs faits divers, dont un tir par balle après un rodéo urbain et un mort et un blessé grave lorsd'un refus d'obtempérer à Vénissieux (Rhône) . Occupant tout l'espace médiatique pendant l'été - comme le faisait Nicolas Sarkozy en 2002 - après sa reconduction dans ses fonctions, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, présentera un projet de loi sécurité à l'automne. Le gouvernement pourrait convaincre Les Républicains avec son projet de loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur (Lopmi). Le texte doit permettre d'octroyer 15 milliards d'euros supplémentaires de budget en cinq ans et sera examiné en octobre au Parlement. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin a en revanche été sommé par l'Elysée et Matignon de reporter son projet de loi sur l'immigration. Il est prévu pour décembre, après l'organisation d'un « grand débat » au Parlement, comme l'a annoncé le ministre début août.

Le budget 2023

Le projet de loi de finances pour 2023 s'annonce périlleux pour l'exécutif, qui n'a plus que le mot « compromis » à la bouche.

Malgré ses promesses de changement de méthode, le gouvernement anticipe déjà un passage en force, avec un possible recours à l'article 49.3, pour faire adopter le projet de loi de finances 2023, faute de majorité absolue pour les macronistes à l'Assemblée. Traditionnellement, les oppositions votent contre pour exprimer leur désaccord avec la politique du gouvernement.

Des réformes explosives

L’automne doit aussi marquer le vrai coup d’envoi pour les réformes censées permettre d’atteindre les deux principaux objectifs de politique économique promis par le chef de l’Etat pour 2027 : le plein-emploi et un déficit public réduit à moins de 3 % du produit intérieur brut (PIB) ? « On peut aller vers le plein-emploi, mais il nous faut continuer à mener les réformes indispensables », avait-il rappelé dans son interview du 14-Juillet.

Parmi celles-ci, la réforme de l’assurance-chômage, destinée à la fois à faire des économies budgétaires et à inciter au retour à l’emploi, prévoit de moduler les indemnités des personnes concernées en fonction de la santé de l’économie. Un principe qui promet de cristalliser les tensions, tant du côté des oppositions que des syndicats. Un conditionnement du RSA à 15 ou 20 heures d'activité hebdomadaire, déjà expérimenté à Dijon et en Alsace, est également prévu.

L'autre est celle des retraites. La proposition faite par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle prévoit de reporter l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans, avec un système de carrières longues et de pénibilité. Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, a néanmoins promis de consulter les syndicats juste après la première réunion du Conseil national de la refondation.

Une rentrée périlleuse donc pour le gouvernement et pour Emmanuel Macron qui a  tout intérêt à soigner sa rentrée pour mener à bien ses réformes. D'autant que selon la dernière enquête Ifop publiée par le Journal du Dimanche, la côte de popularité du président de la République n' est actuellement qu'à 37 % alors que celle de la Première ministre Élisabeth Borne est désormais plus haute (41%). Pour tenter de se redonner du souffle politique et incarner un changement de méthode, Emmanuel Macron lancera donc le 8 septembre le Conseil national de la refondation (CNR) qui permettra de réunir « les forces politiques, économiques, sociales, associatives, des élus des territoires et de citoyens tirés au sort », selon le chef de l'Etat.

Mais la CGT prévoit déjà une journée de grève interprofessionnelle axée sur le pouvoir d'achat, les salaires et la réforme des retraites, le 29 septembre.




Emily Jackson pour DayNewsWorld

SECOND VOLET DE MESURES

POUR LE POUVOIR D'ACHAT EN FRANCE

Après quatre jours de débats souvent houleux, l'Assemblée nationale a achevé, dans la nuit de mardi à mercredi, l'examen en première lecture du budget rectificatif pour 2022. 

En fin de semaine dernière, les députés avaient déjà adopté un projet de loi « d'urgence » en soutien au pouvoir d'achat, soit un total de vingt milliards d'euros d'aides. Ce second texte prévoit 44 milliards d'euros de dépenses supplémentaires. Ce projet du budget rectifié a été adopté par 293 voix contre 146, et 17 abstentions. 

Les Républicains, auxquels l'exécutif a donné à plusieurs reprises satisfaction, ont soutenu le texte. Les députés du Rassemblement national, en revanche, n'ont pas pris part au vote et ont quitté l'hémicycle.

Fin de la redevance audiovisuelle

La suppression de la redevance de l’audiovisuel public de 138 €, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, a été votée avec les voix de la majorité présidentielle, de LR et du RN. La Nupes a voté contre à l’unanimité. LFI prévoit un recours devant le Conseil constitutionnel. Pour compenser la fin de la redevance, les députés ont affecté au financement de l’audiovisuel public une fraction de la TVA pour un montant d’environ 3,7 milliards d’euros.

Heures supplémentaires et RTT

L’augmentation du plafond de défiscalisation des heures supplémentaires a été votée. Les députés ont aussi adopté un amendement déposé par LR, permettant aux salariés de transformer leurs RTT en salaire.

Revalorisation du point d’indice des fonctionnaires

Les députés ont entériné la hausse de 3,5 % de la valeur du point d’indice des fonctionnaires, qui sert de base à leur rémunération.

Remise sur le carburant augmentée

Fin août, fini la ristourne de 18 centimes par litre. Elle sera remplacée par une remise, plus importante, de trente centimes par litre en septembre et octobre. Puis descendra à 0,10 € en novembre et décembre. S’agissant de la « prime transport » , versée par les entreprises qui le souhaitent à leurs salariés pour couvrir leurs frais de carburant, le plafond passe de 200 à 400 €.

Maintien du bouclier tarifaire sur l’énergie

Le texte prolonge, jusqu’à la fin de l’année, le bouclier tarifaire sur les prix de l’énergie, qui permet de plafonner la hausse des factures d’électricité à 4 % et de geler les prix du gaz à leur niveau d’octobre 2021. Amendement surprise : les députés ont également voté une aide exceptionnelle de 230 millions d’euros destinée aux Français qui se chauffent au fioul. Trois millions de foyers devraient en bénéficier.

Compensation de la hausse du RSA pour les départements

Pour compenser intégralement la hausse de 4 % du revenu de solidarité active (RSA), l’Assemblée a décidé d’allouer 120 millions aux départements qui le versent. La mesure a été votée par la gauche, le RN, LR mais aussi le groupe Horizons, contre l’avis du gouvernement. Une première.

La majorité prise en défaut sur deux mesures

A plusieurs reprises durant l'examen du texte, la majorité s'est donc retrouvée prise en défaut par le vote des députés, notamment lorsqu'ils ont approuvé le déblocage de 230 millions d'euros d'aides pour les foyers se chauffant au fioul ou encore concernant le financement du RSA (revenu de solidarité active), les départements le distribuant devraient recevoir 120 millions d'euros pour compenser la hausse de son montant.

Renationalisation totale d’EDF

Le projet de budget rectifié ouvre 44 milliards d’euros de crédits pour 2022, dont 9,7 millions pour financer la renationalisation d’EDF. Le but est de financer le groupe et d’investir notamment une « relance du programme nucléaire en France », avec six nouveaux réacteurs EPR, a indiqué le ministre de l’Économie.

Le projet de loi sur le pouvoir d'achat débarque à partir d'aujourd'hui au Sénat, à majorité de droite , et devra se prononcer sur plusieurs mesures. Ce sera ensuite au tour du budget rectificatif pour 2022.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

COMBIEN A COUTE BRIGITTE MACRON

A L'ETAT FRANCAIS EN 2021 ?

La Cour des comptes a publié son rapport annuel sur « les comptes et la gestion des services de la présidence de la République. » et mentionne notamment le montant des dépenses rattachées à Brigitte Macron.

Si cette dernière ne possède aucun statut officiel à l'Elysée, elle est cependant la Première dame à qui certaines missions auprès du chef de l'Etat incombent. Le rapport liste d'ailleurs les « missions dévolues » à la première dame. Elle doit « représenter la France aux côtés du chef de l'État lors des sommets et réunions internationales, répondre aux sollicitations des Français qui souhaitent la rencontrer, superviser les réceptions officielles au palais de l'Élysée et soutenir des œuvres caritatives, culturelles ou sociales qui participent au rayonnement international de la France. »

Puis la Cour des comptes comptabilise ses dépenses. Selon la Cour des comptes, sur l'année 2021, Brigitte Macron a coûté « 292 454 € (contre 291 826 € en 2020). »

« En 2021, Madame Macron a participé à neuf déplacements officiels hors Île-deFrance avec le président de la République, dont trois à l'étranger, soit deux fois plus qu'en 2020 mais à un niveau demeurant inférieur à celui de 2019 (12 déplacements en 2019, quatre en 2020) » explique également le rapport.

Brigitte Macron « ne dispose d'aucun budget de représentation pour ses vêtements et bénéficie, pour ses activités publiques et officielles, des services de la coiffeuse maquilleuse de la Présidence. »




Emily Jackson pour DayNewsWorld

UN PLAN MARSCHALL POUR LA RECONSTRUCTION DE L'UKRAINE ESTIMEE A 750 MILLIARDS D'EUROS ?

Le sommet sur la reconstruction de l'Ukraine se tient depuis lundi 4 juillet 2022 à Lugano en Suisse avec la participation des délégations de 38 Etats et 14 organisations internationale. Une importante délégation ukrainienne y participe également.

Chaque année depuis cinq ans, une conférence de haut niveau se tient sur l’Ukraine et sur les réformes qu’il lui faut mener, notamment dans la lutte contre la corruption qui ronge l’économie de ce pays. Dans son rapport 2021, l'ONG Transparency International classe en effet ce pays 122e sur 180, encore très loin derrière ses voisins membres de l'UE (le moins bien placé, la Bulgarie, est au 78e rang).

La guerre menée par la Russie a cependant quelque peu bousculé le programme. Et c’est de la reconstruction dont il est question jusqu’à mardi à Lugano. S’exprimant dans un message vidéo, le président Zelensky a souligné que ce devait être «la tâche commune de tout le monde démocratique» et «la contribution la plus importante à la paix dans le monde».

Coût estimé à 750 milliards

Les participants ont réfléchi à un plan de relance pour le pays miné par la guerre en fixant des priorités et en identifiant les besoins de financement. Le coût de la reconstruction a été estimé ce lundi à au moins 750 milliards de dollars par le Premier ministre ukrainien, s'interrogeant sur « qui doit payer » avant de répondre qu'une « source clé » de financement devrait être la saisie des avoirs de la Russie et des oligarques russes gelés dans le cadre des sanctions internationales contre Moscou. Les estimations du montant des avoirs gelés vont de 287 à 479 milliards d'euros (300 à 500 milliards de dollars) selon M. Chmygal.

De son côté, la Kyiv School of Economics (KSE) avait estimé les dommages causés jusqu'à présent aux bâtiments et aux infrastructures à près de 104 milliards de dollars. En outre, l'économie du pays aurait déjà perdu 600 milliards de dollars d'après certaines estimations.

Forte implication du Royaume-Uni

Très impliqué, le Royaume-Uni, qui est l'un des alliés les plus actifs de l'Ukraine, soutiendra notamment la reconstruction de la ville et de la région de Kiev, à la demande du président Zelensky, a indiqué le Foreign Office dimanche. Londres compte également travailler avec Kiev et ses alliés pour accueillir la conférence sur la relance de l'Ukraine en 2023 et établir un bureau dans la capitale du Royaume-Uni pour aider à coordonner ces efforts de reconstruction.

Vers un « plan Marshall » pour l'Ukraine

Mais c'est surtout la perspective d'un « plan Marshall » qui est au centre des discussions. Les participants doivent, en effet, dessiner l'ébauche d'un plan similaire au programme économique américain qui avait permis de relever l'Europe occidentale des ruines de la deuxième guerre mondiale, cette fois à destination de l'Ukraine. Dans cette optique, la Banque européenne d'investissement (BEI) doit d'ailleurs proposer la création d'un nouveau fonds pour l'Ukraine, qui pourrait atteindre 100 milliards d'euros, selon des sources au fait du plan.

L'expression « plan Marshall » a été employée à plusieurs reprises au sujet de l'Ukraine par le chancelier allemand Olaf Scholz ou encore le président du Conseil européen Charles Michel. Celui adopté aux Etats-Unis en avril 1948 et intitulé « programme de reconstruction européenne » (European Recovery Programm, ERP) offrait à tous les pays d'Europe, y compris l'URSS et les autres pays communistes, de bénéficier de l'assistance américaine à la reconstruction matérielle et au redressement financier pour une durée de quatre ans. il faut

Le président de la confédération helvétique Ignazio Cassis a cependant rappelé que reconstruction et réformes n'étaient « pas en concurrence » pour préparer une Ukraine européenne, verte et numérique.

« Elles se renforcent », a ajouté M. Cassis qui a appelé à poursuivre, malgré la guerre, les efforts contre la corruption et pour garantir le fonctionnement de la justice.




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

LES ENGAGEMENTS DES DIRIGEANTS

AU SOMMET DU G7

Réunies en Bavière au château d’Elmau du 26 au 28 juin 2O22 les puissances industrielles du G7 ont proposé un éventail de réponses aux crises mondiales. De la guerre en Ukraine aux menaces de pénuries alimentaires en passant par le péril climatique, retour sur les engagements pris par les dirigeants de l’Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

La guerre et la reconstruction de l' Ukraine

Les participants au sommet ont tenu à montrer un visage uni contre Moscou. Le G7, auquel s’est joint cinq pays émergents, dont l’Inde, a condamné l’invasion « illégale » de l’Ukraine, par la Russie. Les alliés ont notamment promis de fournir un soutien financier, humanitaire, militaire et diplomatique et de rester aux côtés de l’Ukraine « aussi longtemps qu’il le faudra ». L’aide financière débloquée pour ce pays en 2022 atteint désormais 29,5 milliards de dollars. Kiev devrait aussi recevoir de nouveaux armements, notamment des missiles antiaériens américains sophistiqués.

Pour tarir davantage les revenus de la Russie, les dirigeants du G7 vont lancer les travaux visant à mettre en place un mécanisme de plafonnement du pétrole russe, afin de frapper une importante source de revenus de Moscou, a dit un haut responsable de la Maison Blanche. Le G7 prévoit également d’imposer une interdiction de l’importation d’or russe. Pour contrôler le prix de l’or noir vendu par la Russie, les sept pays « envisagent une série d’approches », y compris « une éventuelle interdiction de tous les services qui permettent le transport maritime du pétrole brut et des produits pétroliers russes », à moins que le pétrole ne soit acheté en dessous du plafond qui serait fixé.

Les sept puissances, à l’issue de leur réunion, se disent « résolues à soutenir la reconstruction de l’Ukraine par le biais d’une conférence et d’un plan de reconstruction internationaux »​.

La Chine

Les dirigeants présents en Allemagne ont dénoncé les pratiques commerciales internationales « non transparentes et faussant le marché » de Pékin. Ils souhaitent donc s’affranchir de la dépendance à l’égard de la Chine, en « favorisant la diversification et la résistance à la coercition économique » et en « réduisant les dépendances stratégiques ». Les membres du G7 ont également fait part de leurs préoccupations concernant les violations des droits de l’homme en Chine, l’exhortant à respecter les libertés fondamentales. Ils ont souligné que la situation au Tibet et au Xinjiang, où sévit le « travail forcé », les « préoccupait grandement ».

Le communiqué final exhorte également la Chine à « honorer ses engagements » au titre de la déclaration commune sino-britannique, garantissant à Hong Kong certaines libertés et son autonomie pendant 50 ans dans le cadre du modèle « Un pays, deux systèmes ».

Atténuer la crise alimentaire

Le G7 s’est engagé à verser 4,5 milliards de dollars supplémentaires pour atténuer la crise alimentaire mondiale, portant le total des engagements communs à 14 milliards de dollars sur l’année. Les sept puissances ont également appelé pays et entreprises disposant d’importants stocks de nourriture à assumer leurs responsabilités pour atténuer la crise alimentaire déclenchée par le conflit en Ukraine. Elles exhortent aussi « tous les pays à éviter le stockage excessif de denrées alimentaires, qui peut entraîner de nouvelles hausses de prix ». En outre elle a aussi réitéré son « appel pressant à la Russie pour qu’elle mette fin, sans condition, au blocus des ports ukrainiens de la mer Noire, à la destruction d’infrastructures portuaires et de transport essentielles, silos et terminaux à grains, à l’appropriation illégale par la Russie de produits et d’équipements agricoles en Ukraine et à toutes les autres activités qui entravent la production et l’exportation de production et les exportations ukrainiennes de denrées alimentaires »​. La Russie nie pour sa part avoir bloqué le passage des cargos et accuse les sanctions occidentales de contribuer à la crise alimentaire.

Les engagements sur le climat

Les pays du G7 se sont accordés pour renforcer la coopération dans la lutte contre le réchauffement de la planète. Mais leurs ambitions, qui se heurtent aux craintes de pénuries d’énergie, ont déçu les défenseurs de l’environnement. Les puissances, qui doivent à court terme se passer du gaz russe, sont sous pression pour tenir leurs engagements climatiques.

Dans leur déclaration finale, les chefs d’Etat ou de gouvernement ont certes réaffirmé « leur engagement indéfectible » envers l’Accord de Paris qui vise à limiter le réchauffement climatique mondial à 1,5° par rapport à l’ère préindustrielle et leur objectif de parvenir à zéro émission nette de carbone d’ici à 2050. Ils ont aussi souligné « l’urgence accrue d’agir » pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’environ 43 % d’ici à 2030 par rapport au niveau de 2019. Le G7 s’est en outre engagé à ce que le secteur routier soit « fortement décarboné d’ici à 2030 ».

Le sommet a aussi convenu de créer un « Club Climat » composé de pays volontaires pour coordonner et accélérer les efforts de lutte contre le réchauffement climatique. Mais des voix critiques soulignaient à l’issue du sommet que l’idée restait vague et risquait de devenir « juste un autre club », selon Martin Kaiser, le directeur exécutif de Greenpeace en Allemagne.

L’énergie

Emmanuel Macron, le chancelier allemand Olaf Scholz, le président américain Joe Biden, le Premier ministre britannique Boris Johnson, le Premier ministre japonais Fumio Kishida, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen Charles Michel, le Premier ministre italien Mario Draghi et le Premier ministre canadien Justin Trudeau, se sont engagés à mettre fin, d’ici à la fin de 2022, à tout nouveau soutien public direct au secteur international de l’énergie à base de combustibles fossiles non exploités. Toutefois, face à la ruée sur les sources d’énergie alternatives pour s’émanciper des combustibles fossiles russes, le G7 a convenu que des investissements publics pouvaient être réalisés dans le secteur du gaz « à titre de réponse provisoire ».

En annonçant ces engagement, bien que le G7 ne représente plus les sept plus grandes puissances économiques, Joe Biden tente de donner à ce groupe un tour plus politique, celui de la lutte des démocraties contre les autocraties...




Alize Marion pour DayNewsWorld

FAUT-IL S'INQUIETER DE LA MENACE DE PENURIE D'ENERGIE ?

Faut-il que la pénurie menace pour que les grands énergéticiens français EDF, TotalEnergies et Engie, dans une tribune commune publiée dans le Journal du dimanche, dimanche 26 juin 2022, en appellent à la sobriété, au nom de la cohésion sociale ?.

Faut-il que l’heure soit grave que le ministre de l’Economie présente ladite sobriété comme un passage obligé », sans alternative ?

Trois jours plus tôt, lors d’une visite dans un centre de commande national de gaz en Ile-de-France,Elisabeth Borne, accompagnée d’Agnès Pannier-Runacher, avait déjà planté le décor. « Nous devons faire preuve de sobriété énergétique. Je ne sais pas si c’est le bon terme, mais en tout cas nous devons réduire de 40 % d’ici à 2050 » appellent à la sobriété. Une feuille de route devrait s’appliquer dès cet été à l’Etat, aux administrations et aux grandes entreprises.

Voilà que les énergéticiens se transforment en « pères la morale ». « Nous appelons à une prise de conscience et à une action collective et individuelle pour que chacun d’entre nous change ses comportements et limite immédiatement ses consommations énergétiques, électriques, gazières et de produits pétroliers », ont écrit Jean-Bernard Lévy et Patrick Pouyanné, PDG d’EDF et de TotalEnergies, ainsi que Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, dans une tribune parue dans le Journal du dimanche

Dans la tribune du JDD, les trois dirigeants des fournisseurs d'énergie français appellent donc à « un effort collectif et immédiat » pour éviter un hiver sous tension. Les trois appellent les Français à réduire « immédiatement » leur consommation de carburant, d'électricité et de gaz. Selon les trois fournisseurs d'accès d'énergie en France, les risques de pénurie et la flambée des prix sont tels qu'ils vont jusqu'à menacer « la cohésion sociale » l'hiver prochain.

En effet « depuis maintenant des mois, le système énergétique européen subit de fortes tensions et le système énergétique français n'est pas épargné », exposent Catherine MacGregor, directrice générale d'Engie, Jean-Bernard Lévy, président-directeur général d'EDF, et Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies. « Agir dès cet été nous permettra d'être mieux préparés pour aborder l'hiver prochain, et notamment préserver nos réserves de gaz.

Ces tensions s'expliquent par la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales, d'abord. Les livraisons de gaz russe par gazoduc ont « fortement baissé pour certains pays, dont la France ». « Bien qu'en augmentation, les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) sont aujourd'hui encore trop limitées pour compenser ces baisses. Le niveau d'alerte sur les stocks de gaz au niveau européen est dès lors élevé et des mesures de rationnement sont mises en place dans certains pays », soulignent-ils.

Aussi le marché pétrolier mondial pourrait-il connaître des tensions entre le niveau de production et la demande durant l'été. Aux Etats-Unis, on entre dans la 'driving season', la période de l'année où les déplacements automobiles sont les plus importants, car les gens partent en vacances. Et donc celle où on a besoin de plus de carburant automobile. En Chine, l'assouplissement des confinements drastiques imposés à certaines villes va entraîner un retour à la normale des déplacements, et donc une augmentation de la demande pétrolière.

La météo y est aussi pour quelque chose. « Les conditions climatiques et la sécheresse viennent amputer la production hydraulique », écrivent les trois dirigeants dans leur tribune. Une grande partie du parc nucléaire français nécessite effectivement l'eau des rivières pour être refroidi. Par conséquent, un niveau des cours d'eau trop bas, comme cela a été le cas début juin par exemple dans le Rhône, peut mettre en péril ces activités.

A ces causes viennent s'ajouter d'autres handicaps comme le laissait entendre le gestionnaire du réseau de transport d'électricité (RTE) il y a deux semaines auprès de TF1. « Nous nous trouvons en effet dans une période charnière, marquée par une série d'événements à gérer : la fermeture des centrales au fioul et à charbon, celle [nucléaire] de Fessenheim, mais aussi du retard quant au développement d'autres modes de production », note RTE.

De plus au 24 mai, 27 des 56 réacteurs nucléaires français étaient à l'arrêt, selon EDF. Soit près de la moitié. Une situation sans précédent, qui s’explique par des fermetures planifiées mais également par un problème imprévu de corrosion. Alors que la moitié du parc nucléaire est à l’arrêt, le ministère de la Transition énergétique se réserve d’ailleurs « la possibilité de faire fonctionner la centrale [ à charbon] de Saint-Avold quelques heures de plus si nous en avons besoin l’hiver prochain ».

En fait le risque de pénurie plane si bien qu'à court terme , toute économie de gaz ou d’électricité faite aujourd’hui permettra de sécuriser les stocks pour l’hiver.  A moyen terme, le gouvernement afficherait des intentions plus ambitieuses. « L’objectif, c’est une feuille de route qui nous permette de réduire de 10 % la consommation d’énergie par rapport à notre référentiel habituel d’ici deux ans », a précisé la ministre de la Transition énergétique. Ce qui correspond à « la première marche du scénario de RTE, qui vise une réduction de 40 % d’ici à 2050 ».

La France n'est cependant pas le seul pays concerné . Pour compenser les baisses de livraisons de gaz russe, l'Allemagne va par exemple retourner au charbon. Un recours provisoire, promet le ministre de l'Economie et du Climat allemand, qui reconnaît qu'il s'agit d'une décision amère. La prolongation de certaines centrales sera une mesure à court terme, sur une période "limitée", jusqu'en mars 2024, assure Berlin.

D'autres pays d'Europe ont récemment annoncé des mesures similaires. L'Autriche, également dépendante du gaz russe, a également acté le redémarrage prochain d'une centrale à charbon désaffectée, afin de pouvoir pallier une éventuelle pénurie.

Dernier exemple en date : les Pays-Bas. Jusqu'ici, les centrales électriques au charbon néerlandaises ne pouvaient fonctionner à plus de 35% de leur capacité, selon une loi en vigueur depuis janvier 2022 pour réduire les émissions de CO2 du pays. Elles peuvent désormais « fonctionner à pleine capacité », a annoncé lundi 20 juin le ministre de l'Environnement et de l'Energie néerlandais, Rob Jetten.

Alors qu’elle prône la sobriété énergétique, Elisabeth Borne a annoncé jeudi dernier la prolongation du bouclier tarifaire jusqu’à la fin de l’année. Un bon signal pour inciter à réduire sa consommation?




Alize Marion pour DayNewsWorld

LE PROJET DE LOI POUVOIR D'ACHAT

APREMENT DEBATTU

Le texte, qui a vocation à aider les Français à faire face à l'inflation, doit être présenté en Conseil des ministres le 6 juillet puis examiné au Parlement dans la foulée. Ce doit être le premier grand texte du second quinquennat d'Emmanuel Macron. Le projet de loi « pouvoir d'achat », censé être présenté en Conseil des ministres mercredi 6 juillet et examiné au Parlement dans la foulée, doit permettre de soulager les Français, plombés par une inflation qui devrait atteindre en moyenne 5,5% en 2022.

Son contenu fait déjà l'objet d'une âpre bataille politique entre les oppositions et l'exécutif, les premières comptant sur l'absence de majorité absolue à l'Assemblée nationale du camp présidentiel pour imposer certaines de leurs mesures clés. C'est pourquoi le ministre de l’économie a alerté sur le niveau d’endettement de la France, ce lundi. Une manière d’appeler les oppositions à la retenue avant les débats du projet de loi pouvoir d’achat à l’Assemblée nationale.

La France a atteint sa « cote d’alerte » sur les finances publiques, a en effet estimé le ministre de l’économie Bruno Le Maire, lundi 27 juin, au moment où l’exécutif cherche un compromis avec l’opposition pour son projet de loi sur le pouvoir d’achat.

« Tout n’est pas possible, tout simplement parce que nous avons atteint la cote d’alerte sur les finances publiques », a affirmé M. Le Maire, ajoutant que « les conditions de financement ont changé » et qu’aujourd’hui la France emprunte « à plus de 2 % » pour financer les dépenses publiques, quand elle le faisait encore récemment à taux négatifs ou très faibles. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), la dette publique française a dépassé 2 900 milliards d’euros à la fin du troisième trimestre, soit 114,5 % du produit intérieur brut (PIB), du fait aussi d’une croissance économique en berne.

Le projet de loi pouvoir d’achat, objet de toutes les tractations

A droite, le nouveau président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, Olivier Marleix, a fortement insisté sur le risque d’une augmentation de la dette française, lundi matin sur Europe 1, quelques minutes avant la prise de parole de M. Le Maire. « Sur la question du pouvoir d’achat et d’un tel problème pour nos compatriotes, évidemment on va tout faire pour converger avec le gouvernement » et « avancer sur ces mesures », a déclaré le député d’Eure-et-Loire alors que Les Républicains, s’ils refusent de participer au gouvernement, assurent qu’ils voteront possiblement des textes « au cas par cas ».

M. Marleix a toutefois posé deux conditions : la nécessité de prendre en compte le fait que la question du pouvoir d’achat est « un sujet d’ampleur pour la France qui travaille », et « il faudra évidemment que le gouvernement accepte d’envisager la question du financement de ces mesures ».

« On sera exigeants à l’égard du gouvernement pour que ce soit financé. La situation de la dette française aujourd’hui est très grave (…) Le gouvernement ne peut pas dire : “Allez hop, 30 milliards de dette supplémentaire !” Ce serait irresponsable », a-t-il estimé, promettant que les députés LR « feront des propositions sur le sujet du financement ».

A gauche, le député et secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, a souhaité sur CNews « une forte augmentation du pouvoir d’achat » avec notamment « une baisse tout de suite de la TVA sur l’essence ». « On ne se contentera pas de miettes » et « on va tous descendre dans la rue s’il le faut pour obtenir ces mesures », a-t-il prévenu.

Un coup de pouce de huit milliards d’euros pour les prestations sociales

Interrogé sur la proposition faite par plusieurs partis de l’opposition, comme Les Républicains ou le Rassemblement national, d’une baisse de taxe sur les carburants, M. Le Maire a assuré que le gouvernement allait « discuter » avec ces formations mais que « l’esprit de compromis doit s’accompagner d’un esprit de décision ».

La prolongation de mesures existantes

Plusieurs mesures déjà mises en œuvre ces derniers mois pour lutter contre la hausse des prix devraient être prolongées. C'est le cas du bouclier tarifaire sur l'énergie (qui vient déjà d'être prolongé par décret jusqu'au 31 décembre 2022), et qui plafonne les tarifs de vente du gaz et de l'électricité. La remise de 18 centimes par litre sur les carburants tient encore aussi, au moins pour le mois d'août. Le gouvernement réfléchit en parallèle à un nouveau dispositif plus ciblé sur les gros rouleurs, mais son articulation avec la remise n'est pas tranchée, a assuré vendredi 24 juin la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher.

L'indemnité inflation, ponctuelle, devrait également faire son retour sous le nom de chèque alimentation. Le gouvernement a abandonné l'idée d'un chèque alimentaire mensuel, qui devait permettre l'accès à des produits de qualité. Cette nouvelle aide financière, dont le montant n'est pas encore fixé, sera versée « en une fois » et « à la rentrée », directement sur le compte bancaire des plus modestes, a annoncé la Première ministre, Elisabeth Borne. Tout en assurant que la réflexion continuait sur un chèque alimentaire plus ciblé sur les produits « de qualité » et « bio ».

Enfin, la prime Macron, qui avait fait son apparition durant la crise des « gilets jaunes », sera pérennisée et son plafond triplé. Les entreprises pourront donc verser jusqu'à 3 000 euros à leurs salariés, voire 6 000 euros pour les entreprises de moins de 50 salariés et celles qui ont un accord d'intéressement.

Des revalorisations de prestations sociales

Plusieurs prestations sociales doivent être revalorisées. Les pensions de retraite et d'invalidité des régimes de base, la prime d'activité (dont le montant forfaitaire est de 563,68 euros), mais aussi les prestations familiales et les minima sociaux, dont le revenu de solidarité active (550,93 euros pour une personne seule sans ressource), l'allocation aux adultes handicapés (919,86 euros au maximum), l'allocation de solidarité aux personnes âgées (916,78 euros pour une personne seule) devraient connaître une hausse de 4%, selon le projet de loi consulté. Ce coup de pouce sera rétroactif au 1er juillet. Le coût de ces revalorisation s'élève à « un peu moins de 7 milliards fin 2022 », selon Les Echos

Le projet de loi de finances rectificative, présenté en même temps que le projet de loi « pouvoir d'achat », devrait en outre intégrer une revalorisation de 3,5% de l'aide personnalisée au logement (APL), ce qui représenterait une dépense supplémentaire de 168 millions d'euros.

De nouvelles mesures mises en place

Le gouvernement prévoit par ailleurs une série de nouvelles mesures. Les fonctionnaires verront ainsi la fin du gel de leur point d'indice, qui sert de base à leur rémunération. Les syndicats de la fonction publique demandent entre 3% pour la CFDT et 20% pour la CFTC. Une hausse de 1% coûterait 2 milliards d'euros par an à l'Etat, selon le gouvernement, qui devrait annoncer la valeur du nouveau point le 28 juin.

Une baisse des cotisations des travailleurs indépendants est également prévue dans le projet de loi. Elle doit leur permettre de gagner « 550 euros par an au niveau du smic », avait assuré mi-mai le porte-parole de l'ancien gouvernement Gabriel Attal.

Le projet de loi prévoit par ailleurs un renforcement de la « prime de transport » versée par les entreprises à leurs salariés pour couvrir une partie du coût de leurs déplacements domicile-travail. Le plafond d'exonération fiscale et sociale de la prise en charge par l'employeur des frais de carburant de ses salariés sera ainsi doublé, de 200 à 400 euros pour les années 2022 et 2023. Les salariés pourront aussi cumuler cette prime avec la prise en charge par l'employeur de 50% du prix des abonnement aux transports en commun.

La suppression de la redevance audiovisuelle devrait par ailleurs être effective dès l'automne prochain, avec un gain pour les ménages de 138 euros, soit un manque à gagner pour l'Etat de plus de 3 milliards d'euros net.

Le texte veut également ouvrir la possibilité d'instaurer un dispositif d'intéressement par l'employeur même sans accord de branche ou avec les représentants du personnel. L'objectif étant de faire bénéficier les salariés du partage de la valeur créée dans l'entreprise. En revanche, la piste d'un « dividende salarié », qui devait rendre obligatoire la participation en entreprise, « ne figure pas dans le texte initial à ce stade », confirme le ministère du Travail.

Outre ces mesures, le gouvernement prévoit d'intégrer au projet de loi de finances rectificative un « bouclier loyer », visant à plafonner les hausses de loyer pendant un an à 3,5%, a confirmé Bruno.

« La politique, c’est des choix (…) Il est impératif de réduire l’endettement public », mais « il faut dans le même temps protéger nos compatriotes qui sont les plus fragiles, mais les protéger de manière responsable. », conclut Bruno Lemaire.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

LA GUERRE EN UKRAINE VA LOURDEMENT PESER

 SUR LA CROISSANCE ET L'INFLATION 

DANS LE MONDE SELON L'OCDE

Dans ses dernières prévisions de mercredi, l'organisation internationale a doublé sa prévision d'inflation pour ses pays membres en 2022 à 8,5%.

Les conséquences de la guerre en Ukraine pourraient engendrer une flambée de l'inflation de 8,5% parmi les pays membres de l'OCDE en 2022, alerte l'organisation internationale dans ses dernières prévisions économiques mercredi, un niveau deux fois plus élevé que celui qu'elle anticipait en décembre.

La hausse des prix devrait ensuite ralentir en 2023, prévient l'OCDE, qui regroupe 38 pays développés à travers la planète, tout en mettant en garde contre une aggravation de ces perspectives en cas de nouveaux chocs économiques.

Une croissance mondiale pour 2022 abaissée à 3%

La croissance mondiale va fortement ressentir les conséquences de la guerre en Ukraine cette année, a également mis en garde l'organisation, faisant passer son anticipation de croissance à 3% contre 4,5% en décembre dernier. Particulièrement affectée, la zone euro devrait enregistrer une hausse de 2,6% de son PIB contre 4,3% prévus précédemment, et la France par exemple une progression de 2,4% contre 4,2% imaginés en décembre par l'organisation internationale basée à Paris.

«Le monde paiera un lourd prix à la guerre russe contre l'Ukraine», a alerté la numéro deux et cheffe économiste de l'OCDE, Laurence Boone, dans un texte introductif à ces prévisions intitulé «le prix de la guerre». «Une crise humanitaire se déroule sous nos yeux, laissant des milliers de personnes décédées, forçant des millions de réfugiés à fuir leur foyer et menaçant une reprise économique qui était en chemin après deux années de pandémie», poursuit-elle.

Une facture qui change entre les zones géographiques

La facture de la guerre varie nettement selon les zones géographique: la zone euro voit sa prévision de croissance nettement réduite à 2,6% contre 4,3% en décembre, avec un plongeon pour l'Allemagne à 1,9% (-2,2 points) et la France à 2,4% (-1,8 point). Le Royaume-Uni s'en sort plutôt bien cette année avec 3,6% anticipés (-1,1%) mais cale complètement à 0% concernant la prévision 2023, contre 2,1 anticipés auparavant.

Les États-Unis devraient quant à eux connaître en 2022 une croissance de 2,5%, contre 3,7% attendus en décembre, et la Chine de 4,4% (contre 5,1%). Jugée encore «temporaire» en septembre 2021 par l'OCDE, l'inflation s'est nettement tendue avec la persistance des problèmes dans les chaînes d'approvisionnement et la flambée des prix sur l'énergie, les aliments et les métaux, à la suite de la guerre.

Si l'OCDE voit ces pressions s'apaiser l'an prochain elle prévient cependant qu'au regard de l'incertitude ambiante, celles-ci pourraient encore s'aggraver.

Or une inflation qui s'emballe pourrait entraîner des hausses brutales de taux d'intérêt par les banques centrales, menaçant d'autant plus une reprise économique déjà chancelante, craint l'organisation.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

LA COREE DU NORD FACE A 1,2 MILLIONS DE CAS COVID-19 EN TROIS JOURS

Après avoir nié la présence du virus SARS-CoV-2 sur son territoire pendant près de deux ans, Pyongyang a fait état d'une explosion des contaminations.

Alors que la quasi-totalité des pays ont été touchés à divers degrés par des vagues successives de Covid-19 depuis plus de deux ans, la Corée du Nord a toujours clamé faire partie des trois territoires, avec le Turkménistan et les îles Tuvalu, à n'avoir jamais été exposés au virus, observe Vice.

Si des doutes subsistent encore quant à cette absence du SARS-CoV-2 sur le territoire nord-coréen depuis le début de la pandémie, la situation a en tout cas changé depuis le jeudi 12 mai. Ce jour-là, les médias d'État ont rapporté –certes à demi-mot– le tout premier cas de Covid-19 dans le pays. Depuis, on compte près de 1,2 million de personnes infectées et cinquante décès des suites d'une infection au virus. Une évolution impressionnante en si peu de temps qui, selon Vice, pourrait être largement sous-estimée.Une question est désormais sur toutes les lèvres: comment le virus est-il rentré dans le pays? Surtout compte tenu du fait que «la Corée du Nord a été l'une des premières à sceller ses frontières étrangères en janvier 2020 et à paralyser le commerce international –y compris avec la Chine», rappelle Vice.

Selon Ethan Jewell, correspondant basé à Séoul pour NK News, l'une des pistes principales pour expliquer la propagation du virus sur le territoire nord-coréen serait pourtant bien à chercher du côté de la Chine, un pays également durement touché par le Covid-19 depuis plusieurs mois. Toujours d'après Vice, «il y a eu de nombreux rapports sur des personnes faisant des allers-retours illégaux [...] dans le but de fournir des ressources essentielles aux communautés nord-coréennes appauvries et affamées».

Un système médical sous tension

Selon Vice, des soldats nord-coréens auraient alors pu se trouver en contact avec certains de ces contrebandiers chinois. Ils se seraient ensuite rendus à une parade militaire organisée à Pyongyang le 25 avril dernier, transformant l'événement en cluster géant. Pour Hong Min, un chercheur de l'Institut coréen pour l'unification nationale, il n'y a aucun doute: «l'épidémie actuelle de Covid [en Corée du Nord] est étroitement liée au défilé du 25 avril».

D'autre part, face au nombre de cas qui ne cesse d'augmenter, le système de santé nord-coréen est à la peine. «En ville, vous avez un très grand hôpital général... mais si vous allez dans les villages, ils ont à peine des cliniques, explique Hong Lim. Le système médical est sous tension et la pénurie de médicaments est évidente.»

En raison du peu de personnes vaccinées et du manque de traitements disponibles, les experts estiment que la Corée du Nord pourrait instaurer des mesures draconiennes de confinement afin de limiter la propagation du virus, à l'instar de son voisin chinois.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

POURQUOI LES REMUNERATIONS DES GRANDS PATRONS EXPLOSENT-ELLES ?

Comme chaque printemps, avec la publication des documents de référence des entreprises cotées, la rémunération des grands patrons suscite des réactions indignées. Cette année, une étude de Fintech Scalens, une plate-forme spécialisée dans les services aux sociétés cotées, a notamment montré que les dirigeants du CAC 40, les quarante entreprises les mieux valorisées à la bourse de Paris, ont vu leur rémunération doubler en un an, atteignant une moyenne de 8,7 millions d’euros. Même tendance haussière aux États-Unis : les 100 principaux dirigeants américains ont vu leur rémunération progresser de 31 % en 2021 pour s’établir à environ 20 millions d’euros par personne en moyenne (dont +569 % pour le patron d’Apple, Tim Cook, ou encore +65 % pour celui de Goldman Sachs).

Un nom a retenu en particulier l’attention de la presse française : celui de Carlos Tavares, le directeur général du groupe automobile Stellantis (né de la fusion entre Fiat Chrystler et PSA Peugeot Citroën), censé toucher 66 millions d’euros de rémunération totale en 2021, dont une part fixe de 19 millions d’euros. Ce chiffre, rendu public pendant l’entre-deux-tours de la campagne présidentielle, a été jugé « choquant » aussi bien par la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, que par le président candidat Emmanuel Macron qui a en outre appelé à un plafonnement des rémunérations des dirigeants à l’échelle européenne.

Le cas de Carlos Tavares apparaît en effet d’autant plus polémique que, sous le mandat de François Hollande, une loi a été adoptée pour que la rémunération patronale soit soumise à l’approbation des actionnaires. Le 13 avril dernier, ces derniers se sont d’ailleurs opposés au versement des 66 millions d’euros lors de l’assemblée générale du groupe. Mais le vote a eu lieu au nouveau siège situé aux Pays-Bas, où ce vote n’a qu’une fonction consultative… La déléguée syndicale centrale CFDT, a ainsi amèrement regretté au sujet du déménagement : « on nous assurait pourtant que c’était par neutralité géographique, pas pour des avantages financiers… »

Une décorrélation de la performance

Lors de l’assemblée générale du groupe Stellantis, le président John Elkann avait justifié ce niveau de rémunération en expliquant vouloir « récompenser les performances » du dirigeant qui a mené à bien la fusion entre Fiat Chrystler et PSA Peugeot Citroën.

Pourtant, la question de savoir s’il faut récompenser financièrement la réussite, même si elle est largement débattue en psychologie depuis les travaux fondateurs d’Edward Deci, n’est pas ce qui est principalement en jeu ici. Ce qui choque, c’est le niveau de cette récompense. Comment peut-on l’expliquer ? Est-ce une pratique pertinente en termes de management ?

66 millions d’euros pour Carlos Tavares : le salaire du dirigeant de Stellantis contesté (France 24, 14 avril 2022).

Aux États-Unis, les dirigeants ont en moyenne gagné 254 fois plus que leurs salariés en 2021, contre 238 fois en 2020. Un niveau proche de celui observé en France. Or, si le niveau absolu de cet écart peut légitimement choquer, c’est surtout son évolution au cours des dernières décennies qui constitue le phénomène le plus surprenant.

En effet, cet écart n’était que de 1 à 20 aux États-Unis en 1965. C’était d’ailleurs l’écart maximal de rémunération que recommandait au début du XXe siècle le célèbre banquier J.P. Morgan, peu réputé pour son militantisme égalitaire. Qu’est-ce qui peut expliquer une telle inflation ? Ce n’est certainement pas un accroissement proportionnel du talent et des responsabilités des grands patrons : quel que soit l’indicateur choisi, rien n’indique que la performance des dirigeants (et des entreprises qu’ils dirigent) a été multipliée par 20 depuis les années 1960.

Consanguinité des conseils d’administration

En fait, l’explosion de la rémunération des dirigeants des sociétés cotées s’explique par la conjonction de deux effets pervers. Le premier de ces effets est la consanguinité des conseils d’administration et des conseils de surveillance, connue en France sous le doux nom de « barbichette », en référence à la comptine « je te tiens, tu me tiens par la barbichette », qui devient : « tu es membre de mon conseil, tu votes ma rémunération, je suis membre de ton conseil, je vote ta rémunération ».

Pour légitimer la rémunération des dirigeants, certains affirment qu’il existerait un « marché » des talents, et que les rémunérations, quelque exubérantes qu’elles soient, correspondraient au « prix de marché » des compétences. Or, si un tel marché existe pour les dirigeants des grands groupes, ce n’est certainement pas un marché libre et le prix n’y est certainement pas une mesure objective de la valeur. En effet, les conseils d’administration des groupes cotés sont souvent composés d’individus qui sont eux-mêmes dirigeants, et qui siègent souvent dans plusieurs autres conseils.

Il existe donc une forme de connivence plus ou moins affichée entre les dirigeants et ceux qui évaluent leur action et décident de leur rémunération. Cette situation n’est d’ailleurs pas spécifique au capitalisme français (même si les collusions entre anciens des mêmes grandes écoles et des mêmes grands corps ont tendance à la renforcer), puisqu’on la retrouve par exemple aux États-Unis.

La consanguinité des conseils d’administration et des conseils de surveillance, l’un des facteurs qui entretient les salaires des dirigeants à la hausse.

On peut ainsi expliquer le niveau de rémunération des grands patrons par le fait qu’ils se l’attribuent eux-mêmes, au travers de leurs administrateurs, avec lesquels ils partagent les mêmes intérêts et les mêmes réseaux. Cependant, si ce phénomène peut permettre de comprendre le montant des rémunérations, il n’explique pas leur multiplication depuis les années 1960. En effet, l’endogamie des instances de pouvoir est vieille comme le monde, et rien n’indique qu’elle soit pire aujourd’hui qu’elle ne l’était hier.

« Lake Wobegon effect »

Pour expliquer l’explosion de la rémunération des dirigeants, il faut donc invoquer un deuxième effet pervers, bien plus redoutable car largement contre-intuitif. C’est à partir des années 1990 que la réglementation a peu à peu imposé une révélation des niveaux de rémunération des dirigeants des entreprises cotées. Aux États-Unis, cela a pris la forme d’une nouvelle règle édictée par la Securities and Exchange Commission (SEC) en 1992. En France, c’est la loi NRE du 15 mai 2001, revue par la loi de Sécurité financière du 1er août 2003 qui a fixé ce cadre.

Dans les deux cas, l’objectif était le même : mieux informer les actionnaires sur les rémunérations des dirigeants, avec l’hypothèse sous-jacente que si ces rémunérations devenaient publiques, elles resteraient contenues. Or, paradoxalement, c’est exactement l’inverse qui s’est produit : c’est la publication des rémunérations qui a provoqué leur inflation.

En effet, dès lors que la rémunération est publique, elle devient une mesure de la valeur des dirigeants et donc un enjeu. Tant qu’elle était secrète, elle ne permettait pas de comparer les individus et restait donc une question purement privée. Devenue publique, elle s’impose comme l’étalon de leur talent. Lorsqu’une société cotée nomme un nouveau dirigeant et qu’elle décide de le payer moins que son prédécesseur, tout le monde le sait, et on va en déduire qu’il n’est pas aussi capable que celui qu’il remplace. De même, si le dirigeant d’une entreprise est moins payé que la moyenne de son industrie, tout le monde le sait, et on va en déduire qu’il n’est pas parmi les plus talentueux.

C’est parce que les rémunérations sont publiques que tous les dirigeants cherchent à gagner plus que la moyenne et que tous les conseils d’administration ne cessent de mieux les payer. En effet, un administrateur qui douterait publiquement de la compétence du dirigeant provoquerait un effondrement du prix de l’action. Réciproquement, pour influencer positivement la valeur actionnariale, un conseil d’administration a intérêt à donner tous les signes les plus patents, les plus mesurables et les plus visibles de l’extrême confiance qu’il a dans le talent exceptionnel du dirigeant : c’est ce qu’il fait en décidant de l’augmenter. Par conséquent, une fois publique, la rémunération des dirigeants devient instrumentalisée comme à la fois un outil de mesure et un mécanisme d’influence.

Le phénomène d’instrumentalisation de la moyenne est connu aux États-Unis sous le nom de « Lake Wobegon effect », du nom de la ville fictive de Lake Wobegon, où comme le veut la légende « toutes les femmes sont fortes, tous les hommes sont beaux et tous les enfants sont au-dessus de la moyenne ». S’il est impossible que tout le monde soit meilleur que la moyenne, le fait que chacun cherche à l’être provoque son inflation.

Une solution simple pour une anomalie récente

Que retenir de tout cela ? Au regard de l’histoire, l’explosion des rémunérations des patrons des grandes entreprises reste une anomalie, et c’est une anomalie récente (l’économiste français Thomas Piketty condamne à ce propos un « extrémisme méritocratique »). D’un point de vue managérial, les niveaux actuels de rémunération ne se justifient pas, car pendant longtemps les entreprises ont été très bien dirigées sans que leurs patrons ne soient aussi grassement payés.

De plus, de tels écarts de rémunération provoquent un profond sentiment d’iniquité, au risque d’une démotivation générale, bien plus préjudiciable à la performance des entreprises qu’une très hypothétique érosion du talent des dirigeants. Comme le dit avec malice le milliardaire américain Warren Buffett :

« Quand un dirigeant avec une réputation d’excellence rencontre une industrie avec une réputation de difficulté, c’est généralement l’industrie qui conserve sa réputation ».

Par conséquent, si nous voulons mettre fin à cette anomalie historique qu’est l’explosion des rémunérations des grands patrons (ou celle des stars de cinéma et des champions sportifs), la conclusion qui s’impose est limpide : il faut rendre ces rémunérations secrètes. Dès lors qu’elles seront secrètes, les rémunérations cesseront d’être une mesure de la valeur des individus, et donc d’être un enjeu. Bien entendu, rien ne dit qu’en devenant confidentielles, les rémunérations redescendront à des niveaux plus raisonnables (pour cela, il faudrait que la loi l’impose ou que les actionnaires l’exigent), mais a minima elles auront moins de raisons d’augmenter.

Reste un obstacle de taille : on voit mal comment l’opinion, scandalisée par les niveaux actuels de ces rémunérations, pourrait accepter qu’on décide de les cacher. J’invite nos lecteurs les plus pédagogues à résoudre cet épineux problème.

D'après Frédéric Fréry

Professeur de stratégie, ESCP Business School, CentraleSupélec – Université Paris-Saclay dans TheConversation




Boby Dean pour DayNewsWorld

DES RISQUES DE CRISE SOCIALE

FACE A LA LA BAISSE DU POUVOIR D'ACHAT

C’est le premier sujet de préoccupation des Français, celui qui a occupé une majeure partie de la campagne et restera au cœur de l’attention du président: le pouvoir d’achat. En la matière, Emmanuel Macron n’entame pas son second quinquennat doté d’un grand crédit. Fin mars, 74 % des Français estimaient que leur pouvoir d’achat s’était dégradé depuis son élection en 2017…C'est que l'inflation en France a bondi de 4,8 % sur un an en avril après 4,5 % un mois plus tôt selon l'estimation provisoire publiée ce vendredi matin par l'Insee.

La progression des prix en France continue d'être tirée par l'envolée des cours des hydrocarbures exacerbée par l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Sur douze mois, les prix de l'énergie augmentent encore de 26,6 %. Mais la hausse se nourrit aussi d'une « accélération des prix des services, de l'alimentation et des produits manufacturés », précise l'Insee.

Un impact évalué entre 168 euros et 421 euros

L'Hexagone redécouvre donc une valse des étiquettes sans précédent depuis le début des années 1980 et qui risque de durer. Après l'entrée en vigueur des accords commerciaux entre les producteurs et la grande distribution - qui font d'ailleurs l'objet d'une renégociation -, les prix des produits alimentaires s'envolent de 3,8 %, contre 2,9 % en mars. Les produits frais flambent de 6,6 %.

A elle seule, la hausse des prix alimentaires « pourrait amputer le pouvoir d'achat des ménages de 0,4 % à 1,1 % cette année, soit entre 168 euros et 421 euros avec « un impact trois fois plus important pour les 10 % les plus modestes par rapport aux 10 % les plus aisés », ont calculé les économistes d'Asterès. Mais les prix des services augmentent également, de 2,9 %.

«Les chocs de prix se propagent sur l'ensemble de l'économie, ce qui n'est pas de bon augure», résume Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.

Baisse de la croissance

L'inflation risque d'entraîner des pertes de pouvoir d'achat même si l'exécutif a multiplié les dispositifs sous forme de « plan de résilience » pour aider des Français à passer cette période difficile. Chèque énergie, puis bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l'électricité.. .

En conséquence, la consommation des ménages est en baisse, et la croissance du PIB est nulle au premier trimestre 2022 en France, toujours selon l’Insee. En mars, la consommation a chuté de 1,3 % mettant à l'arrêt la croissance française au premier trimestre, a annoncé ce vendredi l'Insee.

Après avoir culminé à 7% en 2021, la croissance économique risque de marquer le pas dans les prochains mois. La plupart des instituts de prévision ont dégradé récemment leurs chiffres de croissance du PIB pour 2022.

« Pour le prochain gouvernement, l'équation va être très compliquée. Il devra gérer les effets de cette inflation sur le pouvoir d'achat des ménages », souligne l'économiste de Ostrum Asset Management Philippe Waechter. « Comme aucun gouvernement ne veut rentrer dans des procédures d'indexation, il y a forcement des pertes de pouvoir d'achat et donc des inégalités qui vont augmenter », rappelle-t-il.

Sur ce point, la hausse des prix des carburants ces dernières semaines a accentué les disparités territoriales en France. Tous les ménages vivant dans des zones rurales et dépendant de la voiture se retrouvent de fait pénalisés par la hausse des prix des carburants. Même si le gouvernement a mis en œuvre plusieurs mesures comme la remise de 18 centimes sur les prix du carburant ou encore le chèque inflation, ces dispositifs non ciblés profitent à un grand nombre de ménages sans distinction.

Plusieurs travaux récents d'économistes ont montré que ces mesures pouvaient creuser le fossé entre les catégories de population alors que ceux en bas de l'échelle sont les plus exposés.

Un risque accru de tensions sociales

Le prochain gouvernement aura également la lourde tâche de juguler les fortes tensions sociales si l'inflation se poursuit dans les prochains mois. Déjà au cours de la campagne présidentielle, de nombreuses opérations escargots et blocages de dépôts de carburants ont eu lieu sur tout le territoire. La grogne pourrait s'amplifier à mesure que l'activité économique marque le pas.La crise des gilets jaunes en 2018 et les multiples manifestations à l'encontre de la réforme des retraites ont montré que les tensions sociales étaient loin d'être apaisées sous la Macronie.

« L'inflation a généré des crises politiques tout au long du 20ème siècle. L'inflation a débouché sur des crises sociales dans beaucoup de pays », rappelle Anne-Sophie Alsif.




Abby Shelcore pour DayNewsWorld

GUERRE EN UKRAINE DES AVANCEES

 DANS LES POURPARLERS

Moscou et Kiev annoncent des avancées dans les discussions. « Nous pouvons dire que les deux parties se sont rapprochées. Elles ont fait des progrès significatifs aujourd’hui. Maintenant, les ministres des Affaires étrangères des deux pays vont se réunir et après, il est prévu une rencontre entre chefs d’Etat », s’est félicité Mevlüt Çavuoglu, le chef de la diplomatie turque dont le pays jouait le rôle de facilitateur dans l’affaire .

La Russie promet en effet un retrait de ses troupes autour de la capitale ukrainienne, en signe de bonne volonté. La Russie a décidé de réduire de manière drastique ses activités militaires autour de Kyiv et Tchernihiv, a déclaré mardi le vice-ministre russe de la Défense à l’issue d’une nouvelle session de pourparlers de paix entre l’Ukraine et la Russie, à Istanbul. L’état-major de l’armée russe devait fournir plus de détails à ce sujet après le retour à Moscou de la délégation de négociateurs. Vendredi, le ministère russe de la Défense avait déjà indiqué que ses forces allaient désormais se concentrer sur une « libération » complète du Donbass, région de l’est de l’Ukraine, précisant qu’il s’agissait d’une des options de départ de leur « opération spéciale », l’autre qui serait donc abandonné étant la conquête de l’ensemble de l’Ukraine. Le Donbass est la région de l’est de l’Ukraine constituée des régions administratives de Louhansk et Donetsk, peuplées en partie de russophones, où Moscou a reconnu l’indépendance des deux républiques séparatistes autoproclamées du même nom juste avant le début de son intervention le 24 février. L’armée russe contrôlerait à l’heure actuelle 93 % du territoire de l’oblast de Louhansk et 54 % du territoire de l’oblast de Donetsk, selon le ministère russe de la Défense. « Les principaux objectifs de la première phase de l’opération ont été globalement atteints », a déclaré dans un discours le général Sergueï Roudskoï, chef d’état-major adjoint.

Alexandre Fomine a présenté cette initiative comme un moyen d’établir la confiance entre les deux camps et d’aller plus loin dans les négociations, alors que l’Ukraine a proposé mardi sa neutralité en échange de garanties de sécurité et de futures discussions sur le statut de la Crimée, annexée par Moscou en 2014.

Selon Vladimir Medinsky, le chef négociateur russe, son pays ne serait pas opposé à une entrée de son voisin dans l’Union européenne....

L’Ukraine demande à l’avenir que des pays – on parle des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la Chine, de la France, de la Turquie, de l’Allemagne, du Canada, de l’Italie, de la Pologne et d’Israël – se portent réellement garants de sa sécurité. En cas d’attaque et après consultation, les capitales concernées s’engageraient à envoyer, au bout de trois jours, des troupes, des armes et à assurer une zone d’exclusion aérienne. Kiev conditionne un tel accord à la tenue d’un référendum sur le sujet. Ce qui implique aussi le retrait total des troupes russes du territoire.

Pour ce qui est de la Crimée, Kiev proposerait un délai de quinze ans pour arriver à s’entendre sur un statut, Volodymyr Zelensky se proposant de négocier en direct avec Vladimir Poutine le sort des régions de Luhansk et Donetsk dans le Donbass.

Une fois ceci approuvé au niveau ministériel, un sommet pourrait être organisé entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky.




Alize Marion pour DayNewsWorld

GUERRE EN UKRAINE ET RISQUE DE CRISE ALIMENTAIRE MONDIALE

Alors que l'Europe craint de grelotter l'hiver prochain une autre calamité est en train de naître dans les vastes plaines céréalières ukrainiennes. Une crise alimentaire mondiale comme la planète n'en a jamais connue. A New York, devant le Conseil de Sécurité de l'ONU, le secrétaire général de l'organisation, le portugais Antonio Guterres, a poussé récemment un gros « coup de gueule », prédisant « un ouragan de famines et un effondrement du système alimentaire mondial ». Notamment au Maghreb et dans une bonne partie de l'Afrique avec les effets en cascade de déstabilisations sociales et politiques de ces pays, déjà très fragilisés par deux ans de pandémie.

Ukraine le grenier à céréales

La guerre en Ukraine a mis à feu et à sang le grenier céréalier de la planète. « Face aux sanctions occidentales après l'annexion de la Crimée, en 2014, Poutine a décidé d'investir massivement pour tendre vers l'indépendance alimentaire, en particulier dans les cultures céréalières, raconte Sébastien Abis, chercheur à l'Iris et directeur du Club Demeter. Quant à l'Ukraine, le virage a été pris à la fin des années 90, avec des volumes d'exportations de produits agricoles qui ont été multipliés par six en vingt ans ». Résultat, un tiers du blé tendre (servant notamment à la fabrication du pain) exporté sur la planète provient de ces deux pays, qui sont également incontournables sur les marchés du maïs, de l'orge, du tournesol ou encore du colza.

Mais depuis l'entrée en guerre, la donne risque de changer : Le ministre de l'Agriculture ukrainien estime que la production agricole locale sera a minima divisée par deux cette année.Les semis de printemps (colza, maïs, et tournesol) et les récoltes risquent d'être entravés vu le nombre d'hommes partis au front pour défendre leur pays .

« La révolution de la famine »

L’invasion russe a provoqué une onde de choc dans le monde émergent : les prix ont flambé à des niveaux qu’ils n’avaient plus atteints de­puis des décennies et les impor­tations de matières premières sont à la peine, ce qui engendre des pénuries (en particulier dans les pays les plus défavo­risés qui avaient déjà du mal à se remettre de la pandémie). Dans certaines régions du Ken­ya, le prix du pain a augmenté de 40 %. En Indonésie, le gou­vernement a plafonné ceux de l’huile. Le Yémen dépend de l’Ukraine et de la Russie pour plus de 40 % de ses importations de blé.

En Turquie, l’explosion du prix de l’huile de tournesol a poussé les clients à se ruer dans les magasins pour en stocker autant que possible. En Irak, des manifestations ont réuni des citoyens mécontents de la hausse des prix de l’alimentation qui ont baptisé leur mouvement « la révolution de la famine ».

Une cinquantaine de pays, essentiellement défavorisés, achètent au moins 30 % de leur blé à la Russie et à l’Ukraine. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à elles deux, elles fournissent un tiers des exportations mondiales de céréales et 52 % du marché de l’huile de tournesol. « Si le conflit se poursuit, les répercussions seront vraisemblablement plus importantes que la crise du coronavirus, estime Indermit Gill, vice-président de la Banque mondiale en charge de la politique économique. »

Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont particulièrement dépendants des importations russes et ukrainiennes de blé. L’Egypte, premier importateur au monde, achète près de 70 % de sa consommation à ces deux pays. Idem pour le Liban. Pour la Turquie, c’est plus de 80 %. En 2011, l’envolée du prix du pain a joué un rôle dans le déclenchement du Printemps arabe. Le gouvernement égyptien a déclaré que la crise ukrainienne lui coûterait environ un milliard de dollars en subvention du pain et qu’il se mettait en quête de nouveaux fournisseurs. Il a également introduit un contrôle des prix du pain non subventionné pour enrayer la flambée des tarifs; Une envolée des prix qui accroît le risque d’un soulèvement populaire en Egypte, des années d’austérité ayant déjà fortement érodé le pouvoir d’achat de la population. Le Liban, lui, n’a plus qu’un mois de stock de blé, a indiqué Amin Salam, son ministre de l’Economie. En raison de la crise économique qui frappe le pays, un quart des ménages ne sont pas certains de pouvoir manger à leur faim. « Nous nous sommes rapprochés des pays amis pour voir comment trouver du blé à des conditions raisonnables », a-t-il déclaré. 

En 2008, l’explosion des prix de l’alimentation avait provoqué des émeutes dans 48 pays.

Explosion du prix du pétrole et du gaz

Goldman Sachs affirme que l’attaque russe contre l’Ukraine a provoqué la plus forte déflagration sur le marché mondial des céréales depuis la crise soviétique de 1973 et pourrait avoir, sur les marchés pétroliers, un impact comparable à l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990. La banque estime que le baril de pétrole devrait osciller autour de 130 dollars en moyenne d’ici à la fin de l’année, soit près du double de son cours moyen de 2021, à 71 dollars. Deuxième exportateur mondial de brut après l’Arabie saoudite, la Russie représente 12 % de l’offre mondiale, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). C’est aussi le premier exportateur mondial de gaz naturel et le plus gros producteur d’engrais. Si les prix des engrais augmentent, les agriculteurs en utiliseront moins, donc le rendement des récoltes va baisser et les prix vont augmenter, et ce sont les pays qui ont le moins de moyens qui seront les plus touchés. Certaines régions du monde, notamment en Afrique, étaient confrontées au problème de l’inflation avant même le déclenchement du conflit en Ukraine.

Les économies qui sont très dépendantes des importations d’énergie sont particulièrement menacées, estime S& P, qui évoque notamment l’Inde, la Thaïlande, la Turquie, le Chili et les Philippines. L’Inde importe par exemple près de 85 % du pétrole qu’elle consomme, tandis que la Thaïlande affiche la facture énergétique la plus élevée des grands pays émergents (6 % du PIB). Selon S& P, le choc sur les prix pourrait amputer les prévisions de croissance de nombreux pays en développement. Au Pakistan, où l’inflation est endémique, le gouvernement a annoncé fin février le déblocage de 1,5 milliard de dollars de subventions pour tenter d’empêcher le prix du carburant d’augmenter en raison de la crise ukrainienne. Or le Ramadan, période qui entraîne souvent un regain d’inflation, commencera d’ici peu. Devant les critiques qui accusent le gouvernement d’être incapable d’enrayer la hausse des prix, les partis d’opposition tentent de renverser le Premier ministre, Imran Khan.

Le programme alimentaire d'urgence en difficulté

L’augmentation des coûts pèse aussi sur la capacité du Programme alimentaire mondial (PAM) à aider les populations menacées par la famine, dont plus de trois millions de personnes en Ukraine. En effet la guerre a fait augmenter de 29 millions de dollars par mois une facture mensuelle de denrées et de carburant qui a déjà bondi de 44 % depuis 2019, portant le surcoût annuel à 852 millions de dollars. Dans ce contexte d’augmentation des prix et de budget limité, le PAM a dû réduire les rations qu’il distribue en Afrique de l’Est et au Moyen-Orient, notamment aux réfugiés. Confrontée à la sécheresse, aux violences et aux difficultés politiques, la Somalie frôlait la famine avant même que Moscou ne s’en prenne à Kiev. « Les pays comme la Somalie sont extrêmement vulnérables parce qu’ils sont touchés par des conflits armés prolongés et des chocs climatiques de plus en plus forts, donc la moindre fluctuation des prix alimentaires peut avoir un impact colossal, déplore Alyona Synenko, porte-parole pour l’Afrique du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Les gens ne vont plus y arriver. »

Famine et instabilité vont souvent de pair...




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

CHAOS AU KAZAKHSTAN

 ETAT D'URGENCE ET DES DIZAINES DE MORTS

DANS UN PAYS COUPE DU MONDE

Les événements se sont précipités au Kazakhstan mercredi 5 janvier 2022. Internet et les téléphones portables étaient bloqués mercredi au Kazakhstan . Le pays a décrété l’état d’urgence sur tout son territoire, en proie à des manifestations violentes depuis plusieurs jours et où, malgré l'autoritarisme du régime de cette ex-république soviétique d’Asie centrale, la foule a pris d’assaut les bâtiments gouvernementaux.

Des « dizaines » de manifestants tués

Statues de Noursoultan Nazarbaïev, personnage central du pays, déboulonnées, bâtiments officiels mis à sac, sièges du parti au pouvoir dévastés, voitures de polices incendiées… La colère générée par l’augmentation brutale du prix des carburants, en particulier du gaz de pétrole liquéfié (GPL), a tourné à l’émeute et au chaos au Kazakhstan, faisant voler en éclats l’image de stabilité immuable de cette ex-République soviétique bâtie depuis son indépendance, il y a trente ans.

Des « dizaines » de manifestants ont été tués dans la nuit de mercredi 5 au jeudi 6 janvier dans la ville d’Almaty, la capitale économique du pays, située dans le Sud-Est et devenue en quelques heures l’épicentre des émeutes. « La nuit dernière, les forces extrémistes ont tenté de prendre d’assaut les bâtiments administratifs, le département de la police de la ville d’Almaty, ainsi que les départements locaux et les commissariats de police. Des dizaines d’assaillants ont été éliminés », a annoncé,ce matin, le porte-parole de la police, Saltanat Azirbek, cité par les agences russes Interfax-Kazakhstan, TASS et RIA Novosti.

Le ministère de l’intérieur kazakh a également avancé le nombre de douze morts dans les rangs des forces de sécurité et de trois cent cinquante-trois blessés. D’autres villes de ce pays d’Asie centrale d’à peine plus de 18 millions d’habitants, grand comme cinq fois la France, ont été également gagnées par la contestation dont les revendications se sont rapidement muées en faveur d’un changement de régime.

 A 230 kilomètres au nord d’Almaty, à Taldykorgan, l’Akimat, le siège de l’administration était ainsi en proie aux flammes. « Plus de mille personnes ont été blessées à la suite des émeutes dans différentes régions du Kazakhstan, près de quatre cents d’entre elles ont été hospitalisées et soixante-deux sont en soins intensifs », a précisé un peu plus tard le vice-ministre de la santé, Ajar Guiniat, à l’antenne de la chaîne Khabar-24.

Le président kazakh, Kassym-Jomart Tokaïev, avait auparavant dénoncé, dans une allocution télévisée, « des attaques massives contre les forces de l’ordre » affirmant que celles-ci avaient fait dans leurs rangs des morts et des blessés. « Des groupes d’éléments criminels battent nos soldats, les humilient, les traînant nus dans les rues, agressent les femmes, pillent les magasins », a-t-il décrit.

Dans un effort pour juguler la crise, le président Tokaïev avait déjà limogé le gouvernement et décrété l’état d’urgence dans plusieurs régions dont Almaty et la capitale, Nur-Sultan, récemment rebaptisée ainsi en l’honneur de l’ancien président Noursoultan Nazarbaïev. Un couvre-feu est en vigueur de 23h à 7h.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, Moscou et ses alliés de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) ont annoncé jeudi l'envoi d'une « force collective de maintien de la paix », comme l'a demandé cette ex-république soviétique.

Ce 5 janvier 2022 un jour historique : la page Nazarbaïev définitivement tournée.

Dans ce contexte, le président Tokaïev a annoncé qu'il dirigerait désormais le Conseil de sécurité, qui était depuis près de trois ans le vrai centre du pouvoir au Kazakhstan. Cela signifierait que l'ancien président Noursoultan Nazarbaïev, 81 ans, n'est plus au pouvoir.

En effet, lorsqu'en mars 2019, Noursoultan Nazarbaïev a décidé d'abandonner le fauteuil de chef de l'État, qu'il occupait depuis 1991, soit depuis 28 ans, il a gardé en réalité l'essentiel des attributs présidentiels en tant que chef du Conseil de sécurité. Ainsi en va-t-il dans les régimes autoritaires, où l'autocrate ne peut quasi jamais quitter le pouvoir jusqu'à sa mort. Noursoultan Nazarbaïev, pensait rester ainsi dans l’ombre du pouvoir depuis la fin de sa présidence en 2019 en gardant un statut sur-mesure de « Leader de la nation » et en installant un successeur à sa main.

Si ce 5 janvier 2022 pourrait bien entrer dans l'histoire du Kazakhstan, ce n'est donc pas seulement parce que le pays semble quasi hors de contrôle des autorités ce mercredi soir. C'est aussi peut-être qu’en cette folle journée, la page Nazarbaïev s’est définitivement tournée.

Désormais, c'est Kassym-Jomart Tokaïev qui annonce non seulement qu'il dirige seul le Conseil de sécurité, mais aussi qu'il va apporter des réponses « fermes » aux troubles en cours, mettant en avant le sacrifice des forces de l'ordre.

Mercredi après-midi, celui qui s'était fait officiellement nommer « Elbassy » (chef de la nation), a peut-être définitivement abandonné les rênes du pays, sous la pression de la rue qui depuis plusieurs jours criait « Shal, ket ! » (« Vieil homme, va-t-en ! »).

Le président Tokaïev demande l'aide de Moscou et de ses alliés

Le président Tokaïev a déclaré  mercredi soir qu'il faisait appel à une alliance de sécurité soutenue par Moscou, pour qu'elle aide à réprimer les manifestations, dirigées selon lui par des « gangs terroristes ». « Aujourd'hui, j'ai appelé les chefs d'États de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) à aider le Kazakhstan à surmonter cette menace terroriste », a-t-il déclaré à la télévision d'État, estimant que les protestataires avaient « reçu une formation approfondie à l'étranger ».

La réponse est venue plus tard dans la soirée. Le président de l'OTSC, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, a indiqué sur Facebook que l'alliance avait décidé d'envoyer une « force collective de maintien de la paix » dans le pays, pour « une durée de temps limitée afin de stabiliser et normaliser la situation », provoquée par « une ingérence extérieure » selon lui.

Dans une brève allocution en langue russe diffusée mercredi  par la télévision d’Etat, le président Kassym-Jomart Tokaïev, 68 ans, a dénoncé tout à la fois des « conspirateurs motivés par le gain » et « des hooligans très bien organisés » ayant « scrupuleusement planifié leurs actions ». Les faits suggèrent au contraire que c’est la libéralisation brutale par le gouvernement des prix du carburant, et en particulier du GPL, qui a déclenché, à la base, le mouvement de colère. Les foyers du mécontentement font partie des régions où le GPL, dont le prix vient de doubler, est le carburant le plus utilisé.

Le dialogue aura donc fait long feu puisque, d’une part, le régime du président a choisi l’épreuve de force en lançant ses forces armées à la reconquête des villes et quartiers en proie aux manifestations et aux émeutes. Et que, d’autre part, il a demandé l’assistance de la Russie voisine et de ses alliés de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC).

L’intervention de l’OTSC, un développement critique.

« Une force collective de maintien de la paix de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) a été envoyée au Kazakhstan pour une période limitée afin de stabiliser et de normaliser la situation »​, a indiqué, ce jeudi matin, cette alliance militaire dans un communiqué diffusé sur Telegram par la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

Comprenant des troupes russes, et probablement des contingents bélarusses, arméniens, tadjikes et kirghizes, leur mission sera de « protéger les installations étatiques et militaires » ​et « d’aider les forces de l’ordre kazakhes à stabiliser la situation et rétablir l’état de droit »

Une intervention militaire non sans risque

Effectivement, le suivi du trafic aérien montre des vols d’Antonov et d’Iliouchine russes en direction du Kazakhstan. Ces appareils appartiennent bien à l’armée de l’air russe. Ils auraient transporté des parachutistes qui ont été déployés à Almaty.

On ignore encore quel sera l’apport des autres pays de l’OTSC (Kazakhstan, Kirghizistan, Arménie, Russie, Tadjikistan, Biélorussie). Mais ces pays ne disposent pas des mêmes moyens d’intervention militaires que la Russie. Toutefois, l’Arménie, qui assure actuellement la présidence de l’OTSC, a confirmé ce matin sa participation à cette opération de stabilisation. « Pour les Russes, il s’agit de démontrer qu’ils n’agissent pas seuls »​, explique Marie Dumoulin, directrice de programme à l’European Council on Foreign Relations (ECFR). « Cette intervention des Russes, et de leurs alliés, n’est pas sans risques car elle pourrait perturber les équilibres ethniques au Kazakhstan ».

Les Etats-Unis appellent à la « retenue »

Le gouvernement américain appelle les autorités du Kazakhstan à la « retenue » et souhaite que les manifestations s’y déroulent « de manière pacifique », a dit mercredi la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki, alors que le pays d’Asie centrale vient de décréter l’état d’urgence.

Jen Psaki a aussi critiqué les « folles allégations de la Russie » sur une responsabilité supposée des Etats-Unis dans les émeutes qui secouent le Kazakhstan. « C’est absolument faux » et cela relève « de la stratégie de désinformation russe », a-t-elle asséné.

Un mouvement de colère après la hausse du prix du gaz

Le président du Kazakhstan promet donc désormais une réponse « ferme » aux manifestations qui secouent l'ex-république soviétique d'Asie centrale qu'il administre. Le mouvement de colère a débuté dimanche après une hausse des prix du gaz naturel liquéfié (GNL), dans la ville de Janaozen, dans l’ouest du pays, avant de s’étendre à la grande ville régionale d’Aktau, sur les bords de la mer Caspienne, puis à Almaty. Cette hausse est perçue par la population comme injuste au vu des richesses du pays.

Malgré ses énormes richesses en hydrocarbures et en minerais, l'économie du Kazakhstan souffre des conséquences de la pandémie. Le Khazakstan, première économie d’Asie centrale habituée par le passé à des taux de croissance à deux chiffres, souffre en effet de la baisse des prix du pétrole et de la crise économique en Russie, qui a mené à la dévaluation du tenge kazakh et à une forte inflation.

Le Kazakhstan, le plus grand des cinq pays ex-soviétiques d’Asie centrale, qui comprend une importante minorité considérée comme ethniquement russe, est d’une importance économique et géopolitique cruciale pour la Russie. Moscou avait appelé en vain  5 janvier 2022 à résoudre la crise par le dialogue « et non par des émeutes de rues et la violation des lois ».

Il était impossible ce jeudi 6 janvier 2022 d’avoir une vision complète de la situation dans le pays, journalistes et témoins ne pouvant plus être joints par Internet ou par téléphone. Mais en dépit de la coupure générale d’Internet et des communications mobiles, et de l’instauration de l’état d’urgence sur tout le territoire, de nombreuses images de chaos et de forces de l’ordre en déroute ont circulé sur les réseaux sociaux. Les unes montrent des policiers et des militaires fraternisant avec les manifestants. D’autres, des scènes de grande violence.

Le groupe spécialisé dans la surveillance du web NetBlocks a fait état sur Twitter d’une « coupure d’internet à l’échelle nationale, (…) susceptible de limiter sévèrement la couverture des manifestations antigouvernementales qui s’intensifient ».




Alize Marion pour DayNewsWorld

LE VARIANT OMICRON UNE MENACE POUR LA REPRISE ECONOMIQUE SELON L'OCDE

Il s'avère difficile d'établir de nouvelles prévisions économiques à l'heure où Omicron, un nouveau variant du Covid-19 , risque de tout remettre en cause. « Le fort rebond que nous avons observé marque le pas et les perturbations de l'offre, la hausse de l'inflation et l'impact continu de la pandémie assombrissent l'horizon. Les risques et les incertitudes sont importants - comme le montre l'apparition du variant Omicron - aggravant les déséquilibres et menaçant la reprise », témoigne ainsi l'économiste en chef de l'OCDE dans un communiqué.

Un ralentissement de la reprise économique

Après un pic attendu au dernier trimestre 2021, la reprise économique mondiale va ralentir. Selon les prévisions de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publiées mercredi 1er décembre, la croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial devrait passer de 5,6 % en 2021 à 4,5 % en 2022, puis à 3,25 % en 2023. « Après un rebond de 5,6 % en 2021, la croissance mondiale progresserait à un rythme soutenu de 4,5 % en 2022, pour se modérer à 3,2 % en 2023 », selon Laurence Boone Economiste en chef de l'OCDE. L’économie mondiale ne devrait pas rattraper avant 2023 son niveau d’avant la pandémie de Covid-19, avec un redressement beaucoup plus rapide dans les économies avancées que chez les émergents et les pays pauvres. Omicron menace pourtant de rendre ce pronostic désuet.

« Nous sommes préoccupés par le fait que le nouveau variant, la souche Omicron, ajoute davantage d'incertitude à celle déjà à l’œuvre, ce qui pourrait représenter une menace pour la reprise », a commenté Laurence Boone lors de sa conférence de presse.

L'incertitude des variants

Dès avant l'apparition de ce nouveau variant, l'équipe des économistes de l'Organisation pointait d'ailleurs le risque que la vitesse de déploiement des vaccins et l'efficacité de ces derniers ne suffisent pas à stopper la transmission de variants préoccupants du Covid-19.D'ailleurs le PDG de Moderna craint une « baisse significative » de l'efficacité des vaccins pour le variant Omicron. Ce qui nécessiterait de nouveaux vaccins, des campagnes répétées d'administration de doses de rappel, sans parler de possibles mesures de confinement plus strictes comme c'est le cas actuellement dans un certain nombre de pays européens .

Pic inflationniste en 2022

Dans ce cas , de nouvelles restrictions à la mobilité et des fermetures de ports pourraient entraver le commerce mondial. Ces fermetures, comme en Chine par exemple, réduiraient la disponibilité des marchandises le long des chaînes d'approvisionnement et allongeraient les délais de livraison. « Ces nouvelles perturbations de l'offre pourraient également créer une pression supplémentaire à la hausse sur certains prix », soulignent les économistes.

L'Organisation s'attend à ce que l'inflation atteigne un pic dans la majorité des pays industrialisés et émergents d'ici au premier trimestre de l'année prochaine.

Reprise conditionnée à une vaccination mondiale

Laurence Boone s'inquiète aussi du risque que la faible vaccination dans certains pays finisse par y favoriser la reproduction de souches plus mortelles du virus : 147 doses ont été administrées en moyenne pour 100 habitants dans les pays riches, contre 8 dans les pays pauvres,

« La reprise restera précaire » tant que l'on ne distribuera pas les vaccins partout dans le monde. Or, pour Laurence Boone, vacciner la population mondiale coûterait 50 milliards de dollars. Soit un montant bien pâle par rapport aux 10 000 milliards de dollars des plans de soutien mis en place par les pays du G20.




Kelly Donaldson pour DayNewsWorld

UN PORTRAIT D' EMMANUEL MACRON AU VITRIOL DANS LE TRAITRE ET LE NEANT

Les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme publient Le traître et le néant (Editions Fayard), un bilan critique du quinquennat Macron.

« Après plusieurs années d'enquête, ce titre, Le traître et le néant, s'est imposé. Ce sont les deux aspects primordiaux de ce qu'est Macron et le macronisme.

Sa conquête du pouvoir s'est faite par des trahisons, qui ont ensuite continué à l'Élysée.

Mais aussi parce qu'il y a le néant de la République en Marche et de la situation politique avec la candidature d'un polémiste d'extrême droite et des partis politiques traditionnels totalement effacés », a jugé Fabrice Lhomme interrogé sur RMC. Le constat est posé et sans appel.

Fabrice Lhomme est journaliste au quotidien Le Monde et avec son compère Gérard Davet, il n'en est pas à son premier coup de maître. Après leur livre Sarko m'a tuer en 2011, Un président ne devrait pas dire ça en 2016- qui avait contribué à la non-candidature de François Hollande à sa propre succession en 2017- les journalistes publient ce mercredi 13 octobre 2021 un portrait de l'actuel président Macron au titre évocateur Le traître et le néant.

Il s'agit d'une nouvelle enquête qu'ils consacrent, cette fois, à l'accession au pouvoir d'Emmanuel Macron et à son quinquennat et ce n'est pas triste.

D'ailleurs ce livre a suscité un vent de panique à l'Elysée: la garde rapprochée d'Emmanuel Macron était à la recherche du manuscrit, donnant des sueurs froides aux conseillers du Président qui voulaient en empêcher la publication. Mais en vain.

Si Emmanuel Macron et ses proches n'ont pas répondu aux questions des journalistes du Monde, le livre laisse une grande place aux déçus du macronisme.

Les deux investigateurs ont en effet rencontré plus de 110 personnes de premier plan pour cette enquête où l' on y découvre des confidences, des anecdotes, des aveux. Des témoins qui confient également des documents aux enquêteurs.

Les trahisons d'Emmanuel Macron

Les premières confidences sont celles de François Hollande qui, mi-2016, avoue être politiquement trop faible pour virer Emmanuel Macron. Pour l'ancien président socialiste Macron aussi sera trahi, comme il l'a trahi lui-même, pensant certainement à Edouard Philippe venant de créer son propre parti Horizons... Edouard Philippe n'a-t-il pas dit qu'il pourra y avoir une double appartenance à Horizons et à un autre parti. C'est exactement ce qu'avait dit Macron à Hollande en 2016. Pour Alain Minc, l'un des très proches conseillers de Macron, « Edouard Philippe est beaucoup moins intelligent que le président, mais aussi beaucoup plus moral, ce qui explique qu'il ne l'a pas trahi », estime Gérard Davet.

Manuel Valls, Stéphane Le Foll, Gaspard Gantzer (ancien conseiller presse de François Hollande), Olivier Faure (à l'époque député et porte-parole du PS), reviennent en détails sur les mois qui ont précédé ce que les auteurs appellent la « trahison » du 16 novembre 2016 : la déclaration officielle de candidature d'Emmanuel Macron à la présidentielle. La transformation du ministre de l'Economie en candidat à la présidence de la République s'est faite par le non-dit et la duperie, écrivent sans réserve les deux journalistes.

Les anciens membres du gouvernement et alliés socialistes racontent les conversations, nombreuses, avec Emmanuel Macron, sur sa prise de distance avec la ligne de François Hollande (ses critiques des politiques du gouvernement), sur le mouvement qu'il lance de son côté, En Marche, et qu'il présente comme une sorte de laboratoire d'idées qui soutiendra quoiqu'il arrive une candidature de François Hollande, sur les rumeurs persistances qu'il est sur le point de s'émanciper, voire de se présenter à la présidentielle.Trahi par son ministre, mais aussi par tous ceux qui avouent avoir été séduits par Emmanuel Macron, chez les socialistes notamment. Christophe Castaner, l'un des premiers macronistes, le dit sans détour, en 2016 « on a un seul objectif, c'est l'empêchement de Hollande. » ..

Emmanuel Macron n'en est pas à une trahison prés, selon l'enquête. Celle du Modem notamment. Les deux journalistes reviennent en effet sur les relations entre Richard Ferrand et François Bayrou. Si ces derniers appellent aujourd'hui de leurs vœux la création d'une maison commune, leurs relations ont commencé sous de mauvais auspices.

« Un accord verbal avait été conclu entre la République en Marche et le MoDem pour leur réserver 144 circonscriptions. Au dernier moment, il y a eu un arbitrage entre Ferrand et Macron et le MoDem en obtient finalement 16. Quand Bayrou a appris ça, il a failli en venir aux mains avec Ferrand, le jour de l'investiture de Macron. (...). Pour le dédommager, les macronistes lui proposent alors 4 millions d'euros. Un député rapporte 40000 euros par an à son parti donc ils ont multiplié cette somme par 100 », explique Fabrice Lhomme.

"Pacte de corruption"

Un ouvrage dans lequel les auteurs reviennent également sur le financement de la campagne de 2017. Interrogé le député Les Républicains Olivier Marleix accuse l'ancien ministre de l'Economie d'avoir mis en place « un pacte de corruption ». On découvre aussi l'animateur Stéphane Bern en fou du roi qui rebaptise certains ministres pour amuser le Président, comme « Amélie de Mon machin » pour Amélie de Montchalin. Philippe de Villiers, ex-président du Conseil général de Vendée et l'un des représentants de la droite identitaire, détaille également à Davet et Lhomme sa vision de sa relation avec celui qui n'est encore qu'un ministre séducteur.

Lors d'un dîner à au restaurant la Rotonde le vicomte explique alors assister à un numéro de charme : Brigitte et Emmanuel Macron rêveraient de venir visiter le Puy du Fou. De Villiers assure ne pas être dupe et analyse ainsi les intentions du ministre : C'est tout bénéfice pour Macron, car après avoir rendu hommage à Jeanne d'Arc quelques semaines avant, avec le Puy du Fou, il envoie un message à la droite conservatrice, souverainiste, pour pas cher. Le créateur du Puy du Fou, Philippe de Villiers révèle aussi qu'Emmanuel Macron a essayé d'acheter le silence de son frère, le chef des Armées, Pierre de Villiers. Parmi les 110 personnes enquêtées, figure également, Bernard Tapie qui avait conseillé le président de la République au milieu de la crise des « Gilets jaunes », a rapporté RMC.

La politique du néant

Jacques Attali, qui avait découvert le jeune Macron, jette un regard sévère sur le quinquennat. « Il nous a dit que quelqu'un qui se dit ni de droite ni de gauche est en fait de droite. (...) Il vient encore de dire que Macron, c'est la politique du vide. Et c'est bien là tout le problème. De cette politique faite de godilles et de zigzags, on se retrouve dans le néant. Il s'est construit avec une politique de gribouille. (...) Ca lui permet de ne pas être une cible: un coup à gauche, un coup à droite, un coup au centre. C'est la gaudille permanente », regrette Gérard Davet.

Le dur bilan du fidèle Pierre Person

Pierre Person est pourtant l'un des fidèles du départ. Il fonde avec d'autres (dont Sacha Houlié, devenu député) en 2015 les Jeunes avec Macron, avant même la création d'En Marche. Il participe ensuite aux campagnes présidentielles et législatives comme conseiller politique, puis membre du bureau exécutif du parti. Bref, il est une pièce maîtresse de la macronie, jusqu'en septembre 2020 : le numéro 2 de LREM et député de Paris quitte la direction du parti. Il déplore que le mouvement ne produise plus d'idées nouvelles, et que le parti délaisse les marcheurs. Face à Davet et Lhomme, il se veut plus dur encore; « On arrive à l'Assemblée, raconte Person, on était absolument arrogants, on considérait que l'Assemblée était une chambre d'enregistrement », reconnaît-il notamment, donnant ainsi raison aux critiques des différentes oppositions tout au long du mandat.

*Et d'ajouter :

« Parce que je pense qu'il y a un réflexe de sur-loyauté à l'égard du président (...) Penser, à certains égards, peut être considéré comme étant déloyal. » . Impossible de créer une idéologie avec une formation constituée de personnes venant de différents courants de gauche et de droite. Encore moins quand la consigne est de soutenir aveuglément la ligne du président. Un parti, selon Pierre Person doit « ériger des sensibilités qui permettent en fait de s'affronter et de tracer une ligne » commune, « mais ça n'a jamais été une volonté » de la part du parti majoritaire. Un véritable problème à moins d'un an d'une présidentielle.

« On va arriver en 2022 et idéologiquement, je pense qu'on est à poil », concède-t-il.

« Il y a un mécontentement sourd qui est là ; mais comme il n'y a pas de débouché politique... on est dans le néant. », pourfend, la parole libre, François Hollande.« La trahison a enfanté le néant ».




Abby Shelcore pour DayNewsWorld

AFFAIRE HUAWEI

MENG WANZHOU RENTRE EN CHINE APRES TROIS ANS DE RESIDENCE SURVEILLEE AU CANADA TANDIS QUE DEUX CANADIENS SONT LIBERES EN CHINE

Fin d' une saga politico-judiciaire qui aura duré trois ans: la directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou, a pu quitter le Canada pour la Chine à la faveur d'un accord avec les Etats-Unis, vendredi 24 septembre 2021.

La fille du patron de Huawei avait été arrêtée le 1er décembre 2018 à l'aéroport de Vancouver à la demande de Washington, qui voulait la juger pour fraude bancaire.

Peu après, deux Canadiens, l'ex-diplomate Michael Kovrig et l'homme d'affaires Michael Spavor, avaient été arrêtés en Chine pour espionnage. Cette interpellation avait provoqué une crise diplomatique sans précédent entre Ottawa et Pékin. Leur détention avait été perçue par le Canada comme une mesure de représailles.

Les deux hommes ont embarqué vendredi à bord d'un avion pour rentrer « à la maison », à annoncé le Premier ministre canadien, Justin Trudeau. Il n'a pas donné de détails sur les circonstances de leur libération, car « c'est une opération actuellement en cours ».

Les poursuites reportées jusqu'à fin 2022

Le départ de Meng Wanzhou pour la Chine est la concrétisation d'un accord entre le ministère de la Justice et le mastodonte chinois des télécoms, rendu public vendredi par un tribunal de New York. Lors d’une audience, le représentant du ministère de la Justice David Kessler avait proposé de « reporter » jusqu’au 1er décembre 2022 les « poursuites » engagées depuis fin 2018 contre Meng Wanzhou, notamment pour « complot » en vue de commettre une « fraude bancaire ».

L’accord, entériné et qualifié de « sérieux » par le tribunal fédéral de Brooklyn en début d’après-midi, prévoyait aussi que Washington recommande à Ottawa de faire « libérer » Mme Meng et abandonne de facto toute demande d’extradition. S'il n'est pas contesté ou rompu d'ici le 1er décembre 2022, les poursuites seront définitivement abandonnées, selon Washington.

Accusation de fraude bancaire...

La justice américaine accusait la numéro 2 de Huawei d'avoir menti à un cadre de la banque HSBC lors d'une rencontre à Hong Kong en 2013, à propos des liens entre le groupe chinois et une filiale nommée Skycom qui vendait des équipements à l'Iran, exposant l'établissement à des sanctions américaines. Selon les termes de l'accord, Meng Wanzhou a reconnu qu'elle avait fait à l'époque « de fausses déclarations » et « dissimulé la vérité » au cadre de HSBC sur les « activités de Huawei en Iran », pays soumis à des sanctions américaines et internationales.

Principale exigence, ne pas contester le récit des faits qui raconte sur quatre pages comment Huawei, dont Meng Wanzhou était directrice financière, contrôlait de fait une filiale télécom en Iran baptisée Skycom et s’est arrangé pour lui faire obtenir du matériel interdit, en dépit des embargos américains.

Comme toujours, c’est l’usage du dollar (dans les transactions réalisées par HSBC, maintenu dans l’ignorance des faits), qui permet à la justice américaine d’agir de manière supranationale chez des parties tierces.

Avec l’annonce des libérations, ce sont trois années de bataille judiciaire et de fortes tensions économiques et politiques entre Pékin, Washington et Ottawa qui devraient s’apaiser.

Le gouvernement chinois estime depuis 2018 que l'administration américaine - à l’époque du président d’alors Donald Trump - cherchait avant tout à affaiblir Huawei, entreprise chinoise de pointe et leader mondial des équipements et réseaux 5G, sans équivalent côté américain.Début 2020, Huawei était le premier fabricant mondial de téléphones intelligents avant d’être placé sur la liste noire de l’ancienne administration Trump. Il ne figure plus depuis parmi les cinq premiers mondiaux du secteur.

« Meng Wanzhou est le visage de cette nouvelle compétition féroce entre la Chine » et les États-Unis qui « menace de remettre en question la position hégémonique mondiale des Américains » et « l’ordre mondial libéral » qu’ils dirigent depuis la Guerre froide, observe Roromme Chantal, professeur à l’École des hautes études publiques (HEP) de Moncton et spécialiste de la Chine.

« La forme que prend cette compétition féroce est principalement une rivalité technologique », explique-t-il, évoquant une « Guerre froide 2.0 ».




Larry Ricky pour DayNewsWorld

AFGHANISTAN LES FILLES PRIVEES DE RENTREE

 DANS LES COLLEGES ET LES LYCEES

La rentrée dans les établissements du secondaire s'est faite sans les écolières, samedi 18 septembre 2021.Une rentrée 100% masculine en Afghanistan : seuls les collégiens et lycéens ont été autorisés à reprendre le chemin de l'école dans le pays, samedi 18 septembre 2021.

Dix jours après la réouverture des universités privées du pays, le ministère de l'Education afghan a annoncé vendredi que « tous les professeurs hommes et les élèves » du secondaire allaient retrouver leur établissement, sans faire aucune mention des enseignantes ou des collégiennes et lycéennes.

Ce flou risque d'alimenter un peu plus encore l'inquiétude d'une partie de la population afghane et de la communauté internationale qui redoutent de voir se reproduire le même scénario que lors du premier passage au pouvoir des fondamentalistes, entre 1996 et 2001.

En l'espace de vingt ans, le nombre d'écoles a triplé et le nombre d'enfants scolarisés est passé de 1 million à 9,5 millions, selon l'agence onusienne.

L'Unicef déplore la décision des talibans

« L'Unicef se félicite de la réouverture des écoles secondaires en Afghanistan, mais souligne que les filles ne doivent pas être laissées de côté », a réagi vendredi la directrice exécutive de l'agence onusienne, Henrietta Fore. « Il est essentiel que toutes, y compris les plus âgées, puissent reprendre leur éducation sans plus de retard, et que les enseignantes puissent elles aussi continuer à enseigner », a insisté l'Unicef dans un communiqué, rappelant les « progrès considérables dans le pays au cours des deux dernières décennies ».

Les femmes conservent certes le droit d'étudier à l'université, mais elles devront pour cela porter une abaya ainsi qu'un hijab et les cours se feront dans la mesure du possible en non-mixité. Aucune femme ne figure par ailleurs au sein du nouvel exécutif provisoire, présenté début septembre.

Depuis leur retour au pouvoir, les talibans ont tenté de rassurer la communauté internationale en assurant entre autres que les droits des femmes seraient respectés. Mais ces affirmations ont été fragilisées ces dernières semaines par plusieurs décisions prises par le nouvel exécutif afghan.Aucune femme ne figure par ailleurs au sein du nouvel exécutif provisoire présenté début septembre.

Et pas plus tard hier, vendredi 17 septembre2021, le ministère des Affaires féminines s'est vu remplacé par celui de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice, craint pour son fondamentalisme durant le premier épisode taliban.




Jaimie Potts pour DayNewsWorld

COVID-19 AGNES BUZYN CONVOQUEE

 PAR LA COUR DE JUSTICE DE LA REPUBLIQUE

EN VUE D'UNE MISE EN EXAMEN

Agnès Buzyn, l’ex-ministre de la santé de mai 2017 à février 2020, est convoquée, vendredi 10 septembre 2021, par les juges de la Cour de justice de la République. Elle risque une mise en examen pour « mise en danger de la vie d’autrui » dans le cadre de la gestion gouvernementale de la crise sanitaire.

Il s'agit d'un interrogatoire de première comparution à l'issue duquel Agnès Buzyn peut être mise en examen ou ressortir sous le statut plus favorable de témoin assisté, si elle parvient à convaincre les juges qu'il n'existe pas suffisamment d'indices graves ou concordants pouvant être retenus contre elle.

Agnès Buzyn avait démissionné de son poste de ministre de la Santé en février 2020 au tout début de l'épidémie de Covid-19, remplacée par Olivier Véran.

L’ex-ministre avait créé un tollé en qualifiant les élections municipales de « mascarade » et en déclarant qu’elle savait « que la vague du tsunami était devant nous » au moment de son départ du ministère, à la mi-février. Pourtant, en janvier, elle avait déclaré publiquement :

« Les risques de propagation du coronavirus dans la population sont très faibles », reconnaissant que cette analyse pouvait évoluer.

Devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la gestion de la crise sanitaire, Agnès Buzyn avait indiqué fin juin 2020 avoir alerté l’Élysée et Matignon dès janvier de la même année sur le danger potentiel du coronavirus.

Cette convocation à la CJR intervient dans le cadre de l'enquête menée depuis juillet 2020 sur la manière dont le gouvernement a géré la pandémie.Outre Agnès Buzyn, l'instruction menée par la CJR vise également l'ancien Premier ministre Edouard Philippe ainsi qu'Olivier Véran. Des perquisitions avaient d'ailleurs été menées le 15 octobre dernier chez Edouard Philippe, Agnès Buzyn, Olivier Véran et chez le directeur général de la Santé Jérôme Salomon.

14 500 plaintes contre le gouvernement

L’enquête avait été ouverte en juillet 2020 après que la commission des requêtes de la CJR, composée de hauts magistrats, avait estimé que neuf plaintes visant l’exécutif étaient recevables. Depuis, d’autres plaintes ont été jugées recevables et jointes à l’enquête. Mercredi, le procureur général près la Cour de cassation François Molins, qui représente l’accusation à la CJR, a déclaré que « 14 500 plaintes » sur la gestion de la pandémie étaient arrivées à la CJR.

La CJR est la seule juridiction habilitée à poursuivre et juger les Premiers ministres, ministres et secrétaires d'Etat pour les crimes et délits commis « dans l'exercice de leurs fonctions ».




Andrew Preston pour DayNewsWorld

G7 POUR UN IMPOT MONDIAL

SUR LES SOCIETES MINIMUM DE 15%

Dans les faits :

Les membres du G7 se sont notamment mis d'accord sur le principe d'un « impôt minimum mondial sur les sociétés» pour les grandes entreprises, au taux fixé au minimum de 15%.

Ce dernier est certes moins important que les 21% proposés par la Maison-Blanche il y a quelques semaines, mais il doit permettre d'établir des règles du jeu plus équitables pour les entreprises britanniques en luttant contre les paradis fiscaux.

 «Nous sommes parvenus à un accord sur la taxation internationale du 21ème siècle», a salué Bruno Le Maire à l'issue de la réunion.

Réunis à Londres depuis hier, les ministres des Finances du G7 ont annoncé avoir conclu un accord sur une réforme fiscale visant les multinationales et l’instauration d’un impôt minimum mondial sur les sociétés.

Objectif : poursuivre les travaux engagés dans le cadre de l’OCDE sur ce dossier bloqué par la précédente administration américaine, et lutter contre l’évasion fiscale des grandes entreprises, au premier rang desquelles figurent les Gafa.

 Bruno Le Maire Ministre Français dans une vidéo diffusée sur Twitter dit :

 « Nous sommes parvenus à un accord sur la taxation internationale du 21ème siècle ».

 « La France peut être fière de cette étape, qui doit permettre notamment une juste taxation des géants du digital et une taxation minimale à l'impôt sur les sociétés, pour éviter l'évasion et l'optimisation fiscale qui révoltent à juste titre nos compatriotes».

 Le taux minimal de l'impôt sur les sociétés est fixé «à 15% au minimum, a précisé Bruno Le Maire, qui compte «se battre» pour l'augmenter le plus possible lors des prochains rendez-vous planifiés sur ce dossier.

Certains auraient souhaité que le G7 aille plus loin, en instaurant un taux minimum d'impôt sur les sociétés plus élevé.

C'est notamment le cas d'Oxfam, qui a qualifié l'accord de « compromis au rabais ».

« Le taux retenu de 15% est tout simplement trop bas », considère l'organisation, qui a dénoncé

 le « manque d'ambition » des Européens dans ce combat.

 Même constat pour Attac France, qui critique une « non-avancée historique » et une « occasion manquée ».

L'association défendait un taux bien plus élevé, établi à 25%. Bruno Le Maire souligne quant à lui que le taux de 15% n'est qu'un «point de départ» de futures négociations pour le revoir à la hausse.

Les membres du G7, dont la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, ont aussi salué des réunions constructives et une victoire du multilatéralisme prometteuse pour l'avenir.

La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a noté « un engagement sans précédent » des ministres du G7. Le taux minimum d'impôt sur les sociétés « mettrait fin au nivellement par le bas de la fiscalité des entreprises », a-t-elle jugé.

« Il reste du travail important à accomplir mais la décision d'aujourd'hui crée une dynamique d'envergure pour les discussions qui auront lieu prochainement », a noté le secrétaire général de l'OCDE, Mathias Cormann.

Les réactions :

Première Gafa à réagir, Google a dit soutenir « fortement le travail en cours [...] Nous espérons que les pays continueront à travailler conjointement, pour garantir qu'un accord équilibré et durable sera finalisé sous peu », a déclaré la firme.

Peu après, Facebook s'est aussi félicité « des progrès importants réalisés au G7 », par l'intermédiaire de son responsable des affaires publiques, Nick Clegg.

 « Nous voulons que le processus de réforme fiscale internationale réussisse, et nous reconnaissons que cela pourrait signifier que Facebook paiera plus d'impôts, à différents endroits », a écrit le représentant.

De son côté, Amazon a salué « un pas en avant bienvenu dans l'effort » pour stabiliser le système fiscal international.

En parallèle, la fiscalité pesant sur les plus grands groupes doit aussi être revue.

«Nous nous engageons à parvenir à une solution équitable sur la répartition des droits d'imposition, les pays du marché se voyant attribuer des droits d'imposition sur au moins 20% des bénéfices dépassant une marge de 10% pour les entreprises multinationales les plus grandes et les plus rentables », lit-on dans le communiqué.

En somme, une partie des profits dépassant la marge de 10% seront donc «réaffectés, puis soumis à l'impôt, dans les pays où ils réalisent des ventes », a indiqué Rishi Sunak.

 L'idée est, encore une fois, d'éviter l'évasion fiscale des grandes entreprises et de « relever les défis fiscaux découlant de la mondialisation et de la numérisation de l'économie ».

L'analyse de tout cela :

Force est  de constater que les Etats d'une grande partie du monde sont à la remorque et ne savent plus comment

« Racketter » les entreprises pour financer leurs fonctionnaires, le train de vie de l'Etat, leurs armées, leurs services secrets, et tant de choses..., sans compter leurs politiques trop souvent discutables quand elle ne sont pas tout simplement inadmissibles voire intolérables...!

Mais pourquoi pas un impôt à taux fixe mondial, c'est-à-dire un taux qui serait à la fois le minimum mais aussi le maximum, puisque taux unique !!

Un taux unique raisonnable et raisonné bien sûr, car il faut bien comprendre que dénoncer l’évasion fiscale, ou les paradis fiscaux, n'est qu'une vilaine escroquerie !!!

En effets si la fiscalité de certains pays n’était pas aussi intolérable, les paradis fiscaux n'existeraient pas, les paradis fiscaux c'est une soupape face à la folie fiscale !

Dans l’hypothèse d'un taux si élevé que les entreprises, les humains qui les composent  ( travail ), les humains qui les financent ( avec le risque de perdre ce qu'ils ont investi ) ne gagnent plus rien, alors on pourrait dire que les Etats auraient réussi à rétablir une nouvelle forme d'esclavage version 2.0 !!

Autre point important, la concurrence fiscale est depuis longtemps un sport d'Etats pour attirer les entreprises à s’installer dans leur propre pays au détriment des autres !!!

 En conclusion :

Avant de voir un accord sur la fiscalité à l’échelle mondiale, il faudrait encore pouvoir convaincre les 138 pays de l’OCDE du bien-fondé des propositions du G7.

Les membres du G20 se retrouveront en juillet prochain, à Venise pour poursuivre les travaux engagés au G7, alors pas d'emballement excessif, en quelques mots.  

Un Big Bang fiscal annoncé qui risque fort de virer à une Arlésienne comparable à celle de la « fin des paradis fiscaux » proclamée depuis des années sans que Jersey, Guernesey et d’autres îles « paradisiaques » en souffrent véritablement !

Affaire à suivre.....!!!!




Jenny Chase pour DayNewsWorld

VIOLENTE PLONGEE DU BITCOIN

Chute vertigineuse pour la principale cryptomonnaie mercredi 19 mai 2021 :

le cours du bitcoin a chuté de près de 30 % dans la journée, flirtant avec la barre des 30 000 dollars avant de remonter autour de 39 587 dollars (-15% par rapport à la veille) dans la soirée. La principale cryptomonnaie est désormais loin (– 40 %) du record atteint le 14 avril, à 64 865,22 dollars.

40% de baisse en un mois

Ces derniers jours, des milliers d’investisseurs, particuliers et surtout institutionnels, ont revendu dans la panique les bitcoins qu’ils détenaient sur l’une des plates-formes dédiées.

Après Elon Musk, c'est au tour de la Chine d'envoyer valser le cours des cryptomonnaies.

Motif : mardi 18 mai 2021, les autorités chinoises ont interdit aux institutions financières du pays de proposer à leurs clients des services liés aux cryptomonnaies.

Qualifiant celles-ci de « fausses monnaies », trois grandes fédérations bancaires du pays ont également appelé, mercredi, à ne pas les accepter comme moyen de paiement, mettant en garde contre la spéculation. Les cryptomonnaies « ne sont pas de vraies devises », ont-elles ainsi estimé mercredi.

La Chine en guerre contre le bitcoin

La Chine , longtemps l’eldorado du bitcoin, est désormais en guerre contre celui-ci. Pékin met en effet le hola depuis quelques mois. Après avoir indiqué à certaines régions qu'elles devraient mettre un terme à leurs activités de minage de bitcoins pour répondre aux objectifs environnementaux, Pékin serre donc de nouveau la vis sur les cryptomonnaies, tournant opéré en réalité depuis 2019 quand le gouvernement a rendu illégal les paiements en cryptomonnaies, accusées d'être un instrument au service « d'activités criminelles ».

Le pays indiquait alors s'inquiéter des risques spéculatifs que faisaient peser les cryptomonnaies sur son système financier ainsi que sur la stabilité sociale.« Récemment, les cours des monnaies virtuelles se sont envolés puis effondrés » à l'étranger, tandis que les activités spéculatives « ont bondi », ont-elles relevé dans un communiqué commun.

Cela « porte gravement atteinte à la sécurité des biens des personnes et perturbe l'ordre économique mondial », ont fustigé la Fédération nationale de financement sur internet, la Fédération bancaire de Chine et la Fédération de paiement et de compensation.

Le yuan numérique

Mais ce décrochage tient aussi au yuan numérique qui est dans les tuyaux. Si la Chine interdit les transactions en cryptomonnaies, elle accélère par contre le développement de la sienne, le yuan numérique, qui sera émise et encadrée par la banque centrale. Elle pourrait faire ses débuts en 2022 lors des Jeux olympiques d'hiver de Pékin

Une façon de reprendre la main face aux initiatives privées en matière de paiement mais également l'ambition à terme de rivaliser un jour avec le dollar à l'international. .

Mercredi, les autres cryptomonnaies (ether, ripple, litecoin…) ont également décroché. Y compris le dogecoin, cette cryptodevise au départ née comme une plaisanterie, en 2013, et régulièrement vantée par Elon Musk sur compte Twitter. La capitalisation totale des cryptomonnaies est ainsi tombée à 1 390 milliards de dollars le 19 mai, contre 2 000 milliards sept jours avant, selon CoinMarketCap.

Cette plongée du bitcoin, un épisode de plus dans la forte volatilité des cours des cryptomonnaies, témoignede la volonté des Etats, la Chine en tête, de reprendre la main.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

IMPOT L'OCDE RECOMMANDE DE TAXER

DAVANTAGE LES SUCCESSIONS

Pour l'Organisation, les impôts sur les successions ou donations souffrent de trop nombreuses exonérations - assurance vie, résidence principale, transmissions d'entreprise - et des abattements conséquents appliqués aux transmissions de patrimoine aux enfants. Il faudrait donc taxer les successions pour limiter la concentration des richesses.

Pour lutter contre les écarts de richesse qui se creusent, l'OCDE recommande d'augmenter l'impôt sur les successions ou donations, dont les recettes sont très faibles en raison des exemptions et abattements, plutôt que de rétablir l'impôt sur la fortune (ISF), les inégalités de patrimoine étant plus marquées que les inégalités de revenus, notamment en France.

L'Organisation part d'un constat: « Le patrimoine des ménages est fortement concentré dans le haut de la distribution » et « la part du patrimoine détenue par les plus riches a augmenté » depuis la fin du XXe siècle, souligne le rapport publié mardi 12 mai .

Sur un panel de 27 pays de l'OCDE ayant communiqué leurs données, les 10% les plus riches possèdent la moitié du patrimoine total , 18% étant même concentré entre les mains du 1% le plus riche. La France se situe dans la moyenne de l'OCDE avec 10% des ménages les plus fortunés qui possèdent la moitié du patrimoine total. Mais les écarts d'un pays à l'autre peuvent être considérables. Aux Etats-Unis, les 10% les plus riches détiennent ainsi 79% du patrimoine total du pays, et 1% d'entre eux possèdent même 42% de ce patrimoine. Inversement, en Slovaquie, cette répartition est beaucoup plus équitable, avec les 10% les plus riches possédant 34% du patrimoine national (dont 1% en détenant 9%).

Face à cela, « l'impôt sur les successions ou donations représente seulement 0,5% en moyenne des recettes budgétaires car les bases fiscales sont extrêmement réduites », a souligné Pascal Saint-Amans, directeur du Centre de politique et d'administration fiscales de l'OCDE. Si la France fait partie des pays où la part des recettes fiscales provenant d'impôts sur les successions ou dotations est la plus élevée avec 1,38%, aux Etats-Unis elle représente moins de 0,25%.

De nombreuses exonérations

L'étroitesse des assiettes fiscales s'explique par les nombreuses exonérations - assurance vie, résidence principale, transmissions d'entreprise, etc. - mais aussi par les abattements conséquents appliqués aux transmissions de patrimoine aux enfants . Or ces exemptions, qui favorisent l'optimisation et la fraude fiscale, ont « des effets régressifs : plus la richesse augmente, plus le taux effectif d'imposition est réduit », contribuant à saper l'équité et renforcer les inégalités, selon Pascal -Amans. En conséquence, en France, seules 35 % des successions sont imposables, selon la députée PS Christine Pires-Beaune, qui avait déposé une proposition de loi pour réformer cette fiscalité.

Des recommandation pour plus d'équité

L'OCDE recommande donc d' imposer les bénéficiaires sur les donations et héritages qu'ils reçoivent tout au long de leur vie plutôt qu'au coup par coup . Elle recommande également de revoir une particularité française, celle d' « appliquer un taux unique de 60% aux héritiers non-parents quand le taux peut être de 5% pour une succession en ligne directe pose une question de société ». Cette place accordée au lien de parenté est l'un des points régulièrement critiqués. La députée PS préconisait d'ailleurs de « défamilialiser » la taxation et de l'asseoir sur une base individuelle.

Le régime fiscal de l'assurance-vie est également en ligne de mire . Pascal Saint-Amans considère ainsi que la suppression du traitement fiscal préférentiel se justifierait « sur le plan économique et sur la base de ses effets régressifs ».

L'OCDE recommande par ailleurs plus largement la taxation du capital : «  l'instauration d'impôts bien conçus sur les revenus du capital , notamment sur les plus-values, doit également être une priorité ».




Andrew Preston pour DayNewsWorld

RACHAT DE SUEZ PAR VEOLIA

VERS UN NOUVEAU GEANT DE L'OR VERT

Huit mois après le début de leur guerre fratricide, Veolia et Suez sont parvenus à un accord.

Le leader mondial des services à l’environnement, Veolia, ambitionne de racheter le numéro deux, Suez. Les deux géants de gestion de l’eau et des déchets ont annoncé, lundi 12 avril, que leurs conseils d’administration respectifs étaient parvenus à un accord de principe sur les conditions d’un rapprochement, grâce à la discrète médiation de Gérard Mestrallet, ancien président-directeur général (PDG) de Suez puis du groupe d’énergie Engie.

Les deux entreprises se sont finalement accordées sur un prix de 20,50 euros par action Suez, alors que Veolia proposait initialement 18 euros, un montant jugé insuffisant par son rival. Veolia a finalement renchéri pour acheter son concurrent au prix d’une longue bataille.

Ce rapprochement doit permettre la constitution d’un « champion mondial de la transformation écologique », au chiffre d’affaires d’environ 37 milliards d’euros, selon un communiqué de Veolia. Le prix finalement retenu valorise l’ensemble de Suez à environ 13 milliards d’euros.

Un « nouveau Suez »

Dans le même temps, un « nouveau Suez » doit être mis sur pied, détenu par un groupe d’actionnaires majoritairement français comprenant des partenaires financiers des deux groupes et les salariés. Son périmètre sera constitué des activités de Suez dans l’eau municipale et le déchet solide en France, y compris le CIRSEE, principal centre de recherche sur l’eau et l’environnement en France. S’y ajoutent des activités de Suez, notamment dans l’eau et dans les zones géographiques suivantes : Italie (y compris la participation dans Acea), République tchèque, Afrique, Asie centrale, Inde, Chine, Australie, et les activités monde numériques et environnementales (SES).

M. Frérot, président-directeur général (PDG) de Veolia, se dit « très confiant » sur l’intégration des deux équipes qui, dit-il, ont « une culture commune ». Il a réitéré ses engagements sociaux, vis-à-vis des salariés de Suez très inquiets, pour une durée de quatre ans après la clôture de l’offre, qui ne pourra intervenir qu’après le feu vert des autorités de la concurrence, notamment de celui de la Commission européenne. Il a aussi réaffirmé sa volonté d’« intégration et de mixité des équipes de direction du siège et des pays ». Bertrand Camus, directeur général de Suez, et farouche opposant à l’offre publique d’achat (OPA), ne fera pas partie de l’équipe de direction du futur Veolia.

Les deux fleurons français s’affrontaient depuis l’année dernière, notamment depuis l’acquisition par Veolia en octobre de 29,9 % de Suez auprès d’Engie avant de lancer une OPA sur le reste des actions. Depuis sept mois, ils ont multiplié recours en justice, invectives par voie de presse, coups de pression et de semonce. En parallèle, chacun affichait régulièrement sa volonté de tendre la main à son rival, mais à ses conditions, donnant l’impression d’un dialogue de sourds.

L’affaire avait aussi pris un tournant politique, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire intervenant à plusieurs reprises, et encore fin mars, pour estimer qu’un accord restait « possible » entre les deux rivaux.

« Je me réjouis que Veolia et Suez soient parvenus à un accord à l’amiable, conformément au souhait exprimé par l’Etat depuis le début de cette opération industrielle », a réagi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire dans un communiqué.

Selon le patron de Bercy, qui remercie l’ensemble des acteurs, cet accord « préserve la concurrence au services des clients entre deux grandes entreprises industrielles nationales dans le traitement de l’eau et des déchets. Il garantit leur bon développement sur les marchés nationaux et internationaux. Il préserve l’emploi. »




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

LES CYBERATTAQUES PEUVENT PARALYSER L'ECONOMIE MONDIALE SELON LA FED

Le président de la Banque centrale américaine est plus inquiet du risque d'une cyberattaque à grande échelle que d'une crise financière mondiale semblable à celle de 2008. Les risques d'une crise ressemblant à celle dite des «subprimes», avec le besoin de renflouement des banques par les gouvernements «sont très, très faibles», a déclaré Jerome Powell au cours de l'émission 60 minutes sur la chaîne américaine CBS news.«Le monde change.

Le monde évolue ! Et les risques aussi !!

Et je dirais que le risque que nous surveillons le plus est le cyber risque», a-t-il dit, ajoutant que c'est une inquiétude partagée par de nombreux gouvernements, de grandes entreprises privées en particulier financières. C'est aussi contre ce risque que tous ces acteurs investissent le plus.

Jerome Powell a souligné que la Réserve fédérale (Fed) envisage différents types de scénarios. «Il existe des scénarios dans lesquels (...) le système de paiement ne peut pas fonctionner. Les paiements ne peuvent effectue et des choses de ce genre», a-t-il détaillé. La Fed envisage aussi la possibilité qu'une partie ou même une grande partie du système financier puisse s'arrêter. «Nous dépensons donc beaucoup de temps, d'énergie et d'argent pour nous prémunir contre ça», a souligné le patron de la puissante institution, en rappelant qu'il y a des cyberattaques de grandes institutions «tous les jours».

Vers un dollar numérique ?

Jerome Powell a par ailleurs été interrogé sur la possibilité de créer un dollar numérique alors que la Chine est devenue le mois dernier la première grande puissance économique mondiale à dévoiler une cryptomonnaie. Il a souligné que pour l'heure, la Fed évaluait cette possibilité. «Nous pensons qu'il est de notre devoir de comprendre. Comment cela fonctionnerait-il? Quelles en seraient les caractéristiques ?», a-t-il expliqué.

Il a également indiqué que la Fed était en train de développer un logiciel et même de concevoir l'apparence d'un dollar numérique américain, mais la décision finale de le rendre public ne sera prise qu'une fois son impact pleinement compris. Le dollar est «la monnaie de réserve du monde. Le dollar est si important (...) Nous n'avons pas besoin d'être les premiers à le faire. Nous voulons bien faire les choses. Et c'est ce que nous allons faire», a-t-il insisté.

En octobre dernier, Jerome Powell avait déjà indiqué que les États-Unis réfléchissaient à l'émission de leur cryptomonnaie mais il avait alors prévenu que l'évaluation complète des avantages et des risques prendrait du temps. La création d'un dollar numérique pourrait être bénéfique à l'économie américaine, a estimé plus récemment la secrétaire au Trésor, Janet Yellen dans un entretien au New York Times publié le 22 février dernier.

Elle avait alors évoqué la nécessité pour les Banques centrales de bien évaluer les problématiques associées, notamment la protection des consommateurs.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

VERS UNE REPRISE ECONOMIQUE AUX ETATS-UNIS AVEC LE PLAN DE RELANCE

DE 1900 MILLIARD DE DOLLARS DE JOE BIDEN

Après des heures de débats et un vote marathon, le Sénat américain a approuvé le 6 mars 2021 le plan de 1.900 milliards de dollars voulu par Joe Biden pour relancer la première économie mondiale frappée par la pandémie.

Le texte repart cette semaine à la Chambre des représentants, où les démocrates, majoritaires, devraient l'approuver rapidement pour que Joe Biden puisse le promulguer d'ici le 14 mars.

Ce plan de relance, qui inclut le financement des vaccins et des fournitures médicales, étend l'aide au chômage et fournit une nouvelle série d'aides financières d'urgence aux ménages, aux petites entreprises et aux autorités locales, bénéficie selon les sondages d'opinion d'un large soutien.

Le président américain a salué le vote au Sénat d'un plan dont les Etats-Unis ont « désespérément besoin », selon lui, pour sortir de la crise née de la pandémie de coronavirus.

« Nous avons fait un pas de géant » pour venir en aide aux Américains, a dit, depuis la Maison Blanche, le chef de l'Etat, qui avait fait de ce plan de soutien massif l'une de ses promesses de campagne.

Ce sera le troisième plan d'aides exceptionnelles approuvé par le Congrès pendant la pandémie. Les républicains ont largement soutenu les plans précédents pour lutter contre le coronavirus et relancer la plus grande économie du monde, qui a perdu 9,5 millions d'emplois depuis l'année dernière.

Financement des vaccins et extension de l'aide au chômage

Le plan de relance, qui inclut le financement des vaccins et des fournitures médicales, étend l'aide au chômage et fournit une nouvelle série d'aides financières d'urgence aux ménages, aux petites entreprises et aux autorités locales, bénéficie selon les sondages d'opinion d'un large soutien.

Le plan des démocrates prévoit notamment des chèques de 1.400 dollars pour des millions d'Américains, ainsi que 350 milliards de dollars d'aide aux Etats et aux collectivités locales. Le texte prévoit aussi des milliards de dollars pour lutter contre la pandémie, dont 49 milliards pour le dépistage et la recherche, en plus de 14 milliards pour la distribution du vaccin

Vers un mini-boom économique au printemps?

Publiés vendredi les chiffres de l'emploi sont encourageants. Le taux de chômage aux États-Unis, bien que toujours élevé à 6,2% le mois dernier, a baissé par rapport à 6,3% enregistrés en janvier. Un signe annonciateur pour certains d'un mini-boom économique au printemps.

En février, 379.000 emplois ont été créés, près de trois fois plus qu'en janvier. Mais il faudra encore du temps pour retrouver le niveau d'avant la pandémie: 18 millions d'Américains touchent toujours une allocation, après avoir perdu leur emploi ou vu leurs revenus plonger.

« A ce rythme, il faudra deux ans pour revenir dans les clous » et retrouver le niveau de février 2020, a averti Joe Biden.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

LES CHAUFFEURS UBER CONSIDERES

 COMME DES TRAVAILLEURS SALARIES

AU ROYAUME-UN

La Cour suprême britannique a estimé, vendredi 19 février, dans une décision très attendue, que les chauffeurs Uber pouvaient être considérés comme des « travailleurs » salariés, rejetant ainsi le recours du géant américain de réservation de voitures.

La justice aura donc donné à chaque fois raison à un groupe d’une vingtaine de chauffeurs qui estiment avoir droit au statut de travailleur, compte tenu du temps qu’ils passent en étant connectés à l’application et du contrôle exercé par le groupe.

La Cour suprême a estimé « qu’en se connectant à l’application Uber à Londres, un chauffeur dans le cadre de la plainte est considéré comme un travailleur en entrant dans un contrat.

La compagnie estimait que les chauffeurs sont des travailleurs indépendants, choisissant leurs horaires et lieux de travail, et collaborant parfois à plusieurs applications en même temps.

Cette décision signifie que les chauffeurs Uber, qui étaient jusque-là des travailleurs indépendants, devraient avoir droit par exemple à un salaire minimum et à des congés payés, ce qui pourrait chambouler le modèle économique d’Uber au Royaume-Uni mais augmenter de manière substantiel les coûts du géant américain de la réservation de voitures avec chauffeur (VTC), qui n'est toujours pas rentable.

Une décision qui pourrait aussi faire boule de neige pour l’ensemble des plates-formes numériques.




Jaimies Potts pour DayNewsWorld

LE MEA CULPA DE LA COMMISSION EUROPEENNE POUR SA GESTION DES VACCINS CONTRE LE COVID-19

Au terme de plusieurs semaines de polémiques sur les retards de livraisons de vaccins, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen était, mercredi matin, au Parlement européen pour s’expliquer. Elle a reconnu des erreurs et détaillé les pistes pour garantir l’approvisionnement futur des Vingt-Sept.

Ursula von der Leyen s'est tout d'abord employée à convaincre que l'Union européenne faisait « tout ce qui était possible » pour accélérer la production de masse de doses de vaccin et tenir l'objectif de vacciner 70 % des adultes d'ici à la fin de l'été.

Aujourd’hui, l’Europe a à sa disposition trois vaccins (Pfizer-BioNTech, Moderna et AstraZeneca) mais elle est à la traîne par rapport aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et à Israël : seules 26 millions de doses lui ont été livrées et 17 millions des 450 millions de citoyens européens ont pu être vaccinés.

« C'est un fait que nous ne sommes pas aujourd'hui là où nous voudrions être dans la lutte contre le coronavirus », a reconnu Ursula von der Leyen. « Nous avons été en retard pour l'approbation des vaccins. Nous avons été trop optimistes sur la production de masse. Et peut-être avons-nous eu aussi trop de certitudes sur le fait que les commandes seraient effectivement livrées dans les temps », a-t-elle ajouté.

Alors qu’AstraZeneca projette toujours de ne livrer que 40 millions de doses au premier trimestre, au lieu des 120 millions inscrites dans son contrat, von der Leyen est revenue sur la «task force» placée sous l’autorité du commissaire Thierry Breton, très récemment créée pour «détecter les problèmes de production et aider à les résoudre». Le Français n’a pas perdu de temps se rendant dès mercredi dans l’usine Thermo Fisher de Seneffe (Belgique), sous-traitant d’AstraZeneca en Europe.

Les Européens ont sous-estimé la complexité liée à la production de masse de ces doses. « On ne peut pas mettre en place un site de production du jour au lendemain. Sa production intègre jusqu'à 400 composants différents et implique jusqu'à 100 entreprises », a rappelé la présidente de l'exécutif européen. « L'industrie doit s'adapter au rythme inédit de la science […] Nous avons besoin d'une coordination accrue sur les ingrédients clés, nous devons améliorer la montée en puissance des capacités […] afin de s'assurer que nous serons en sécurité l'hiver prochain en dépit des variants », a-t-elle insisté.

Ursula von der Leyen . a également promis la création d'un « groupe de contact » entre la Commission et le Parlement. La question de la transparence sur les contrats signés avec les groupes pharmaceutiques est également revenue en boucle.

Trois contrats ont déjà été mis à la disposition des élus - quoiqu'en partie expurgés des clauses les plus sensibles - et un quatrième, celui signé avec Johnson & Johnson devrait rapidement être consultable.

De très nombreux eurodéputés ont encore demandé à la Commission de publier l’intégralité de ces documents, pour l’heure couverts par le secret des affaires. «Je suis convaincue que l’UE a fait son possible. Mais j’aimerais le prouver aux citoyens et, pour cela, il faut de la transparence», a déclaré l’eurodéputée écologiste luxembourgeoise, Tilly Metz.

«Le manque de transparence est l’humus des thèses conspirationnistes», a alerté le socialiste bulgare Petar Vitanov.




Abby Shelcore pour le DayNewsWorld

COVID-19 L'ANNULATION DES DETTES PUBLIQUES DETENUES PAR LA BCE EST INENVISAGEABLE

Alors que vendredi 5 février 2021 une centaine d'économistes ont lancé un appel pour annuler les dettes des Etats détenues par la Banque centrale européenne après la pandémie de Covid-19, Christine Lagarde s'est empressée de les mettre en garde.

« Une violation du traité européen »

Christine Lagarde a renvoyé dans leurs buts les 100 économistes qui ont lancé cet appel :.« Inenvisageable », répond dimanche 7 février la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, dans un entretien au Journal du dimanche. Pour l'ancienne ministre de l'Economie, il s'agirait d' « une violation du traité européen qui interdit strictement le financement monétaire des Etats ».

« Cette règle constitue l'un des piliers fondamentaux de l'euro », poursuit l'ex-patronne du Fonds monétaire international (FMI). « Si l'énergie dépensée à réclamer une annulation de la dette par la BCE était consacrée à un débat sur l'utilisation de cette dette, ce serait beaucoup plus utile ! À quoi sera affectée la dépense publique ? Sur quels secteurs d'avenir investir ? Voilà le sujet essentiel aujourd'hui », affirme Christine Lagarde au JDD.

« Les dettes se gèrent dans le temps long »

Pour Christine Lagarde, « il ne fait aucun doute » que les pays de la zone euro « parviendront » à rembourser cette dette. « Tous les pays de la zone euro émergeront de cette crise avec des niveaux de dette élevés », a estimé Christine Lagarde dans le JDD. Mais « il ne fait aucun doute qu'ils parviendront à la rembourser. Les dettes se gèrent dans le temps long. Les investissements réalisés dans des secteurs déterminants pour l'avenir engendreront une croissance plus forte », estime-t-elle.« La reprise sera créatrice d'emplois, et donc fédératrice. Nous allons vers une autre économie, plus numérique, plus verte, plus engagée face au changement climatique et pour le maintien de la biodiversité. »

2021, l'année de la reprise

Prévoyant une rebond du PIB européen de 6,5% en 2021, Christine Lagarde estime cependant que l'activité ne reviendra pas à son niveau d'avant la crise avant mi-2022. Après crise, elle conseille donc de ne pas serrer d'un coup tous les robinets des politiques budgétaires et de politique monétaire, comme ce fut le cas dans le passé. « Il faudra, à l'inverse, apporter aux économies un accompagnement graduellement diminué, au fur et à mesure que la pandémie s'éloignera et que la reprise se manifestera. L'économie devra alors réapprendre à fonctionner sans les aides exceptionnelles rendues nécessaires par la crise.

Je ne suis pas inquiète car la capacité de rebond est forte. Nos économies sont résilientes ».




Kelly Donaldson pour DayNewsWorld

COVID-19: UN PASSEPORT VACCINAL

POUR UN RETOUR A LA VIE NORMALE ?


Alors que la plupart des pays du monde ont commencé à vacciner leur population contre le Covid-19, une idée fait son chemin: la création d'un « passeport vaccinal » pour un retour à la vie normale

De la France à Israël en passant par la Suisse, la création d'un « passeport vaccinal », « passeport sanitaire » ou « passeport vert » a été émise au sein des sphères politiques et économiques. Il s'agit d'un document qui atteste qu'une personne a bien été vaccinée contre le Covid-19. Il permettrait, à ceux qui le détiennent, de voyager librement à l'étranger, de se rendre au restaurant ou d'aller au cinéma. Une initiative qui n'est pas sans rappeler le certificat international de vaccination délivré aux personnes qui se sont fait vacciner contre la fièvre jaune et qui est obligatoire pour se rendre dans certains pays d'Afrique ou d'Amérique du Sud.

Plusieurs projets en développement.

Le gouvernement israélien a par exemple présenté, début janvier, une application qui sera l'équivalent d'un passeport numérique pour obtenir un droit d'entrée dans les lieux publics, après un test PCR négatif ou une vaccination. Une application pourrait être lancée dès janvier, rapporte le Jerusalem Post.Sans ce sésame, les restaurants, cinémas ou encore salles de concert resteront inaccessibles. L'Estonie, elle, travaille en partenariat avec l'OMS sur la création d'un « Certificat international de vaccination numérique ».

Plusieurs initiatives privées existent également afin de réunir sur mobile l'ensemble des données de santé nécessaires pour franchir les frontières. L'Association internationale du transport aérien, l'Iata, qui réunit près de 300 compagnies aériennes, devrait aussi lancer son propre système de passeport sanitaire.Une coalition américaine de sociétés informatiques, d'institutions de santé et d'ONG a annoncé jeudi qu'elle allait travailler sur une version numérique et papier d'un tel document. Baptisée VCI (Vaccination Credential Initiative), la coalition comprend notamment le géant de l'informatique Microsoft et les éditeurs de logiciels Salesforce et Oracle.

L'industrie du tourisme, durement touchée par la crise coronavirus, considère ce passeport «  vaccinal » comme un espoir pour que les voyages redeviennent possibles sans trop de contraintes (test PCR négatif, quarantaine à l'arrivée dans un pays...). La compagnie aérienne australienne Qantas envisage d'ailleurs déjà d'exiger un tel document pour les voyageurs internationaux arrivant en Australie.

Ce document fait débat

L'instauration d'un « passeport vaccinal » fait cependant débat. En France, où la vaccination contre le Covid-19 n'est pas obligatoire, de nombreuses personnes y restent encore réfractaires. Si 47% des Français souhaitent se faire vacciner, selon le dernier sondage Elabe 40% ne veulent pas s'y soumettre. Un tel document pourrait donc diviser la société en deux, entre ceux qui disposeraient de ce sésame et pourraient reprendre une vie normale, et les autres. Une atteinte aux libertés individuelles qui pose question.

Comme avec les applications de traçage, la question de la protection des données de santé se trouve également posée.

Des incertitudes entourent également les différents vaccins développés à travers le monde: quels vaccins pourront être présentés selon les pays? Pour l'heure, ils affichent des taux d'efficacité différents et un niveau de développement variable.De plus s'ils empêchent de développer les symptômes de la maladie, on ne sait pas encore exactement combien de temps dure leur protection. Il existe également une inconnue concernant le fait que les personnes vaccinées puissent être porteuses du virus de façon asymptomatique et le transmettre.

Dans l'état actuel des connaissances, ce passeport serait donc une fausse sécurité.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

CORONAVIRUS: 3 SCENARIOS CHOC

BOULEVERSANT L'ECONOMIE EN 2020

L'année 2020 a été pour le moins chaotique. La pandémie de Covid-19 et ses conséquences sur l'économie ont certainement déjoué les pronostics les plus catastrophistes. Après deux vagues de contaminations, des confinements et couvre-feu imposés aux populations, la chute record de l'activité, la multiplication des plans sociaux et des licenciements... qu'est-ce que 2021 nous réserve? Comme il y a un an, Saxo Banque s'est livrée à plusieurs « prévisions choc » pour l'année à venir.

« La pandémie de la Covid-19 et l'élection présidentielle américaine, particulièrement chaotique, ont précipité l'avènement d'un futur jusqu'alors lointain, accélérant pratiquement toutes les super tendances sociales et technologiques sous-jacentes », estime Steen Jakobsen, le directeur des investissements de Saxo Banque. « Pour faire court, les traumatismes de 2020 signifient qu'en 2021, le futur sera déjà là », ajoute-t-il.

Alors que les Etats s'endettent à des niveaux records pour financer leur soutien à l'économie et leurs plans de relance, l'établissement financier souligne notamment les risques liés au remboursement de la dette.

La France ne parvient plus à rembourser ses dettes et demande l'aide de l'Allemagne

Pour faire face au plongeon de l'activité provoqué par les mesures de restrictions sanitaires, la France a engagé un plan de relance de 100 milliards d'euros et multiplié les aides et dispositifs comme le chômage partiel à destination des entreprises. Résultat, le pays est l'un des Etats européens qui affichera l'un des plus hauts niveaux d'endettement dans les prochaines années.

La dette publique devrait passer de près de 100% du PIB avant la pandémie à 120% en 2021. Sans parler de la dette privée qui était déjà « en train de s'envoler " avant la crise, « pour atteindre près de 140% du PIB, un chiffre nettement supérieur à celui observé en Italie (106%) et en Espagne (119%) », souligne Saxo Banque.

Dans ces circonstances, l'établissement financier anticipe qu'une vague de faillites pourrait survenir en France en 2021, affectant en premier lieu le secteur tertiaire, comme la restauration et les entreprises liées au tourisme. Les prêts garantis par l'Etat ne joueraient plus leur rôle de garde-fou, les banques ne parviendraient plus à subvenir aux besoins de l'économie. Leur produit net bancaire, équivalent du chiffre d'affaires dans le secteur,chuterait et les provisions pour pertes de crédit augmenteraient brutalement. Les investisseurs se désengageraient alors massivement des groupes bancaires qui s'effondreraient comme jamais en Bourse.

« Compte tenu du piètre état des finances publiques et du niveau extraordinairement élevé de la dette publique, la France n'a d’autre choix que de venir demander assistance à l'Allemagne, afin de permettre à la Banque centrale européenne (BCE) d'injecter suffisamment de liquidités pour renflouer massivement le système bancaire et éviter un effondrement systémique », prévoit alors Saxo Banque.

« L'idée qui sous-tend derrière est un quantitative easing [assouplissement quantitatif, ndlr] infini »", explique Christopher Dembik, directeur de la recherche macro-économique chez Saxo Banque. Autrement dit, l'Allemagne donnerait son accord pour que la BCE soutienne l'économie française en rachetant des titres de dette de l'Etat et des entreprises tricolores de manière illimitée, dans le temps comme au niveau des montants.

L'arrivée d'un vaccin entraîne une vague de faillites aux Etats-Unis

Les annonces de vaccin contre le Covid-19 constituent des nouvelles rassurantes et positives. Gare toutefois à l'excès d'optimisme. Les plans de soutien et d'urgence des gouvernements ont atteint des montants historiques en 2020, jusqu'à 2 200 milliards de dollars mis sur la table aux Etats-Unis au printemps. Et le nouveau président élu Joe Biden souhaite un nouveau plan d'aides équivalent. Les banques centrales, comme la BCE ou la Réserve fédérale (Fed) outre-Atlantique, ont aussi injecté massivement des liquidités dans l'économie ces derniers mois.

« Avec le recul, il s'avère que l'économie a été stimulée à l'excès pendant la pandémie, et la forte reprise post-vaccin met rapidement l'économie en surchauffe », anticipe Saxo Banque. « L'inflation accélère et le taux de chômage chute tellement vite que la Fed laisse les taux longs augmenter, entraînant dans la foulée une hausse des taux des titres de dette plus risqués », poursuit la banque d'investissement. Résultat, alors que l'économie repartait et les entreprises parvenaient à se financer facilement auprès des banques et des investisseurs, les conditions de financement se trouvent brusquement resserrées. « Les taux de défaut des entreprises atteignent leur plus haut niveau depuis des années. Les premières à disparaître sont les entreprises surendettées du secteur de la distribution physique, qui éprouvaient déjà des difficultés avant la pandémie », prévoit Saxo Banque. La Fed commettrait donc une erreur stratégique, en relevant ses taux pour limiter l'inflation des prix et des salaires, provoquant par ricochet une nette hausse des taux d'emprunt bancaires et une vague de faillites historique aux Etats-Unis.

Les difficultés rencontrées par la première économie mondiale ne manqueraient pas d'avoir des répercussions sur les autres pays.

Amazon fait de Chypre un paradis fiscal privatisé, l'UE réagit en conséquence

Les géants de la tech américains sont de plus en plus influents et leurs produits incontournables. « On a vu ces dernières années des multinationales devenir plus puissantes que des Etats », souligne Christopher Dembik. Ces entreprises ne lésinent pas sur le lobbying et adoptent parfois des approches « quasi gouvernementales », estime Saxo Banque. Microsoft a par exemple créé un bureau de représentation des Nations Unies à New York et recruté un diplomate pour traiter des affaires gouvernementales européennes.

Facebook a de son côté mis en place une « Cour suprême » pour examiner notamment les réclamations des utilisateurs. En 2021, Saxo Banque anticipe qu'Amazon pourrait aller jusqu'à dicter à Chypre sa politique fiscale. Dans un contexte de pression croissante sur le mastodonte du e-commerce, accusé de nombreux maux dont l'évitement fiscal, Amazon déménagerait son siège social européen du Luxembourg à Chypre.

« Le pays accueille à bras ouverts le géant de la vente en ligne et les recettes fiscales qui lui permettront de réduire son ratio dette/PIB de près de 100% », prévoit la banque danoise. Chypre saisirait cette opportunité après avoir subi les mesures d'austérité imposées par l'Union européenne (UE) durant la crise de la dette souveraine en 2010-2012. Les conseillers d'Amazon aideraient alors l'île à réécrire son code fiscal pour répliquer celui de l'Irlande, « mais avec un taux d'imposition sur les sociétés et des taxes encore plus faibles, pour le plus grand bonheur des dirigeants et de la population, soumis à la manne financière que cela représente ».

Face à cette situation, l'Union européenne réagirait sans tarder et forcerait l'entreprise de Jeff Bezos à changer ses pratiques. De plus, cet événement enclencherait un mouvement d'harmonisation fiscale, dicté par l'UE. Des règles communes seraient alors adoptées à Chypre et dans l'ensemble des autres Etats membres. « Dans ce scénario, on assisterait plutôt à une harmonisation à la baisse de la fiscalité », explique Christopher Dembik, sans aller jusqu'au niveau de taxation de l'Irlande, particulièrement bas en Europe.

Les Gafa pourraient globalement subir la volonté des Etats de limiter leurs monopoles en 2021, alors que la pandémie de coronavirus n'a pas entamé leur puissance et qu'ils continuent d'étendre leurs activités.




Carl Delsey pour DayNewsWorld


CROISSANCE MONDIALE

UN OPTIMISME PRUDENT DE L'OCDE

La découverte de plusieurs vaccins efficaces change la donne et permet d’espérer un rebond économique à moyen terme mais les « perspectives à court terme » restent très incertaines. C'est le message de l'OCDE qui a revu et publié ce mardi 1 décembre 2020 ses prévisions de croissance au niveau mondial.

L'OCDE a publié ses perspectives pour l'économie mondiale. Pour 2020 l’organisation table désormais sur une récession mondiale de 4,2 % cette année, suivie d’un rebond de 4,2 % en 2021 et de 3,7 % en 2022.

En 2021, le rebond attendu s'établit à plus 4,2%, cette estimation était de 5% avant les reconfinements de l'automne.

« Nous prévoyons que d'ici la fin de 2022, le PIB mondial sera inférieur de quelque 7 000 milliards de dollars - ce qui représente environ un tiers de l'économie américaine - par rapport à ce qu'il aurait été dans nos projections d'avant la pandémie. L'impact est donc plutôt massif », a souligné le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria. La Chine, premier épicentre de la pandémie début 2020, a réussi à maîtriser le virus plus rapidement. Ainsi, son économie est la seule parmi les grands pays à échapper à la récession (+1,8% prévue cette année).

L'Organisation internationale souligne la très forte hétérogénéité des pays, selon l'ampleur de la pandémie, les différentes mesures mises en place pour y face, entre confinement et plans de soutien. Dans la zone euro, la chute d'activité a été estimée à 7,5% cette année.

En 2021, la croissance devrait afficher un rebond de 3,6% et 3,3% en 2022.Dans les économies développées, la Grande-Bretagne et l'Espagne, vont connaître cette année les plus fortes chutes, suivis de la France et l'Italie. L'Allemagne s'en sort mieux, ainsi que le Japon et les États-Unis. Du côté des émergents, l'Inde, le Mexique et l'Afrique du Sud enregistrent les pires performances.

Pour la reprise on peut compter vu la forte hausse du taux d'épargne, en particulier aux États-Unis, sur une consommation plus dynamique qui pourrait contrebalancer la détérioration des marchés de l'emploi avec une envolée prévue des défaillances et du chômage. Les PME sont particulièrement vulnérables et la dette des entreprises atteint des niveaux inquiétants, souligne l'OCDE.

La recrudescence de l'épidémie « et les mesures d'endiguement mises en place ont freiné le rythme de la reprise mondiale » souligne l'OCDE. L'institution prévient que cette tendance « devrait persister pendant un certain temps étant donné les défis à surmonter (...) avant de pouvoir distribuer un vaccin à grande échelle dans le monde ».

Quant à la réponse macroéconomique, l'OCDE est sur la même ligne que le FMI : les politiques monétaires et budgétaires actuelles, expansionnistes, doivent être poursuivies, le moment n'est pas venu de serrer la vis.

« S'assurer que la dette est supportable ne sera une priorité que lorsque la reprise sera sur les rails » prévient-elle.




Andrew Perston pour DayNewsWorld

KIM-JONG-UN AURAIT FAIT EXECUTER UN TRADER

A CAUSE D'UNE BAISSE DU WON

La Corée du Nord traverse une période d’instabilité économique depuis le début de la crise sanitaire, couplée par des sanctions internationales prononcées par l’ONU et les États-Unis à la suite de ses essais nucléaires.

Le dictateur nord-coréen Kim Jong-un aurait donc fait exécuter fin octobre un trader à cause d'une baisse spectaculaire de 20% du won face au dollar américain au cours des derniers mois. , rapporte le quotidien sud-coréen Hankyoreh. Le média, cité par BFM Bourse, se base sur un rapport fait ce vendredi devant le Parlement de Séoul par le service de renseignements de la Corée du Sud.

« Envoyer un avertissement public »

Or le dictateur voudrait resserrer son emprise sur l’économie et plus particulièrement sur le marché des devises. « Pendant longtemps, Kim-Jong-Un n’est pas intervenu sur le secteur privé... Il n’a pas seulement toléré mais encouragé la décentralisation et le passage à des relations de marché entre les entreprises industrielles et les particuliers. Aujourd’hui, il essaie de faire marche arrière », a déclaré Andrei Lankov, un expert nord-coréen de l’Université Kookmin à Séoul.

Selon lui, l’exécution du trader a pour but d’ ' « envoyer un avertissement public sur la nécessité d’aller dans le sens des directives du régime concernant l’utilisation des devises étrangères. »

L’un de membres de la commission des renseignements de l’Assemblée nationale sud-coréenne, Kim Byung-kee, a déclaré qu’il s’agissait là de la dernière exécution survenue dans le cadre de mesures « déraisonnables » prises par le dictateur.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

COVID-19: EN LARMES LA PREMIERE MINISTRE DANOISE S'EXCUSE POUR LA MORT

 DE MILLIONS DE VISONS

Mette Frederiksen s'est interrompue à plusieurs reprises pour essuyer ses larmes.

Après l'abattage au Danemark de plus des deux tiers des quelque 15 à 17 millions de visons, après la découverte de foyers de Covid-19 dans les élevages du pays, la cheffe du gouvernement danois s'est pour la première fois excusée personnellement pour la gestion de cette crise.

« Je considère qu'il y a lieu de s'excuser pour le déroulement des faits.

Je n'ai aucun problème pour dire pardon pour ça car des fautes ont été commises », a-t-elle dit à la télévision TV2 en sortant de sa visite chez un éleveur à Kolding, dans l'ouest du pays, dont les bêtes ont été euthanasiées.

La Première ministre avait décidé l'abattage massif en raison d'une mutation problématique du coronavirus via ces mustélidés qui pouvait, selon des études préliminaires, menacer l'efficacité du futur vaccin pour les humains.

Quelques jours plus tard, le gouvernement avait toutefois reconnu qu'il n'avait pas de base légale suffisante pour faire éliminer les bêtes saines.

La démission du ministre de l'Agriculture

Le ministre de l'Agriculture s'était aussi excusé, avant de finalement démissionner.

Le 19 novembre 2020 , le ministère de la Santé avait conclu que cette menace potentielle pour les vaccins humains était « très probablement éteinte », en l'absence de nouveau cas détecté.

« C'est important de se rappeler que ce n'est pas de la faute des éleveurs, c'est la faute du coronavirus, si l'industrie ne peut pas continuer », a ajouté la cheffe du gouvernement, parlant d'une visite « émouvante .

Depuis le début de cette crise, un projet de loi a été déposé au Parlement visant l'interdiction des élevages de visons jusqu'en 2022.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

PLUSIEURS VAGUES EPIDEMIQUES DE COVID-19 DEVRONT ETRE GEREES  SELON

 LE CONSEIL SCIENTIFIQUE

Dans son avis du 26 octobre 2020 publié vendredi soir, le Conseil scientifique a livré sa vision de l’avenir et elle n'est pas plaisante. Le Conseil scientifique a publié, dimanche, la note dans laquelle il préconisait un couvre-feu plus dur ou un reconfinement et anticipe d'autres vagues épidémiques.« Il y a […] devant nous de nombreux mois avec une situation extrêmement difficile », prévoit le Conseil scientifique .

Anticiper de nouvelles vagues

Même en cas de succès des mesures de restriction, la deuxième vague risque de ne pas être la dernière. Les scientifiques s’attendent donc à «des vagues successives de recrudescence jusqu’à l’arrivée des premiers vaccins et/ou traitements prophylactiques» attendus pour le deuxième trimestre 2021.« On peut avoir plusieurs vagues successives durant la fin de l'hiver/printemps 2021, en fonction de différents éléments : état climatique, niveau et efficacité opérationnelle de la stratégie 'tester, tracer, isoler' », souligne le Conseil scientifique.

Par conséquent, les autorités doivent se préparer à gérer des « vagues successives de recrudescence » jusqu'à l'arrivée d'un éventuel vaccin ou de traitement, attendus pour le deuxième trimestre 2021. Concernant la période actuelle, le Conseil scientifique émet l'hypothèse d'une sortie de seconde vague en fin d'année ou début d'année 2021.Le deuxième « déconfinement » ne sera pas comme le précédent, puisqu’il se déroulera en hiver.

Repenser la stratégie tester-tracer-isoler

Bien que l’autocritique ne soit pas la grande force du gouvernement, le Conseil scientifique lui recommande pourtant de «tirer des leçons du relatif échec de la stratégie « Tester-Tracer-Isoler » durant la période de mai à septembre 2020».

En effet, repérer tôt les cas et les isoler avec succès est la seule méthode pour «un contrôle de la circulation virale comme cela a été montré dans un petit nombre de pays d’Asie du Sud Est».

Les scientifiques appellent donc à une augmentation des «effectifs humains» dédiés et à «la mise en place de l’application "Tous Anticovid"sur une large fraction de la population». Le conseil recommande que les tests antigéniques puissent être réalisés de façon large en dehors des laboratoires de biologie. Ce qui permettrait de surveiller lycées, collèges et écoles pour protéger les personnels et éviter que les enfants ramènent le Covid à la maison.

Et après ? Face à cela, deux stratégies sont envisagées.

1° L’une consiste à alterner des périodes de restrictions avec des périodes de laisser-aller.

2° L’autre essaie de maintenir un contrôle de la circulation du virus à un taux bas. Cette «stratégie de suppression de la circulation virale comme l’ont effectué plusieurs pays d’Asie, le Danemark, la Finlande et l’Allemagne […] implique des mesures fortes et précoces à chaque reprise épidémique».

Aller vers une « suppression » du virus

« Passer de 40 000 contaminations par jour à 5 000 » d'ici au 1er décembre : c'est l'objectif fixé par Emmanuel Macron quand il a annoncé le 28 octobre le reconfinement. Ce seuil des 5 000 cas est également évoqué par le Conseil scientifique. Il est au cœur de la politique de « suppression de la circulation virale » qu'il prône.

Pour le Conseil, cet indicateur n'est pas seulement l'objectif à atteindre grâce au confinement, mais un seuil à ne plus dépasser dès la fin de la seconde vague. Cette politique, qui vise donc à maintenir constamment le virus sous un taux de 5 000 contaminations par jour, est suivie par « plusieurs pays d’Asie, le Danemark, la Finlande et l’Allemagne ». Cette option « implique des mesures fortes et précoces à chaque reprise épidémique », souligne l'instance, qui estime cependant qu'elle est « la meilleure garante du maintien de l'activité économique ».

Une stratégie de type « on/off »

C'est l'autre stratégie proposée par le Conseil scientifique pour la gestion des futures vagues épidémiques. Concrètement, cela signifierait alterner les périodes de restrictions (couvre-feu, confinement, etc.) et les périodes de levée des restrictions.

« Cette période de confinement pourrait être envisagée pour une courte durée, de quelques semaines (environ quatre semaines), et être suivie, selon les effets obtenus, par une période de couvre-feu sanitaire », estime le Conseil scientifique.

Outre les effets sur le plan sanitaire, l'instance explique que cette mesure « préserverait davantage qu’un confinement de certaines activités économiques et sociales ». La piste d'un couvre-feu jusqu'au début du mois de janvier 2021 avait d'ailleurs déjà été formulée par le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy .

« Est-ce possible sur le long terme ? Les Français accepteront-ils une telle stratégie, est-ce viable économiquement ? », s'interroge cependant le Conseil.

Selon l'instance, il s'agit là d'une condition sine qua non en vue du succès des futures stratégies choisies par les autorités

. « Il est essentiel que l’on commence à penser à d’autres modalités de vivre avec le Covid sur le long terme et que les choix puissent s’appuyer sur une vision issue de la société civile et non pas seulement sur les orientations données par les experts pour éclairer les décisions des autorités. »




Carl Delsey pour DayNewsWorld

LE TERRORISME ISLAMISTE ET LE COVID-19

 LES DEUX VIRUS QUE LA FRANCE-DOIT COMBATTRE

Au virus du Corona s'ajoute le virus du salafisme qui menace la France. 

Flambée de la pandémie, d'un côté, explosion de la violence islamiste, de l'autre : l'État est pris sous le feu nourri d'une double menace. La France est en effet passée cette semaine d'un choc à un autre, l'horreur du terrorisme venant s'ajouter à la lancinante crise sanitaire après l'assassinat de Samuel Paty, professeur à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), tué vendredi pour avoir enseigné la liberté d'expression en montrant à ses élèves des caricatures de Mahomet extraites de Charlie Hebdo. Après celui de Samuel Paty, il y a deux semaines, l’assassinat par un terroriste islamiste de trois fidèles à la basilique Notre-Dame de Nice fait résonner les sinistres échos des attentats de 2015 et 2016.

Un hommage national lui a été rendu quelques jours plus tard, mais le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer tient à ce que les établissements scolaires fassent leur propre hommage dès la rentrée du 2 novembre.

La mobilisation se fait en France: Soutien au courage et soutien à l’expression, barrage à l’obscurantisme .

« L'Éducation nationale ne peut plus fermer les yeux longtemps face à la pression malsaine et intolérable dont font l’objet des enseignants dans leur mission éducative quand ils abordent des sujets qui ne plaisent pas à une minorité »,a déploré Valérie Pécresse.

« La République est défiée depuis des années et elle regarde ailleurs. Cette tragédie abjecte doit être un électrochoc salutaire », a ajouté la présidente de la région Ile-de-France dans un entretien accordé à un confrère.

Mais comment lutter contre un intégrisme islamiste qui voudrait déchaîner la haine en France, conduire à une guerre civile ?

À propos de la sécurité, essentielle alors que la menace terroriste s’est encore intensifiée ces derniers jours, le ministre se veut rassurant. « Nous avons un plan de sécurisation pour chaque établissement scolaire », promet Jean-Michel Blanquer qui voit aussi dans le confinement une « protection indirecte ».« Cette crise sanitaire se combine avec des circonstances tragiques », reconnaît le ministre dans une vidéo adressée à l’ensemble de la communauté éducative et aux familles concernées dimanche 1er novembre.Triste aveu d'impuissance ?

Avoir les moyens de mener une lutte antiterroriste implacable et sans merci ...

Après les paroles il faut des actes.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

ECHEC DE LA SUPER TAXE GAFA UN MANQUE A GAGNER DE

100 MILLIARDS DE DOLLARS

L'OCDE a certes finalisé l'architecture d'une nouvelle fiscalité des multinationales à l'heure de la révolution numérique, mais a échoué à trouver un accord politique.

La communauté internationale n’aura jamais été aussi proche d’un accord sur la façon d’imposer les multinationales à l’heure de la mondialisation et du numérique, la fameuse super « taxe GAFA » (Google, Apple, Facebook, Amazon), qui doit mettre de l’équité dans le système fiscal.

L'OCDE propose en effet aux Etats un impôt mondial de 12 % à 13 % sur les bénéfices des multinationales .

Objectif de la taxe GAFA

L'objectif vise à accorder les règles fiscales internationales à la révolution du commerce électronique et à éviter ainsi que les « géants de la tech » comme Google, Facebook et Amazon puissent déclarer leurs bénéfices dans des pays à faible imposition comme l'Irlande quel que soit le lieu où s'opèrent leurs activités.

En clair, les entreprises qui échappent à l’impôt seraient réintégrées dans le système.

Echec de l'accord politique

Mais les 137 n'ont pas réussi a se mettre d'accord pour taxer les géants du numérique. Les États-Unis restent en retrait, la France en première ligne. .

A défaut d'un cadre international, un nombre grandissant de gouvernements se tiennent prêts à imposer des règles nationales, avec le risque inhérent de s'exposer à des représailles commerciales dont l'administration Trump a brandi la menace.En juillet 2019, la France avait ouvert la voie en adoptant la taxe dite « la taxe Gafa » sur les activités des géants du numérique, qui s’applique depuis le 1er janvier 2019.

En représailles, l’administration Trump avait menacé de surtaxer « jusqu’à 100 % » l’équivalent de 2,4 milliards de dollars de produits français, notamment le vin. En janvier, Paris et Washington avaient décrété une trêve, la France s’engageant à reporter le paiement des acomptes pour 2020 prévus en avril et en novembre, afin de donner du temps aux négociations à l’OCDE.

Un manque à gagner de 100 milliards de dollars

« Dans le pire des scénarios, ces conflits pourraient réduire le PIB mondial de plus de 1% », note l'OCDE, qui pilote ces négociations internationales.

A l'inverse, de nouvelles règles sur la taxation des entreprises du numérique et un projet de taxe minimum mondial pourraient accroître de 1,9% à 3,2% les recettes fiscales issues de l'imposition des revenus des grandes entreprises, soit un montant compris entre 50 milliards et 80 milliards par an.Cette somme pourrait même atteindre les 100 milliards de dollars en y ajoutant la taxe américaine existante sur les bénéfices réalisés à l'étranger, ajoute l'OCDE.

Mais la taxe Gafa attendra.

Les membres de l'OCDE ne sont pas encore parvenus à se mettre d'accord pour taxer les géants du numérique. « Le paquet est presque prêt, mais il manque un accord politique », a reconnu Pascal Saint-Amans, le responsable de la politique fiscale de l'OCDE, lundi 12 octobre 2020.

Moult obstacles sur fond de Covid-19 et d'élection américaine

A mesure que le projet se précise techniquement, à l’heure des vrais choix politiques, il reste encore à lever moult obstacles : s’entendre sur le champ d’application de la taxe – seulement les GAFA, ou toutes les multinationales vendant à distance – et sur les clés précises de répartition du nouvel impôt, entre les pays, où les entreprises sont implantées, et leurs pays de « marché », où se trouvent leurs clients…

Le tout dans un climat politique stressé, entre l’élection présidentielle américaine et la gestion de la pandémie de Covid-19, et sur fond d’opposition latente des paradis fiscaux...




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

VERS UNE PRODUCTION EUROPEENNE

 D'HYDROGENE VERT

La France espère « trouver un projet commun franco-allemand » sur l'hydrogène, a affirmé dimanche le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. « Je serai le 11 septembre à Berlin et nous allons regarder comment conjuguer nos efforts », a-t-il déclaré dans l'émission Grand rendez-vous Europe 1/Les Echos/CNews. « Nous allons regarder avec l'Allemagne comment on peut conjuguer les 7 milliards que la France met sur ce grand projet d'hydrogène, avec les 9 milliards que l'Allemagne met de son côté » a expliqué le ministre de l'Economie.

« J'espère bien que nous arriverons à trouver un projet commun franco-allemand, puis européen, sur l'hydrogène », a-t-il précisé.

Les plans de relance post-Covid feront-ils naître les champions européens de l’énergie décarbonée de demain? Alors que la France entend investir, comme l’Allemagne, plusieurs milliards d’euros dans l’hydrogène d’ici 10 ans, le gouvernement n’exclut pas de trouver des synergies industrielles au sein de l’espace européen.

Contexte politique favorable

Le contexte politique et industriel se prête en effet à un rapprochement franco-allemand sur la question de l’hydrogène vert. Berlin a dévoilé début juin un plan de développement de l’hydrogène propre, produit par électrolyse de l’eau avec de l’électricité issue de sources renouvelables, auquel l’Etat consacrera 9 milliards d’euros.

De son côté, Paris consacrera 7 milliards d’euros à un plan Hydrogène sur dix ans, dont 2 milliards iront au développement de la production d’hydrogène « vert » c’est-à-dire non issu des hydrocarbures, en 2021-2022, pour des applications notamment industrielles. « Sur l’hydrogène, nous ne finançons pas l’achat d’hydrogène, nous finançons la réalisation de produits industriels, par exemple de piles à combustibles (...), de réseaux de distribution », a expliqué le ministre de l’Économie.

La Commission européenne,quant à elle, a fait du développement de cet hydrogène propre au sein de l'UE un investissement prioritaire après la crise sanitaire, afin de décarboner les secteurs les plus polluants comme la sidérurgie et les transports, dans la course vers la neutralité climatique en 2050.


Décarboner les secteurs les plus polluants

Pour l’heure, au niveau industriel, l’hydrogène qui est produit n’est pas vert. Bien au contraire, il est issu de la combustion d’énergies fossiles (à 94% en France, et dans des proportions similaires ailleurs dans le monde), en grande majorité du charbon et du gaz naturel.

Si son bilan carbone est très négatif, sur le plan industriel, l’hydrogène fait rêver sous forme de gaz ou de liquide: il peut servir de carburant à des véhicules qui ne rejettent alors que de l’eau, à fabriquer de l’acier sans utiliser d’énergie fossile (or la sidérurgie représente près de 10% des émissions mondiales de CO2), à stocker de l’électricité produite par des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques (puisque le soleil ne brille pas 24 heures sur 24, cela permet de stocker l’énergie produite le jour sous forme d’hydrogène et de la restituer ensuite)..

Il fait  sans conteste un parfait outil vers la transition écologique tant souhaitée. « L’hydrogène peut devenir l’un des piliers d’un modèle énergétique neutre en carbone. Cette molécule, qui renferme énormément d’énergie, va devenir indispensable compte tenu de l’étendue de ses propriétés : elle permet de stocker l’électricité, d’alimenter des voitures, de recycler du CO2, de rendre les processus industriels plus propres, etc. » C’était le discours de Nicolas Hulot, en juin 2018. Il était alors ministre de la Transition écologique et solidaire et présentait son plan de déploiement de l’hydrogène pour la transition énergétique.

Le contre-exemple du photovoltaïque

Objectif affiché: doper la recherche et l’industrie européenne dans ce domaine face à la concurrence à bas coût étrangère. « Nous ne refaisons pas avec l’hydrogène l’erreur que nous avons faite avec les panneaux photovoltaïques (...) on a tué l’industrie du panneau solaire européenne et subventionné l’industrie du panneau solaire chinois: il est hors de question qu’on refasse la même chose », a mis en garde Bruno Le Maire.

Après une crise sanitaire sans précédent le plan de relance économique présenté par le Gouvernement ce jeudi 3 septembre 2020 renvoie l’hydrogène sur le devant de la scène.

« Le plan Hulot s’appuyait, a priori, sur 100 millions d’euros de financements. Celui-là promet 2 milliards d’euros d’ici fin 2022 et 7 milliards d’euros d’ici 2030 pour le développement d’un hydrogène vert. C’est sans commune mesure et un changement d’échelle décisif », commente Marc Florette, membre de l’Académie des technologies, pour Futura.

Un défi à relever trés vite  !




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

FRANCE

LA MAGIE DU PLAN DE RELANCE DE JEAN CASTEX

Le gouvernement a dévoilé ce jeudi 3 septembre 2020 son plan de relance pour tenter d'enrayer les effets de la crise sanitaire sur l'économie française. Il doit non seulement permettre de protéger l'activité et l'emploi à court terme, mais aussi préparer la France à faire face aux défis économiques en 2030.

Quatre fois plus d'argent qu'après la crise de 2008

Sur le papier, le plan baptisé « France Relance » promet 100 milliards d'euros sur 2020, 2021 et 2022, avec l'essentiel des sommes débloquées à partir de l'année prochaine. Cela représente 4 points de PIB, soit « quatre fois plus » que ce qui avait été fait après la crise financière de 2008, se félicite-t-on à Matignon.

À crise exceptionnelle, remède exceptionnel

Selon le gouvernement, c'est un plan inédit par son ampleur qui a pour but d'accélérer la transition écologique et de relocaliser ou développer les compétences françaises. Une somme importante qui nécessite plusieurs sources de financement. Cette somme importante va avoir plusieurs sources : 40 milliards d'euros de la part de l'Union européenne, dans le cadre du plan de relance accepté par Bruxelles, mais également des emprunts ainsi qu'une mise à contribution de la Caisse des dépôts et consignations.. Concernant le financement de ce plan de relance, Jean Castex a affirmé qu'il « n'y aura pas de hausse d'impôts ».

« Nous ne reproduirons pas l'erreur de procéder à des hausses de fiscalité qui affaibliraient notre croissance et enverrait des signaux négatifs aux ménages comme aux entreprises », a-t-il justifié jeudi en conférence de presse.

« Le plan de relance de 100 milliards tout rond relève d'une communication bien huilée », selon François Ecalle, magistrat de la Cour des comptes en disponibilité... « Il faudra regarder dans les documents budgétaires annexés à la loi de finances 2021 pour voir de quoi il retourne exactement. Dans le ferroviaire, par exemple, ils le disent eux-mêmes : des dépenses déjà prévues sont intégrées au plan de relance… Il y a un peu de prestidigitation. », poursuit-il.

Moderniser l'appareil productif

L'exécutif affirme vouloir faire le pari de moderniser enfin l'appareil productif français grâce à l'opportunité ouverte de dépenser sans trop compter, vu le contexte économique international et le soutien massif de la Banque centrale européenne (BCE).

La baisse de prélèvements pour les entreprises de 10 milliards d'euros par an sera toutefois la seule mesure budgétaire pérenne. Celles-ci vont bénéficier d'une diminution des impôts dits de « production », c'est-à-dire ceux qui pèsent sur leurs comptes, même si elles ne parviennent pas à dégager du profit. L'exécutif a choisi de diviser par deux la contribution à la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) pour la partie qui revient au budget des régions, lesquelles auront droit à une compensation, normalement intégrale, soit 7,25 milliards d'euros. Les entreprises industrielles bénéficieront aussi d'une baisse de leur cotisation foncière (CFE) et sur le foncier bâti.

Bercy estime que ces baisses d'impôts iront en priorité aux entreprises de taille intermédiaire (pour 42 %), qui font tant défaut par rapport à leurs concurrentes allemandes, mais aussi aux PME (32 %). Le reste, pour 26 %, irait aux grandes entreprises.

35 milliards d'euros pour la compétitivité des entreprises et l'innovation

En tout, ce sont 35 milliards d'euros qui seront dédiés à la compétitivité des entreprises et à l'innovation, affirme Bercy. L'État veut impulser, via le programme d'investissement d'avenir lancé à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy et poursuivi sous François Hollande, des investissements « dans des secteurs qui tireront notre croissance de demain ». Ainsi onze milliards d'euros sur deux ans sont prévus, notamment pour développer une filière de la voiture à hydrogène (2 milliards d'euros) et décarboner les grands sites industriels. Un milliard d'euros de plus seraient aussi dégagés pour soutenir l'investissement des entreprises dans les zones labellisées « territoires d'industrie » (400 millions d'euros) et sous forme d'aides à la relocalisation (600 millions d'euros) dans les secteurs stratégiques, comme le médicament.

Pour permettre aux entreprises fragilisées de traverser la crise, l'État va mettre 3 milliards d'euros de garanties sur la table pour permettre de lever, via l'intermédiation des banques, entre 15 et 20 milliards d'euros de « quasi-fonds propres » pour éviter leur étranglement par la dette accumulée pendant le confinement.

Si l'Etat a voulu miser gros sur la modernisation de l'appareil productif français à proprement parler, il veut aussi mettre le paquet sur la transition écologique.


Transition écologique

Une enveloppe de 30 milliards d'euros est annoncée pour y parvenir. Transports, bâtiment, énergie, industrie et agriculture sont concernés.

Onze milliards d'euros sont prévus pour les « mobilités », dont 4,7 pour le ferroviaire (petites lignes, trains de nuit, fret). La désignation des petites lignes concernées dépendra de la négociation avec les régions. Pour les transports en commun «du quotidien» et le soutien au vélo, 1,2 milliard d'euros est prévu.

En ce qui concerne le bâtiment, 4 milliards d'euros devraient permettre de rénover le bâti public, notamment les écoles, les collèges, les lycées et les hôpitaux, mais aussi celui de l'État. Les ménages, eux, vont bénéficier de 2 milliards d'euros au travers de Ma Prime Renov étendue même aux plus aisés d'entre eux. Enfin, 1,2 milliard d'euros sera consacré à «des aides pour une alimentation plus saine, plus locale, plus durable».

35 milliards d'euros pour « la cohésion sociale et territoriale »

Un dernier volet du plan est destiné à « la cohésion sociale et territoriale », pour 35 milliards d'euros. Sous cet intitulé un peu fourre-tout se cache l'enveloppe programmée pour protéger l'emploi via le dispositif de chômage partiel de longue durée (6,6 milliards d'euros), notamment dans les secteurs les plus impactés par la crise, tels que celui du secteur aérien. Un milliard d'euros de plus devra financer la formation des salariés concernés dans les secteurs d'avenir identifiés dans France Relance.

Ce volet met l'accent sur le renforcement des formations vers les secteurs de la transition écologique et numérique ainsi que sur les métiers du soin (« care ») notamment.

Entre 30 et 40 % de ce plan devraient être effectifs dès 2021, au travers du vote de la loi de finances d'ici à la fin de l'année

Un très rapide retour sur investissement espéré

À travers ce plan, le gouvernement espère créer un climat de confiance dans l'avenir qui suffise à débloquer au moins en partie les dizaines de milliards d'euros d'épargne accumulés jusqu'à présent. Et se fixe comme objectif, avec son plan de relance, conforme au montant recommandé par le Conseil d'analyse économique de 50 milliards d'euros sur une année, de revenir au niveau de PIB

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a pour sa part affirmé que ce plan de relance va permettre que la France « ressorte plus forte de la crise », alors que Jean Castex prévoit que l'effet sur la dette sera « presque entièrement résorbé à partir de 2025 ». « On en attend un très rapide retour sur investissement », a déclaré le chef du gouvernement, alors que la crise provoquée par l'épidémie de coronavirus va faire bondir la dette publique à près de 121% du PIB cette année.Le but est de revenir en 2022 au niveau d'avant crise. Alors qu'une récession de 11% est prévue cette année, certains considèrent cependant que cela relèverait de l'exploit.

Ce que le gouvernement dit vouloir avec ce plan, c'est préparer la France du futur.

Jean Castex a rappelé trois priorités : « le verdissement de notre économie, la cohésion sociale et territoriale et rendre la France plus compétitive et plus souveraine ».

« La France sortira plus forte de la crise économique, avec une économie plus compétitive, plus solidaire, plus décarbonnée  », a promis Bruno Lemaire.

Et avec "un peu de prestidigitation aussi" ?






Joanne Courbet pour DayNewsWorld

CORONAVIRUS DE NOMBREUX PAYS EUROPEENS DURCISSENT LEURS MESURES SANIATAIRES

Le coronavirus, pour lequel aucun vaccin n’a encore été trouvé, continue de circuler activement, alimentant les craintes d’une seconde vague aux enjeux économiques et sociétaux potentiellement désastreux.

Plus de 16,5 millions de personnes ont été contaminées depuis la fin 2019 – dont près de 5 millions depuis le 1er juillet si bien, qu'après des mesures de déconfinement en Europe , de nombreuses restrictions se multiplient à nouveau pour tenter de freiner la pandémie de Covid-19.

Les autorités françaises ont ordonné la fermeture de lieux de rassemblement comme les plages, les parcs et les jardins publics la nuit dans la ville touristique de Quiberon, sur l’Atlantique. Selon le bilan établi lundi soir par la Direction générale de la santé, l’épidémie a fait dix-sept morts supplémentaires depuis vendredi en France et la circulation du virus reste « soutenue ».

L’Espagne, quant à elle, fait face à un important rebond du nombre d’infections, incitant certaines villes à se reconfiner comme Barcelone ainsi que la région de Madrid à prendre ce mardi de nouvelles mesures, comme le renforcement du caractère obligatoire du port du masque et la limitation des rassemblements à dix personnes. Le gouvernement allemand a d'ailleurs déconseillé, mardi, les voyages « non essentiels » vers les régions espagnoles d’Aragon, de Catalogne et de Navarre en raison du « nombre élevé d’infections ».Depuis dimanche, la Grande-Bretagne soumet, elle, les passagers en provenance d’Espagne à une période d’isolement, une mesure critiquée par Madrid qui a riposté en assurant être un « pays sûr ».

En Allemagne, l’Institut de veille sanitaire Robert-Koch (RKI) s’est alarmé, mardi, de l’augmentation des nouvelles infections dans le pays depuis plusieurs jours (+ 557 par jour en moyenne depuis une semaine), source de « grandes inquiétudes ». Le RKI a conseillé le port du masque à l’extérieur si la distanciation physique s’avérait impossible à respecter. Pour le RKI, les voyages à l’étranger sont également en partie responsables du retour relatif de la pandémie. la

Un nouveau durcissement des mesures a été pris en Belgique face à une recrudescence inquiétante des contaminations. A partir de mercredi, le nombre de personnes que les Belges sont autorisés à voir de façon rapprochée et régulière dans le cadre de leur « bulle de contact » sera notamment abaissé de quinze à cinq personnes, par foyer, pour les quatre prochaines semaines.

De son côté, la Grèce a annoncé mardi qu’elle rendait à nouveau le port du masque obligatoire dans les magasins, les banques, les services publics et la quasi-totalité des lieux clos, en réponse à une recrudescence des cas.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

RECORD DE DEMANDEURS D'EMPLOI

EN FRANCE

Si le redémarrage de l’économie continue d’avoir des incidences positives sur le marché du travail, il est difficile, pour autant, de parler d’amélioration.

Recul du nombre de chômeurs de catégorie A en juin.

En juin, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) a baissé, sur l’ensemble du territoire , de près de 205 000, selon les données diffusées, lundi 27 juillet, par Pôle emploi et par la direction du ministère du travail chargée des études (Dares). Il s’agit d’un nouveau recul, de 4,6 %, qui se révèle encore plus fort que celui relevé le mois précédent (– 3,3 %).

La baisse en catégorie A concerne toutes les tranches d'âge : les moins de 25 ans (-4,6%), les 25-49 ans (-5%) et les 50 ans ou plus (-3,7%) .Plus forte chez les hommes (-5,8%) que chez les femmes (-3,3%), elle a été plus marquée sur la façade ouest (-6,9% en Bretagne), ainsi qu'en PACA et en Corse (-7,5%).

Ce recul en juin « est plus particulièrement porté par la baisse du nombre de ceux qui recherchent un métier dans la construction et le BTP, ainsi que dans l'hôtellerie et le tourisme », conséquence de la reprise de l'activité autorisée dans ces deux derniers secteurs en juin, souligne la Dares, le service statistique du ministère du Travail.

Une hausse historique sur le dernier trimestre

Pour autant, les effectifs des personnes dans cette situation se maintiennent à un niveau très élevé, à 4,22 millions. Depuis la mise en place, en 1996, de cette série statistique, jamais la barre des 4 millions d’inscrits dans la catégorie A n’avait été franchie, ce qui montre l’ampleur des ravages causés par la crise due au nouveau coronavirus.


 Le nombre d’individus à la recherche d’un poste tout en ayant travaillé (catégories B et C) a, de son côté, continué d’augmenter fortement en juin (+ 13,9 %), soit une progression presque aussi soutenue qu’en mai (+ 14,2 %). Au total, les rangs des demandeurs d’emploi, en activité ou non (catégories A, B et C), s’étoffent encore pour atteindre désormais 6,157 millions, un record depuis 1996. La hausse des entrées s'explique notamment par les retours de formation et les premières entrées sur le marché du travail (+41%). Les inscriptions pour licenciement économique restent faibles à 9 900 et quasi-stables.

Sur le deuxième trimestre, d’avril à juin, la hausse du chômage reste donc sans précédent : elle augmente de 23,2 % en catégorie A  et de 6,5 % pour les catégories A, B et C.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

DES FAILLITES D'ENTREPRISES EN CASCADES

 POST-COVID

Une étude d'Euler Hermes dresse un scénario catastrophe qui devrait se produire entre la fin 2020 et le premier semestre 2021 avec en moyenne un bond de 35% des défaillances.

La vague tant redoutée de faillites en cascades devrait se produire entre la fin 2020 et le premier semestre 2021 selon une étude d'Euler Hermes avec une hausse record de +35% en moyenne des défaillances dans le monde. Les mesures de soutien étatiques aux entreprises tout comme le gel des procédures d'enregistrement des faillites décalent dans le temps les défaillances.

Parmi les pays les plus touchés figurent en tête les Etats-Unis avec une hausse de 57% des faillites devant le Brésil avec +45% et +20% en Chine.

En Europe, ce sont le Royaume-Uni et l’Espagne qui verront le plus d’entreprises mettre la clé sous la porte avec respectivement +45% et +41% surtout en 2021, selon Euler Hermes.

+25% en France. Certains pays comme la Suède, l'Irlande, l'Italie et le Portugal seront touchés de plein fouet dès 2020 par cette vague qui atteindra surtout l'année prochaine d'autres Etats comme la France, le Royaume-Uni ou l'Allemagne.

« En France, la vague de défaillances arrivera au quatrième trimestre 2020 et se prolongera sur le premier semestre 2021 », prédit l'assureur-crédit qui indique que les reports de charges et les prêts garantis par l'Etat d'une part, les fermetures de tribunaux de commerce et les gels des procédures collectives d'autre part ont retardé son arrivée.

Concrètement, l'étude estime que la France connaîtra 53.600 faillites en 2020 et 64.300 en 2021.  « En matière de volume, un triste record sera prochainement atteint », anticipe Euler Hermes.

Ce sont  les entreprises de taille intermédiaire  qui risquent d'être le plus touchées en France.

Le scénario catastrophe pourrait même devenir apocalyptique. Un arrêt prématuré des mesures de soutien pourrait aggraver la situation. Si l’économie mondiale devait mettre plus de temps que prévu à se remettre du choc, la hausse des défaillances pourrait même dépasser les 50%.

L'assureur-crédit Coface avait de son côté estimé début juin que les défaillances d'entreprises allaient augmenter d'un tiers entre 2019 et 2021 à travers le monde, et de 21% en France.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

CORONAVIRUS  DES MILLIONNAIRES DEMANDENT

 A ETRE TAXES DAVANTAGE

"Les problèmes causés et révélés par le Covid-19 ne peuvent être résolus par la charité, aussi généreuse soit-elle", plaident des millionnaires dans une lettre.«Les problèmes causés et révélés par le Covid-19 ne peuvent être résolus par la charité, aussi généreuse soit-elle.

Les chefs de gouvernement doivent prendre la responsabilité de lever les fonds dont nous avons besoin et les dépenser équitablement» pour financer «adéquatement nos systèmes de santé, les écoles et la sécurité via une augmentation permanente des taxes sur la plus fortunés de la planète, des gens comme nous».

Un groupe de 83 millionnaires a ainsi appelé lundi à taxer davantage les plus riches de la planète «immédiatement» et «de manière permanente», afin de contribuer à la reprise après la crise générée par la pandémie de nouveau coronavirus.

Une récession historique

La pandémie de coronavirus a entraîné une récession historique à travers le monde, poussant les gouvernements à dépenser des milliards en aides aux ménages et entreprises frappés de plein fouet par la paralysie économique résultant du confinement.

Selon l'OCDE, le recul du produit intérieur brut mondial devrait atteindre au moins 6% cette année, et 7,6% en cas de deuxième vague épidémique, tandis que le rebond attendu pour 2021 serait de 5,2% sans retour du coronavirus, et de 2,8% avec.

« Un rôle essentiel à jouer pour guérir le monde »

«Alors que le Covid-19 frappe le monde, les millionnaire comme nous avons un rôle essentiel à jouer pour guérir le monde», demandent les signataires d'une lettre ouverte, parmi lesquels le cofondateur du géant américain des glaces Ben & Jerry's, Jerry Greenfield, ou le réalisateur britannique Richard Curtis.

Cette lettre, publiée avant la réunion des ministres des Finances du G20 et du sommet européen extraordinaire sur la relance de l'UE cette semaine, appelle les «gouvernements à augmenter les taxes de gens comme nous. Immédiatement, substantiellement et de manière permanente».

« Nous avons de l'argent, beaucoup»

«Nous ne sommes pas ceux qui soignent les malades dans les unités de soins intensifs. Nous ne conduisons pas les ambulances qui amènent les malades à l'hôpital. Nous ne sommes pas ceux qui regarnissent les rayons des épiceries ou qui délivrent de la nourriture de porte à porte», écrit ce groupe qui se baptise Millionaires for Humanity, sur un site internet éponyme.

«Mais nous avons de l'argent, beaucoup. On a absolument besoin d'argent maintenant et on continuera à en avoir besoin dans les années à venir» pour se remettre de la crise, dont l'impact «durera des dizaines d'années» et pourrait «pousser un demi-milliard de personnes dans la pauvreté».

Il y a un an, un petit groupe de milliardaires américains comprenant l'homme d'affaires George Soros, le co-fondateur de Facebook Chris Hughes et des héritiers des empires Hyatt et Disney entre autres, avaient également publié une lettre pour soutenir l'idée d'un impôt sur la fortune

Depuis des années, des milliardaires tels que Warren Buffett et Bill Gates demandent à être taxés davantage.




Carl Delsey pour DayNewsWorld

LES CINQ PREMIERES FORTUNES DE FRANCE

Chaque année depuis un quart de siècle, le magazine Challenges recense les 500 plus grosses fortunes de France. Voici le classement des cinq premiers de cordée de cette année 2020 .

La première place revient comme en 2019 à Bernard Arnault, qui fut l'homme le plus riche du monde avant d'être coiffé au poteau par le patron d'Amazon Jeff Bezos, et Bill Gates. Avec une fortune estimée à 100 milliards d'euros, le PDG de LVMH conforte toutefois sa place de numéro un en France.

Sur la deuxième marche du podium arrive la famille Hermes, forte d'un patrimoine avoisinant les 55,5 milliards d'euros.

Enfin, la troisième marche du podium est occupée par Alain et Gérard Wertheimer, à la tête de l'empire Channel, et leur famille (53 milliards d'euros)

Françoise Bettencourt-Meyers, petite-fille du fondateur de L'Oréal, arrive en 4ème position grâce à une fortune estimée à 51 milliards d'euros. Elle a dû céder sa médaille de bronze, remportée en 2019.

La 5e place revient à l'homme d'affaires François Pinault (propriétaire du Point) et sa famille (32 milliards d'euros).




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

UN  INQUIETANT VIRUS DE GRIPPE PORCINE EN CHINE POURRAIT PROVOQUER UNE PANDEMIE

C'est une découverte pour le moins inquiétante, alors que la pandémie de coronavirus sévit dans le monde entier. Selon une étude parue ce lundi dans la revue scientifique américaine PNAS, des chercheurs ont découvert une souche de virus de grippe porcine en Chine présentant toutes les caractéristiques capables de provoquer une future pandémie.

Les virus s'appellent G4 et descendent génétiquement de la souche H1N1 à l'origine d'une pandémie en 2009 : ils « possèdent tous les traits essentiels montrant une haute adaptabilité pour infecter les humains », écrivent les auteurs, des scientifiques issus d'universités chinoises et du Centre chinois de prévention et de lutte contre les maladies.

Des ouvriers infectés

Le travail présenté est volumineux : de 2011 à 2018, 30 000 prélèvements nasaux ont été réalisés sur des porcs dans les abattoirs de 10 provinces chinoises et dans un hôpital vétérinaire, permettant d'isoler 179 virus de grippe porcine. La majorité était de la nouvelle variété, qui est devenue dominante chez les porcs depuis 2016. Les chercheurs ont ensuite réalisé diverses expériences en laboratoire et sur des furets, des animaux très utilisés dans la recherche sur la grippe car leurs symptômes sont comparables à ceux des humains : ils ont de la fièvre, toussent et éternuent.

Ils ont observé que les virus G4 étaient plus infectieux, se répliquaient dans des cellules humaines et provoquaient chez les furets des symptômes plus graves que d'autres souches. En outre, selon des tests in vitro, l'immunité obtenue après contact avec les virus humains de la grippe saisonnière ne protégerait pas contre le G4.

L'autre mauvaise nouvelle est que les ouvriers et personnes travaillant avec les porcs étaient relativement nombreux à avoir été infectés, 10,4 %, selon des tests sanguins qui ont cherché la présence d'anticorps au virus. 4,4 % de la population générale apparaissait également contaminée. Le virus serait donc déjà passé chez les humains, rapportent les scientifiques, mais il n'y a pas de preuve qu'il peut être transmis d'humain à humain. C'est aujourd'hui leur crainte.

Une surveillance de population exigée

« Les pandémies se produisent quand des virus de grippe A avec un nouvel antigène de surface HA devient capable de se transmettre d'humain à humain », concluent les chercheurs. « L'inquiétude est que les infections d'humains par les virus G4 ne mènent à une adaptation humaine et n'augmentent le risque d'une pandémie humaine ». Il faut urgemment, disent-ils, mettre en place une surveillance des populations travaillant au contact des porcs.

« Les travaux sont un rappel salutaire que nous courons constamment le risque de l'émergence de pathogènes zoonotiques, et que des animaux d'élevage, avec qui les humains sont plus en contact qu'avec des animaux sauvages, soient la source de virus pandémiques importants », a commenté James Wood, chef du département de médecine vétérinaire à l'université de Cambridge.




Emily Jackson pour DayNewsWorld


ZARA FERME 1200 ENSEIGNES

La crise du coronavirus n’aura épargné personne. Alors qu’il était leader sur son marché, le groupe espagnol Inditex (Zara, Massimo Dutti, Pull&Bear..) a publié des résultats trimestriels en large baisse.

Des chiffres bien inférieurs aux attentes pour la première fois depuis son entrée en bourse en 2001. La maison-mère de l’enseigne Zara connaît actuellement une chute de vente record (soit 44%).

Les consommateurs ne se pressent pas dans les boutiques depuis le déconfinement.

Les premiers chiffres témoignent déjà d’un recul de fréquentation de 59,8 % par rapport à la même période en 2019.

Une nouvelle stratégie : la vente en ligne

Pour faire face à ce lourd bilan, le géant de la fast-fashion espagnol a annoncé fermer 1200 boutiques partout dans le monde, soit 16 % de ses points de vente. Sont donc visées ses enseignes Zara, mais aussi Zara Home, Massimo Dutti, Oysho ou encore Stradivarius.

Désormais la griffe espagnole entend miser davantage sur son e-commerce en y consacrant 2,7 milliards d'euros supplémentaires, ses ventes ayant doublé ces derniers mois. Le groupe a d'ores-et-déjà placé ses objectifs.

D'ici 2022, le propriétaire de Zara vise 25% de son chiffre d’affaires par les ventes en ligne contre 14% jusqu'à présent.

Dans un article paru le 10 juin, le média de référence Business of Fashion analysait la manière dont l'exode des métropoles allait remodeler la vente en boutique.

Dans l'article, Doug Stephens de Retail Prophet explique que la révolution du télétravail accélérera l'avènement d'une ère post-numérique pour le shopping.

« Nous ne construisons pas notre vie autour du commerce de détail. Le commerce de détail se construit autour de nos vies », conclut l'article de BoF




Alyson Braxton pour DayNewsWorld

LA PIRE RECESSION EN TEMPS DE PAIX

SELON L'OCDE

L'économie mondiale va subir cette année sa pire récession en temps de paix sur les cent dernières années avant de renouer avec la croissance l'année prochaine, estime mercredi l'OCDE.

En raison de « l’incertitude exceptionnelle » de la conjoncture cette année, l’OCDE présente ses prévisions en prenant en compte deux scénarios. L’un avec une deuxième vague de la pandémie de Covid-19 se propageant sur la planète à la fin 2020, l’autre sans. Dans le premier cas , le plus défavorable, la contraction de l'économie mondiale serait de 7,6% cette année et la reprise en 2021 à 2,8%. Dans le second cas le PIB mondial devrait se contracter de 6,0% cette année avant de rebondir de 5,2% en 2021.

D'après les projections de l'OCDE, les Etats-Unis, première puissance économique mondiale, doivent se préparer à une contraction de 7,3% de leur PIB cette année avant un rebond de 4,1% l'année prochaine. Dans l'éventualité d'une seconde vague, la récession serait de 8,5% cette année, et le PIB américain ne regagnerait que 1,9% en 2021.

La Chine, encore championne de la croissance l'an dernier avec 6,1%, verra elle aussi son économie se contracter, de 2,6%, voire de 3,7% cette année si le virus y ressurgit massivement.

La zone euro s'oriente elle vers une contraction de 9,1% cette année, suivie d'une reprise de 6,5% l'année prochaine. Dans le scénario d'une deuxième vague, le recul serait là aussi plus marqué (-11,5%) et la reprise plus modeste en 2021 (+3,5%).

La France une récession brutale en 2020

Selon l’OCDE, la France enregistrera l’une des plus fortes chutes du PIB au monde. L’horizon économique de la France et des pays de la zone euro s’assombrit un peu plus. Selon les prévisions de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publiées mercredi 10 juin, la contraction du produit intérieur brut (PIB) va se situer entre 11,4 % et 14,1 % en 2020 en France.

Soit la contraction la plus importante au monde, dans les mêmes proportions qu’en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni. Même l’Argentine, qui vient pourtant d’entrer, fin mai, en défaut de paiement, s’en sortira mieux avec une chute de son PIB attendue entre 8,3 % et 10,1 %. C’est dans la zone euro que le décrochage, compris entre – 9,1 % et – 11,5 %, sera le plus brutal de la planète.

L’économie française cumule en effet les handicaps en cette période. « Ses avantages comparatifs se situent dans des secteurs parmi les plus touchés par la crise comme le transport aérien, le tourisme ou même le luxe, explique Daniel Cohen, directeur du département d’économie de l’Ecole normale supérieure. Et l’Hexagone n’a pas eu d’autre solution que le confinement massif, contrairement à l’Allemagne qui s’était préparée plus tôt à la pandémie. »

Les Etats incités à s'endetter pour soutenir les travailleurs

« D'ici la fin 2021, les pertes de revenus excéderont celles enregistrées au cours de toutes les récessions précédentes des 100 dernières années, à l'exception des périodes de guerre, avec des conséquences extrêmes et durables pour les populations, les entreprises et les gouvernements », souligne Laurence Boone, l'économiste en chef de l'OCDE, dans une introduction à ces prévisions actualisées.

Elle exhorte donc les gouvernements à ne pas craindre de recourir à l'endettement pour financer des mécanismes de soutien aux travailleurs les moins rémunérés et aux investissements, expliquant que les réponses apportées à la crise vont modeler les perspectives économiques et sociales des dix années à venir.

« Des politiques monétaires ultra-accommodantes et une dette publique plus élevée sont nécessaires et seront acceptées tant que l'activité économique et l'inflation resteront déprimées et que le chômage restera élevé », poursuit-elle.

«Partout, le confinement a renforcé les inégalités entre les travailleurs», les plus qualifiés à même de télétravailler alors que les jeunes et les moins qualifiés sont «souvent en première ligne» dans la lutte contre la pandémie, constate la chef économiste de l'OCDE. Le Covid-19 a aussi «accéléré le basculement d'une 'grande intégration' vers une 'grande fragmentation'» de l'économie mondiale avec l'apparition «de restrictions supplémentaires au commerce et à l'investissement», toujours selon Mme Boone.

Economie «plus juste et plus durable»

Pour permettre à l'économie de se redresser, l'OCDE préconise notamment de «renforcer les systèmes de santé», de «faciliter les évolutions des métiers tout en renforçant la protection des revenus», et de «rendre les chaînes d'approvisionnement plus résilientes».


« Les gouvernements doivent se saisir de cette opportunité pour concevoir une économie plus juste et plus durable, rendre la concurrence et les régulations plus intelligentes, moderniser la fiscalité, les dépenses et la protection sociale », préconise Laurence Boone. Elle pointe le rôle essentiel de la confiance sans laquelle ni la consommation ni l'investissement ne redémarreront.

Et puisque la menace d'une seconde vague de contagion entretient l'incertitude à un niveau élevé, Laurence Boone ajoute que le moment n'est certainement pas à attiser les flammes des tensions commerciales et que les gouvernements doivent coopérer en matière de recherche et de développement de traitements et d'un vaccin contre le SARS-CoV-2.

« Tant qu'un vaccin ou un traitement ne sera pas largement disponible, les responsables politiques du monde entier continueront de marcher sur une corde raide », écrit-elle.




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

L'ECONOMIE FRANCAISE UNE DES PLUS TOUCHEE

PAR LA CRISE DU CORONAVIRUS

Alors que l'épidémie de coronavirus semble « contrôlée » en France, les conséquences économiques s'annoncent sans précédent.

Le gouvernement a encore aggravé cette semaine sa prévision de récession cette année, avec une chute du produit intérieur brut (PIB) historique de 11%.

Par ailleurs, selon une note de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), organisme indépendant de recherches, publiée vendredi 5 juin 2020, l'économie française a sans doute été l'une des plus affectées par la crise sanitaire.

Selon cette note, qui étudie l'impact du Covid-19 sur le mois d'avril, moment où de nombreux pays ont confiné leur population, l'économie mondiale a connu ce mois-là une récession de 19%, tandis que le commerce mondial a chuté de 25%.

« On peut classer les pays dans le monde en trois catégories. On a les pays du sud de l’Europe, les autres pays développés et les pays du reste du monde et les pays asiatiques. Dans la première catégorie, il y a la France, l’Italie et l’Espagne. Ce sont les pays qui ont été le plus impactés », analyse Eric Heyer, économiste et directeur adjoint de l’OFCE, avec une chute de leur valeur ajoutée « de plus de 30 points ».

Très endeuillés, ces trois pays ont notamment mis en place un confinement strict pendant plus ou moins deux mois, avec notamment la fermeture des commerces non essentiels. En France, le déconfinement se fait progressivement depuis le 11 mai.

L'Allemagne résiste mieux

A l'inverse, les Etats-Unis (-22 points) ou l'Allemagne (-24 points) s'en sortent un peu moins mal, tandis que les économies émergentes résistent mieux à ce stade (-15 points). En ce qui concerne les pays asiatiques et ceux en développement, « on voit à la fois une chute beaucoup moins forte de la consommation et des investissements, puis globalement une intégration dans les chaînes de production moins importante, donc une incidence extérieure qui a beaucoup moins de poids », selon l'enquête.

Mais ce classement est « extrêmement fragile » étant donné le caractère inédit de cette crise, a prévenu Eric Heyer, directeur du département analyse et prévision à l'OFCE lors d'une visioconférence de presse.

Ces différences s'expliquent à la fois par l'ampleur des mesures de confinement prises, un peu moindre outre-Rhin et outre-Atlantique, mais aussi de la « structure sectorielle » des économies. Ainsi, l'Allemagne a connu un choc interne « extrêmement contenu » mais une perte de demande extérieure beaucoup plus importante du fait de son économie industrielle et ouverte. La France est de son côté victime de son exposition au tourisme, avec des secteurs de l'hôtellerie-restauration et du commerce beaucoup plus importants qu'ailleurs.Emploi : la France a limité les dégâts

Répercussions sur l'emploi

Une des grandes inconnues de cette crise sera son ampleur sur l'emploi, note à ce stade l'OFCE, avec « trois enjeux », selon Xavier Timbeau, son directeur : les risques de faillites des entreprises, les difficultés prolongées pour certains secteurs comme le tourisme et la restauration, et une relance trop faible de la consommation des ménages.

Jusqu'à présent toutefois, la crise se traduit par des destructions d'emplois « relativement limitées », du fait du soutien public massif au chômage partiel, à l'exception des Etats-Unis, où les destructions d'emplois pourraient concerner 22,4 millions d'emplois, et dans une moindre mesure de l'Allemagne où de nombreux « minijobs » ont été supprimés.

La France, où l'Etat a pris en charge 100% du chômage partiel, soit 84% du salaire net ou 100% du Smic, pendant deux mois, et l'Italie seraient les plus épargnées avec seulement 3% des emplois salariés frappés par la crise.




Garett Skyport pour DayNewsWorld

BAISSER LES SALAIRES

 POUR SAUVER LES EMPLOIS ?

La direction de la compagnie aérienne Ryanair défraie la chronique : elle menace en effet de « licencier 27 personnes » si le principal syndicat « ne s'engage pas rapidement à accepter des baisses de salaires ». L'effondrement de l'activité de la compagnie irlandaise l'exigerait.

Le syndicat majoritaire chez Ryanair en France dénonce « un chantage au licenciement » exercé par la compagnie aérienne irlandaise. Interrogé sur ce conflit, Bruno Le Maire a estimé mardi que le chantage n'était « jamais une voie »tout comme sa collègue chargée du Travail, Muriel Pénicaud, s'est dite « choquée » et a appelé Ryanair à « revoir sa copie », en réunissant « d'urgence » son comité social et économique (CSE), pour « discuter vraiment, mais pas comme un chantage ».

Le ministre de l'économie a cependant rappelé l'existence d'accords d'entreprises. « En revanche, qu'il y ait des accords d'entreprise de longue durée qui permettent de préserver l'emploi, en inventant des dispositifs imaginatifs (..) ça oui, c'est même souhaitable », a ajouté le ministre.

Les Accords de Performance collective

Face à la menace de licenciements massifs, le gouvernement encourage en effet à davantage de flexibilité. « Il y a des alternatives. J’appelle les entreprises en difficulté à négocier des Accords de performance collective (APC)», a ainsi martelé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, dimanche 31 mai sur LCI.

Depuis 2017, un dispositif d' « accord de performance » permet à une entreprise d'ouvrir des discussions sur le temps de travail ou les rémunérations, en contrepartie d'un engagement à ne pas licencier, ou à augmenter à nouveau les salaires quand la situation économique s'améliore sans que soit remis en cause les cinq semaines de congés payés ou les minimas salariaux prévus par les conventions collectives.

Mais pour être valide, un APC doit être approuvé par les organisations syndicales majoritaires. Les salariés sont alors contraints d'en accepter le principe, sous peine de licenciement. Depuis 2017, 350 accords ont été passés, concernant à 67% le temps de travail. Mais leur nombre pourrait exploser dans le contexte actuel avec un accent mis cette fois-ci sur la rémunération.

Concrètement donc, le salarié accepterait une baisse de son salaire pour garder son travail. Les entreprises fragilisées par le contexte actuel sont de plus en plus nombreuses à envisager cette contrepartie. À l’instar de Derichebourg Aeronautics Services, sous-traitant d'Airbus et Dassault. L'entreprise, qui prévoit un plan social avec 700 suppressions de poste, s'est engagée à en réduire l'ampleur si les salariés acceptent de renoncer à leur indemnité de transport et/ou de repas. FO, le syndicat majoritaire, en a accepté le principe.

La compagnie aérienne Ryanair a pour sa part proposé à son personnel de choisir entre une baisse de salaire pendant cinq ans (-20% pour les pilotes, -10% pour les hôtesses et stewards dès le 1er juillet) ou un plan social qui toucherait un quart des effectifs.

Une option - largement répandue Outre-Rhin- qui permettrait de sauver l'emploi des Français mais décriée par syndicalistes qui déplorent que les efforts soient une fois de plus demandés aux salariés au lieu des actionnaires




Alize Marion pour DayNewsWorld

LA FRANCE CHAMPIONNE DE L'ATTRACTIVITE EUROPEENNE POUR LES INVESTISSEURS ETRANGERS

Du jamais vu !

En 2019, la France est devenue la première destination des investissements étrangers en Europe alors que l'irruption des « gilets jaunes » avait laissé craindre un repli de sa position sur le Vieux Continent. L'Hexagone a en effet enregistré l'an passé 1 197 projets d'implantations étrangères sur son territoire, un chiffre en hausse de 17 % par rapport à 2018. La France devance ainsi le Royaume-Uni et l'Allemagne, ses compétiteurs historiques .

Le chef de l'Etat Macron n'a d'ailleurs pas lésiné pour séduire les investisseurs étrangers. L'événement Choose France, organisé pour la troisième fois en grand à Versailles, a réuni en janvier 2020 pas moins de 200 chefs d'entreprise de plus de 40 nationalités différentes (de Netflix à YouTube, en passant par Snapchat, Lime, BMW, Fedex ou General Electric).

Les réformes économiques comme les ordonnances travail, la transformation du CICE en baisse de charges sociales pour les employeurs, les facilités de visa pour les entrepreneurs de la tech, etc.ont montré que la France se transformait en un pays « business friendly » pour les investisseurs. Les entreprises étrangères implantées en France emploient désormais 2 millions de personnes, représentent 21 % des dépenses de R & D privées et 31 % de nos exportations.

Mais la crise économique provoquée par le Covid-19 risque de rebattre les cartes.

Le baromètre annuel réalisé par le cabinet EY donne des indications sur l’état d’esprit des investisseurs étrangers aujourd’hui. Selon l'analyse d'EY, 65 % environ des investissements annoncés en 2019 (qui sont au nombre de 1 200) seraient maintenus, 25 % seraient reportés ou fortement révisés et 10 % annulés.

De plus si les projets d'investissements devraient se poursuivre dans certains secteurs « épargnés » comme la santé, les loisirs en ligne ou l'e-commerce, ils devraient cependant fortement ralentir dans l'aéronautique, l'automobile, les équipements industriels, la chimie et la plasturgie, notamment pour les sous-traitants.

La sortie du confinement et le plan de relance seront évidemment deux des enjeux clés des mois à venir pour rassurer les investisseurs, estime le cabinet.

Mais le cas d'Amazon qui a fermé ses entrepôts pendant plusieurs semaines à la suite d'une décision de justice celui de l'usine Renault de Sandouville, dont le tribunal du Havre a ordonné la fermeture provisoire pour des questions de procédures, ont marqué les esprits, et sans doute les représentants des entreprises étrangères basées en France. « Attention, la France est désormais sous surveillance.

Les investisseurs n'ont qu'une crainte, c'est que la France oublie le paquet compétitivité qu'elle avait mis en place et réagisse à la crise en imposant, par exemple, des contreparties lourdes et autoritaires sur les inévitables plans de sauvegarde de l'emploi à venir, en augmentant la fiscalité des entreprises, en freinant sur l'adaptation nécessaire du temps de travail, etc. Agir de la sorte serait une erreur monumentale car les investisseurs ont besoin de stabilité.

La compétition de la relance commence maintenant et, si la France fait un écart vers moins de flexibilité et revient à ces vieux démons, notre pays le paiera très cher. », souligne Marc Lhermitte, auteur de l'étude.




Alize Marion pour DayNewsWorld

UN PLAN SEGUR SANTE POUR SOIGNER

 L'HOPITAL PUBLIC MALADE

Après une épidémie de coronavirus qui semble refluer, le monde des soignants aura les yeux rivés ce lundi sur le lancement du « Ségur de la Santé », vaste concertation destinée à améliorer ses conditions de travail, ses rémunérations et la prise en charge des malades.

Cette grande concertation, du nom de l'avenue où se trouve le ministère de la Santé, lancée par le ministre Olivier Véran, doit aboutir " mi-juillet 2020 ".

Elle répond à la promesse d'Emmanuel Macron qui avait évoqué fin mars « un plan massif d'investissement et de revalorisation » pour l'hôpital.

Revalorisation des carrières du personnel soignant

« Le gouvernement doit se montrer à la hauteur de ce que les hospitaliers ont donné » pour faire face à la crise sanitaire du Covid-19, estime Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF).

« Il faut donner une reconnaissance aux infirmiers, aides-soignants, agents d'entretien, en leur offrant une rémunération plus décente, dès le début de carrière. Celle-ci doit être à la hauteur de leur utilité sociale. »

Interpellé lors d'une visite à l'hôpital, Emmanuel Macron a promis de « mettre fin » à la « paupérisation » des soignants, en engageant une hausse des rémunérations, parallèlement aux primes annoncées face à la crise du Covid-19.

Ce geste est attendu depuis des années par les syndicats, qui pointent la faiblesse des salaires hospitaliers, notamment pour les infirmiers  touchant 1 500 euros net en début de carrière.

L'exécutif a également promis de mettre sur la table des discussions la « question des montées en compétences », pour mieux valoriser toutes les carrières, tous les métiers et développer de nouveaux parcours professionnels. L'objectif est de renforcer l'attractivité des hôpitaux, qui peinent pour beaucoup à recruter et à fidéliser leurs salariés : près de 30% des postes y sont non pourvus et 30% des nouveaux infirmiers diplômés abandonnent la profession dans les cinq ans. Selon Frédéric Valletoux, il fautégalement « réduire les écarts de rémunérations entre public et privé, qui affaiblissent les hôpitaux »

Réorganisation du temps de travail

Olivier Véran a dit vouloir « revoir le cadre d'organisation du temps de travail à l'hôpital , estimant nécessaire de remettre en cause les « carcans qui empêchent ceux qui le souhaitent de travailler davantage ».Une annonce qui a fait bondir plusieurs syndicats, attachés aux 35 heures

La question n'est pas de « déréglementer le temps de travail », a toutefois précisé le ministre de la Santé, disant vouloir simplement permettre « aux salariés qui le souhaitent » d'organiser « leur temps de travail différemment ». Cette réforme correspond à une demande de longue date de la Fédération hospitalière de France (FHF), qui préconise une nouvelle gouvernance du système de santé avec moins d'administration, plus poids donné aux médecins et un « dispositif d'autonomie » des hôpitaux.

Meilleure gestion des soins

L'exécutif pourrait également réformer un peu plus la tarification à l'activité (T2A), instaurée en 2003. Ce système, qui fixe les ressources des hôpitaux en fonction des actes effectués, est souvent accusé de pousser à la « course au volume ». Il pourrait aussi mettre un coup d'arrêt aux fermetures de lits, très critiquées par les hospitaliers : en l'espace de vingt ans, près de 100 000 lits ont en effet été supprimés dans les cliniques et les hôpitaux.

Un plan massif d'investissement

Fin mars, Emmanuel Macron avait promis  « un plan massif d'investissement » à l'issue de la crise. Ce plan est destiné notamment à renouveler le matériel aussi bien dans les hôpitaux que dans les Ehpad . La Fédération hospitalière de France réclame pour sa part d'augmenter l'investissement dans les hôpitaux de "deux milliards par an".

La question de la dette des hôpitaux, aujourd'hui proche de 30 milliards d'euros, pourrait également revenir sur la table. Dans le cadre du « plan hôpital » décidé à l'automne 2019, le gouvernement avait annoncé une reprise de dettes « massive » de 10 milliards d'euros sur trois ans.

« Nous irons vite, nous irons fort. », a promis Olivier Véran qui semble avoir compris l'urgence de la situation.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

COMMENT RELANCER L'ECONOMIE APRES LA CRISE DU COVID 19 ?

L'économie a lourdement pâti de la crise sanitaire provoquée par l’épidémie de Covid-19 qui a mis en valeur ses failles À court terme, le chômage et, comme l’a dit le Premier ministre Édouard Philippe, « l’appauvrissement » qui se profile pour une partie de la population remettent en débat l’organisation du temps de travail et les choix fiscaux du quinquennat.

Le gouvernement se doit donc de trouver un équilibre entre nécessité de reprise à court terme et ambition de transformation de l’économie française. Face à l’ampleur du choc, certains estiment que l’économie d’après ne pourra plus ressembler à celle d’avant. Et dès le 12 mars, Emmanuel Macron avait promis des « décisions de rupture ».

Taxer davantage

Si Emmanuel Macron avait supprimé l'ISF pour les plus riches au début de son quinquennat, espérant les voir financer l’économie, les dépenses engagées par l’État pour amortir la crise relancent le débat sur un rétablissement de l’impôt sur la fortune (ISF), remplacé en 2018 par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Il est réclamé par la gauche et le Rassemblement national. Une sorte « d’impôt de guerre », pour le numéro un du PCF Fabien Roussel. « Le pouvoir politique aura du mal à y échapper d’une manière ou d’une autre », a aussi jugé l’ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie, évoquant plus largement la taxation du capital. Pour le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, ce serait toutefois « un très mauvais signal ». Diriger l'épargne, conséquente, des Français vers les entreprises pourrait également être envisagé

Travailler plus

Comment relancer la production après deux mois de confinement et avec des entreprises dans une situation financière fragile ? Les mauvais chiffres des demandeurs d’emplois sont arrivés, les prévisions de croissance plongent (–6 points de PIB pour les deux mois de confinement) et la crise de l’emploi se profile si bien que l'éternel débat a rejailli à la faveur de la crise du coronavirus. Comment peut-on donc redonner du travail aux centaines de milliers de personnes que la crise va mettre au chômage ?

A droite, les propositions se multiplient. Christian Jacob, le président de LR, plaide pour « sortir du carcan des 35 heures », et son parti planche sur un plan de relance, avec notamment les contributions de l’ex-ministre du Budget Eric Woerth. « Il faut se sortir du carcan des 35 heures (...) La question du temps de travail devra se poser dans un cadre de dialogue social, mais au niveau de l’entreprise ou dans les branches, pas de l'Etat », a-t-il lundi sur France Inter.

Et il prêche pour du cas par cas. « On peut très bien le faire dans le cadre de l’annualisation du temps de travail et de le faire par entreprise, au plus proche de la réalité, et dans une négociation sociale entre les salariés et le chef d’entreprise. (...) Cela permettrait aux salariés d’avoir une augmentation de salaire et donc de pouvoir d’achat, et de redonner de la compétitivité aux entreprises. (...) »

« Dans certains secteurs, la demande peut-être soutenue, mais les contraintes sanitaires font que la productivité baisse : c’est là que la question du travailler plus peut se poser » , a de son côté estimé Geoffroy Roux de Bézieux. Il avait auparavant évoqué une réduction de jours de congés ou de jours fériés pour « faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire ».

Mais l’allongement de la durée du travail n’est pas à l'ordre du jour pour Laurent Berger. « Si on pense que l’on va s’en sortir positivement en promettant de la sueur et des larmes, on est chez les fous », estime-t-il dans l’hebdomadaire La Vie.Plutôt que de vouloir allonger la durée du temps de travail, « nous devons apprendre à travailler autrement et à travailler mieux », argumente-t-il, particulièrement inquiet de la situation des jeunes. La CGT reste de plus attaché aux 32 heures.

Pour l'instant, le gouvernement mise avant tout sur une reprise du travail. « Le problème du jour, c'est le retour au travail, et sauver l'emploi », a réagi la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Pour elle les entreprises ont déjà des marges de manœuvres négociables avec leurs salariés, notamment le quota de 200 heures supplémentaires sans charges sociales, encore très peu utilisé.

Dans les entreprises, syndicats et direction peuvent conclure des accords de « performance collective » pour renégocier le temps de travail et la rémunération des salariés en cas de difficultés, a rappelé la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

 La croissance par le vert

Pour les défenseurs de l’environnement, les plans de relance sont une opportunité pour lancer la transition vers une économie bas carbone que l’on a peiné jusqu’ici à enclencher.

Même le ministre de l’Économie Bruno Le Maire estime que la France doit devenir la « première économie décarbonée de la planète », en investissant dans les véhicules électriques, la rénovation des bâtiments… Le ministre de l’Economie a notamment évoqué, ce lundi 18 mai 2020, une nouvelle prime pour l’achat d’un véhicule vert.

Le plan de relance qu’il présentera à la rentrée et les soutiens spécifiques aux filières automobile et aéronautique pourraient concrétiser cette ambition, avec des contreparties environnementales réclamées aux industriels .D'ailleurs le prêt de l'Etat de 7 milliard à Air France a été conditionné à un engagement écologique.  « Air France doit devenir la compagnie la plus respectueuse de l’environnement de la planète. C’est la condition à laquelle je suis le plus attaché.», avait souligné, le 24 avril 2020, Bruno Le Maire.

Mais certains milieux économiques réclament une pause dans l’application de nouvelles règles environnementales, le temps de surmonter la crise. D'autant que la chute libre du prix des énergies fossiles -l’or noir a abandonné près de 70% et les cours du charbon ont été divisés par deux- pourrait plaider dans ce sens...

Relocaliser la production

Pénurie de masques, de médicaments : l’épidémie a conduit l’exécutif à vouloir défendre une plus grande indépendance économique dans des secteurs clés, comme la santé.« Le jour d’après ne ressemblera pas au jour d’avant, nous devons rebâtir notre souveraineté nationale et européenne », a affirmé le président Emmanuel Macron.

Bruno Le Maire ainsi demandé aux constructeurs automobiles de « relocaliser certaines productions » en contrepartie du soutien public. Les laboratoires pharmaceutiques réfléchissent plus que jamais à la nécessité de relocaliser la production, notamment celle des médicaments dits «essentiels» pour ne plus dépendre uniquement de la Chine et de l'Inde. Philippe Aghion, professeur d'Economie au Collège de France, plaide pour la création d'une « Darpa européenne », inspirée de l'agence de financement de la recherche du Pentagone américain, pour une « vraie politique d'investissement européen, avec une vision de long terme ». « Pas forcément à 27 », mais au moins avec l'Allemagne, qui a perdu beaucoup moins d'emplois industriels que la France.

Mais relocaliser des usines en France pourrait s’avérer difficile, alors que la compétitivité va rester capitale pour les industries fragilisées par la crise.« Un mouvement de relocalisation ne pourra s’enclencher sans une réflexion sur notre compétitivité et nos coûts de production », a prévenu sur Twitter le président du Medef.

Reste que cela ne pourra se faire sans de nouveaux investissements, alors que les pouvoirs publics ont déjà déversé des centaines de milliards d'euros pour sauvegarder le tissu économique européen pendant le confinement.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

FAUT-IL ALLONGER LE TEMPS DE TRAVAIL ?

Les mauvais chiffres des demandeurs d’emplois sont arrivés, les prévisions de croissance plongent (–6 points de PIB pour les deux mois de confinement) et la crise de l’emploi se profile si bien que l'éternel débat a rejailli à la faveur de la crise du coronavirus.

Sur le temps de travail, c'est le Medef qui a tiré le premier  par la voix de son président, Geoffroy Roux de Bézieux « L’important, c’est de remettre la machine économique en marche et de reproduire de la richesse en masse, pour tenter d’effacer, dès 2021, les pertes de croissance de 2020 », avait-il asséné dès le 14 avril, après un mois de confinement en proposant de limiter notamment les congés et en allongeant le temps de travail des salariés pour accompagner la reprise.

Des mesures drastiques

La semaine dernière, plusieurs groupes de réflexion libéraux ont remis l’idée sur le tapis, pour sortir, selon eux, de cet « écroulement de l’économie », selon une expression employée par le gouvernement. L’Institut Montaigne, dans un rapport, « Rebondir face au covid 19 ", place ainsi toute la question autour de « l’enjeu du temps de travail ».

Derrière l’idée de travailler plus, celle « d’agir sur l’offre, c’est-à-dire sur l’activité des entreprises, afin de faciliter leur reprise d’activité » , la productivité ayant diminué « du fait de la réduction des interactions sociales et de la désorganisation des chaînes de production ». Il faut donc, estime dans sa note l’économiste Bertrand Martinot, « assouplir quelques verrous juridiques persistants » en permettant aux entreprises de « déroger au temps de repos minimum quotidien de 11 heures minimum par jour dans le cadre d'un accord sur le droit à la déconnexion ».

Autres pistes : supprimer des vacances et un jour férié, faire en sorte que les formations de salariés ne soient plus effectuées sur leur temps de travail ou inciter à l’accroissement du temps de travail, sans pour autant que la rémunération supplémentaire correspondante ne soit versée immédiatement.

Pour l’Ifrap, la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques, le dogme du « travailler plus » est également une évidence pour sauver les entreprises et éviter les licenciements.

Vieux routier des relations sociales en France, et ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie s’est même étonné de ne voir « personne anticiper » les plans sociaux, et la situation des entreprises qui seront face à des « marchés durablement réduits ».

Lui pronostique la disparition de « dizaines de milliers, et probablement des centaines de milliers d’emplois ». Si bien qu’il préconise de revoir « d’urgence » . les règles des plans sociaux pour les entreprises les plus en difficultés, et pour les autres de passer des accords prévoyant des efforts des entreprises sur l’emploi en échange d’efforts des salariés sur le temps de travail.

Un débat politique

A droite, les propositions se multiplient. Christian Jacob, le président de LR, plaide pour « sortir du carcan des 35 heures », et son parti planche sur un plan de relance, avec notamment les contributions de l’ex-ministre du Budget Eric Woerth. « Il faut se sortir du carcan des 35 heures (...) La question du temps de travail devra se poser dans un cadre de dialogue social, mais au niveau de l’entreprise ou dans les branches, pas de l'Etat », a-t-il lundi sur France Inter.

Et il prêche pour du cas par cas. « On peut très bien le faire dans le cadre de l’annualisation du temps de travail et de le faire par entreprise, au plus proche de la réalité, et dans une négociation sociale entre les salariés et le chef d’entreprise. (...) Cela permettrait aux salariés d’avoir une augmentation de salaire et donc de pouvoir d’achat, et de redonner de la compétitivité aux entreprises. (...) »

Mais l’allongement de la durée du travail n’est pas à l'ordre du jour pour Laurent Berger. Pour lui aussi, on « tarde trop » à se préoccuper de l’emploi alors que « le risque de faillites en cascade et son lot de drames sociaux et territoriaux se confirme ».

« Si on pense que l’on va s’en sortir positivement en promettant de la sueur et des larmes, on est chez les fous », estime-t-il dans l’hebdomadaire La Vie.

Plutôt que de vouloir allonger la durée du temps de travail, « nous devons apprendre à travailler autrement et à travailler mieux », argumente-t-il, particulièrement inquiet de la situation des jeunes. La CGT reste de plus attaché aux 32 heures.

Pour l'instant, le gouvernement mise avant tout sur une reprise du travail. « Le problème du jour, c'est le retour au travail, et sauver l'emploi », a réagi la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Pour elle les entreprises ont déjà des marges de manœuvres négociables avec leurs salariés, notamment le quota de 200 heures supplémentaires sans charges sociales, encore très peu utilisé.




Jenny Chase pour DayNewsWorld

DES VACANCANCES D'ETE POUR LES FRANCAIS

Enfin une bonne nouvelle pour les Français en cette période de pandémie de Covid-19 « Les Français pourront partir en France en juillet et août »,annoncé Edouard Philippe.

Tout en ajoutant cependant, «il n'y a pas beaucoup de certitude à ce sujet», se gardant l’hypothèse d'une seconde vague de l'épidémie et de possibles «restrictions très localisées».

« Les Français peuvent prendre leurs réservations », a encore encouragé Édouard Philippe.

Il promet par ailleurs, en accord avec les professionnels du secteur, «un remboursement intégral des Français en cas d'annulation de leur réservation liée au Covid.»

La date de réouverture des restaurants, cafés et bars sera fixée la semaine du 25 mai, a-t-il encore annoncé.

«Si l'épidémie ne se dégrade pas, les cafés et restaurants des départements verts pourront ouvrir le 2 juin 2020», ambitionne encore le gouvernement.

Voilà qui confirme l'information de Nicolas de Villiers, le président du Puy du Fou, qui assurait hier, mercredi, que des représentants ministériels lui ont assuré que «les restaurants pourront rouvrir dès le 2 juin 2020 prochain dans les zones vertes».




Boby Dean pour DayNewsWorld

L'ALLEMAGNE S'ATTAQUE A L'UNION EUROPEENNE

Le 5 mai 2020, un tribunal allemand a pris une décision qui pourrait mettre en péril la zone euro . La Cour constitutionnelle allemande a en effet sommé mardi la Banque centrale européenne de justifier « dans les trois mois »  ses rachats de dette publique, fragilisant ainsi son vaste soutien à l'économie en pleine pandémie de coronavirus.

La politique de « quantitative easing »( QE) de la Banque centrale européenne a été en effet jugée en partie inconstitutionnelle en Allemagne selon les juges de la Cour de Karlsruhe

Cette décision porte sur les rachats de dette souveraine de la BCE. Ils font partie du fameux QE , l’assouplissement quantitatif lancé en mars 2015 pour soutenir l’économie en zone euro.

« Pour la première fois de son histoire, la Cour constitutionnelle allemande constate que les actions et décisions des institutions européennes n'ont manifestement pas été prises dans le cadre des compétences européennes et ne peuvent donc pas avoir d'effet en Allemagne » a déclaré Andreas Vosskuhle, président de la Cour constitutionnelle allemande

Cet arrêt retentissant sonne comme un défi aux institutions européennes en visant le programme anti-crise mené depuis 2015, au moment même où l'institut de Francfort le renforce face aux conséquences de la crise sanitaire.

Formellement cependant, l’arrêt rendu mardi « ne concerne pas »  le programme d’urgence contre la pandémie (PEPP), annoncé mi-mars par la BCE et doté de 750 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année, rappellent les magistrats.

La Bundesbank pourrait cesser d’acheter de la dette pour la BCE

Concrètement, la puissante Banque centrale allemande se verra interdire de participer à ces rachats massifs d'obligations souveraines si « le Conseil des gouverneurs de la BCE » ne démontre pas leur « proportionnalité », a décidé la juridiction suprême allemande.

En clair, l'institution de Francfort doit établir d'ici le mois d'août, de manière « compréhensible et détaillée », que les effets positifs de ce programme l'emporte sur ses inconvénients. La BCE n'a cessé depuis des années de plaider pour cet « assouplissement quantitatif » ou « QE », décrié notamment en Allemagne, expliquant vouloir stimuler l'offre de crédit, donc in fine la croissance et l'emploi en zone euro.

Pour les juges allemands, la BCE n’a pas justifié le principe – sacrosaint en Allemagne – de proportionnalité entre les moyens importants débloqués et sa mission d’assurer la stabilité des prix en zone euro, soit un taux d'inflation proche mais en dessous de 2%. On soupçonne outre-Rhin que cette politique monétaire aurait davantage servi à subventionner les pays du sud de la zone euro, au détriment de l’épargnant allemand, tout en faisant fi des traités qui imposent de répartir les financements dans la zone à due proportion de la participation de chaque pays au capital de la BCE*.

L'Allemagne est donc réticente à payer pour les pays qu'elle appelait naguère le « club med » : Italie, Grèce, Portugal et Espagne, qu'elle accuse de laxisme budgétaire. On pourrait ajouter la France.

Saisie par plusieurs requérants eurosceptiques, la Cour constitutionnelle reconnaît certes n'avoir « pas pu établir de violation » par la BCE de l'interdiction qui lui est faite de financer directement les Etats européens.

Mais dans une décision d'une rare virulence, les magistrats de Karlsruhe jugent « douteuse » la compétence de l'institut de Francfort pour racheter massivement de la dette publique, soit l'essentiel des 2 600 milliards d'euros injectés sur les marchés entre mars 2015 et décembre 2018 dans le cadre du « QE », réactivé en novembre dernier.

« En raison de leur responsabilité en matière d’intégration, le gouvernement fédéral et le Bundestag allemand sont obligés de s’opposer au traitement antérieur du PSPP (le programme de rachat de la BCE) », a indiqué la décision.

Reste à savoir si le gouvernement fédéral et le Bundestag allemand vont suivre la Cour constitutionnelle allemande .

Mais plus globalement, cette décision pose la question fondamentale de l’adhésion de l’Allemagne à la zone euro alors que l’institution monétaire apparaît le seul pilier solide de la zone euro pour faire face à la crise sanitaire et économique provoquée par le Covid-19 .




Jaimie Potts pour DayNewsWorld

DU DECONFINEMENT AU RECONFINEMENT

Si la France prépare actuellement sa sortie de crise, l’hypothèse d’un « reconfinement » n’est pas exclue par le gouvernement d’Édouard Philippe. Dans d’autres pays, la question de tout refermer s’est déjà posée. Japon

Au Japon

Le Japon n’a jamais édicté un confinement à proprement parler, afin de ne pas porter atteinte aux libertés civiles, se justifie le gouvernement.

Mais différentes mesures ont été prises :

l’état d’urgence a été déclaré et dans plusieurs régions, les Japonais ont été priés de rester chez eux.

C’est le cas sur l'île d'Hokkaido, qui a été l’un des premiers foyers du virus dans l’archipel.

Face aux nombreux cas recensés, le gouverneur de l’île avait déclaré l’état d’urgence dès la fin février. Les écoles avaient été fermées et les rassemblements interdits.

Les personnes infectées étaient, quant à elles, répertoriées et mises en isolement. Le reste de la population devait également éviter les déplacements.

Grâce à ces mesures, la courbe avait connu une baisse rapide à tel point que l’état d’urgence a été levé dès le 19 mars 2020.

Mais vingt-six jours plus tard, le 12 avril 2020 dernier, le gouverneur de l’île d'Hokkaido a dû faire marche arrière et de nouveau restreindre les déplacements.

Le nombre de cas avait en effet augmenté de façon significative.

Le Japon tout entier est confronté à ce problème : le nombre de malades est en recrudescence, alors qu’il était à son taux le plus bas début mars.

Une aggravation certainement due aux règles sanitaires qui sont de moins en moins respectées.

En Chine

Les autorités chinoises n’ont jamais été très transparentes sur les chiffres du Covid-19.

Si le pays s’est vanté d’être sorti de la crise avant tout le monde, il n’ébruite pas désormais les nouvelles flambées épidémiques auquel il doit faire face.

Dans la plus grande discrétion, les quelque 600 000 habitants du district de Jia, dans le centre de la Chine, ont donc été de nouveau confinés à partir du 31 mars 2020, alors que le reste du pays sortait petit à petit d’un long sommeil.

Si ce deuxième confinement inquiète autant, c'est qu'il est peut-être la première étape de la tant redoutée « seconde vague. »

En Allemagne

Outre-Rhin, le processus de déconfinement a lentement débuté le lundi 20 avril 2020.

Mais le soulagement aura été de courte durée. Le taux de contagion, tombé à 0,7 en avril, est repassé à 1 en seulement quelques jours.

Les spécialistes sont formels :

s’il atteignait 1,3, un second confinement serait nécessaire dès juin.

« Un certain nombre d’éminents épidémiologistes estiment que la question n’est pas de savoir s’il y aura une deuxième vague mais quand celle-ci interviendra », estime le journal Der Spiegel.

Ainsi, si le second confinement n’a pas lieu en juin, il pourrait être inéluctable au cours de l’été ou à la rentrée.

La chancelière Angela Merkel reste donc prudente, avant de crier victoire.

Face à une seconde vague les gouvernements n'auraient pas d'autre option que de reconfiner.




Britney Delsey pour DayNewsWorld

L' EUROPE  TROUVE ENFIN UN COMPROMIS ECONOMIQUE FACE A LA CRISE DU CORONAVIRUS

Les ministres des Finances des 27 avaient jusqu’au 10 avril pour proposer un plan de gestion de l’épidémie. Le scénario d’une crise profonde prenait chaque jour un peu plus forme au sein de l’Union européenne (UE). Divisés sur la riposte économique commune à apporter pour faire face aux conséquences de la pandémie de Covid-19, les ministres des finances de la zone euro, réunis jeudi 9 avril 2020, par visioconférence ont enfin trouver un terrain d’entente, avant un prochain Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement. Mais, déjà, la fracture Nord-Sud, qui avait failli faire imploser l’UE en 2010, lors de la crise de la dette de la zone euro et du sauvetage de la Grèce, a ressurgi avec force durant les laborieuses tractations des jours derniers.

Un ressaisissement était espéré pour voir l’Europe faire front de concert en imaginant des solutions collectives.

Les pays de l'Union européenne sont finalement parvenus, jeudi, à un accord sur une réponse économique commune face au coronavirus. Un terrain d'entente a été notamment trouvé avec les Pays-Bas, qui bloquaient les discussions depuis mardi.

Ce vaste plan porterait l'ensemble des mesures adoptées par l'Union européenne pour lutter contre les effets de la pandémie à 3 200 milliards d'euros, soit le plus important dans le monde. « La réunion s'est achevée sous les applaudissements des ministres », a annoncé sur Twitter le porte-parole du président de l'Eurogroupe, Mario Centeno. « Aujourd'hui, nous avons répondu à l'appel de nos citoyens en faveur d'une Europe qui protège » avec « des propositions audacieuses qui semblaient impossibles il y a à peine quelques jours »

Bruno Le Maire a déclaré que l'Europe avait conclu le plus important plan économique de son histoire. « Tout le monde avait en tête que c'était soit un accord, soit le risque d'une dislocation européenne », a-t-il dit.

Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, a lui salué « un grand jour pour la solidarité européenne ». « Il est important que nous tous apportions une réponse commune qui permette à nos États de surmonter les défis sanitaires mais aussi les défis économiques » suscités par la pandémie de Covid-19, a indiqué le ministre.

Trois axes principaux

Le plan de relance  pour riposter à la crise provoquée par la pandémie de Covid-19 s'articule autour de trois axes :

1° Le Mécanisme européen de stabilité (MES) pour 240 milliards, la Banque européenne d'investissement (BEI) à concurrence de 200 milliards

2° Le plan « Sure » ("Support to mitigate unemployment risks in emergency") avec 100 milliards au bénéfice des chômeurs partiels proposé par la Commission européenne. « La seule condition pour accéder aux prêts du MES sera de soutenir les dépenses sanitaires », a expliqué le président de l'Eurogroupe, Mario Centeno, jeudi soir.

3° Et le fonds de relance à définir.

Les chefs d'État et de gouvernement, qui n'étaient eux-mêmes pas parvenus à s'entendre lors d'un sommet le 26 mars, devront encore valider ces propositions.

Le fonds de relance et la question non tranchée des « corona bonds »

La brûlante question des « corona bonds », destinés à soutenir l'économie à plus long terme après la crise, considérée comme moins urgente, n'a pas été tranchée jeudi.

Les pays les plus affectés par le virus, en particulier l'Italie, réclament la création d'un « fonds » de relance qui puisse être financé par de la dette commune, sous la forme d'euro-obligations parfois appelées « corona bonds » ou « eurobonds ». Or, la mutualisation des dettes constitue une ligne rouge pour Berlin et La Haye, qui refusent de s'inscrire dans une démarche commune avec les États très endettés du Sud, jugés laxistes dans leur gestion.

Le torchon brûlait en effet au sein de l’UE entre des pays du Sud, comme l’Italie et l’Espagne, parmi les plus touchés par la pandémie et aux finances fragiles, et ceux du Nord, emmenés par les Pays-Bas − chef de file des Etats dits « frugaux » − et par l’Allemagne et l’Autriche, partisans de la maîtrise des finances. Les premiers, soutenus par la France et sept autres pays européens (la Grèce, le Portugal, la Slovénie, la Belgique, le Luxembourg et l’Irlande, rejoints depuis par Chypre) plaident pour la création d’un coronabond.

Tandis que Bruno Le Maire a dit jeudi que l'accord ouvrait la voie à de la dette commune, son homologue néerlandais Wopke Hoekstra a souligné le contraire. « Nous sommes et resteront opposés aux 'corona bonds'. Ce concept n'aidera ni l'Europe ni les Pays-Bas sur le long-terme », a dit le ministre néerlandais de l'Économie à l'issue des pourparlers.

L'Eurogroupe n'a pris aucune décision concernant ces obligations, mais le texte final évoque un « fonds de relance » dont « les aspects juridiques et pratiques », notamment le « financement », devront encore être définis par les chefs d'État ou de gouvernement.

Vers une solidarité européenne...

Ce consensus constitue un soulagement pour les Européens qui parviennent à afficher une unité face aux conséquences économiques désastreuses du virus, après des semaines d'atermoiements mettant en évidence une fracture entre les pays du Nord et ceux du Sud.

Une réponse unitaire était d'autant plus indispensable que l'économie européenne se dirige en 2020 vers une profonde récession, le Fonds monétaire international estimant même que le coronavirus pourrait engendrer au niveau mondial « les pires conséquences économiques depuis la Grande Dépression » de 1929.

Mercredi matin, après 16 heures de discussions, La Haye avait été unanimement pointée du doigt pour son inflexibilité, entravant toute perspective d'accord sur une activation sans condition de ce fonds de secours européen MES, créé en 2012 pour les États en difficulté. Les États membres reprochaient aux Pays-Bas (soutenus, selon une source européenne, par l'Autriche, la Suède et le Danemark) de bloquer l'activation du Mécanisme européen de stabilité (MES), en conditionnant strictement les prêts que pourrait octroyer ce fonds de secours de la zone euro à des réformes économiques. Bloquer l'usage du mécanisme européen de stabilité (MES) «parce qu'on tient obstinément, idéologiquement, religieusement, à la mise en place d'une conditionnalité sévère est irresponsable», avait déclaré Jean-Claude Juncker au quotidien français Libération

Une telle « conditionnalité », qui renverrait à l'époque où la Grèce avait été contrainte de mettre en œuvre des réformes parfois douloureuses en échange d'argent frais, aurait été vécue comme une humiliation par l'Italie et l'Espagne, les deux pays européens pour l'instant les plus touchés par l'épidémie. L'Allemagne a finalement proposé d'alléger les conditions d'octroi des prêts.

Créé en 2012 lors de la crise de la dette et financé par les États membres, le MES pourrait prêter aux États jusqu'à 2 % de leur PIB, soit jusqu'à 240 milliards d'euros pour l'ensemble de la zone euro.

Pour Jean-Claude Juncker, l'inflexibilité des Pays-Bas etait d'autant plus incompréhensible que «le MES ne serait pas suffisant pour relancer» les économies européennes.

Pour y parvenir, l'ancien président de la Commission soutint la création d'une capacité d'emprunt européen, autour de l'émission de «coronabonds».«En décembre 2010, en qualité de président de l'Eurogroupe, j'avais proposé la création d'eurobonds afin que tous les membres de la zone euro bénéficient du même taux d'intérêt. Mais il faut bien faire la différence avec les 'coronabonds': il ne s'agit pas de mutualiser les dettes nationales du passé, une idée contre laquelle la moitié de l'Europe s'était élevée, mais de mutualiser la dette qui naîtra de la mise en place des moyens budgétaires nécessaires pour répondre à la crise du coronavirus», a-t-il expliqué. «Il s'agit d'organiser solidairement ce financement de la crise actuelle en cumulant les différents instruments: Banque européenne d'investissement, MES, budget européen et enfin 'coronabonds'», avait-il ajouté...

A la question de savoir si l’Union européenne survivra à la crise, deux commentaires :

« Le Covid-19 agit comme un stress test, titrait fin mars le quotidien allemand Die Welt : il révèle l’égoïsme des Etats membres. ». 

L’ex-premier ministre finlandais Alexander Stubb rappelle, quant à lui, les trois phases classiques des crises européennes: «D’abord la prise de conscience, puis le chaos et, enfin, une solution imparfaite.»




Joanne Courbet pour DayNewsWorld


L’OCDE A PROPOS DE L'APRES CORONAVIRUS

L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), a présenté son bilan de l’actuelle crise sanitaire et proposé des pistes pour le rebond des économies mondiales.

En amont du sommet virtuel du G20 qui s’est tenu vendredi 27 mars, le Secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría a dévoilé les dernières estimations de l’impact économique du Covid-19.

Pour l’OCDE le confinement affectera directement les secteurs représentant jusqu’à un tiers du PIB dans les plus grandes économies. Chaque mois de confinement entraîne une perte de 2% dans la croissance du PIB annuel.

Le secteur du tourisme est, à lui seul, exposé à une chute de l’activité qui s’élève à 70%.

La lutte contre la pandémie se combine avec des efforts budgétaires énormes consentis pour restaurer une activité économique normale dès que possible.

De nombreuses économies se dirigent donc vers une récession.




Andrew Preston pour DayNewsWorld

 CORONAVIRUS  

UN PLAN DE BATAILLE POUR LA GUERRE

 ECONOMIQUE ET FINANCIERE

Le coronavirus va plonger la France dans la récession en 2020, a estimé mardi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, qui a annoncé 45 milliards d'euros d’aides directes et 300 milliards de garanties de l’État aux prêts bancaires des entreprises

« Nous sommes dans une guerre économique et financière. Elle sera longue et violente », a prévenu Bruno Le Maire lors d'une conférence de presse téléphonique ce mardi. Le ministre de l'Economie a tenu à détailler les mesures dévoilée  par Emmanuel Macron la veille au soir en précisant les conséquences sur la croissance.

La dette publique de la France devrait dépasser son PIB en 2020, en raison des efforts à consentir pour contrer les retombées du coronavirus. C'est ce qu'a annoncé le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, « Nous serons au-delà du 100% de dette publique », a reconnu le ministre , sans donner de précision sur le déficit budgétaire attendu pour cette année où il prévoit désormais une croissance négative de -1%.

Une enveloppe de 45 milliards d’euros

Un plan de soutien de 45 milliards d'euros viendra soutenir les entreprises et les salariés. pour limiter les dégâts, notamment des faillites en cascade d'entreprises, trop fragiles pour encaisser un arrêt total de leur activité pendant des semaines.Il comprend les mesures de chômage partiel sur deux mois, ainsi que le report des charges fiscales et sociales des entreprises. Des annulations de charges sont aussi envisagées.

Un fonds de solidarité - censé leur apporter « un filet de sécurité »- de un milliard d'euros vise les petites entreprises qui ont été frappées de plein fouet par la crise, notamment la restauration, le tourismes et l'alimentation. Elles toucheront un forfait de 1500 euros. Pour être éligibles, elles devront afficher une perte de 70% entre mars 2019 et mars 2020. « Si nous mettons autant d'argent maintenant sur la table, c'est pour aider (l'économie) à redémarrer rapidement », une fois l'épidémie vaincue, a justifié M. Le Maire. « Le but est de permettre le redémarrage de l'économie dès que ce sera possible », a indiqué le ministre en précisant que ce montant est une « première évaluation » qui pourra être revue si la situation l'impose.

Jusqu'à la nationalisation d'une entreprise

« Aucune entreprise ne sera livrée au risque de faillite », a promis Emmanuel Macron.

Bruno Le Maire, s’est effectivement déclaré prêt à recourir à « tous les moyens » y compris la capitalisation ou une prise de participation pour « protéger » les entreprises françaises menacées par la crise du coronavirus.

Et si le président de la République s’est refusé la veille a utiliser le mot « confinement », Bruno Le Maire n’hésite pas aujourd’hui à employer un autre terme emblématique: « nationalisation. »

« Je n’hésiterai pas à employer tous les moyens qui sont à ma disposition (...) Cela peut passer par de la capitalisation ou une prise de participation. Je peux même employer le terme de nationalisation si c'est nécessaire. »

A ces 45 milliards d'euros s'ajoutent aux garanties de l'Etat de 300 milliards d'euros pour assurer les prêts bancaires.

« Les banques devront prêter, elles n'auront aucune raison de refuser des prêts », a assuré Bruno Le Maire en précisant que « l'heure n'est pas aux dividendes mais au soutien à l'économie ».

Pour Bruno Le Maire, « la protection des entreprises et des salariés est nécessaire afin d'éviter que la casse économique se transforme en casse sociale ».

Car le ministre de l’Économie insiste: « La guerre sanitaire, j’espère que c’est une affaire de semaines. La guerre économique et financière, c’est une affaire de mois. Il faudra donc du temps pour faire redémarrer l’économie, pour lui redonner toute sa puissance. »




Andrew Preston pour DayNewsWorld

LA PANDEMIE DU CORONAVIRUS PROVOQUE-ELLE

 UN ETAT DE GUERRE ?

Voilà que le grand corps malade de la mondialisation est maintenant miné par la pandémie du Coronavirus. À ce jour, la seule parade connue passe par le confinement des hommes et des échanges… commerciaux.

Comme dans un scénario de science-fiction, le réel glisse dans un univers aux logiques radicalement différentes.

Psychose ?

En Italie, Bergame compte ses morts submergée par une forte hausse des décès liés à l'épidémie du Covid-19, qui frappe très durement le pays. De partout dans le monde, impacté par le Covid619, les magasins sont dévalisés, rayons de pâtes et de papier toilettes en premier, les rues se vident, les stades se ferment, les événements culturels sont déprogrammés, on observe des scènes de  psychose face aux mesures de confinement. Les bourses dévissent, le brent est au plus mal...

La crise provoquée par le coronavirus Covid-19  est la plus importante de ces 20 dernières années, elle est plus importante que la crise de 2008-2009 tant dans son ampleur que surtout dans son imprévisibilité.

Comment affronter cette nouvelle pandémie ?

En Allemagne comme aux États-Unis, on a parlé d'un « bazooka » pour faire face à la crise.

Le monde aurait-il basculé dans un état de guerre ?

Un état de guerre ?

Mario Centeno, président de l'Eurogroupe, a livrée son côté un sombre diagnostic sur l'impact économique du coronavirus sur l'économie de l'Union européenne. « Le confinement forcé met nos économies dans une situation semblable à celle d'une guerre », a jugé lundi Mario Centeno, président de l'Eurogroupe, juste avant une vidéoconférence des 27 ministres des Finances de l'UE, consacrée au coronavirus.

« Nous savons que le virus n'a pas atteint son pic. Nous ne devons pas nous voiler la face », a prévenu M. Centeno, qui préside le groupe des 19 pays ayant adopté la monnaie unique.

Selon l’OCDE «l’économie mondiale est en danger» et s'apprête à affronter «le plus grave danger depuis la crise financière», alors que la maladie a «déjà engendré des souffrances humaines considérables.

Il a fallu en effet moins d'un mois pour que le commerce mondial déraille. Au plus fort de la crise en Chine, 80 % du PIB du pays était impacté. Une onde de choc pour le commerce mondial. La Chine compte pour un quart de la production mondiale. Elle concentre 27% de la production d’ordinateurs mondiale et 60% de la production de paracétamol…mais est aussi un donneur d’ordre de poids en Asie ainsi qu’un gros marché mondial pour des secteurs comme le luxe (35% des ventes), l’automobile (40% des ventes de Volkswagen) ou l’électronique (20% des ventes d’Apple), souligne un rapport de KYU associés. Aujourd’hui, 50 à 70 % de l’économie chinoise a redémarré mais, désormais, ce sont désormais les entreprises européennes qui sont à l’arrêt. Selon Euler Hermes, la baisse des exportations mondiales se chiffrerait à 320 milliards de dollars de biens et de services pour ce seul trimestre.

Gita Gopinath, économiste en chef du Fonds monétaire international, résume l'enjeu: « empêcher qu'une crise temporaire ne nuise de façon irrémédiable à des personnes et des entreprises en raison de pertes d'emplois et de faillites », grâce à une réponse vigoureuse et coordonnée des gouvernements et des banques centrales.

Face aux difficultés économiques, les autorités et institutions publiques mettent la main à la poche pour assurer l'urgence et tenter de maintenir l'économie.

Des réponses à l'échelle de chaque pays.

La Chine a débloqué 43 milliards de dollars pour aider ses entreprises, le Japon quatre milliards de dollars, l'Angleterre 35 milliards d'euros. Et l' Italie avec une enveloppe d'un montant total de 25 milliards d'euros, toujours pour lutter contre l'épidémie de Covid-19, qui a déjà fait plus de 600 morts dans le pays. Le Canada avec la création d'un fonds d'un milliard de dollars canadiens M. Trudeau, prévoyant de nouvelles annonces dans les prochains jours.L'Allemagne outre une artillerie lourde de mesures avec le blocage d'une enveloppe supplémentaire de 12,8 milliards d'euros sur quatre ans pour des investissements d'infrastructure.

Donald Trump , de son côté, a proposé un vaste plan de relance de 700 milliards de dollars et une des propositions phares du locataire de la Maison Blanche est de supprimer les charges sociales jusqu'à la fin de l'année, afin de gonfler le pouvoir d'achat des ménages. Chaque pays a ainsi répondu, individuellement et de son côté, débloquant des fonds pour aide à surmonter les conséquences économiques de l'épidémie.

"Mais en 2008-2009, c'est le G20 lui-même qui avait pris les rênes d'une telle réponse, au point d'être qualifié de « gouvernement économique mondial ».

Onze ans plus tard, la guerre commerciale, le Brexit, la montée du populisme sont passés par là. Rien ne dit que le groupe des vingt premières économies mondiales voudra endosser à nouveau ce rôle."

Et la première des solidarités ne consiste-elle pas pour les Etats  à anticiper et pour les citoyens d'être éduqués au moment où l'on vit une guerre sanitaire?




Joanne Courbet pour DayNewsWorld

CORONAVIRUS ET KRACH PETROLIER

Les marchés mondiaux ont subi une forte chute ce lundi 9 mars 2020.

L’effondrement du prix du pétrole et l’épidémie de coronavirus ont provoqué l’angoisse des Bourses. De nombreux indices ont complètement dévissé ce lundi. Les cours du baril s’effondraient de 25 %, lundi, l’Arabie saoudite et la Russie ayant engagé une guerre des prix. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), dont l’acteur principal est l’Arabie Saoudite] et la Russie (2e producteur mondial d’or noir) se sont réunis vendredi 6 mars 2020, à Vienne, en Autriche, pour évoquer une baisse de la production.

Leur but était de maintenir les prix en réponse à la baisse de la demande engendrée par le coronavirus. Mais le ministre russe de l’énergie, Alexander Novak, a fait voler en éclats l’alliance entre Moscou et Riyad qui présidait depuis trois ans à l’équilibre délicat du marché. Mais ils n’ont pas trouvé d’accord.

Affaiblissement de l' OPEP

La Russie ayant refusé de réduire sa production, l’Arabie Saoudite a répliqué en ouvrant littéralement les vannes : sa production journalière de pétrole a augmenté d’un million de barils par jour. Il n’en fallait pas plus pour provoquer une descente vertigineuse du prix de l’or noir. En quelques heures, le monde du pétrole est passé d’une situation tendue à une crise majeure. Les cours ont chuté lourdement en Asie.

Le baril de brent de la mer du Nord a plongé de 25 %, à 33,90 dollars (30 euros). Ce décrochage ne semble pas près de s’arrêter. Les observateurs du marché s’accordent à dire que, dans les prochaines semaines, le cours pourrait atteindre son niveau historiquement bas de 2016, en dessous de 30 dollars.

En Asie, la chute a atteint 30 % ce lundi, la plus importante baisse depuis la guerre de Golfe en 1991. Sur les marchés européens, la baisse était légèrement moindre (- 20 %).

Un choc dont les conséquences économiques et sociales risquent d’être sévères. L’épidémie de coronavirus qui continue de se propager et d’inquiéter, mais aussi l’effondrement du marché pétrolier ont agi comme un catalyseur.

Baisse de la bourse

La bourse a dévissé ce 9 mars 2020. Que ce soit la Bourse de Hong Kong (- 4 %), celle de Londres (- 7 %), le CAC 40 à Paris (- 8,3%, pire séance depuis 2008) ou encore Francfort (- 7,9%), aucune place financière n’a été épargnée par un plongeon brutal. A tel point qu’à Wall Street (- 6 % pour le Nasdaq), les échanges ont été suspendus durant un quart d’heure à l’ouverture – un « coupe-circuit » destiné à éviter une panique générale qui n’avait jamais été utilisé depuis sa mise en place à New York, en 2013.

Un ralentissement économique mondial est de plus en plus probable.

Avant ce lundi, le cours de pétrole avait déjà baissé à cause des conséquences économiques du coronavirus qui ralentit l'activité et entraîne donc une baisse de la consommation de pétrole.

Moins de pétrole consommé, c’est une production mondiale qui ralentit et qui crée moins de richesses, d’où l’inquiétude généralisée des marchés, accentuée par la décision de l’Arabie Saoudite de « noyer » le cours du pétrole. « On est dans un rapport de force habituel, l'Arabie Saoudite a souvent eu ce genre de comportement

« Un recul prolongé de la consommation, en plus de fermetures prolongées d’entreprises, attaquerait les bénéfices, conduirait à des suppressions d’emplois et pèserait sur le moral » des acteurs économiques, écrivaient lundi les analystes de Moody’s.

Bataille économique et politique

Mais au-delà de cette plongée des cours du pétrole, c'est un enjeu de stratégie géopolitique qui se joue. En effet il s'agit avant tout d' une bataille économique et géopolitique entre les trois plus gros producteurs mondiaux que sont les Etats-Unis, la Russie et l’Arabie saoudite. Historiquement, le cartel de l’OPEP, dirigé par Riyad, menait le jeu au niveau mondial. Cependant, depuis 2015, l’échiquier de l’or noir est totalement bouleversé, avec le développement rapide du pétrole de schiste aux Etats-Unis, et en particulier dans la région texane du bassin permien.

Et Poutine, excédé par les sanctions américaines qui ont sabordé le Nord Stream 2, en ne cédant pas aux demandes du royaume saoudien de stabilisation des prix de l'or noir, lors de la réunion de l'Opep de vendredi dernier a, en réalité, une déclaration de guerre contre l'administration Trump qui ne se gêne pas d'employer le pétrole comme arme économique et politique.

« On la considère comme l'équivalent d'une déclaration de guerre sur le marché pétrolier. Une rupture entre deux des plus grands producteurs de brut, l'Arabie saoudite et la Russie, sur la façon de répondre à l'effondrement de la demande provoquée par l'épidémie galopante de coronavirus, a provoqué une chute des cours du pétrole », écrit le « Financial Times ».




Simon Freeman pour DayNewsWorld

CORONAVIRUS  L'ECONOMIE MONDIALE VACILLE

Dans un monde suspendu au coronavirus, l’économie vacille. Le monde s’immobilise à mesure que le nouveau coronavirus se propage. Bien avant l’éclosion de l’épidémie, le Fonds monétaire international (FMI) avait prévenu que la reprise mondiale serait « poussive », « fragile » et susceptible de vaciller au moindre risque. Depuis l'épidémie le FMI a d’ores et déjà abaissé ses prévisions de croissance mondiale pour 2020, prenant en compte l’impact sur la Chine, deuxième économie mondiale. Mais c’était avant la contagion au reste du monde.

Le Covid-19 répandu dans le monde entier

Le coronavirus s'est en effet répandu comme une traînée de poudre. Plus d'une quarantaine de pays sont désormais concernés par l'épidémie qui a touché les rives du Brésil, n'épargnant plus le continent sud-américain. Au dernier comptage, 81.000 personnes ont été contaminées par le Covid-19 qui a fait 2.761 morts dans le monde, dont seulement 40 en dehors de Chine.

L'épidémie est entrée dans une « phase décisive », estime l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Au cours des deux derniers jours, le nombre quotidien de nouvelles personnes contaminées dans le monde a été supérieur à celui enregistré en Chine, où le virus est apparu en décembre.

Avec 528 cas recensés et 14 morts, l'Italie est devenue l'épicentre du Vieux Continent. Plus personne n'est épargné. La Grèce, l'Espagne, le Royaume-Uni, la Croatie, l'Autriche, le Danemark et l'Allemagne comptent au moins une personne contaminée après un séjour dans la péninsule. Ailleurs en Europe, de nombreux pays comme l'Estonie, la Suisse, la Norvège, les Pays-Bas, la Roumanie ou la Macédoine du Nord sont également touchés.

Pour les économistes le coronavirus pourrait être « le choc externe » de trop.

L’économie mondiale fait face à son pire risque de récession depuis la crise financière de 2008.

« A l’exception partielle de la peste noire en Europe au 14e siècle, chaque pandémie majeure a été suivie d’une récession économique », observe le professeur Robert Dingwall, chercheur à l’Université de Nottingham Trent en Angleterre. « Je ne pense pas qu’il y ait de bonnes raisons de penser que ce serait différent cette fois », dit-il.

Des mesures radicales contre le coronavirus

D’autant que la liste des mesures radicales pour tenter d’endiguer le nouveau virus s’allonge chaque jour un peu plus, le virus parti de la Chine continentale se propageant comme une traînée de poudre sur tous les continents.

Dès janvier, des usines de production avaient été arrêtées en Chine et des villes entières confinées. Vendredi, l’emblématique salon horloger de Bâle a été ajourné et le salon de l’automobile de Genève a été annulé. L’Arabie Saoudite a arrêté d’accueillir les pèlerins à La Mecque. L’incertitude plane en outre sur la tenue des Jeux olympiques de Tokyo en juillet. L'Iran interdit aux personnes malades ou soupçonnées de l'être de voyager à l'intérieur du pays. Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont annoncé la suspension d'exercices militaires conjoints. En Italie, le choc entre la Juventus et l'Inter Milan ainsi que quatre autres matches du championnat se dérouleront ce week-end à huis-clos, a confirmé jeudi la Ligue italienne de football.

De lourdes conséquences économiques

Les conséquences économiques sont déjà énormes dans certains secteurs comme les transports, le luxe, le tourisme. Les voyageurs chinois, si nombreux d'habitude dans les grandes capitales européennes, font cruellement défaut. De même, les destinations asiatiques sont boudées par les touristes. L'Italie (dont le tourisme représente 13% du PIB) risque de voir aggravées ses difficultés.« Nous avons réalisé un calcul préliminaire qui estime que cette crise coûtera au moins 22 milliards de dollars [environ 20 milliards d'euros] au secteur » du tourisme dans le monde, explique Gloria Guevara, la présidente du Conseil mondial des voyages et du tourisme (WTTC) dans un entretien au quotidien « El Mundo ».Le manque à gagner pourrait grimper à 49 milliards de dollars (44,6 milliards d'euros) si la crise durait aussi longtemps que celle du SRAS qui s'était déployée en six mois entre 2002 et 2003 et à 73 milliards de dollars (66,5 milliards d'euros) si elle se prolongeait davantage, selon Oxford Economics.

La dépendance à la Chine

La dépendance à la Chine, à son immense marché et à ses gigantesques capacités de production est encore plus visible dans des domaines comme l'automobile (certains équipementiers sont en grande difficulté), l'agroalimentaire (les exportations sont piégées), le secteur pharmaceutique, etc. Certaines entreprises sont déjà au chômage technique. « La contraction de la production en Chine a eu des effets dans le monde entier, témoignant de l’importance croissante de la Chine dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et sur les marchés des matières premières », explique l’OCDE.

Une perte d’un demi-point de pourcentage pour la croissance mondiale repose sur « l’hypothèse que le pic épidémique sera atteint en Chine au premier trimestre 2020 et que dans les autres pays, l’épidémie se révélera plus modérée et circonscrite », précise l’organisation internationale basée à Paris. Une épidémie plus durable, qui s’étendrait largement en Asie-Pacifique, en Europe et en Amérique du Nord, pourrait même diviser par deux la croissance mondiale cette année, avertit l’organisation.

Inquiétudes des banques centrales et plans d'urgence

Les banques centrales s'inquiètent. Dans un entretien au « Financial Times », Christine Lagarde, la présidente de la BCE, explique que la crise ne nécessite pas pour l'heure de réponse monétaire, mais que le choc pourrait faire long feu. Son impact sur l'économie mondiale pourrait être supérieur à celui du SRAS, en 2002, a estimé de son côté Klaas Knot le gouverneur de la banque des Pays-Bas. Les marchés boursiers se sont tous enfoncés à nouveau jeudi.

Des plans d'urgence sont prêts à être activés, notamment par le Fonds monétaire international, pour aider financièrement les pays qui ne parviendraient pas à faire face à l'épidémie.

« Nous avons des instruments de financement rapides, de facilités de crédit pour soutenir les pays » en cas d'épidémie ou de désastres naturels, a détaillé le porte-parole de l'institution, rappelant le cas d'Ebola.

Mais à Barry Glassner, sociologue américain auteur de La culture de la peur (Culture of Fear), de conclure que « les nations et les individus ont besoin de prendre leurs précautions, dont celle de contrer la peur, qui se répand au moins aussi vite que le virus lui-même ».




Jenny Chase pour DayNewsWorld

FERMETURE DE LA CENTRALE DE FESSENHEIM

CONCESSION FAITE AUX ECOLOGISTES

UNE ABERRATION FRANCAISE

Le réacteur n° 1 de la centrale de Fessenheim, plus ancienne centrale nucléaire française en activité, doit être définitivement mis à l’arrêt dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 février 2020. Et ce après des années de débat sur le sort de la centrale alsacienne, bâtie dans les années 1970, tout près de la frontière avec l’Allemagne

L’opération doit commencer à 20 h 30 ce vendredi et s’achever à 2 heures du matin samedi. .« Une équipe de quart, composée de dix à quinze à personnes », Une nuit éprouvante pour l 'équipe de quart qui va lancer le processus d’arrêt du réacteur n° 1, réalisant les gestes pour le découpler définitivement.

Mais certains salariés menacent de désobéir et de ne pas appliquer les procédures d’arrêt du réacteur à eau pressurisée de 900 mégawatts (MW).

Le réacteur n° 2 arrêté le 30 juin

Si la procédure suit son cours normalement, la puissance du réacteur doit baisser progressivement et il sera déconnecté du réseau électrique national lorsqu’il sera descendu à 8 % de sa puissance habituelle.

La procédure est identique à celle d’une opération de maintenance classique. Mais, cette fois, aucune remise en service n’aura lieu. Le réacteur n° 2 doit, lui, être arrêté le 30 juin.

Un décret publié au Journal officiel mercredi « abroge l’autorisation d’exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim dont EDF est titulaire », inscrivant noir sur blanc le caractère définitif de cet arrêt.

L’évacuation du combustible de la centrale sera, selon le calendrier prévu, achevée en 2023. Ensuite doit se poursuivre la phase de préparation au démantèlement, processus inédit en France à l’échelle d’une centrale entière qui devrait commencer à l’horizon 2025 et se poursuivre au moins jusqu’en 2040.

Pour Matignon, la fermeture de Fessenheim « constitue une première étape dans la stratégie énergétique de la France, qui vise un rééquilibrage progressif » entre les différents types d’énergies, avec une diminution progressive de la part du nucléaire – actuellement de 70 %, la plus importante au monde – et une augmentation de celle de l’électricité d’origine renouvelable.

Mais la polémique sur le bien-fondé de cette fermeture ne va pas cesser avec l’arrêt du réacteur n° 1. En effet il n’y a aucune justification économique à cette fermeture, l’unité étant en parfait état de marche et certifiée par l’autorité indépendante de sûreté nucléaire. Elle rapporte de plus 200 millions d’euros net par an et son démantèlement va sûrement coûter plus d’un demi-milliard selon la Cour des Comptes.

Mais l’État actionnaire s’incline devant l’État politique et se tire une balle dans le pied. Il faut offrir un symbole aux écologistes qui mettent en avant le risque nucléaire et la gestion des déchets. Mais les écologistes occultent le fait que l’énergie nucléaire ne produit pas de gaz à effet de serre et que c’est donc une des solutions dans la lutte contre le réchauffement climatique, les énergies renouvelables pour l’instant incapables de prendre le relais en quantité suffisante et par nature instables.

En revanche, l’arrêt de Fessenheim va obliger l’Allemagne, par exemple, à produire plus d’électricité à partir du charbon.

Un choix irresponsable ?

Le député LR du Haut-Rhin Raphaël Schellenberger a demandé aux salariés « pardon pour ce choix irresponsable dont vous êtes les premières victimes ». Si la ministre de la transition écologique Elisabeth Borne a assuré qu’il n’y aurait « aucune perte d’emploi » , les élus locaux craignent que l’Etat abandonne ce territoire abreuvé depuis quarante ans par les taxes versées par EDF. Ils redoutent que des centaines de familles dotées de revenus confortables ne le quittent.

À l’heure actuelle, la fermeture de cette entreprise rentable et socialement sûre est clairement une décision prise pour faire plaisir aux écologistes.




Paul Emison pour DayNewsWorld

LE CONSEIL D'ETAT SOMME LE GOUVERNEMENT

DE REVOIR SA COPIE

SUR LA REFORME DES RETRAITES

C'est un avis très sévère.

Ce vendredi 7 janvier 2020, le Conseil d'Etat a vivement critiqué la méthode avec laquelle le gouvernement a conduit son projet de réforme des retraites, présenté le matin même en Conseil des ministres. Ce qui laisse présager de futurs débats âpres et longs.

Saisie le 3 janvier 2020, l'institution n'a disposé que de trois semaines pour rendre ses conclusions sur les deux projets de loi (organique et ordinaire).

Un temps jugé bien trop court, d'autant que le gouvernement a, en outre, modifié le texte à six reprises durant cette période.

Le Conseil d'Etat souligne qu' « eu égard à la date et aux conditions de sa saisine, ainsi qu'aux nombreuses modifications apportées aux textes pendant qu'il les examinait, la volonté du gouvernement de disposer de son avis dans un délai de trois semaines ne l'a pas mis à même de mener sa mission avec la sérénité et les délais de réflexion nécessaires pour garantir au mieux la sécurité juridique de l'examen auquel il a procédé », déclare la juridiction dans son avis.

Une « situation d'autant plus regrettable » qu'il s'agit d'une réforme « inédite depuis 1945 et destinée à transformer pour les décennies à venir […] l'une des composantes majeures du contrat social », ajoute la plus haute juridiction administrative du pays.

Des projections financières « lacunaires »

Outre les deux textes de loi, une étude d'impact financier de cette réforme lui a aussi été transmise. Et cette étude n'a pas non plus, en l'état, satisfait les juristes. La première mouture était « insuffisante », et même une fois le texte complété, « les projections financières restent lacunaires », en particulier sur la hausse de l'âge de départ à la retraite, le taux d'emploi des seniors, les dépenses d'assurance-chômage et celles liées aux minima sociaux, arguent-ils.

Dans certains cas, l'étude d'impact « reste en deçà de ce qu'elle devrait être, de sorte qu'il incombe au gouvernement de l'améliorer encore avant le dépôt du projet de loi au Parlement », relève le Conseil d'Etat.

Le recours à de trop nombreuses ordonnances

L'institution pointe également le choix de recourir à 29 ordonnances, y compris « pour la définition d'éléments structurants du nouveau système de retraite », ce qui « fait perdre la visibilité d'ensemble qui est nécessaire à l'appréciation des conséquences de la réforme et, partant, de sa constitutionnalité et de sa conventionnalité ».

Cette critique fait écho à l'explosion du nombre d'ordonnances, autrefois exceptionnelles.  « La nouveauté avec le gouvernement Philippe est l'utilisation des ordonnances pour des réformes très politiques comme le droit du travail et la réforme ferroviaire, relevait déjà le site juridique Dalloz-actualité, en mars 2018.

L'objet des ordonnances n'est alors pas tant de permettre une mise en application plus rapide, que d'éviter un enlisement des débats parlementaires : les lois d'habilitation peuvent être adoptées sans attendre la finalisation d'un texte précis." Une méthode dont le Conseil d'Etat pointe aujourd'hui la limite.

Comme exemple de conséquences de la réforme : celle portant sur la « conservation à 100 % des droits constitués » au moment de la bascule entre le système actuel et le futur « système universel » est jugée « particulièrement cruciale », à tel point « qu'en l'absence d'une telle ordonnance » la réforme « ne s'appliquera pas » aux personnes nées à partir de 1975.

Les engagements auprès des enseignants « contraires à la Constitution »

Le Conseil d'Etat estime aussi que l'engagement pris par le gouvernement de revaloriser les salaires des enseignants et des chercheurs via des lois de programmation est condamné à disparaître du texte. « Ces dispositions constituent une injonction au gouvernement de déposer un projet de loi et son ainsi contraires à la Constitution », a estimé l'institution.

La fausse promesse d'un « régime universel de retraite »

Le Conseil d'Etat relève également que le projet de réforme n'instaure pas « un régime universel qui serait caractérisé, comme tout régime de sécurité sociale, par un ensemble constitué d'une population éligible unique, de règles uniformes et d'une caisse unique ». Et pour cause, le texte crée « cinq régimes », avec « à l'intérieur de chacun de ces régimes » des « règles dérogatoires à celles du système universel ».

Cet avis intervient alors que la contestation contre la réforme des retraites a connu une nouvelle journée de mobilisation dans toute la France, avec un léger regain de mobilisation. . « Sur la forme et sur le fond, le Conseil d'Etat confirme en tout point ce que nous exprimons depuis le début. Il y a un vrai problème de consistance juridique du texte », a réagi samedi François Hommeril, le président de la CFE-CGC .

Les syndicats ont également appelé à poursuivre le mouvement la semaine prochaine.

Un avis qui va servir à ceux qui disent que le gouvernement improvise,  ou en tout cas qu'il n'est pas allé assez loin dans la réflexion  et la mise au point d'un texte,  non pas consensuel,  mais d'un texte cohérent !!!!




Garett Skyport pour DayNewsWorld

ABANDON DE LA TAXE GAFA PAR LA FRANCE

FACE AUX ETATS-UNIS

La France et les Etats-Unis ont repoussé le spectre d’une guerre commerciale entre les deux pays. Paris a accepté de geler sa taxe sur les géants du numérique, dans l’attente d’un accord international.

Le locataire de la Maison Blanche a réussi à obtenir la suspension de la fameuse taxe GAFA jusqu’à une date fixée au-delà du mardi 3 novembre , soit le jour des élections américaines.

La fameuse taxe Gafa a été mise en place par la France début 2019. Elle consiste en une taxation de 3 % du chiffre d’affaires des grandes entreprises du web qui génèrent au moins 750 millions d’euros de revenus dans le monde, et plus de 25 millions d’euros en France.

Cette entente cordiale est arrivée quelques heures à peine avant l’événement Choose France durant laquelle 200 chefs d’entreprise français et étrangers se sont réunis à Versailles pour parler d’investissements industriels et de recherche & développement.

Le but avoué de cette négociation était d’éviter une guerre économique qui aurait pu coûter 2,4 milliards de dollars à la France. Donald Trump avait en effet envisagé de taxer les exportations françaises en guise de riposte à cet impôt jugé « discriminant » et « déraisonnable » par l’administration étasunienne.

Il n'était pas dans l’intérêt de la France de déclencher une guerre commerciale avec les États-Unis, d’autant que le ministre de l’Économie, actuellement à Davos, doit rencontrer son homologue américain pour discuter (encore) des négociations à mener dans le cadre de l’OCDE, perçue comme étant le « bon format » pour fixer les règles du jeu.

Le matamore Bruno Le Maire, à Davos où il devrait rencontrer Steven Mnuchin, son homologue américain, a du baisser les armes !

Garett Skyport pour DayNewsWorld

RETRAITES

AGE PIVOT, PENIBILITE ET EMPLOI DES SENIORS

Ce mardi, Muriel Pénicaud reçoit les syndicats au ministère du Travail pour évoquer la pénibilité et l'emploi des seniors. Dans le projet de loi de réforme des retraites, c’est le flou qui continue de dominer concernant la façon dont seront gérés certains aspects du texte, dont deux qui sont aujourd’hui à l’ordre du jour: la pénibilité et l’emploi des seniors. Ce mardi 14 janvier, la ministre du Travail Muriel Pénicaud reçoit les syndicats pour plancher sur ces thèmes qui, pour des raisons différentes, sont tout aussi sensibles que l’âge pivot, finalement suspendu.

Critères de pénibilité.

La meilleure prise en compte de la pénibilité est une obligation pour le gouvernement, qui entend mettre fin aux régimes spéciaux tout en introduisant des spécificités « qui ne seront pas liées à des entreprises, mais à des métiers ». Pour ce faire, la CFDT et l’Unsa ont une idée toute trouvée: la réintroduction des quatre critères de pénibilité, supprimés par les « ordonnances Macron » au début du quinquennat. Ces critères, qui avaient été définis en 2015, portaient sur la manutention manuelle de charges lourdes, les postures pénibles, les vibrations mécaniques et les agents chimiques dangereux. Ne reste dorénavant dans le « compte personnel de prévention » que le travail de nuit, le travail répétitif, le travail dit « en 3x8 », le travail en milieu « hyperbare » (sous forte pression), bruits et températures extrêmes. “Avec les critères reconnus aujourd’hui, c’est 180.000 personnes concernées, si on met les quatre autres critères, ça fait 800.000 personnes, et là, ça commence à avoir du sens”, justifiait Laurent Berger

Mais le gouvernement est, pour le moment, complètement opposé à cette option. Le secrétaire d’État en charge du dossier, Laurent Pietraszewski, a clairement fermé la porte, au motif que ces critères « n’étaient pas ou peu évalués dans la vie des entreprises ». Une réticence d’ailleurs partagée par le Medef.

De son côté, l’exécutif souhaite plutôt encourager « des dispositifs de reconversion » pour les personnes exerçant un métier pénible. Autre piste formulée par Édouard Philppe: rendre « plus généreux » le système actuel, en faisant baisser par exemple le nombre de nuits travaillées pour pouvoir bénéficier de la prise en compte du critère.

L' emploi des seniors.

Autre point qui sera discuté entre Muriel Pénicaud et les partenaires sociaux: l’emploi des seniors. Un secteur sur lequel la France est très en retard en comparaison de ses partenaires européens, selon les chiffres de la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques). Un rapport de la Cour des comptes publié en octobre chiffre le taux d’emploi des 55-64 ans à 52,3%. Or, et même si l’âge pivot a été retiré (provisoirement) du texte, le gouvernement a bien l’intention d’inciter les Français à travailler plus longtemps. Un vœu qui entre en contradiction avec la cruelle réalité du marché de l’emploi des seniors.  40% des salariés aujourd’hui, quand ils arrivent à la retraite, ne sont déjà plus au travail.

Reste maintenant à savoir quelles pistes seront évoquées ce mardi. Le Medef propose d’instaurer une « retraite progressive »”, en proposant aux salariés concernés de passer à 80% puis 60% de temps de travail, en compensant le reste du salaire manquant par une pension versée par la caisse de retraite. En d’autres termes, de soulager les entreprises du coût des seniors.

Les syndicats réformistes préfèrent des solutions de reclassement et le lancement de campagnes d’information pour « valoriser l’intergénérationnel », comme le veut la CFDT.

Jenny Chase pour DayNewsWorld

CARLOS GHOSN VICTIME D'UN COMPLOT

Carlos Ghosn est de retour devant les caméras ce mercredi 8 janvier 2020 pour une contre-attaque médiatique. L’ancien PDG de Renault-Nissan a affirmé se présenter devant la presse, mercredi 8 janvier, pour « laver son honneur », lors de sa première apparition publique, à Beyrouth, depuis son arrivée le 30 décembre au Liban, son pays d’origine.

PRESUME COUPABLE A CAUSE D'UNE COLLUSION ENTRE NISSAN ET LE PARQUET

Carlos Ghosn avait été arrêté le 19 novembre 2018. L'homme d'affaires franco-libanais fait l'objet de quatre inculpations au Japon. Le clan Ghosn a dénoncé le système juridique au Japon et une « conspiration » ourdie par des cadres de Nissan, des hauts fonctionnaires du ministère de l'Économie et des hommes du parquet de Tokyo pour l'évincer.

« J'étais présumé coupable à cause d'une collusion entre certains cadres de Nissan avec la complicité du parquet de Tokyo et d'un cabinet d'avocats Latham Law Firm », assure-t-il.

La décision de la justice ne serait pas tombée « avant cinq ans », selon Carlos Ghosn. « Je n'ai pas fui la justice, j'ai échappé à l'injustice et à la persécution », a-t-il martelé en anglais. Il a estimé n’avoir « pas eu d’autre choix » que de fuir le Japon, où il est inculpé notamment pour malversations financières, une accusation d’après lui « sans fondement ».« J'ai préparé mon évasion car j'ai perdu tout espoir d'un procès équitable et quand la date du procès a été repoussée le 25 décembre jusqu'à 2021. » , a-t-il dit.

L'affaire de sa fuite au Liban, le 29 décembre, a pris une ampleur internationale et des enquêtes sont en cours au Japon et en Turquie, où Carlos Ghosn a fait escale. Il fait l'objet depuis la semaine passée d'une demande d'arrestation émanant d'Interpol. Beyrouth affirme qu'il est entré « légalement » au Liban, muni d'un passeport français.

Celui qui s'est « senti comme mort depuis le jour de mon arrestation. J'étais perdu dans un système que je ne comprenais pas, comme paralysé ou anesthésié » affirme que « Quand je suis sorti du Japon, c'était comme si je revenais à la vie », décrit le fugitif le plus célèbre du moment.

Et d'insister : « Il y a eu un sapage organisé de ma réputation », a attaqué l’ancien patron qui a nié toutes les accusations contre lui et parle d’une affaire « politique » pour se débarrasser avec lui et donc de l’influence de Renault dans l’alliance avec Nissan.

QUI FAISAIT PARTIE DU COMPLOT ?

Il a dénoncé un « coup monté » contre lui et s'est dit décidé à « laver son honneur ».

« Ce sont des responsables de Nissan, du ministère public japonais qui sont à l’origine de mon calvaire », a-t-il déclaré, ajoutant que « la collusion entre Nissan et les procureurs est à tous les niveaux. (…) Quand j’ai demandé à mes avocats (…) ils ont dit qu’ils craignaient que cinq ans s’écoulent peut-être au Japon avant que je n’obtienne un verdict », a-t-il ajouté.

Selon lui « cette affaire coïncide avec le début du déclin des performances de Nissan début 2017 ». « Mon calvaire s’explique aussi par l’amertume au Japon face à l’interférence de l’Etat français dans l’alliance », a-t-il insisté. Il a porté une série d’accusations :

« Qui faisait partie de ce complot ? A l’évidence (Hiroto) Saikawa [le directeur général de Nissan, poussé à la démission après avoir reconnu avoir perçu une prime indue] en faisait partie, Hari Nada [ancien bras droit de Carlos Ghosn] en faisait partie et (Toshiaki) Onuma [le sponsable du Secrétariat chez Nissan]. Mais il y a bien d’autres personnes. (Masakazu) Toyoda, membre du conseil d’administration, faisait le lien entre le conseil de Nissan et les autorités ».

DES PREUVES REELLES

« Je peux toujours faire plein de choses et je peux laver mon honneur et j'ai toutes les preuves pour montrer mon innocence », affirme l'ancien patron

« Je suis prêt à vous remettre tous les documents qui montrent qu'il n'y a pas de manipulation. Mes avocats vont vous les donner », affirme-t-il.

« Je suis innocent de toutes les accusations et je peux le prouver, j'ai les documents. Si je ne peux avoir la justice au Japon, je l'aurais ailleurs », conclut-il. Et d'ajouter :

« J'ai plaidé mon innocence en menottes et en laisse il y a un an devant un juge japonais et devant les médias » rappelle-t-il.

« Ils ont voulu tourner la page Ghosn et ils ont réussi car il n'y a plus de croissance, d'augmentation des dividendes ou d'avancées technologiques », clame Carlos Ghosn.
« Il n'y a aucun pays démocratique dans le monde où les accusations, même si elles étaient vraies, sont sanctionnées au niveau criminel », avance l'ancien dirigeant de l'alliance franco-japonaise.
Garett Skyport pour DayNewsWorld

TENSIONS ENTRE USA RUSSIE ET EUROPE

AUTOUR DU NORD-STREAM 2

La bataille économique et géopolitique entre Washington, Bruxelles et la Russie fait rage. En cause, la construction d’un gazoduc qui va faciliter les livraisons de gaz naturel russe à l’Europe. Les USA ont en effet décidé de prendre des sanctions économiques en imposant des sanctions contre les entreprises associées à la construction du gazoduc russe, sur fond d’offensive commerciale.

L'Union européenne, Berlin en tête, et Moscou ont fermement dénoncé ce samedi 21 décembre les sanctions américaines contre le gazoduc Nord Stream 2. Les mesures « affectent des sociétés allemandes et européennes et constituent une ingérence dans nos affaires intérieures », a réagi avec fermeté une porte-parole d'Angela Merkel.

Contourner l'Ukraine

Nord Stream 2 est le nom d’un gazoduc, en cours de construction et presque achevé, qui passe sous la mer Baltique en contournant notamment l’Ukraine. D’une capacité de 55 milliards de m3 par an -autant que son frère aîné, Nord Stream 1- il doit permettre de doubler les livraisons directes de gaz naturel russe vers l’Europe occidentale via l’Allemagne, principale bénéficiaire du projet. Quelque 18% de la consommation annuelle de gaz naturel de l’UE provient de la Russie via l’Ukraine. Aux yeux de ses défenseurs, la mise en service du pipeline se justifie plus que jamais car il permet de contourner le territoire ukrainien. Les approvisionnements européens avaient été à plusieurs reprises perturbés dans les années 2000 par des conflits entre Moscou et Kiev.

Il représente en tout cas un investissement d’une dizaine de milliards d’euros financé pour moitié par le géant russe Gazprom et l’autre moitié par cinq sociétés européennes (OMV, Wintershall Dea, Engie, Uniper et Shell).

Mais depuis ses débuts, de nombreux obstacles se sont dressés sur le chemin de ce projet. Nord Stream 2 n’a ainsi obtenu que fin octobre le feu vert du Danemark pour traverser ses eaux, ce qui risque fort de retarder sa mise en service, initialement prévue fin 2019.

L' offensive commerciale des USA

Pour Washington, et certains pays européens (la Pologne, les pays baltes et l’Ukraine) ce tube va accroître la dépendance des Européens au gaz russe, que Moscou pourrait utiliser pour exercer des pressions politiques. Il sacrifie aussi les intérêts de l’allié ukrainien, qui tire des revenus importants du transit du gaz russe vers l’Europe.

Pour certains observateurs, au-delà du conflit géopolitique avec la Russie, l’opposition américaine au Nord Stream 2 fait partie d’une offensive commerciale des États-Unis : Washington, grand producteur de gaz, veut accroître ses exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe.

Les sanctions promulguées vendredi 19 décembre comprennent le gel des avoirs et la révocation des visas américains pour les entrepreneurs liés au gazoduc. Le département d’État américain doit communiquer dans les 60 jours suivant leur promulgation les noms des entreprises et des personnes qui ont participé à la pose de conduites pour Nord Stream 2.

L’une des principales cibles est Allseas, entreprise suisse propriétaire du plus grand navire de pose de pipelines du monde, le Pioneering Spirit, engagé par le russe Gazprom pour construire la section offshore.

Des sanctions inacceptables pour la Russie et l' Europe

Sans surprise, la décision de Donald Trump a suscité de vives réactions chez les parties prenantes du projet. « Un Etat avec une dette publique de 22 000 milliards de dollars interdit à des pays solvables de développer leur économie réelle », a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova sur sa page Facebook, dénonçant « l’idéologie américaine (qui) ne supporte pas la concurrence mondiale ».

« Bientôt, ils demanderont qu’on arrête de respirer ». L’Union européenne de son côté dénonce avec force l’ingérence des États-Unis dans sa politique énergétique. « Par principe, l’Union européenne s’oppose à l’imposition de sanctions contre des entreprises européennes se livrant à des activités légales », a affirmé un porte-parole de l’UE. La Commission européenne est en train d’analyser les répercussions possibles des sanctions américaines, a indiqué le porte-parole. « L’objectif de la Commission a toujours été d’assurer que Nord Stream 2 opère de façon transparente, avec un niveau approprié de surveillance réglementaire ».

« Le gouvernement rejette ces sanctions extraterritoriales. Elles affectent des sociétés allemandes et européennes et constituent une ingérence dans nos affaires intérieures », a réagi Ulrike Demmer, une porte-parole d’Angela Merkel.

Alize Marion pour DayNewsWorld

AVANCEES OU STATU QUO SUR LA REFORME DES RETRAITES ?

Les discussions engagées par Edouard Philippe avec les partenaires sociaux sur le projet de réforme des retraites n'ont pas permis de lever les désaccords de fond, notamment sur « l'âge d'équilibre » malgré quelques signes d'ouverture.

Les syndicats ont cependant obtenu la tenue de discussions début janvier sur quatre chantiers : pénibilité, transitions vers le futur système unique de retraites par points, minimum contributif et fins de carrière.

1° Age d'équilibre

Sur l'instauration progressive à partir de 2022 d'un âge pivot à 64 ans à l'échéance 2027, le chef du gouvernement a dit avoir pris acte de l'hostilité des syndicats, la CFDT au premier chef, mais maintient le principe de cette option « juste » selon lui pour rééquilibrer financièrement le système.

« L'âge d'équilibre, ce n'est pas simplement demander à certains de partir un peu plus tard, c'est aussi pour beaucoup de permettre de partir beaucoup plus tôt », a-t-il notamment plaidé alors que la CFDT reste fermement opposée à un scénario paramétrique « inacceptable »

Edouard Philippe s’est redit «radicalement opposé» à deux solutions alternatives: une baisse des pensions, d’une part, et une augmentation des cotisations d’autre part, qui alourdirait le coût du travail.

Le premier ministre a avancé des arguments principalement budgétaires. «Personne ne croira dans notre nouveau système, personne ne croira dans nos nouveaux droits si nous ne disons pas comment nous les financerons», a-t-il plaidé. Le futur système devra donc être solide, financièrement, d’une manière ou d’une autre.

Néanmoins, Edouard Philippe a laissé la porte ouverte à un aménagement des «trajectoires» de l’âge d’équilibre, par exemple par la «reconnaissance de la pénibilité, du handicap ainsi que [par] la retraite progressive», a-t-il suggéré

2° Minimum de pension

Il a en outre identifié des pistes d'amélioration pour le minimum contributif prévu par la réforme, parmi lesquelles une hausse au-delà de 85% du smic pour les carrières complètes. Aucun chiffre précis n’a toutefois été évoqué jusqu’ici. De leur côté, plusieurs partenaires, dont la CFDT, souhaitent le porter à 100% du smic.

3° Les régimes spéciaux

Tout en maintenant l'objectif d'une suppression des régimes spéciaux, il a indiqué que les discussions au sein de la SNCF et de la RATP avaient ouvert des voies d'aménagement.

« En ce qui concerne les agents de SNCF au statut, le gouvernement confirme son accord pour la mise en place de mesures favorisant la progressivité de la mise en œuvre de la réforme et le respect des droits acquis », a-t-il dit. Pour les agents de la RATP, « les derniers échanges ont permis d'aboutir à des avancées importantes sur la question des transitions, ces avancées sont sur la table, chacun les jugera. »

4° Les enseignants...

Edouard Philippe a rappelé qu’il s’était «engagé à revaloriser les revenus des professeurs et des chercheurs», pour qu’ils puissent bénéficier d’un niveau de pension «égal à celui d’agents de corps équivalent». La hausse débutera en janvier 2021. Une «trajectoire très claire de revalorisation» des rémunérations sera définie dans une loi de programmation, sur la base de discussions qui auront lieu d’ici l’été 2020. Les enseignants-chercheurs bénéficieront du «même travail» et d’une loi de programmation dédiée.

Le futur système de retraite «reconnaîtra les spécificités» du métier des marins, a également déclaré l’occupant de Matignon, «en particulier dans le cadre des âges d’ouverture des droits».

Edouard Philippe a conclu que le système universel pouvait être «encore amélioré» même si des «désaccords» subsistaient sur «la méthode et la façon» de mettre en œuvre ce nouveau système. Il recevradonc à nouveau les partenaires sociaux «dans les premiers jours de janvier» afin de poursuivre le dialogue avec eux.

Si Edouard Philippe a appelé les syndicats à la «responsabilité» afin qu’une trêve ait lieu dans la grève  à la SNCF comme à la RATP, la CGT-Cheminots et plusieurs autres organisations opposées à la réforme restent, sur ce point, fermes: «pas de trêve» pour les fêtes de fin d’année.

Jaimie Potts pour DayNewsWorld

COMPRENDRE LA RETRAITE PAR POINT

L'exécutif a présenté une reforme des retraites basée sur un système de points qu'il a appelé «  système universel de retraites ». Ainsi le Premier ministre a détaillé le nouveau système de retraite par point .

De nombreux régimes fonctionnent par points, et la plupart des Français sont concernés par ce système. Exemples :

la retraite complémentaire des salariés du secteur privé, celle des travailleurs indépendants, la retraite des professions libérales…

Le point devient donc le nerf de la guerre. Finis les trimestres de cotisation, les actifs cumuleront désormais des points pendant leur carrière. Au moment de partir à la retraite, ce nombre total de point est converti en pension.

Dans certaines situations d’inactivité, par exemple si vous êtes au chômage, en congé maternité ou en arrêt maladie, vous obtiendrez tout de même des points de retraite.

C’est ce que l’on appelle la solidarité au sein d’une même génération.

Mais combien vaudra le point ?

Édouard Philippe a annoncé que les partenaires sociaux fixeront la valeur du point « sous le contrôle du Parlement ».

« La loi prévoira une règle d'or pour que la valeur du point acquis ne puisse pas baisser », avec une indexation sur les salaires et non pas sur l'inflation.

Mais la valeur du point qui va déterminer le montant des pensions est à ce jour inconnue, et les syndicats opposés à la réforme, comme la CGT et FO, craignent que celle-ci ne serve de variable d'ajustement budgétaire.

Carl Delsey pour DayNewsWorld

AUNG SAN SUU KYI REFUTE LE GENOCIDE

DES ROHINGYAS

Aung San Suu Kyi, chef du gouvernement de Birmanie, est venue mardi 11 décembre au tribunal international de La Haye (Pays-Bas) représenter son pays, accusé dans les massacres des Rohingyas.

Mandatée par les 57 Etats membres de l’Organisation de la coopération islamique, la Gambie a estimé mardi que la Birmanie a violé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, un traité de droit international approuvé en 1948.

Aussi la dirigeante birmane, Prix Nobel de la paix en 1991, a- elle fait fait face à ses accusateurs, notamment la Gambie, qui représentait les pays musulmans.

« Nous demandons à la Birmanie d'arrêter ses tueries insensées, ses actes de barbarie et de brutalité qui ont choqué et continuent de choquer », a déclaré Abubacarr Tambadou, ministre gambien de la Justice.

Aung San Suu Kyi s’est défendue mercredi 11 décembre devant la Cour internationale de justice en déclarant que la Gambie avait dressé un « tableau trompeur et incomplet » de la situation de la minorité musulmane rohingya.

« Malheureusement, la Gambie a présenté à la Cour un tableau trompeur et incomplet de la situation dans l’Etat de Rakhine », a affirmé Aung San Suu Kyi mercredi, lors d’une audience à laquelle elle assiste pour défendre son pays. Elle s'est faite l'avocate de la politique birmane, rappelant que la situation qui règne dans cette région de l'ouest du pays résulte de problèmes remontant à des siècles, la minorité rohingya, étant une population originaire de l'actuel Bangladesh. Il s'agit d'un « conflit armé interne », selon elle.

Si la dirigeante birmane de 74 ans a reconnu que les militaires avaient peut-être utilisé une «force disproportionnée» lors des exactions contre la minorité musulmane, elle a cependant estimé que « l’intention génocidaire » ne pouvait pas être « la seule hypothèse » dans la situation de la minorité musulmane rohingya.

Elle a demandé de s'abstenir de toute action qui pourrait aggraver la situation. et mettre en péril la paix et la réconciliation.« Veuillez garder à l'esprit cette situation complexe et le défi lancé à la souveraineté et à la sécurité dans notre pays lorsque vous évaluez l'intention de ceux qui ont tenté de faire face à la rébellion », a-t-elle déclaré devant la CIJ, plus haute juridiction de l'ONU.

Depuis août 2017, quelque 740 000 Rohingya se sont réfugiés dans ce pays voisin de la Birmanie, à majorité bouddhiste, pour fuir les exactions de l’armée birmane, qualifiées de « génocide» par des enquêteurs de l’ONU.

Larry Ricky pour DayNewsWorld

REFORME DES RETRAITES

LES ANNONCES D'EDOUARD PHILIPPE

Au lendemain d'une nouvelle journée de manifestation le Premier ministre s'est longuement exprimé mercredi devant le Conseil économique, social et environnemental (CESE).
Dès les premiers mots de son intervention, Édouard Philippe a tenu à afficher sa détermination en affirmant que «le temps [était] venu de construire un système universel de retraites». «Nous proposons un nouveau pacte entre les générations», a-t-il assuré, promettant de «préserver ce lien indéfectible» qui constitue «le pacte social» de notre pays.

«Le système sera donc le même pour tous les Français, sans exception, au lieu d’être organisé par statuts. Le temps du régime universel est venu, celui des régimes spéciaux s’achève», a-t-il résumé.

Il a ainsi répondu à ses adversaires politiques en assurant que « l’ambition d'universalité portée par le gouvernement est une ambition de justice sociale. Nous ne stigmatisons personne (...) Il n'y aura ni vainqueur, ni vaincu ».

Voici donc les grandes lignes à retenir de son intervention :

1° Les Français nés avant 1975 pas concernés

Les travailleurs nés avant 1975 ne seront pas concernés pas le nouveau système universel, a expliqué le premier ministre. «Ceux qui entreront sur le marché du travail en 2022 intégreront le nouveau système. La génération 2004 sera la première à intégrer le système universel de retraites dès son premier travail», a-t-il ajouté

Pour les autres « la transition sera très progressive » a-t-il ajouté, assurant que « toute la partie de carrière effectuée jusqu'à 2025 donnera lieu à une retraite calculée sur les anciennes règles » et que « seules les années travaillées à partir de 2025 seront régies par le système universel ».

2° La mise en place d'un système par points dans une retraite par répartition

Le premier ministre a confirmé la mise en place d'un système de retraites par points, et non plus par trimestres. Aux partenaires sociaux de fixer la valeur du point «sous le contrôle du Parlement», valeur qui ne devrait pas baisser puisque « la loi prévoira une règle d'or pour que la valeur du point acquis ne puisse pas baisser» avec «une indexation non pas sur les prix mais sur les salaires qui dans notre pays augmentent plus vite», a affirmé Edouard Philippe

3° La suppression des régimes spéciaux

La suppression progressive des 42 régimes de retraite existants, dont les régimes spéciaux, aura bien lieu. «Nous mettrons fin aux régimes spéciaux», mais «progressivement, sans brutalité, avec respect», a affirmé le Premier ministre.

4° Une retraite minimum à 1000 euros

Une pension minimale de 1000 euros nets par mois pour une carrière complète au SMIC sera garantie. Ce minimum de pension «sera garanti par la loi à 85% du SMIC dans la durée et évoluera comme celui-ci», a ajouté le Premier ministre

.« Le système universel permettra de mieux protéger les Français les plus fragiles, qui sont de fait trop souvent les oubliés du système », a-t-il plaidé. Une bonne nouvelle notamment pour les agriculteurs et les femmes dont le niveau de pension est souvent inférieur à ce montant.

5° Un âge légal à 62 ans et un âge pivot à 64 ans

Le Premier ministre a affirmé que l 'âge légal de départ sera maintenu à 62 ans tandis qu'un âge pivot sera instauré à 64 ans avec un système de «bonus-malus». « Pour atteindre l'âge d'équilibre de 64 ans en 2027, il nous faudra mettre en place un système de bonus-malus qui incitera les Français à travailler plus longtemps », a déclaré le Premier ministre.

Les pompiers, les gendarmes ou encore les militaires conserveront les bénéfices liés à l’âge. Ils continueront à bénéficier des bonifications. Pour les aides-soignants, les seuils seront adaptés pour la reconnaissance de la pénibilité et des dispositifs pourront être mis en place pour proposer un temps partiel sans perte de salaire en fin de carrière.

6° Les «riches» mis à contribution par solidarité

«Au-delà de 120.000 euros annuels de revenus, les plus riches paieront une cotisation de solidarité plus élevée qu'aujourd'hui», a détaillé Édouard Philippe. Ces propos reprennent le rapport de Jean-Paul Delevoye qui suggère que ces hauts-revenus continuent à cotiser au-delà de 120.000 euros à hauteur de 2,81%.

Le projet de loi sur la réforme des retraites sera soumis au conseil des ministres le 22 janvier 2020 et discuté au Parlement fin février, a indiqué Edouard Philippe.

« Le projet de loi de réforme des retraites sera prêt à la fin de l'année, nous le soumettrons au conseil des ministres le 22 janvier 2020 et il sera discuté au Parlement à la fin du mois de février », a souligné le chef du gouvernement.

Jenny Chase pour DayNewsWorld

RETRAITE "PAS D'ANNONCES MAGIQUES"

L'exécutif s'emploie à préparer le terrain pour la déclaration attendue d'Edouard Philippe sur la réforme des retraites. Chacun en distillant sa petite phrase. Interrogé sur les manifestations qui agitent la France depuis jeudi en marge d'un sommet sur le processus de paix en Ukraine, le chef de l'État a réagi lundi soir pour la première fois depuis le début de la mobilisation.

« J'ai pleinement rassuré Vladimir Poutine en lui disant que les manifestations à Paris ne concernait absolument pas la réforme des retraites menée en Russie », a répondu ironiquement le président au journaliste de la chaîne d'infos qui lui demandait si la grève contre la réforme des retraites inquiétait les visiteurs étrangers.

Puis il a ajouté, que « chacun autour de la table sait ce qu'est une réforme indispensable à son pays et ce qu'elle implique d'être menée. Ça relève de l'action du gouvernement et des annonces qui seront faites demain (mercredi, ndlr). Je n'ai pas senti une grande inquiétude, je vous rassure. ». Emmanuel Macron , malgré le mouvement social, persiste et signe.

Le premier ministre de son côté s'est également exprimé, devant les députés de la majorité, avant sa prise de parole mercredi. «Ce n'est pas parce que je fais un discours (mercredi midi) que les manifestations vont cesser. Ce discours va même susciter de nouvelles questions.

Et c'est normal. Il y aura des questions et il y aura des débats dans l'hémicycle sur des sujets légitimes», a lancé le chef du gouvernement lors de cette réunion hebdomadaire, qui se tient à huis clos. Le premier ministre aurait également déclaré qu'il ne fera «pas d'annonces magiques» qui puissent faire «cesser les manifestations» et «les questions» des Français sur la réforme des retraites.

Si 76 % des Français se disent favorables à une réforme des retraites, 64 % ne font pas confiance à Emmanuel Macron et au gouvernement pour la mener à bien, selon un sondage Ifop publié par Le Journal du dimanche.

Dans cette « bataille de l’opinion », l’exécutif est  aussi critiqué de toutes parts sur la méthode avec laquelle il mène son projet depuis près de deux ans, marquée par un flou qui a exacerbé les inquiétudes des Français.

«  Nous aurons un travail d’explication très fort à mener», admet le premier ministre. Un travail qui aurait dû être fait en amont...

Question de méthode à un moment où la parole publique est décrédibilisée.

Garett Skyport pour DayNewsWorld

QUELLES CONCESSIONS

POUR LA REFORME DES RETRAITES ?

La grève contre la réforme des retraites se poursuit dans les transports en commun.

Jeudi 5 décembre 2019 au moins 800 000 personnes avaient manifesté dans toute la France si bien que les syndicats, ragaillardis, ont décidé d'une nouvelle grève le mardi 10 décembre 2019 pour obtenir d'éventuelles concessions de l'exécutif.

L'exécutif, de son côté, laisse la porte ouverte à de nouvelles négociations. « Il reste des marges de négociation », a assuré la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Lundi, Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, recevra tous les partenaires sociaux, avec le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye. Puis ce sera au tour des annonces très attendues d'Édouard Philippe, mercredi midi, devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese).

Son projet de réforme censé être présenté dans son « intégralité », sera scruté à la virgule près.

Mais quelles concessions l'exécutif pourrait-il faire ?

1° Un renoncement aux mesures d'économies

Pour Emmanuel Macron le futur « système universel » censé remplacer les 42 régimes existants devra être « équilibré financièrement » dès le départ. Or , selon le rapport publié jeudi 21 novembre par le Conseil d'orientation des retraites (COR), le système de retraites actuel devrait atteindre un déficit entre 7,9 et 17,2 milliards d'euros en 2025. A charge donc au gouvernement d' équilibrer les comptes de l'assurance-retraite d'ici 2025 en prônant des mesure pour pallier ce déficit annoncé. Parmi les pistes évoquées : l'allongement de la durée des cotisations ou la mise en place d'un âge-pivot de départ à la retraite à 63 ou 64 ans, avec application de décote avant. Des réformes dites « paramétriques », que le leader de la CFDT, Laurent Berger, seul soutien du gouvernement, refuse catégoriquement.

« Si l'on veut réussir la réforme, il peut être avisé de renvoyer aux partenaires sociaux les mesures d'équilibre à un horizon plus lointain. Ce n'est pas une urgence », explique  le député LREM Sacha Houlié chez un confrère.

2° Une entrée en application de la réforme repoussée

Le rapport Delevoye propose une entrée en vigueur du système à points à partir de 2025, pour les générations nées à partir de 1963. Mais le gouvernement envisage depuis plusieurs semaines de décaler cette date d'entrée en application. Le 27 novembre, Édouard Philippe avait indiqué que des personnes à « 10 ou 15 ans » de la retraite pourraient être concernées, donc nées en 1968 ou 1973.Ce qui exclurait les cinquantenaires pour qui la réforme ne s'appliquerait donc pas

Ce compromis, entre le projet Delevoye et l'idée désormais abandonnée de la « clause du grand-père » (une réforme qui ne s'appliquerait qu'aux nouveaux entrants sur le marché du travail), semblerait « le bon curseur », selon la formule d' Édouard Philippe

3° La revalorisation du salaire des enseignants

Face à la forte mobilisation des enseignants (51,15 % dans le primaire et 42,32 % dans le secondaire), le Premier ministre comme le ministre de l 'éducation nationale ont tenté de calmer les esprits en promettant des hausses de salaires. Des simulateurs ont en effet circulé ces dernières semaines, affichant de fortes baisses de pensions pouvant aller jusqu'à 900 euros par mois si le calcul de la pension prenait en compte l'ensemble de la carrière et non plus les six derniers mois avant la retraite, comme aujourd'hui. « Le système universel de retraite, ce n'est pas la baisse des pensions des enseignants. Au contraire, c'est la revalorisation progressive de leur traitement, de façon à ce que leur pouvoir d'achat ne baisse pas », a tenté de rassurer le Premier ministre ce vendredi. La mesure, qui devrait être intégrée dans le budget de 2021, coûterait entre 400 et 500 millions d'euros par an.

Pour certains observateurs cependant ces quelques concessions ne suffiraient pas à apaiser les tensions.

« Macron est dans une impasse. S'il cède, son électorat venant de droite sera mécontent et il perdra énormément dans cette partie de l'opinion qu'il cherche à conquérir. Et s'il ne cède pas, l'élection présidentielle de 2022 sera un référendum pour ou contre cette réforme », selon l' analyse Jean-Christophe Cambadélis pour un confrère.

Garett Skyport pour DayNewsWorld

LA REFORME DES RETRAITES DEVOILEE EN FIN DE SEMAINE PROCHAINE

Si l'on en croit l' Elysée «l'architecture de la réforme » devrait être enfin dévoilée au courant de la semaine prochaine et Emmanuel Macron se dirait « calme » et « déterminé » malgré le mouvement social organisé dès ce jeudi 5 septembre 2019.

Pour l'instant en effet, alors que les grèves et les manifestations contre la réforme des retraites ont débuté, jeudi 5 décembre, bien inspiré serait celui qui connaîtrait le contenu de la réforme.

Jusqu'à présent le gouvernement a donné l'impression de naviguer à vue au gré de l'opinion publique.

Dans une large majorité les Français, à 63%, soutiennent une grève qui ne ferait pas même paniquer le chef de l'État.

« Le chef de l'État est calme et déterminé à mener cette réforme, dans l'écoute et la consultation" »,

« il est attentif au respect de l'ordre public et aux désagréments subis par les Français », selon la présidence.

Et de continuer :

« Le Haut Commissaire Jean-Paul Delevoye achèvera les consultations avec les partenaires sociaux en début de semaine et s'exprimera pour effectuer une synthèse de ces discussions, puis le Premier ministre s'exprimera vers le milieu de la semaine prochaine sur l'architecture générale de la réforme », a précisé l'Élysée.

Et pourtant se joue aujourd'hui et dans les jours suivants la bataille de l'opinion.

S'il revient effectivement à Emmanuel Macron et son premier ministre de déterminer les derniers arbitrages, ces derniers dépendront cependant de l’ampleur de la mobilisation sociale des prochains jours.

Garett Skyport pour DayNewsWorld

PLAN D'URGENCE POUR L'HOPITAL PUBLIC

DES MESURES JUGEES INSUFFISANTES

Des milliers de soignants ont défilé jeudi 14 novembre dans les rues de la capitale pour alerter sur la dégradation rapide de la situation à l’hôpital public.

« La situation est encore plus grave que celle que nous avions analysée », a alors reconnu, le même jour, Emmanuel Macron lors d’un déplacement à Epernay (Marne).

Une semaine plus tard le premier ministre, Edouard Philippe, et la ministre de la santé, Agnès Buzyn, ont présenté un plan d’urgence d’ampleur pour l’hôpital public, exsangue après des années de restrictions budgétaires. Les deux premiers plans en faveur des urgences, présentés en juin et en septembre, n’avaient pas permis en effet de mettre fin au mouvement de grève commencé en mars et qui touche désormais plus de 260 services.

Cette fois le plan présenté se veut à la hauteur pour sauver ce « trésor national » qu’est l’hôpital public, selon l’expression de Mme Buzyn et pour tenter d’éteindre l’incendie avant la journée de mobilisation en faveur des retraites du 5 décembre.

Le Premier ministre a ainsi annoncé une rallonge de 300 millions d’euros en plus dès 2020, soit 1,5 milliard supplémentaire sur les trois prochaines années et également une reprise partielle mais conséquente de la dette des hôpitaux (10 milliards sur 30 milliards, soit un tiers). L’Objectif national de dépenses d’Assurance-maladie(Ondam) dévolu spécifiquement à l’hôpital passera donc à 2,4 %, contre 2,1% fixé initialement.

Quant à la ministre de la Santé, elle a notamment annoncé une prime de 800 euros net pour 40 000 infirmiers et aides-soignants vivant à Paris et en petite couronne, et gagnant moins de 1 900 euros par mois. Agnès Buzyn a par ailleurs annoncé une prime au mérite annuelle de 300 euros qui « pourra bénéficier à 600 000 professionnels de santé ». La prime d'engagement dans la carrière hospitalière sera également revalorisée.

Mais les annonces, si elles constituent un premier pas, n'en demeurent pas moins insuffisantes pour le collectif Inter-Urgences qui réclamait principalement une hausse des salaires et des effectifs ainsi qu'un arrêt des fermetures de lits.

A moins de trois semaines d’une grève illimitée contre sa réforme des retraites le 5 décembre, qui s'annonce très suivie, le président de la République avait dit avoir « entendu la colère et l’indignation » de l’hôpital.

Et pourtant la mobilisation est pour l'instant toujours appelée à se poursuivre: le collectif Inter-Hôpitaux avait annoncé une nouvelle « manifestation nationale » le samedi 30 novembre; et les internes en médecine sont également appelés à une grève illimitée à partir du 10 décembre pour dénoncer la « dégradation des soins ».

Nul doute que la colère, non éteinte aujourd'hui, des soignants converge également avec celle des manifestants contre la réforme des retraites le 5 décembre. Une agrégation des mécontentements  dangereuse...pour le gouvernement.

Garett Skyport pour DayNewsWorld

VERS LA PRIVATISATION DE LA FRANCAISE DES JEUX

L'Etat français est en passe de céder l’un de ses bijoux de famille: la Française Des Jeux. L’entrée de la FDJ à la bourse de Paris est en effet fixée au 21 novembre 2019. Dès le 7 novembre, ceux qui le souhaitent vont pouvoir souscrire des actions de la FDJ.

La FDJ a vu le jour en 2009, mais tout a commencé en 1933. L'État s'inspire de la loterie des gueules cassées de 14-18 et crée la Loterie nationale. Depuis, la marque FDJ est entrée dans le patrimoine et ses différents jeux suscitent la passion chez beaucoup. C'est une société prospère avec un chiffre d'affaires colossal de 1,8 milliard d'euros en 2018.

Ce 7 novembre, l’Etat met donc le destin de la Française des jeux (FDJ) entre les mains des investisseurs. Lui qui détenait jusqu’à présent 72% de la société héritière de la Loterie nationale, créée en 1933 afin de financer la réinsertion des « gueules cassées », a décidé d’en céder 52% sur Euronext.

Cette privatisation a été votée dans le cadre de la loi Pacte et validée le 17 octobre par l’Autorité des marchés financiers.

Elle doit permettre à l’Etat de récolter plus d’1 milliard d’euros (l'opération pourrait même rapporter jusqu'à 1,9 milliard d'euros) afin d’accélérer les dotations au fonds pour l’innovation.

Mais au prix de brader nos bijoux de famille cependant et de fiscaliser les gains...

Et ne se prive-t-on pas aussi « d’un rendement annuel de 100 millions d’euros pour un one shot d’un milliard. », comme l'a dénoncé Christian Eckert, ancien secrétaire d’État chargé du Budget entre 2014 et 2017 ?

Andrew Preston pour DayNewsWorld

MORATOIRE SUR LA FRACTURATION HYDRAULIQUE EN GRANDE-BRETAGNE

Le gouvernement britannique a annoncé samedi 2 novembre 2019 suspendre la fracturation hydraulique destinée à extraire du sous-sol du gaz de schiste en raison des risques de secousses sismiques, faisant ainsi marche arrière sur ce sujet impopulaire, au tout début de la campagne des législatives.

Un moratoire sur la fracturation hydraulique

Cette décision, qui survient au début de la campagne électorale lancée par Boris Johnson en vue des élections anticipées du 12 décembre, a été prise après le compte-rendu d'un incident en août dernier sur un site contrôlé par le groupe d'énergie britannique Cuadrilla près de Blackpool, dans le nord de l'Angleterre, où un tremblement de terre de magnitude 2,9 a secoué des habitations.« Après avoir examiné le rapport de l'OGA (...), il est clair que nous ne pouvons pas exclure de nouvelles conséquences inacceptables pour la population locale », a déclaré dans un communiqué la ministre chargée des Entreprises et de l'Energie, Andrea Leadsom. « Pour cette raison, j'ai conclu que nous devrions instaurer un moratoire sur la fracturation hydraulique en Angleterre avec effet immédiat », a-t-elle annoncé.


Forte mobilisation des environnementalistes

Le procédé de fracturation hydraulique qui consiste à créer des fissures souterraines et y infiltrer un mélange d'eau, de sable et de produits chimiques pour permettre l'extraction de gaz ou de pétrole capturé dans la roche, avait été dénoncé par les environnementalistes. Ces derniers considèrent en effet que cette technique va à l'encontre de l'engagement du Royaume-Uni de réduire à néant les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. Plusieurs centaines de manifestants ont d'ailleurs été arrêtés ces dernières années pour avoir tenté de perturber les opérations de Cuadrilla dans le cadre d'un mouvement « anti-fracking » (anti-fracturation hydraulique).

Pour une moindre dépendance énergétique

Le Royaume-Uni voulait à l'origine suivre l'exemple des Etats-Unis, où l'industrie du schiste a connu un boom spectaculaire renforçant l'indépendance énergétique du pays, grâce à la technique de la fracturation hydraulique. Boris Johnson avait en effet par le passé indiqué son soutien pour cette industrie entendant réduire fortement la dépendance du pays à l'égard des importations de gaz naturel -en provenance de la Norvège et du Qatar- utilisé pour chauffer 80% des foyers britanniques.

Le gouvernement conservateur avait escompté en 2016 l'ouverture de 20 puits d'ici à mi-2020. Or, à ce jour, seuls trois ont été forés, sans qu'aucune exploitation de gaz de schiste ait débuté et sans que les pouvoirs publics sachent quelles quantités pourraient être extraites à terme. Le site de Preston New Road est en effet le seul projet de fracturation hydraulique en cours au Royaume-Uni.

Les autres nations du Royaume-Uni - l'Ecosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord – sont, quant à elles, opposées au déploiement de cette technique.

En ce début de campagne électorale où l'environnement sera l'un des sujets phares, le chef du Labour, Jeremy Corbyn, a qualifié le moratoire de « manœuvre électorale pour tenter de gagner quelques voix ».

S'il arrivait au pouvoir, il a promis sur Twitter un « vrai changement », avec l'interdiction définitive de cette technique, comme elle l'a été en France et en Allemagne.

Joanne Courbet pour DayNewsWorld

TROIS LAUREATS POUR LE PRIX NOBEL D'ECONOMIE

ESTHER DUFLO , ABHIJIT BANERJEE

ET MICHAEL KREMER

Le prix Nobel d’économie a été attribué lundi à la Franco-Américaine Esther Duflo et aux Américains Abhijit Banerjee et Michael Kremer pour leurs travaux sur la réduction de la pauvreté dans le monde.

Les deux premiers, mari et femme dans le civil, travaillent sur la pauvreté et ont créé leur laboratoire au sein du MIT, à Boston. Le tandem Duflo-Banerjee mènent des recherches au plus près du terrain, de l’Inde à la Chine en passant par le Chili ou le Mexique. Ils observent de quelle façon les habitants les plus pauvres de la planète prennent leurs décisions économiques.

Et cela afin de définir quelles seraient les meilleures politiques pour les sortir de leur condition. Ils ont introduit dans la discipline la notion d'expérimentation en situation réelle, grâce à des évaluations d'impact aléatoires.

A partir de ce travail minutieux, les deux chercheurs ont remis en cause certaines idées reçues sur la lutte contre la pauvreté, comme l'utilité de subventionner les prix des produits alimentaires de base, l'efficacité du micro-crédit, ou encore le lien de causalité entre la pauvreté d'un pays et la situation de famine qui peut s'y installer. Ces analyses à contre-courant, le tandem Duflo-Banerjee les a développés dans un livre, Repenser la pauvreté, paru en France aux éditions du Seuil.

« Je suis ravie que l'innovation sociale soit reconnue sur le même plan que les innovations technologiques », déclare celle qui en 2012 a été conseillère économique d'Obama sur le développement.

Michael Kremer, ancien du MIT aujourd’hui à Harvard, a publié, en 2004, un article marquant dans la revue Econometrica, où il utilisait une méthode banale de la recherche médicale, « l’évaluation par échantillonnage aléatoire » (randomized controlled trials, RCT), pour évaluer l’impact de l’administration d’un médicament à des enfants kényans sur leur fréquentation scolaire.

Le principe de la RCT est d’évaluer l’efficacité d’un traitement en comparant la situation d’un échantillon de population « traitée », dite « population test », à celle d’une population non traitée, dite « population témoin » ou « groupe de contrôle ».Michael Kremer a « démontré à quel point cette approche peut être puissante en utilisant des expériences de terrain pour tester diverses interventions susceptibles d’améliorer les résultats scolaires dans l’ouest du Kenya », explique l’Académie.

Les travaux conduits par les lauréats « ont introduit une nouvelle approche (expérimentale) pour obtenir des réponses fiables sur la meilleure façon de réduire la pauvreté dans le monde », a annoncé à Stockholm le secrétaire général de l’Académie royale des sciences, Göran Hansson. Leurs recherches, ainsi que celles de Michael Kremer ont transformé l'économie du développement, affirme l'institution suédoise.

« Malgré de récentes et importantes améliorations, l’un des défis les plus urgents de l’Humanité est la réduction de la pauvreté dans le monde, sous toutes ses formes », rappelle l’académie.

Quelque 700 millions de personnes vivent encore dans l’extrême pauvreté, selon la Banque mondiale.

Jaimie Potts pour DayNewsWorld

DIESELGATE UN PROCES HORS-NORME

C'est un procès hors-norme pour un scandale sans précédent qui s'ouvre ce lundi 30 septembre 2019 au tribunal régio­nal de Brunswick (Basse-Saxe, nord de l’Allemagne).

En septembre 2015, le groupe allemand Volkswagen admettait en effet avoir équipé 11 millions de véhicules d’un logiciel frauduleux pour manipuler leurs émissions de gaz toxiques.

Des révélations qui ont provoqué une avalanche de poursuites judiciaires contre le constructeur et ses dirigeants.

Les propriétaires de quelque 450 000 véhicules en Allemagne, se sentant floués par le constructeur, se sont alors rassemblés dans une requête commune gérée par l' association de consommateurs, VZBZ.

Cette association, unique requérant, accuse Volkswagen d'avoir sciemment trompé ses clients avec un logiciel espion installé dans chacune des voitures et permettant de biaiser les chiffres lors des contrôles anti-pollution.

Que risque Volkswagen ?

Concrètement, les juges devront trancher une cinquantaine de points, mais la question principale sera de déterminer si Volkswagen a « causé un préjudice » et agi « de manière contraire à l'éthique ».

Même s'il s'avérait défavorable à Volkswagen, le jugement n'entraînera pas directement un remboursement. A chaque plaignant de faire ensuite valoir ses droits individuellement.

Pour Volkswagen, le scandale du diesel « appartient à l'histoire du groupe » au même titre que « la coccinelle et la Golf », reconnaît Ralf Brandstätter, responsable de la marque VW.

Mais il assure que le groupe a « profondément changé » : le constructeur mise 30 milliards d'euros sur sa nouvelle gamme électrique pour « regagner l'estime de la société ».

Andrew Preston pour DayNewsWorld

LE NAUFRAGE DU VOYAGISTE THOMAS COOK

Le voyagiste britannique Thomas Cook a annoncé lundi qu’il faisait faillite après avoir échoué au cours du week-end à trouver des fonds nécessaires pour sa survie.

Un rapatriement d'envergure

L'Autorité de l'aviation civile (CAA) et le gouvernement sont sur le pied de guerre pour organiser un rapatriement massif de quelque 600.000 touristes dans le monde dont 150.000 pour la Grande-Bretagne, deux fois plus que lors de la faillite de la compagnie aérienne britannique Monarch il y a deux ans.

Ils ont activé un plan d'urgence baptisé « Opération Matterhorn », du nom d'une campagne de bombardement américaine lors de la deuxième guerre mondiale. « Notre plan d'urgence a permis d'acquérir des avions du monde entier - certains venant de Malaisie - et nous avons envoyé des centaines de personnes dans des centres d'appels et dans les aéroports », a déclaré le ministre des Transports Grant Shapps.

Le plus ancien tour opérateur indépendant du monde

Né en 1841, le tour opérateur indépendant le plus vieux du monde, compte 22.000 employés dont 9.000 au Royaume-Uni. Thomas Cook gère des hôtels et des complexes touristiques, des liaisons aériennes et des croisières. Il opère dans 16 pays et fait affaire avec 19 millions de clients par an.

En 2007, Thomas Cook avait fusionné avec MyTravel pour devenir l’un des plus importants voyagistes européens, opérant en Allemagne, dans les pays scandinaves, en Russie et encore ailleurs.

Le voyagiste très lourdement endetté a vu son horizon s’assombrir ces dernières années à cause de la concurrence acharnée des sites en ligne à bas prix et la situation géopolitique.

Une dette abyssale

Thomas Cook avait annoncé une perte abyssale d’1,5 milliard de livres pour le premier semestre, pour un chiffre d’affaires de quelque 10 milliards.

Son destin s’est joué en quelques jours seulement : des créanciers lui ont demandé la semaine dernière de trouver 200 millions de livres (227 millions d’euros) de financements supplémentaires pour qu’un plan de sauvetage déjà accepté de 900 millions de livres  par le chinois Fosun, premier actionnaire, soit validé. Des discussions marathon ont eu lieu tout le week-end, mais en vain.

Fosun Tourism Group s'est dit déçu par l'échec d'un accord entre Thomas Cook, ses banques et ses créanciers, précisant qu'il y avait été favorable tout du long. Le plan de recapitalisation n'était « plus applicable compte tenu de la liquidation judiciaire » de Thomas Cook, dit un communiqué du groupe chinois.

De son côté l’autorité britannique de l’Aviation (CAA) a indiqué que le groupe Thomas Cook, « tour opérateur et compagnie d’aviation à la fois, a cessé ses activités avec effet immédiat. Toutes les réservations Thomas Cook, vols et séjours, sont désormais annulées ».

Londres a refusé de renflouer ce fleuron de l’industrie.Thomas Cook ne représentait pas un intérêt stratégique fort.

«C’est beaucoup d’argent des contribuables et cela constitue un aléa moral, a expliqué le premier ministre Boris Johnson aux journalistes qui l’accompagnaient dans l’avion vers New York. D’une façon ou d’une autre, l’Etat doit arrêter d’intervenir pour sauver des voyagistes en faillite. .»

Jaimie Potts pour DayNewsWorld

BAISSE DES IMPOTS DE 9,3 MILLIARDS D'EUROS

POUR LES MENAGES FRANCAIS EN 2020

La pression fiscale qui pèse sur les ménage va baisser, en net, d’un peu plus de 9 milliards d’euros pour les ménages en 2020 après une réduction de 10,2 milliards d’euros cette année.

C’est en le chiffre qui ressort du projet de loi de finances (PLF) dont la présentation est prévue à la fin du mois.

Comment explique-t-on cet allégement de 9,3 milliards pour l'année prochaine ?

Cet allègement fiscal s’explique en partie par les 17 milliards d’euros de mesures annoncées par Emmanuel Macron en réponse à la crise des gilets jaunes.

Dans le détail, la baisse de l'impôt sur le revenu de 5 milliards d'euros pour les classes moyennes, décidée au terme du Grand Débat, pèse lourd dans ce décompte.

A cela s'ajoutent la suppression de la taxe d'habitation pour 80 % des Français, soit 3,7 milliards d'euros en 2020, et la défiscalisation des heures supplémentaires qui devrait réduire la facture fiscale de 800 millions d'euros l'an prochain.

À l’inverse, certaines taxes vont augmenter . Ainsi, la hausse de la fiscalité pesant sur le tabac devrait rapporter 500 millions d’euros à l’État.

Par ailleurs, les mesures de restriction du CITE (crédit d’impôt pour la transition énergétique) généreront quelque 100 millions d’euros de recettes.

Les baisses d’impôts promises confirment le virage emprunté par le gouvernement après la crise des gilets jaunes alors que la pression fiscale n’avait diminué que de 1,1 milliard d’euros en 2018.

Cette nouvelle réduction d’impôts porte à 20,6 milliards d’euros la baisse des prélèvements obligatoires depuis le début du quinquennat.

Sur le quinquennat, le gouvernement a promis une baisse de 27 milliards.


Garett Skyport pour DayNewsWorld

CONCESSION FRANCAISE SUR LA TAXE GAFA

FACE AUX ETATS-UNIS

Au G7, la France s'est dépêchée d’apaiser la colère des Etats-Unis sur la taxation du numérique face aux menaces brandies par Donald Trump.

Et si victoire politique il y a, elle revient surtout à Donald Trump : les États-Unis ont en effet obtenu de la France une concession sur la taxe Gafa, sans renoncer officiellement à surtaxer le vin français à l'export, ce qui était pourtant l'objectif d'Emmanuel Macron.

Paris propose en effet de rembourser aux entreprises la différence entre sa taxation du numérique et la future imposition internationale de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

L'OCDE travaille depuis 2011 sur une réforme de la fiscalité internationale pour stopper la réduction de l'assiette fiscale des États, incapables, en raison de la territorialité et de l'optimisation fiscale, de taxer efficacement les activités numériques des entreprises.Au G20 Finances de Fukuoka (Japon), début juin, l'OCDE a obtenu l'engagement des principales économies mondiales de se mettre d'accord sur une seule piste commune d'ici au prochain G20 Finances prévu à Washington, en octobre, avec l'objectif de parvenir à un accord mondial en 2020.

Or votée à Paris le 11 juillet 2019, la taxe de la France, faisant cavalier seul en attendant les résultats de l'OCDE , dite « taxe GAFA », est accusée par Washington de « discriminer » les géants américains du numérique que sont Google, Amazon, Apple et Facebook et l'Amérique a brandi la menace de mesure de rétorsion, notamment en taxant davantage encore le vin français à l'export.

Aussi dimanche 25 août a été élaborée une solution de compromis, lors d’une réunion à Biarritz entre le ministre français de l’économie, Bruno Le Maire, son homologue américain, Steven Mnuchin, et le conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow.

« Tout ce qui aura été versé en excédent à la France par rapport à la solution internationale viendra en déduction pour les entreprises ».

M.Trump et M. Macron sont tombés d'accord sur cet arrangement commun.

Mais Paris s’était déjà engagé de longue date à démanteler sa taxe « imparfaite », qui porte notamment sur la publicité ciblée en ligne, la vente de données à des fins publicitaires et la mise en relation des internautes par les plates-formes, dès qu’une solution multilatérale sera trouvée.

En acceptant de rembourser éventuellement les Gafa en cas de trop-perçu, Emmanuel Macron espérait ainsi pousser Donald Trump à lever ses menaces de surtaxer le vin français à l'export en représailles de l'initiative française. Mais le président américain ne lui a pas fait ce cadeau.

Interrogé sur le sujet, Donald Trump s'est contenté de plaisanter sur le goût de son épouse pour le vin français !!

La proposition adoptée dimanche n'est donc qu'une concession de Paris afin d’éviter des représailles commerciales de la part des Etats-Unis.

Simon Freeman pour DayNewsWorld

LA TAXE GAFA OU LA MENACE DE DONALD TRUMP

"FACE A LA STUPIDITE DE MACRON"

L’administration Trump riposte à la « taxe GAFA » française.

L’Amérique réagit d'une seule voix. Républicains et Démocrates sont unis contre une mesure de « racket» de la part de la France, voilà ce que l'on peut entendre de toute part dans la classe dirigeante et politique aux USA !Taxation des GAFA par la France: Trump n'y va pas par quatre chemins. Il menace en effet de répliquer «  à la stupidité de Macron ». Le président américain Donald Trump s'en est directement pris à son homologue français Emmanuel Macron sur Twitter, suite à sa volonté de taxer les GAFA, ces géants américains de la tech (Google - Amazon - Facebook - Apple). Il déclare que « si quelqu'un devait les taxer, ce serait leur pays d'origine, c'est-à-dire les USA ».

Sur le réseau social, Donald Trump annonce également une « action substantielle réciproque face à la stupidité de Macron », apparemment en s'en prenant aux vins français, dans une menace à peine voilée : « J'ai toujours dit que le vin américain est meilleur que le français », conclut-il dans son tweet.

Donald J. Trump

@realDonaldTrump

France just put a digital tax on our great American technology companies. If anybody taxes them, it should be their home Country, the USA. We will announce a substantial reciprocal action on Macron’s foolishness shortly. I’ve always said American wine is better than French wine!

Le principal conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, s'est lui aussi exprimé sur la question. Il a estimé vendredi que la taxe française sur les géants du numérique (Gafa) était « une très, très grosse erreur ».« Nous ne sommes pas contents que la France soit allée de l'avant avec cette sorte d'impôt sur le numérique », a déclaré M. Kudlow.

Il a ajouté que des auditions auraient lieu en août dans le cadre de l'enquête lancée par le Représentant au Commerce (USTR) contre cette initiative française. Le président Donald Trump décidera ensuite ou non « de lancer des représailles », a indiqué M. Kudlow sur la chaîne CNBC.

La La taxe dite Gafa, acronyme désignant les géants du numérique Google, Amazon, Facebook et Apple, crée une imposition des grandes entreprises du secteur non pas sur le bénéfice, souvent consolidé dans des pays à très faible fiscalité comme l'Irlande, mais sur le chiffre d'affaires, en attendant une harmonisation des règles au niveau de l'OCDE.

Robert Lighthizer le représentant américain pour le commerce, avait déjà annoncé, mercredi 10 juillet 2019, l’ouverture d’une enquête contre la France en représailles de la taxe dite GAFA (pour Google, Apple, Facebook et Amazon), qui doit prélever 3 % des revenus générés en France par certains opérateurs offrant des services digitaux

Le Royaume -Unis avait déjà mesuré combien il serait délicat de négocier un quelconque accord de libre-échange avec les Etats-Unis de Donald Trump après le Brexit.

Emmanuel Macron président français et son ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, vont expérimenter la difficulté de s’attaquer seuls à Washington.

Paris met en avant sa souveraineté, mais  la taxe GAFA à la française semble être surtout une manœuvre désespérée de faire rentrer des recettes dans les caisses d'un pays qui ne semble pas comprendre que trop de fiscalité tue la fiscalité et que des mesures d’économie doivent faire partie des réflexions que l'Etat français doit s'imposer !!!

Le ministre Français de l’économie, Bruno Le Maire, avait réagi jeudi 11 juillet 2019 en affirmant que des pays alliés devaient régler leurs « différends autrement que par la menace » et ajouté au Sénat que « La France est un Etat souverain, elle décide souverainement de ses dispositions fiscales, et elle continuera de décider souverainement de ses décisions fiscales ».

La taxe GAFA  s'articule de la façon suivante :

Les entreprises concernées doivent réaliser 750 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 25 millions d’euros en France.

La taxe affecte une trentaine de compagnies, dont les GAFA, mais aussi des entreprises européennes et chinoises et une seule française, Criteo.

La loi est rétroactive et qu’elle puisse conduire à une double taxation est intolérable et contraire à tout éthique fiscale dans une démocratie qui se respecte !!

Unanimes les sénateurs dans leur ensemble (Républicains comme Démocrates) et les membres de l'administration de notre Président Donald Trump exhortent la France de revenir en arrière avec la mise en place de cette taxe faute de quoi la riposte des Etats-Unis et les rétorsions vont être terribles et feront très mal !!!

Simon Freeman pour DayNewsWorld

RATIFICATION DU CETA OU L' ACCORD CONTROVERSE

Le projet de loi sur la ratification du Ceta est voté, aujourd’hui, en France. Depuis son application provisoire, en 2017, ce traité de libre-échange commercial concentre les critiques. Il vient d'être ratifié par le parlement.

En raison des protestations de l’opposition, le vote sur projet de loi de ratification du Ceta a d'ailleurs été repoussé par les députés de l’Assemblée nationale et a fait l’objet d’un scrutin public, ce mardi 23 juillet.

Les points de tension concernent notamment les risques sanitaires, agricoles et environnementaux.

Un accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne

Il s’agit d’un accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne. Négocié depuis 2009, le texte a été signé en 2016 par le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, et le président du Conseil européen, Donald Tusk. Le Ceta (pour Comprehensive Economic and Trade Agreement) est appliqué de manière provisoire depuis 2017, uniquement sur son volet commercial. Son application totale nécessite la ratification de tous les États.


L'Accord économique et commercial global (AEGC) entre l'Union européenne et le Canada (CETA) dit de « nouvelle génération » réduit donc grandement les barrières tarifaires et non-tarifaires, mais traite également de nombreux aspects liés à l'exportation de biens et de services et à la mise en place d'un cadre d'investissement stable et favorable aux entreprises européennes et canadiennes.

Pourquoi le Canada ?

Le Canada est un partenaire commercial important de l'UE au 12ème rang des relations commerciales de l'Union européenne, tandis que l'UE est le deuxième partenaire commercial du Canada après les Etats-Unis. Le volume des échanges de biens entre les deux partenaires s'élève à près de 60 millIards d'euros par an. L'UE exporte principalement des machines, des équipements de transport et des produits chimiques vers le Canada. Les services commerciaux représentent quant à eux près de 26 milliards d'euros (en 2012), principalement des services de transports, de voyage et d'assurance.

De plus le Canada et l'UE ont une relation étroite en termes d'investissements, le Canada étant le quatrième investisseur étranger dans l'UE avec plus de 142 milliards d'euros (en 2012) tandis que l'UE est le deuxième investisseur étranger au Canada avec près de 260 milliards d'euros (en 2012).

Face à un un protectionnisme croissant ?

« En ces temps d’incertitude, avec un protectionnisme croissant à travers le monde, le Ceta souligne notre ferme engagement en faveur d’un commerce durable », avait justifié la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, à l’issue du vote de l'accord au parlement européen. « Rien dans cet accord » n’affectera « la sûreté de la nourriture que nous mangeons ou des produits que nous achetons, ni n’entraînera la privatisation des services publics », avait-elle argué.

L' objectif principal est d’abaisser les barrières commerciales. Concrètement, les droits de douane seront supprimés sur 98 % des biens échangés. L’accord prévoit également d’élargir certains services à la concurrence et de renforcer la coopération des deux zones en matière réglementaire. Autre point important, la reconnaissance, par le Canada, de 145 indications géographiques protégées (IDP), dont 42 sont françaises. En majorité des fromages.

Les critiques du CETA

Dès sa mise en œuvre, le Ceta a concentré les critiques. Hier, Nicolas Hulot n' a-t-il pas demandé aux députés de ne pas ratifier un accord qui conforterait « l’un des pires élèves du G20 » en matière environnementale ?

Des doutes sur un « abaissement des normes sanitaires » ont également été exprimés. Contrairement à l’Union Européenne, le Canada autorise l’élevage de bœufs nourris aux antibiotiques ou à la farine animale.

Début juillet, à quelques jours du vote, le débat s'était cristallisé sur les farines animales, bannies en Europe après qu’elles eurent provoqué la crise de la « vache folle » ou de l’encéphalopathie spongiforme bovine .

Un trou dans la législation autorise en fait les éleveurs canadiens à nourrir leurs bœufs avec des farines produites à partir de ce qu’il reste de leurs congénères une fois découpés à l’abattoir – le sang, les poils, le gras – et à les envoyer sur le sol européen sans que le consommateur en soit informé. Les autorités canadiennes ont d'ailleurs reconnu le 19 juillet auprès d’Agra Presse que, « malgré une interdiction de principe de l’alimentation des ruminants à base de farines issues de ruminants, la législation canadienne autorise l’utilisation de certaines protéines, comme les farines de sang et la gélatine ».

Enfin, les tribunaux d’arbitrage prévus par l’accord restent très controversés. Ceux-ci permettent à une entreprise privée d’attaquer un État, si elle s’estime lésée par des réglementations trop vigoureuses.

Pour les adversaires du Ceta cet accord est anti-démocratique, trop favorable aux multinationales, dangereux pour l’agriculture européenne et léger sur l’environnement. Pour l’instant, le gouvernement a tenté d’apporter une garantie en négociant un « veto climatique ».

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Europe, se félicite d’une « augmentation de 6,5 % des exportations françaises » au Canada, entre 2017 et 2018. Des pics de 10 % ont été atteints, notamment pour les cosmétiques et les produits pharmaceutiques. À l’inverse, les exportations du Canada vers l’UE ont régressé dans le même temps de 3 % et jusqu’à 9 % vers la France.

Dans une étude le Centre d’études prospectives et d’informations internationales relativise l’impact économique du Ceta. Il chiffre les variations dues au traité à 0,5 % pour la majorité des secteurs en France. Les autres effets, notamment sur les émissions de gaz à effets de serre, restent encore flous.

Britney Delsey pour DayNewsWorld

POURQUOI LE PLAN DE LICENCIEMENTS DE CONFORAMA EST UN SCANDALE

Cest en arrivant à leur travail que les salariés de l’enseigne Conforama ont appris la fermeture de 32 magasins en France et la suppression de 1900 postes (1/5ème des effectifs français).

A ces suppressions d’emplois, il faut ajouter les 100 prévus dans les Boutiques Dépôts.

Les salariés de Conforma sont abasourdis.

Pour autant, début mars 2019 les syndicats de chez Conforama avaient fait part de leurs inquiétudes quant à l’avenir de l’enseigne.

En janvier 2018, le groupe avait cédé dans l’urgence à Carrefour, 17% de sa participation au capital de Showroom. Privé, n° 2 du déstockage en ligne, engrangeant ainsi 78,5M d’euros.

Depuis le début de l’année 2018, Conforama est sous le coup d’un mandat ad hoc d’un administrateur judicaire, après avoir affiché des pertes historiques sur l’année 2017.

Mais comment Conforama a-t-il pu en arrivé là ?

Petit historique :

Conforama est né en 1967 dans les dépendances d’un vieille ferme de la banlieue lyonnaise, grâce à la rencontre d’un marchand de meubles du Nord avec un fabricant de meubles bordelais et des chercheurs de formules discount passionnés d’informatique.

Depuis l’enseigne est passée dans les mains du Groupe Agache Willot, Bernard Arnault, François Pinault Printemps La Redoute qui en 2011 l’a cédé à Steinhoff International pour la somme de 1,2 Mds d’euros.

Le Groupe Steinhoff est implanté en Afrique du Sud où il a son siège depuis 1997.

C’est par Markus Jooste que le scandale est arrivé ces derniers mois, un scandale dont il est en effet tenu pour le responsable direct  suite à des fraudes comptables et des malversations estimées à 6,5 Mds d’euros par le Cabinet d’audit Pricewaterhouse –Cojers (PwC) à l’issue d’un audit.

Une procédure judicaire a été entamée par le Groupe Steinhoff lequel tente de récupérer 59 millions de dollars de rémunération indue versée à son Ancien Directeur Général, Markus Jooste.

Steinhoff, portrait d’un groupe taiseux ou le discret propriétaire de Conforama !

Même si Markus Jooste qui a démissionné fin 2017 , fait l’objet de poursuites judiciaires mises au jour publiquement, les méthodes impénétrables du Groupes Steinhoff, un poids lourds du meuble  (second groupe mondial après IKEA) sont restés les mêmes depuis l’origine. « C’est un groupe taiseux, pas show off pour deux sous » explique Yves Marin , spécialiste de la distribution chez Kurt Salmon.

« Ce sont des faiseurs et pas des parleurs » ajoute t-il à la différence d’un IKEA. La preuve, personne ne sait encore pour quelles raisons, le groupe, implanté au début en Basse Saxe a décidé d’installer son siège en Afrique du Sud.

On sait seulement que Bruno Steinhoff, son fondateur, Directeur non exécutif du Groupe depuis 2008 est arrivé en Afrique du Sud en 1997 après avoir pris une participation de 35% dans le Groupe GommaGomma. Gomagomma a conservé le nom éponyme du groupe allemand(Steinhoff) et Markus Jooste en prendra les fonctions exécutives qu’il conservera jusqu’en 2017, bien au delà (après 2008)  du retrait de Bruno Steinhoff.

Bien que le marché du meuble soit devenu détestable année après année, le Groupe Steinhoff fait preuve d’une boulimie d’achats en Europe et aux Etats Unis, des achats pas toujours couronnés de succès de 2011 à 2017.

Entre boulimie et malversations on comprend mieux pourquoi le Groupe Steinhoff et la marque française du Groupe Conforama, achetée en 2011 rencontre aujourd’hui de sérieuses difficultés financières.

Ce que l’on comprend moins, c’est pourquoi en décembre 2017, la BCE (Banque Centrale Européenne dont Christine Lagarde devrait prendre la direction fin octobre 2019) a fait bénéficié « en loosdé » le Groupe Steinhoff d’une aide colossale, via la Banque Centrale de Finlande  (le pays fait parti de l’UE et est dans la zone euro) représentant environ 900 000 d’actions cotées en bourse à 0 (ou très voisin de zéro). L’action  vaut en bourse aujourd’hui entre 0,60-et 0,80 euro !

L’opération qui n’a été dénoncée par aucun député européen a scandalisé plusieurs organes de la Presse Financière dont notre excellent confrère Pierre Jovanovic. (Voir sa revue de Presse de fin décembre 2017).

Interrogé sur le sujet, Mario Draghi,  (Président de la BCE et ancien de la Goldman Sachs)  a justifié cette opération en indiquant qu’il avait lancé celle-ci pour dynamiser l’inflation et la  croissance. Vu l’évolution de la valeur en bourse de Steinhoff, le but recherché ( ?) a été raté.

Par suite, la BCE a enregistré de sérieuses pertes financières sur cette opération.

L’affaire Steinhoff a fait tousser, en interne à la BCE et chez ses détracteurs qui n’ont jamais accepté que des risques liés à des entreprises privées soient transférés au public (la BCE est financé avec l’argent du peuple) . La seconde question et pas la moindre qui a été posée et qui est restée posée est celle de savoir pourquoi la BCE s’est investie dans une opération d’intérêts privés … d’origine Sud Africaine ! L’Afrique du Sud est elle en Europe ???

Quelques mois plus tard la BCE a soldé dans la douleur le dossier Steinhoff ; mais la question qui reste toujours et encore posée est de savoir pourquoi un tel engagement financier alors que dès décembre 2017, Steinhoff affichait un déficit d’exploitation de 4 milliards de dollars.

Quels sont les liens entre cette fâcheuse décision avec le fait que c’est la Banque Rothschild qui s’occupe depuis de nombreux mois du redressement de Steinhoff ?

Enfin,  pour finir, on rappellera cette maxime d’Honoré de Balzac : «  Il y a deux histoires : « l’histoire officielle et l’histoire secrète ou sont les véritables causes des événements ».

Clara Mitchell pour DayNewsWorld

LADY DIANA ACTRICE DANS BODYGUARD

AUPRES DE KEVIN COSTNER

Décidément Kevin Costner n'en finit pas de livrer des confidences sur le film Bodyguard, sorti en 1992.

En 2012, Kevin Costner faisait une révélation surprenante lors d'un passage dans le talk-show d'Anderson Cooper : juste avant sa mort tragique survenue en 1997, Lady Diana lui avait donné son consentement pour jouer dans la suite du film «Bodyguard».

«Je lui ai assuré que je prendrais soin d’elle comme j’avais pris soin de Whitney Houston dans le premier film. (...)

Elle voulait que j’écrive un rôle sur mesure pour elle», avait-il confié à l'époque.

C'est encore sur ce film que l'acteur de 64 ans a confié au magazine People une autre information étonnante.

Dans une interview donnée le 28 juin dernier à People TV, Kevin Costner l'acteur oscarisé pour Danse avec les loups (1990) révèle en effet que c'est grâce à une seule personne qu'il a pu échanger avec la princesse de Galles :

Sarah Ferguson, duchesse d'York et belle-soeur de Lady Diana.

« Sarah était vraiment importante. Je respecte toujours Sarah, car c’est elle qui a été vraiment importante. Je respecte toujours Sarah, car c’est elle qui a organisé la conversation entre Diana et moi » rapporte Kevin Costner.

« Elle était tellement favorable à cette idée » poursuit-il. Le comédien raconte que la mère du prince William et du prince Harry avait cependant exprimé certaines inquiétudes concernant le rôle.

« Je me souviens juste du fait qu’elle était incroyablement douce au téléphone et elle a posé la question suivante, d'une voix très respectueuse : 'Allons-nous avoir une scène de baisers ?'. Elle était nerveuse parce que sa vie était très régentée. »

«  Elle demandait ça de façon très respectueuse. Elle était nerveuse parce que sa vie était très contrôlée.

Et je lui ai répondu : "Oui, il y aura un peu de scènes d'amour, mais on peut faire en sorte que tout se passe bien"», a-t-il conclu.

A cette époque-là, Lady Diana était déjà divorcée d'avec le prince Charles mais sa vie était encore très régentée .

Le projet de la suite de Bodyguard ne verra finalement jamais le jour. Il était bien avancé puisque Kevin Costner a déclaré avoir reçu le scénario de «Bodyguard 2» la veille de la mort de Diana en août 1997.

Un jour seulement avant la mort de la princesse Diana, à Paris, dans un terrible accident de voiture.

Emily Jackson pour DayNewsWorld

ACCORD COMMERCIAL ENTRE L'UNION EUROPEENNE ET LE MERCOSUR CONTESTE

Un marché intégré de 780 millions de citoyens-consommateurs est né entre l’Europe et le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. Il s'agit de l’accord de libre-échange conclu quelques instants plus tôt, entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), qualifié par Cecilia Malmström, la commissaire européenne au commerce, d' « historique ».

« Je mesure mes paroles avec soin car c'est un accord réellement historique », a réagi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, depuis le Japon où il participait au sommet du G20.

La conclusion de ce pacte envoie « un réel message en soutien à un commerce ouvert, équitable, durable », a-t-il insisté. « Cela montre que dans ces temps turbulents (...), des compromis peuvent être trouvés. »

Des échanges commerciaux gagnants-gagnants

Le texte conclu vendredi 29 juin doit permettre d’accroître considérablement les échanges commerciaux avec l’Amérique du Sud, en supprimant plus de 90 % des taxes que s’imposaient les deux continents. Il contient aussi des garanties pour contrer ses potentiels effets négatifs

Le traité de libre-échange prévoit « des baisses de tarifs douaniers de 4 milliards d’euros annuels rien que pour les Européens, soit des baisses quatre fois plus importantes que celles permises par l’accord conclu entre l’UE et le Japon [en 2017] », a précisé Mme Malmström.

L’accord éliminera à terme 91 % des droits de douane imposés par le Mercosur aux produits européens, ce que la Commission évalue en valeur à 4 milliards d’euros. A l’inverse, l’UE supprimera de son côté 92 % des taxes actuellement appliquées aux biens sud-américains qui arrivent sur son sol.

Les taxes aux importations de voitures (35 %), pièces détachées (de 14 % à 18 %), produits chimiques (jusqu’à 18 %), de vins (27 %) ou de spiritueux (de 20 % à 35 %) devraient disparaître. Fromages et aux produits laitiers de l’UE : ils bénéficieront, selon le commissaire européen à l’agriculture, Phil Hogan, de « larges quotas » sans taxes...

Pas moins de 357 indications géographiques, un record, devraient par ailleurs être reconnues et protégées par les partenaires sud-américains, du speck tyrolien au comté français en passant par le prosciutto di Parma (contre143 seulement dans le cas du CETA, l’accord de libre-échange avec le Canada).

A l’inverse, l’UE ouvre son marché aux produits agricoles sud-américains – sa concession la plus lourde – par le biais de quotas : 99 000 tonnes de bœuf par an à taux préférentiel (7,5 %), un quota supplémentaire de 180 000 tonnes pour le sucre et un autre de 100 000 tonnes pour les volailles. Au premier semestre 2019, selon Eurostat, l’UE a produit 13,7 millions de tonnes de bœuf.

Les pays du Mercosur ouvriront pour la première fois leurs marchés publics aux entreprises européennes ; une avancée décisive pour l’UE.

Des inquiétudes de la part des agriculteurs et des ONG

Le PIB de l'UE et du Mercosur représente un quart de celui de la planète, soit 18 000 milliards d'euros. L'accord, un des plus vastes jamais conclus par les 28, suscite cependant la profonde inquiétude des agriculteurs européens, qui craignent une concurrence jugée déloyale, ainsi que des ONG, préoccupées par ses conséquences pour le climat.

Le compromis comporte « certains défis pour les agriculteurs européens et la Commission européenne sera à leur disposition pour les aider », a concédé le commissaire à l'Agriculture, Phil Hogan. Il leur promet « une aide financière » jusqu'à un milliard d'euros « en cas de perturbation du marché » .« Pour que cet accord soit gagnant-gagnant, nous ne nous ouvrirons aux produits agricoles du Mercosur qu' avec des quotas soigneusement gérés qui garantiront qu'aucun produit ne risque d'inonder le marché européen », a-t-il insisté

Les négociations ont aussi été attaquées dans une lettre ouverte par 340 ONG européennes et sud-américaines, dont Greenpeace et Friends of the Earth, sur deux autres fronts : l'environnement et les droits de l'Homme.

Ces organisations, déjà opposées pour certaines aux précédentes négociations commerciales de l'UE avec les États-Unis ou le Canada, condamnent « la détérioration des droits humains et de la situation écologique au Brésil » depuis l'investiture en janvier du président Jair Bolsonaro.

Bruxelles met en avant que l'accord inclut un chapitre sur le développement durable, qui couvre « la conservation des forêts, le respect des droits des travailleurs et la promotion d'un comportement responsable des affaires ».Il fait explicitement référence à l’accord de Paris sur le climat.

« Les normes de sécurité alimentaire de l'UE resteront inchangées et toutes les importations devront être conformes » à ces règles, comme c'est déjà le cas actuellement, ajoute aussi la Commission.

Toujours selon la Commission, ce chapitre « comportera des règles claires et rigoureuses, ainsi qu’un mécanisme d’évaluation indépendante et impartiale de ces questions par un groupe d’experts »., qui n’est pas détaillé.

Des difficultés pourraient encore émerger du processus de ratification par chacun des États de l'UE ainsi que par le Parlement européen.

Andrew Preston pour DayNewsWorld

COMMENT RETARDER L'EXPLOSIVE

REFORME DES RETRAITES EN FRANCE

Le gouvernement semble vouloir jouer la montre sur le plan de la réforme des retraites.

S'appuyant sur les pistes d'économies à venir sur l'assurance-vieillesse, dans le cadre du vote du prochain projet de loi sur le budget de la Sécurité sociale, le gouvernement n'est plus aussi pressé de faire voter cette loi sur la réforme des retraites. Une loi qui a pour objet d'aligner tous les régimes de retraite les uns sur les autres, dans un système par points dans lequel « chaque euro cotisé ouvre la voie aux mêmes droits ».

Ayant terminé la concertation avec les partenaires sociaux, le haut commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye a pour rendre sa copie jusqu'au 12 juillet.

Mais l'exécutif pourrait changer le calendrier en décalant de septembre à décembre la présentation de la réforme en conseil des ministres, selon les informations des Echos. Et la loi ne serait alors votée qu'après les élections municipales en mars 2020.

C 'est que comme la réforme est un sujet explosif le gouvernement préférerait déjà traiter en premier la question du « travailler plus ». Nul doute : les Français n'ont plus le choix il faut travailler plus longtemps pour financer notamment le système de retraites, la baisse de 5 milliards d'euros de l'impôt sur le revenu, et la dépendance. D'où l'idée d'instaurer un «  âge pivot » à 64 ans assorti d'une décote dissuasive qui s'élève pour l'instant à 5% par an. Une manière de faire rentrer rapidement de l'argent dans les caisses sans attendre 2025.

Emmanuel Macron lors de son discours post-grand débat puis Édouard Philippe devant l'Assemblée nationale avaient prévenu.

Par ailleurs, le projet de loi unique pensé par le haut commissariat il y a un an pourrait être abandonné au profit d'une loi-cadre, c'est-à-dire d' un texte posant simplement les grands principes, appelant d'autres lois, des ordonnances, décrets, etc.

Une manière de retarder l'échéance...

L'universalisation des régimes de retraite n'est peut-être pas pour demain...

Jaimie Potts pour DayNewsWorld

BORIS JOHNSON NE PAIERA PAS LE BREXIT

Considéré comme le favori pour succéder à Theresa May, Boris Johnson a prévenu samedi que s'il devenait Premier ministre, il refuserait que le Royaume-Uni paie la facture du Brexit jusqu'à ce que l'Union européenne accepte de meilleures conditions de retrait. Fervent défenseur d'un Brexit dur il promet de faire en sorte que le pays quitte l'Union au plus tard le 31 octobre prochain, qu'un accord ait été trouvé ou non.

La survie du parti conservateur en dépend, estime-t-il. De plus, Boris Johnson met en garde Bruxelles, en précisant qu'il refuserait que le Royaume-Uni paie la facture du Brexit jusqu'à ce que l'Union européenne accepte de meilleures conditions de retrait.

«Nos amis et partenaires doivent comprendre que l'argent sera conservé jusqu'à ce que nous ayons plus de clarté sur le chemin à prendre», a dit ce partisan du «Brexit» dans un entretien au «Sunday Times». Au total, le montant de la facture n'a pas encore été précisément établi, mais il devrait s'élever à «39 milliards de livres», selon Johnson, soit entre 40 et 45 milliards d'euros.

«Dans un bon accord, l'argent est un excellent solvant et un très bon lubrifiant», commente celui qui a été chargé des Affaires étrangères, à l'occasion de sa première prise de parole depuis la démission de Mme May vendredi de la tête du Parti conservateur.

L'accord conclu entre Londres et Bruxelles, rejeté par le parlement britannique, prévoit notamment le règlement des engagements pris par le Royaume-Uni dans le cadre du budget pluriannuel en cours (2014-2020), qui couvre également la période de transition prévue par l'accord. Le texte ne donne pas de chiffres pour la facture, mais une méthode de calcul.

Grand artisan du Brexit

Theresa May reste chef du gouvernement d'ici fin juillet, jusqu'à ce que le parti désigne son nouveau chef, qui deviendra aussitôt Premier ministre. M. Johnson est perçu comme le favori parmi la dizaine de candidats.

«Bojo» (54 ans) a été l'un des grands artisans de la victoire du Brexit au référendum de juin 2016. Il veut que le Royaume-Uni quitte l'UE le 31 octobre, accord renégocié ou pas. Apprécié par la base de son parti, l'ancien maire de Londres suscite en revanche des réactions plus contrastées chez les députés tories.

La justice britannique a rejeté le 7 juin les poursuites engagées contre Boris Johnson pour mensonge pendant la campagne du référendum du Brexit. Boris Johnson était accusé d'avoir sciemment menti, alors qu'il était maire de Londres, en disant que le Royaume-Uni versait 350 millions de livres (400 millions d'euros) par semaine à Bruxelles.

Fervent défenseur d'une ligne dure sur le Brexit, l'ancien maire de Londres promet également de diriger le pays avec une «équipe d'élite».

«J'ai vraiment le sentiment d'être le candidat le mieux équipé, non seulement pour organiser le Brexit», mais aussi pour redonner des couleurs au parti conservateur, ajoute-t-il.

Britney Delsey pour DayNewsWorld

UN BRAS DE FER REUSSI DE TRUMP AVEC LE MEXIQUE CONTRE L'IMMIGRATION CLANDESTINE

Le président américain Donald Trump menaçait d'appliquer dès lundi des droits de douane de 5% sur tous les produits mexicains si son voisin du Sud ne s'engageait pas à des mesures suffisantes contre l'immigration clandestine.

Selon le Bureau américain des douanes et de la protection des frontières (CBP), plus de 144 200 migrants ont été arrêtés ou refoulés en mai à la frontière sud des Etats-Unis. Une hausse de 32% par rapport au mois précédent et de 178% par rapport à mai 2018, et un record sur ces treize dernières années. La majorité de ces migrants sont originaires du «triangle nord» centraméricain (Guatemala, Honduras, Salvador)

Après plusieurs jours de négociations et dix heures d’intenses discussions vendredi sur la question migratoire avec son voisin du Sud, les Etats-Unis ont finalement trouvé un accord avec le Mexique

Le Mexique va accentuer le contrôle à ses frontières pour limiter l'immigration clandestine, en priorité à la frontière sud du pays, avec le Guatemala. De quoi lever la menace de droits de douane sur les produits mexicains brandie par le président américain.

Les Etats-Unis et le Mexique ont arraché un accord sur l'immigration ce vendredi soir à Washington, au terme de plusieurs jours de difficiles négociations, levant ainsi la menace de droits de douane sur les produits mexicains brandie par Donald Trump et potentiellement dommageables à leurs économies.

« Les Etats-Unis sont parvenus à un accord signé avec le Mexique. Les tarifs douaniers prévus pour être appliqués lundi par les Etats-Unis, contre le Mexique, sont donc suspendus indéfiniment », a écrit M. Trump sur Twitter.

Il a ajouté que Mexico allait prendre « des mesures fortes pour endiguer le flux migratoire » traversant son pays à destination de la frontière sud des Etats-Unis où la police et la douane se disent débordées par le nombre des arrivées.

« Cela va permettre de réduire grandement, ou éliminer, l'immigration illégale venant du Mexique et entrant aux Etats-Unis », a-t-il assuré.

La Garde nationale déployée à la frontière sud

Les États-Unis estimaient que le Mexique ne faisait pas suffisamment pour contrôler sa frontière avec le Guatemala, au sud de son territoire laissant se développer sur son sol des réseaux qui acheminent les migrants vers les États-Unis. Ceux-ci viennent essentiellement du Guatemala, du Honduras et du Salvador et ne font que transiter sur le sol mexicain.

« Le déploiement de sa Garde nationale à travers le Mexique, en priorité à sa frontière sud ", figure ainsi parmi les mesures de l'accord, précise la déclaration.

Le chiffre de 6000 hommes a été annoncé jeudi par Mexico suite à de longues discussions au département d'État américain entre les délégations des deux pays.

Attendre l'asile depuis le Mexique

Le Mexique devrait aussi accéder à une autre demande américaine. Tous les migrants venant faire une demande d'asile aux États-Unis seront renvoyés au Mexique en attendant qu'elle soit traitée par les tribunaux américains.

Alors qu’il quittait le département d’Etat à Washington, vendredi soir, le ministre des Affaires étrangères mexicain Marcelo Ebrard a qualifié l’accord de «juste équilibre», notant que les Etats-Unis «avaient des demandes plus drastiques au départ». «Grâce au soutien de tous les Mexicains, l’imposition des taxes douanières sur les produits mexicains exportés aux Etats-Unis a pu être évitée», s’est félicité sur Twitter le président mexicain Andrés Manuel López Obrador.

L'utilisation de l'arme commerciale dans ce dossier avait inquiété les milieux d'affaires, tant les relations économiques sont étroites entre les deux pays.

Selon la Chambre de commerce, la taxe de 5% aurait coûté plus de 17 milliards de dollars par an aux consommateurs américains ; 87 milliards si la facture douanière grimpait à 25%.

Joanne Courbet pour DayNewsWorld

GUERRE COMMERCIALE SINO-AMERICAINE OU L'ETAT D'URGENCE SUR LA TECH

Donald Trump a signé mercredi 15 mai un décret interdisant les entreprises de télécommunications américaines d'utiliser du matériel étranger, visant, sans les nommer, la Chine et Huawei, que le président américain accuse d'espionnage.

« Espionnage économique et industriel »

En pleines tensions commerciales avec Pékin, le président américain a déclaré une « urgence nationale » pour prendre ce décret.  Bien qu'ils ne soient pas nommés explicitement dans le décret, la Maison Blanche vise la Chine et Huawei en particulier, évitant ainsi que des « adversaires étrangers exploitent de façon croissante des vulnérabilités dans les services et les infrastructures technologiques de l’information et de la communication aux États-Unis ».

Le texte permet donc de prendre des mesures qualifiées « d'urgence nationale » contre des « actes malveillants favorisés par Internet, dont l’espionnage économique et industriel ».

Huawei dénonce une mesure illégitime

Le groupe chinois a vivement rétorqué dénonçant aussitôt des « restrictions déraisonnables [qui] empiéteront sur les droits de Huawei ». Ajoutant que d'empêcher le commerce de ses appareils sur le territoire américain « ne rendra pas les États-Unis plus sûrs ou plus forts » réduisant ainsi le pays à « des alternatives de qualité inférieure et malgré tout plus coûteuses, laissant les États-Unis à la traîne pour le déploiement de la 5G » . Huawei se qualifie en effet comme « le leader sans rival de la 5G », dont le déploiement sur le territoire américain a totalement été radié par cet accord.

C'est une des mesures les plus sévères prises pas le gouvernement Trump contre le secteur technologique chinois en pleine expansion internationale, en particulier dans les pays émergents d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie.

Un décret avant tout symbolique

Pour le numéro un mondial des équipements télécoms, l’impact de ce décret est cependant davantage symbolique qu’économique. Huawei, dont le chiffre d’affaires atteignait 93,5 milliards d’euros en 2018, réalise en effet l’essentiel de ses ventes en Asie et en Europe. Le continent américain ne représente que 6,6 % de son résultat annuel.

Mais le géant chinois, qui entend faire la course en tête sur la 5G, doit faire face depuis novembre 2018 à une vague mondiale de suspicion sur la sécurité de ses équipements télécoms.

Son président, Liang Hua, s’est d'ailleurs de nouveau défendu mardi 16 mai contre les accusations d'espionnage lors d’un déplacement à Londres et, s'est dit prêt à signer des accords de « non-espionnage » avec les gouvernements.

Emily Jackson pour DayNewsWorld

LES MESURES ANNONCEES PAR EMMANUEL MACRON NE SONT PAS A LA HAUTEUR DES DEMANDES

DES GILETS JAUNES

Lors d'une conférence de presse, un exercice inédit depuis son élection en 2017, devant quelque 320 journalistes, le chef de l’Etat a salué jeudi les « justes revendications à l’origine » du « mouvement inédit » des gilets jaunes qui a profondément chamboulé le quinquennat depuis le 17 novembre dernier.

Mais dès le préliminaire il a averti qu'il n' avait pas fait « fausse route », pensant « très profondément que les orientations prises durant ces deux premières années, à bien des égards, ont été justes ». « Les transformations en cours et les transformations indispensables à faire dans notre pays ne doivent pas être arrêtées, parce qu’elles répondent profondément à l’aspiration de nos concitoyens », a-t-il insisté. Il ne changera donc pas le cap de sa politique.

Le chef de l'Etat était très attendu par les « gilets jaunes » sur le volet fiscal, social,et législatif.

Par ses annonces d'Emmanuel Macron a-t-il répondu jeudi soir aux principales revendications portées par les « gilets jaunes » ?

Une baisse des impôts mais pas de rétablissement de l'ISF

Emmanuel Macron a proposé de réduire « significativement » l'impôt sur le revenu, pour répondre à l'injustice fiscale au cœur de la mobilisation des « gilets jaunes ». Cette baisse d'impôt autour de 5 milliard sera financée non seulement par la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises mais aussi par la nécessité de travailler davantage et des réductions de la dépense publique. Cette baisse d'impôt devrait toucher les deux premières tranches. Au gouvernement de « définir le quantum ».

Par contre il s'est prononcé contre le rétablissement de l'impôt sur la fortune (ISF), une des principales revendications des « gilets jaunes », présentant sa décision de supprimer cet impôt comme une « réforme pour produire, pas une réforme pour les plus fortunés ». Il a toutefois souligné que l'impact de cette suppression serait "évalué en 2020", en vue d'éventuelles corrections.

Pas de référendum d'initiative citoyenne, mais un RIP assoupli

Emmanuel Macron a écarté l'une des principales revendications des « gilets jaunes »qui demandaient plus de démocratie directe avec le RIC. Il estime en effet que le RIC, tel qu'il est proposé, semble « remettre en cause la démocratie participative », ajoutant ne pas croire « à la République du référendum permanent ». Toutefois il se dit favorable à « plus de place à la voie référendaire dans notre démocratie ». Ainsi, le chef de l' Etat a indiqué vouloir « aller plus loin sur le référendum d'initiative partagée » en proposant d’abaisser à 1 million le nombre de signatures nécessaires pour saisir le Parlement. Cette mesure figurerait dans la réforme constitutionnelle que le chef de l’Etat veut voir revenir au Parlement « à l’été ». Actuellement, le référendum d'initiative partagée, en vigueur depuis 2015, nécessite le soutien de 20% des parlementaires et de 10% du corps électoral, soit près de 4,5 millions de signatures.

L'introduction d'une dose de proportionnelle

Pour parer à une crise de représentation au sein des assemblées le chef de l'État s'est dit jeudi « favorable » à l'introduction d'une dose de 20% de proportionnelle à l'Assemblée nationale (contre 15% jusqu'ici).

Le président a par ailleurs évoqué une baisse du nombre de parlementaires (577 députés et 348 sénateurs actuellement), qui serait de l'ordre de 25% à 30%, ainsi qu'une limitation des mandats dans le temps.

Pas de reconnaissance du vote blanc, pas de vote obligatoire.

Si dans une allocution télévisée du 16 décembre 2018 , le chef de l'Etat s'était dit prêt à ouvrir le débat sur la prise en compte du vote blanc, il a finalement écarté cette possibilité arguant que vote blanc était ne prendre aucune décision . « Blanc, ça ne décide pas. C'est trop facile, c'est l'agrégation des rejets », a-t-il déclaré. Il a aussi balayé l'éventualité d'un « vote obligatoire », qu'on ne « répond pas à une crise démocratique par la contrainte ».

Les retraites réindexées

Le président de la République a annoncé que les retraites 3de moins de 2 000 euros » seront réindexées sur l’inflation dès le 1er janvier 2020, mesure attendue, mais aussi qu’aucune pension n’augmentera moins vite que les prix à partir de 2021.

Emmanuel Macron a par ailleurs souhaité que « la retraite minimale » pour une carrière complète soit portée à 1 000 euros, un montant selon lui « significativement supérieur » au minimum vieillesse qu’il a promis de relever à 900 euros, un montant selon lui « significativement supérieur » au minimum vieillesse qu’il a promis de relever à 900 euros l’an prochain.

Il a aussi ajouté qu’il ne comptait pas revenir sur l’âge légal de départ à la retraite, privilégiant la piste menant à l’allongement de la durée de cotisation.

Emmanuel Macron a souhaité que les caisses d’allocations familiales (CAF) aient la « prérogative pour prélever les pensions alimentaires familiales » et ainsi aider les familles monoparentales.

« Ces fameuses familles monoparentales sont souvent ces mères vivant seules », a souligné le président de la République, estimant qu’ « on ne peut pas faire reposer sur des mères l’incivisme de leurs anciens conjoints ».

Un « nouvel acte de décentralisation » d'ici un an

Le président a annoncé « un nouvel acte de décentralisation » dans les territoires, qui devra aboutir "au premier trimestre 2020". Cette nouvelle décentralisation doit être « adaptée à chaque territoire » et porter « sur la politique de la vie quotidienne » comme « le logement, le transport, la transition écologique pour garantir des décisions prises au plus près du terrain », a-t-il ajouté.

Dans le même temps, Edouard Philippe présentera en mai « une profonde réforme de l’administration » destinée à déployer « plus de fonctionnaires sur le terrain ». Le chef de l’Etat a également annoncé la création dans chaque canton d’ici à la fin du quinquennat d’un « endroit où l’on puisse trouver une solution aux problèmes », baptisé « France services ».

Pour ce faire le président abandonnera certainement l’objectif de 120 000 suppressions de postes de fonctionnaires qu’il avait fixé si le gouvernement le juge nécessaire.

Si Emmanuel Macron n'exclut pas la réorganisation des services public il a souhaité « ne plus avoir d’ici à la fin du quinquennat de nouvelles fermetures, ni d’hôpitaux, ni d’écoles sans l’accord du maire ».

Un « conseil de défense écologique »

Emmanuel Macron a souhaité la mise en place d’un « conseil de défense écologique » qui réunira les ministres dédiés pour faire les « choix stratégiques » imposés par l’urgence climatique.

Majoritairement, les «gilets jaunes» ont été particulièrement déçus par ce qu’ils nomment les «mesurettes» du président de la République. Certains estiment qu’il n’a fait que se «congratuler», d’autres jugent que son discours n’était «que du théâtre».

En réaction, les figures du mouvement appellent à reprendre la rue.

Britney Delsey pour DayNewsWorld

NON A LA TAXE GAFA !!!

Alors que les géants du numérique sont en moyenne deux fois moins imposés que les entreprises traditionnelles en Europe, les Etats européens ont échoué à s'entendre sur la création d'une taxe commune sur leurs chiffres d'affaires. Par suite, plusieurs pays dont la France mettent en place leur propre « axe GAFA » en ordre dispersé.

La taxe a cette semaine été votée en France en première lecture à l'Assemblée Nationale. Elle concerne les activités numériques qui « créent de la valeur grâce aux internautes français ». Elle repose aussi sur « la notion de “travail gratuit” des utilisateurs ».

Et au ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, de le confirmer: l 'Hexagone commencera à prélever la taxe sur les Gafa à compter du 1er janvier prochain.

«La taxe s'appliquera en tout état de cause au 1er janvier 2019 et elle portera donc sur l'ensemble de l'année 2019 pour un montant que nous évaluons à 500 millions d'euros», a affirmé Bruno Le Maire, lors d'une conférence de presse, à Paris.

Car les géants du numérique profitent largement de ces écarts entre pays de la zone pour minorer leurs impôts. Car même si les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), et plus largement les multinationales de l'économie digitale (Uber, Airbnb, etc.), se déploient dans des secteurs différents, ils ont une particularité commune : proposer leurs services sur le web leur permet de localiser leur siège social (et donc leurs bénéfices) dans un pays différent de celui où se trouvent leurs utilisateurs. Leur modèle repose sur des algorithmes et bases de données.

Or dans les pays européens, les règles actuelles d'imposition des bénéfices sont fondées sur le principe de l'établissement stable. Autrement dit, l'entreprise paye des impôts sur ses bénéfices dans le pays où elle est présente physiquement. Une présence qui se mesure par le nombre employés ou encore le montant des actifs corporels : usines, terrains, machines, etc.

Si bien qu'en l'absence d'harmonisation fiscale européenne, les GAFA peuvent implanter leurs filiales européennes – et donc leur présence physique – dans les pays qui proposent les taux d'imposition les plus faibles, tout en limitant leur présence physique dans les autres.

Par exemple, Google France n'a déclaré en 2017 qu'un chiffre d'affaires de 325 millions d'euros et a payé en France 14 millions d'euros d'impôts. Pourtant, les seules recettes publicitaires réalisées en France auraient rapporté à Google environ 2 milliards d'euros, estime le Syndicat des régies internet.

Résultat : en moyenne dans l'UE, les entreprises du numérique sont soumises à un taux d'imposition effectif deux fois moins élevé que celui applicable aux entreprises traditionnelles, selon la Commission européenne. Ce qui crée des conditions de concurrence défavorables et prive les États membres d'importantes recettes fiscales.

L'idée est donc de taxer à hauteur de 3%, dans tous les Etats membres de l'UE, le chiffre d'affaires (et non pas les seuls bénéfices comme dans le système classique) généré par certaines activités numériques : la vente de données personnelles, la vente d'espaces publicitaires en ligne ciblant les utilisateurs selon les données qu'ils ont fournies, et les services qui permettent les interactions entre utilisateurs et facilitent la vente de biens et de services entre eux.

Une taxe ne frappant que les très grandes entreprises de l'économie numérique (et donc les plus susceptibles de se livrer à une planification fiscale agressive), celles qui réalisent un chiffre d'affaires mondial annuel supérieur à 750 millions d'euros, dont 50 millions imposables dans l'Union européenne.

Soit 120 à 150 entreprises concernées seulement: des géants de la tech dont la moitié est américaine, un tiers asiatique et un tiers européen. Les recettes fiscaless comptées sont conséquentes : 5 milliards d'euros par an, dont 500 millions à peine pour la France.

La France est petite joueuse !

Seule une société française, Criteo, en fait partie. Elle est l'un des symboles de la French Tech, fondée en 2005, et est cotée au Nasdaq, à New-York, où elle est valorisée à hauteur de 1,34 milliard de dollars au 9 avril 2019. Plusieurs ex-entreprises françaises devenues des filiales de groupes étrangers devraient être concernées comme Le Bon Coin, Rakuten France et Meetic,notamment.

Selon Attac cependant, 64% du chiffre d'affaires des Gafam échappera à la taxe. "Le projet du gouvernement est loin de résoudre l'anomalie qu'il prétend combattre", souligne l'ONG. Dans son rapport, Attac estime en effet à 9,4 milliards d'euros le chiffre d'affaires réalisé grâce à des ventes en France qui ne sont pas déclarées dans l'Hexagone. En moyenne, ces entreprises dissimulent 74% de leur chiffre d'affaires, avec des écarts allant de 58% pour Amazon à 85% pour Google, selon le document.

On comprend mieux dès lors l'acharnement de Bercy ! Mais les pays concernés ne pourraient-ils pas prendre des mesures de rétorsion? Si le géant Google a dit qu'il paierait, il n'en est pas de même pour d'autres qui ont vu leur valeur en bourse baisser à l'annonce de la taxe...

D'ailleurs certains pays se sont opposés à un projet du même ordre au niveau européen, dont l’Irlande. Et ce sont les Etats Unis qui ne veulent surtout pas d'une telle réglementation. Washington a jugé la semaine dernière la loi française « extrêmement discriminatoire à l’égard des multinationales basées aux Etats-Unis ».

Larry Ricky pour DayNewsWorld

UN REFERENDUM SUR LA PRIVATISATION D'AEROPORTS DE PARIS EN DEPIT DES ARGUMENTS FALLACIEUX

DE MARLENE CHIAPPA

Au moment où le Parlement a définitivement adopté ce jeudi le projet de loi Pacte, porté par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, dans lequel figure entre autre la décision de privatiser Aéroports de Paris (ADP), l'ambiance à l'Assemblée était des plus tendue, de nombreux députés de l'opposition ayant lancé il y a deux jours une procédure de référendum d'initiative partagée sur la privatisation de Aéroports de Paris (ADP), .

Et la secrétaire d’Etat, à l’égalité entre les femmes et les hommes, égale à elle-même, a ajouté de l'huile sur le feu. Elle est en effet montée au créneau mardi pour défendre la vente par l’Etat du groupe Aéroports de Paris, arguant que « gérer la partie centre commercial » n’était pas une « mission de l’Etat » !Un argument des plus discutables ! Un raccourci fallacieux !

Avec cette défense de la vente d’ADP en raison de ses activités commerciales, Marlène Schiappa fait un raccourci fallacieux.

Le groupe Aéroports de Paris est en effet un groupe international qui déploie des activités beaucoup plus variées que ne le laisse croire la secrétaire d’Etat : il possède notamment les plus gros aéroports français : Roissy-Charles-de-Gaulle (72,2 millions de passagers), Orly (33,1 millions de passagers), Le Bourget et une dizaine d'autres aérodromes ;

Il est le premier propriétaire foncier d’Ile-de-France, grâce aux 6 686 hectares des aéroports,et possède aussi plus d’un million de mètres carrés de bâtiments, hangars, hôtels, bureaux, etc. ;

ainsi qu' une filiale dans la téléphonie (Hub One).Sa participation dans le capital de nombreux aéroports internationaux a été développée, et enfin, ces aéroports sont aussi des centres commerciaux importants !

Si cette activité est lucrative, elle est doncd’être la seule mission d’ADP, qui génère un chiffre d’affaires de près de 4,5 milliards d’euros. Par ailleurs, le fait de rapporter de l’argent à l’Etat fait partie des missions de l’Agence des participations de l’Etat dans son objectif de « la valorisation dans la durée du patrimoine des Français ».

Quant à l’argument sur les « missions essentielles de l’Etat », il est contredit par les actuels investissements de la puissance publique. Si l'Etat détient les secteurs-clés comme notamment l’énergie (EDF, Engie), le transport public (SNCF, RATP), l’Etat détient également des parts d’un opérateur de télécommunications (Orange), d’un constructeur automobile (Renault) ou aéronautique (Airbus), d’un chantier naval (Naval Group, ex-DCNS)... Sans compter les diverses participations de la Caisse des dépôts dans l’immobilier, les forêts ou les stations de ski.

Si le gouvernement français semble réticent sur le référendum d'initiative citoyenne, le groupe socialiste à l'Assemblée nationale, de son côté, a annoncé mardi avoir réuni les 185 signatures de parlementaires nécessaires pour engager la procédure d'organisation de son pendant parlementaire qu'est le référendum d'initiative partagée contre la privatisation d'Aéroport de Paris.

Des députés et sénateurs socialistes mais aussi Les Républicains, communistes et membres du groupe Libertés et territoires, au total 197, ont déjà donné leur accord, a annoncé le député socialiste Boris Vallaud.

Pour la première fois, le seuil des 185 parlementaires nécessaire pour déclencher le processus conduisant à l’organisation d’un référendum d’initiative partagée (RIP) a donc été atteint.

La disposition est prévue dans la loi Pacte qui doit être votée définitivement cette semaine.

Bien entendu l'organisation d'un tel référendum suppose également de réunir plus de 4,5 millions de signatures d'électeurs (10 % du corps électoral) en neuf mois pour soutenir cette proposition de référendum.

Mais entre ces deux étapes il y a celle, encore très incertaine, de la validation de la démarche par le Conseil constitutionnel. Ce dernier doit se prononcer sur la conformité de l’initiative aux règles du RIP.

« Nous ne voulions pas que soit à nouveau commise l'erreur qui s'est transformée en scandale, de la privatisation des autoroutes, avec la privatisation des aéroports de Paris », a déclaré Boris Vallaud lors d'une conférence de presse.

C'est la première fois que la mesure, qui avait été voté en 2008 sous Nicolas Sarkozy, et entrée en vigueur sous François Hollande, est lancée.

Andrew Preston pour DayNewsWorld

LES REVELATIONS CHOC DE CARLOS GHOSN

LA JUSTICE NIPPONNE EN QUESTION

Poursuivi par la justice japonaise depuis plusieurs mois, Carlos Ghosn a décidé de nous livrer dans une vidéo sa version des faits avant vient d’être de nouveau arrêté. Et en même temps d'égratigner le système juridique japonais qui ne semble rien à voir avec un procès équitable.

La rigidité d'un système juridique

C'est tout d'abord son épouse Carole qui nous a livré quelques détails sur la justice nipponne. « On m’a fouillée plusieurs fois, j’étais en pyjama !

Une femme m’a suivie jusque dans ma douche, mes toilettes.

Je me suis sentie humiliée. »raconte-t-elle dans le Journal du dimanche, le 7 avril 2019, alors que l'on venait une fois encore arrêter son mari.

Elle s'insurge contre le système et appelle la France à l'aide, non pas pour que son époux bénéficie d'un traitement de faveur mais pour qu'il ait un procès équitable.

« Je viens de recevoir un message il y a quelques minutes seulement de mes confrères les avocats japonais qui viennent de prendre une décision tout à fait inhabituelle […]

Ils viennent d'écrire au procureur en chef de Tokyo pour lui demander - je cite - d'arrêter de torturer Carlos Ghosn », a déclaré Maître Zimeray, avocat de la famille le 8 avril. « Techniquement, quand on essaie d'interroger quelqu'un huit heures par jour, y compris le soir, y compris la nuit (…) cela s'appelle une torture.

Depuis qu'il a été ré-arrêté il est sous ce régime-là », a précisé l’avocat, ajoutant que les Nations unies avaient une expression pour qualifier le système japonais : « le système de l’otage. » Une expression qui fait froid dans le dos.

Trois bol de riz par jour et des interrogatoire incessants.

Le premier interrogatoire de Carlos Gohosn a eu lieu à bord de son jet privé sur le tarmac, le 19 novembre 2019, sur le tarmac de l’aéroport Haneda de Tokyo.

Il dure trois heures et donne le ton des mois qui suivront.

Des mois de garde à vue renouvelable !

A un nouveau mandat d’arrêt, une nouvelle garde à vue !

Emprisonné, le magnat de l'automobile Carlos ne pouvait voir son épouse que 15 minutes par jour, en présence d’un garde et avec l’obligation de lui parler en japonais.

Difficile de se comprendre quand ni l'un ni l'autre ne maîtrise bien la langue ! Il aurait également été forcé à signer des documents écrits en japonais, qui ne lui auraient été traduits qu’à l’oral.

Rien d'étonnant à ce que l'état de santé du PDG de détériore.

« La première semaine, il a perdu dix kilos. Il a eu de la fièvre. Il était privé de ses médicaments pour le cœur : seuls les médicaments japonais sont autorisés », a récemment expliqué Carole Ghosn. Il n'est nourri que de trois bols de riz par jour.

De son côté, Anthony Ghosn, fils du couple, dénonce les conditions d’interrogatoire. L’ancien grand patron serait soumis à la question deux à trois fois par jour, parfois très tôt le matin ou très tard le soir, et durant une à deux heures à chaque reprise. Dans une vidéo enregistrée avant son arrestation, l'ancien PDG de Renault-Nissan réaffirme son innocence et dénonce l'égoïsme de certains dirigeants de Nissan.

«C’est une histoire de conspiration, de complot, de trahison», s'insurge Carlos Ghosn.

«C’est une histoire de conspiration, de complot, de trahison». Voilà comment Carlos Ghosn résume l’affaire qui lui a déjà valu trois mises en examen et un nouveau placement en détention à la prison de Kosuge, à Tokyo. L’ancien dirigeant de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi dénonce à nouveau les manœuvres de hauts dirigeants chez Nissan qui auraient orchestré sa chute.

«Il y avait la peur que la prochaine étape de l’Alliance en terme de convergence menace certaines personnes ou éventuellement l’autonomie de Nissan, qui au passage n’a jamais été menacée ces 19 dernières années», explique-t-il. «Mais cette autonomie est basée sur la performance», souligne Carlos Ghosn qui affirme que certains dirigeants au sein de l’actuel management se sentaient mis en péril, du fait des «résultats médiocres» du constructeur.

Ces dirigeants ont joué «un jeu très malsain», affirme l'ancien patron.Carlos Ghosn balaye à ce titre toutes les charges qui pèsent contre lui, réaffirme son amour pour le Japon, se dit aujourd'hui «inquiet» pour l’avenir du constructeur nippon.

Face aux nombreuses critiques internationales ,  Shin Kukimoto,  procureur adjoint de Tokyo, a protesté :

« Chaque pays a sa propre histoire, sa propre tradition, ses propres systèmes judiciaires.

Je ne critique pas les règles des autres pays juste parce qu’elles sont différentes, et je trouve cela malvenu de le faire. », a-t-il déclaré.

Alize Marion pour DayNewsWorld

CAROLE GHOSN RENTREE EN FRANCE EN SECRET

Carole Ghosn avait rejoint son mari au Japon.

Elle était à Tokyo,aux côté de son mari, jeudi 4 avril, lors de son énième arrestation.

Elle ne pouvait plus en principe quitter le Japon, son passeport libanais lui ayant été confisqué par la police japonaise.

Mais c'était sans compter sur le passeport américain que détient l'épouse de Carlos Ghosn.

Carole Ghosn, a donc décidé de quitter le Japon pour rentrer en France après la nouvelle arrestation de son mari à Tokyo, jeudi 4 avril.

« La police japonaise m’avait pris mon passeport libanais mais il me restait mon passeport américain », explique-t-elle dans une interview donnée au Journal du dimanche.

Elle se serait sentie en danger.,

« J’ai attendu de savoir si Carlos allait rester en prison ou s’il pouvait sortir vite.

Quand j’ai compris et que les avocats m’ont dit que je ne pourrais plus communiquer avec lui pendant des jours, j’ai pris ma décision », raconte-t-elle.

« Vendredi soir, l’ambassadeur de France m’a accompagnée à l’aéroport, il ne m’a pas lâchée jusque dans l’avion ». « Jusqu’à la dernière seconde je ne savais pas si on me laisserait décoller ».

« J’ai cru revivre la scène du film Argo, jusqu’à la dernière seconde je ne savais pas si on me laisserait décoller.

C’était irréel. !!! »

Enfin la France commence-t-elle à réaliser que la situation des Ghosn est des plus délicates et que Carlos Ghosn a le droit à un procès équitable ???

« Tout le monde l’a laissé tomber, par lâcheté, y compris les patrons. Ça me dégoûte. », conclut Carole Ghosn.

Britney Delsey pour DayNewsWorld

CARLOS GHOSN SEUL CONTRE TOUS

Les enquêteurs du bureau des procureurs se sont rendus au petit matin à l'immeuble de Carlos Ghosn ce jeudi matin à Tokyo.

Il a été conduit au centre de détention de Kosuge , où il a déjà passé plus de 100 jours avant d'être libéré sous caution il y a à peine un mois.

Comme ce qui s'est passé après son arrestation initiale le 19 novembre, il peut rester en garde à vue jusqu'à 22 jours.

Dans le détail, avant la fin des premières 48 heures, le bureau des procureurs doit demander une prolongation de dix jours à un juge, puis à nouveau de dix jours, pour les besoins de l'enquête.

Le tribunal donne son feu vert dans l'écrasante majorité des cas.

A l'issue de cette période, le suspect peut être inculpé, relâché sans poursuites (dans 50% des cas) ou arrêté de nouveau pour un autre motif.

Une fois la garde à vue arrivée à terme, en cas d'inculpation, le suspect peut ensuite rester emprisonné, dans l'attente du procès.

Seul contre tous ?

"Une petite équipe d'intrigants" contre un homme combatif qui se dit "innocent", citoyen français qui émet des doutes sur la justice japonaise. Les avocats de M.Ghosn veulent un procès équitable.

Un acharnement...Un engrenage infernal que subit le capitaine d'industrie qu'est avant tout Carlos Ghosn  fier d'avoir été à la tête de l'Alliance.

Carl Delsey pour DayNewsWorld

PRIVATISATIONS EN MARCHE

Les députés donnent leur feu vert à la privatisation d’Aéroports de Paris.

En effet l’Assemblée nationale a adopté en nouvelle lecture l’article 49 du projet de loi Pacte, qui prévoit de supprimer l’obligation pour l’Etat de détenir la majorité du capital d’ADP.

« On ne pourra pas dire que le débat sur la privatisation d’Aéroports de Paris a été escamoté. » lancé a le ministre de l’économie, Bruno Le Maire.

Mais l’opposition comme la majorité se sont inquiétés du fait que l’exécutif cède une entreprise « stratégique » pour la France en termes d’aménagement du territoire, d’emploi local ou de sécurité des frontières.

« Un choix stupide », « un sacrilège », la privatisation d’Aéroports de Paris passe donc mal à l’Assemblée. Même M. de Courson tout en soutenant le projet, a toutefois jugé « non recevable » le principal argument du gouvernement et de la majorité qui, pour justifier la privatisation, mettent en avant le « fonds d’innovation de rupture », une enveloppe qui sera abondée par le fruit de la transaction et qui doit servir à financer des projets technologiques (intelligence artificielle, nanoélectronique, etc.).

« Tout ça ne tient pas debout ! », a lancé également le député Les Républicains Daniel Fasquelle.

Petit historique

L’Assemblée nationale avait autorisé, jeudi 4 octobre, la privatisation de Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris) ainsi que celle de la Française des jeux (FDJ), mesures phares du projet de loi Pacte (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises).

Et ce au grand dam des oppositions de droite comme de gauche :dans la bouche d'Eric Woerth comme dans celle de Boris Vallaud «Renoncez à ces privatisations!». «Si nous avons une coalition d'opposition entre la droite, la gauche, les insoumis et le PCF, c'est que nous avons tous le sentiment d'une grande braderie des biens de la nation», a résumé Philippe Gosselin chez les Républicains

L'Assemblée nationale a donné, par 39 voix contre 7, son feu vert à la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP) dans le cadre de l'examen en première lecture de la loi Pacte. Le régime juridique et le cahier des charges d'ADP ont cependant été modifiés. Ainsi si l'Etat ne doit plus conserver 50% des parts, la future privatisation d'ADP prendra la forme d'une concession limitée à 70 ans «pour ne pas conférer un droit illimité à un acteur privé», a précisé le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire.

«L'État disposera d'un pouvoir de décision, c'est également l'État qui fixera les orientations sur le développement des aérodromes, c'est encore lui qui, faute d'accord, imposera la réalisation d'investissements nécessaires au service public aéroportuaire», a détaillé le ministre.

Histoire de ne pas commettre les mêmes erreurs que lors de la privatisation des autoroutes. Cette concession sera donc encadrée par «un cahier des charges strict et contraignant» fixant les critères - prix et projet - de l'opération. L’Etat retrouvera la pleine propriété du foncier et des infrastructures et les modalités de fixation de l’indemnité que recevra ADP dans 70 ans.

Le groupe français Vinci, déjà actionnaire d'ADP, s'est montré intéressé pour cette opération. Le gouvernement serait disposé à ouvrir la possibilité d'une participation des collectivités franciliennes.

D'aucuns redoutent cependant «l'actionnaire non souhaitable» en clair chinois.Les députés ont dans la foulée voté, par 48 voix contre 12, l'article du projet de loi qui permet le transfert au privé de la majorité du capital de la Française des Jeux (FDJ) , actuellement détenu à 72% par l'État. Ce dernier doit conserver «au minimum» 20% des parts. Le dossier de la FDJ n'est pas encore terminé. Avant toute privatisation, le gouvernement entend créer une nouvelle autorité de régulation des jeux.

Afin de se conformer à la réglementation européenne qui prévoit un contrôle public étroit sur les entreprises en situation de monopole, l’Etat pourrait en outre conserver une participation importante dans l’exploitant du Loto, de l’ordre de 25 % ou 30 %. Le sujet est sensible compte tenu des risques d’addiction et de blanchiment d’argent.

Pourquoi ces privatisations ?

Les opérations envisagées chez ADP, la FDJ et bientôt chez Engie peuvent au total rapporter en théorie près d'une vingtaine de milliards d'euros à l'État. (ADP : 9,5 milliards , Engie 7,8 milliards,. FDJ pas cotée mais valorisée autour de 3 milliards d'euros).

Le produit de ces cessions contribuera ainsi à alimenter le fonds pour l’innovation doté de 10 milliards d’euros créé en début d’année mais aussi à participer pour moitié au désendettement de l’Etat.

Face à l'opposition qui l'accuse sans surprise de «brader les bijoux de famille», Bruno Le Maire revendique de «redéfinir les rôles respectifs de l'État et des entreprises»: «Le rôle de l'État n'est pas d'encaisser des dividendes». Bruno Le Maire se veut partisan d’un Etat « stratège plutôt que rentier » , « un État capable d’inventer et construire l’avenir des Français ». Encore faut-il avoir envie de confier l’invention et la construction de votre avenir à l’État ?

Le gouvernement espère que les investisseurs particuliers souscriront massivement à cette émission d’action pour « redynamiser l’actionnariat populaire ».Il faut dire que l’actionnariat populaire fond comme neige au soleil....

Encore faut-il être convaincus des bienfaits d’être actionnaire d’une entreprise « privatisée »

Jaimie Potts pour DayNewsWorld

L’INCROYABLE LIQUIDATION JUDICAIRE DE L’IMPRIMERIE ARJOWIGGINS

DE JOUY SUR MORIN (SEINE ET MARNE)

Sans être passé par la case « redressement judiciaire » (et ses négociations obligées qui durent dans le temps), l’imprimerie Arjowiggins Security , de Crève Cœur (ca ne s’invente pas !) de Jouy sur Morin a été liquidée en moins de 15 jours, alors qu’elle avait un carnet de commandes plein jusqu’en 2020 et qu’elle détenait à son actif, de nombreux Brevets High Tech.

Du jamais vu ! Et pour certains, nombreux, du suspect !

Du suspect parce que les autres unités du Groupe Arjowiggins (les sites sarthois de Saint Mars la Bière ou de Besse sur Braye, de Château Thierry aussi) qui ne fabriquent pas, eux,  du papier stratégique, viennent d’être sauvés grâce à l’offre de reprise du Groupe Scandinave Lassabo qui a jusqu’au 15 mars 2019 pour compléter son offre de rachat devant le Tribunal de Commerce de Nanterre. Le patron norvégien, Terge Haglund est d’ailleurs déjà venu saluer les salariés (rassurés depuis) des deux sites sarthois, mardi dernier, 12 mars.

Pour une meilleure compréhension de la situation, précisons que c’est l’avocat Thomas Hollande, le fils de l’ancien Président de la République qui est en charge des intérêts des salariés dans le dossier de reprise ?

Du suspect parce que c’est  l’entreprise Arjowiggins Security seule , qui a définitivement fermé ses portes le 31 janvier 2019, alors que c’est elle qui fabriquait nos cartes grises et nos billets de banque.

Arjowiggins Security fabriquait aussi, par exemple, les billets de banque de l’Arabie Saoudite et d’Israël .

Les passeports d’Alexandre Benalla sont très certainement sortis, eux aussi, de Crève Cœur…

Ce papier qui disparait était donc un papier très sensible, stratégique.

L’entreprise de Jouy sur Morin qui disposait d’un savoir faire de 400 ans était de fait classée « entreprise stratégique » Sa disparition va obliger l’Etat français à faire fabriquer ses papiers officiels à l’étranger, en Espagne ou en Bulgarie ?? Une drôle de situation !

C’est un fleuron de l’industrie française qu’Emmanuel Macron et Bruno Le Maire viennent de sacrifier, cyniquement et dans la plus grande opacité.

L’imprimerie-fabrication de papier couché technique de Jouy sur Morin appartenait jusqu’en 2018 au Groupe Sequana.

L’histoire de Sequana remonte à la création en 1848 de la Maison Worms qui devint la Banque Worms, bien introduite sous le Gouvernement de Vichy.

En 1997, le Groupe bancaire Worms est repris en main par la Famille Agnelli (à la tête de Fiat Automobile de Turin) après être passé par la case « nationalisation » en 1981.

En 2007 Worms se recentre sur ses sociétés papetières et devient la Société Sequana, dont l’Etat est l’actionnaire majoritaire.

Tout avait donc bien commencé, sous les meilleurs auspices de la Famille Lebard, dont le père Daniel  sorti pourtant  « rincé » en 2007 de la sombre « affaire Rhodia », « l’histoire du plus gros scandale financier français »  dans lequel l’Ancien Ministre des Finances de Nicolas Sarkozy, Thierry Breton a été  délictueusement mêlé et également une histoire à la fin de laquelle le Banquier suisse Edouard Stern a été curieusement assassiné.

Pascal Lebard , le fils de Daniel, qui gérait auparavant un portefeuille pour les Worms et les Agnelli décide en 2007 de prendre la direction et 22 % du Capital de Sequana. Mais l’entreprise qui, avant cette date était rentable, pique du nez rapidement suite au retournement du marché du papier.

Redoutant un « accident industriel à la Boussac » Sequana devient pour l’exécutif en place en 2012, « un dossier politique qui risque d’embraser la filière bois et le Syndicat CGT du Livre ».

Mais qui était Président de la République à cette date ? Devinez ? François Hollande bien sûr, un François Hollande dont le Secrétaire Général de l’Elysée de l’époque  n’était autre qu’un certain Emmanuel Macron…

Pour éviter des procédures de licenciements, le CIRI (Comité Interministériel de Restructuration Industrielle) et le FSI (Fonds Stratégique d’Investissement) apportent alors par l’intermédiaire de la BPI (Banque Publique d’Investissement) 135 millions de fonds publics qui disparaissent progressivement à coup de cessions d’actifs et de restructurations. Par ses participations l’Etat devient néanmoins majoritaire !

Mais Sequana continue sans cesse à perdre de l’argent si bien que le Groupe se trouve en position d’intéresser un fonds d’investissement mené par Jacques Veyrat et sa société Impala. Pour mémoire, Jacques Veyrat a commencé sa carrière professionnelle à la direction du CIRI en 1989…

Impala fait une belle opération financière dans un aller-retour éclair à la suite duquel il revend  début 2018 Arjowiggins Security à un fonds vautour suisse, Blue Motion Technologie Holding, qui ne perd pas de temps et vide immédiatement les caisses de l’entreprise. Fin 2018 Arjowiggins Security est agonisant .

Scandales financiers après scandales financiers, force est de constater que l’Etat, qui a toujours occupé des positions clés dans l’entreprise n’a pas assumé son rôle de stratège, ceci alors même qu’il a donné beaucoup d’argent (au total près de 250 000 000 euros), trouvé dans la poche des contribuables. Et la réponse à la question qui revient en boucle en ce moment : « mais  qu’est que vous avez fait de notre pognon » apparait immédiatement..

C’est la raison pour laquelle la « blitz liquidation » d’Arjowiggins a échauffé les esprits, ceux notamment des 240 ouvriers (qui disposent d’un savoir faire unique) qui se sont mis à incendier rouleaux après rouleaux, toutes les douze heures, en pleine crise des Gilets Jaunes, le papier stratégique en stock et les 500 autres emplois indirects alentours.

Le coup de plume sur le devenir d’Arjowiggins a scandalisé et interrogé.

Car en effet, Emmanuel Macron, comme Bruno Le Maire (et toute leur clique) ont aujourd’hui, selon notre excellent confrère Pierre Jovanovic  « du sang de la France sur les mains ».

Car lecture faite de cette odyssée industrielle hémorragique, on cherche à comprendre pourquoi l’Etat ,qui en avait pourtant les moyens, financiers et règlementaires a abandonné cette imprimerie,  physiquement comme une installation militaire ou comme une installation nucléaire , ceinturée de barbelés. Entreprise stratégique oblige !

Pourquoi l’Etat n’a pas immédiatement créé une agence publique ou  un EPIC ,  Etablissement Public de reprise de ce joyau industriel ?

Pour Pierre Jovanovic , en liquidant brutalement cette entreprise, « ces responsables politiques n’ont pas agit par hasard ». Emmanuel Macron, qui ne s’est pas montré à Jouy sur Morin aurait selon lui « supprimé à l’Etat  toute possibilité de revenir en arrière pour le cas où la France déciderait de sortir de l’UE et de l’euro ». Une politique de la terre brulée préventive pour le cas ou les populistes viendraient à gagner les élections européennes du 26 mai 2019…

En attendant cette date, on comprend mieux pourquoi il est de plus en plus difficile et long d’obtenir une carte grise, un passeport, une carte d’identité ou une carte vitale. …

Mais aussi, en plongeant dans les détails de l’aventure de Sequana et d’Arjowiggins Security, on appréhende  mieux pourquoi les Gilets Jaunes dénoncent de plus en plus fort « la disparition des services publics », une critique qui arrive en tête dans les cahiers de doléances du Grand Débat.

Ceci explique cela car sur cet exemple, l’Etat est fortement responsable de cette situation.

Clara Mitchell pour DayNewsWorld

CLASSEMENT FORBES

LES PLUS GROSSES FORTUNES

Bernard Arnault reste toujours le plus riche des Français. Le PDG du géant mondial du luxe LVMH, Bernard Arnault, reste la première fortune française et la quatrième mondiale, selon le palmarès Forbes publié ce mardi 5 mars.

Sa fortune pèse 76 milliards de dollars, soit 66,9 milliards d’euros. Dans le classement français, il devance l’héritière de L’Oréal, Françoise Bettencourt Meyers.

La fille unique de Liliane Bettencourt reprend « le titre honorifique de femme la plus riche du monde » avec une fortune de 43,4 milliards d’euros (49,3 milliards de dollars, 15e au rang mondial).

Quatre autres femmes, toutes héritières, sont milliardaires en France : Marie Besnier-Beauvalot, Carrie Perrodo, Anne Beaufour et Marie-Hélène Dassault.

La fortune des ultra-riches continue de croître

Sur la troisième marche du podium, François Pinault, à la tête de Kering, rival de LVMH. Sa fortune a augmenté de près de 12 % en un an pour s'établir à 26,1 milliards d’euros (29,7 milliards de dollars).

Toujours dans le secteur à forte croissance du luxe, on trouve les propriétaires de Chanel, les deux frères Wertheimer, avec une fortune estimée pour chacun d’eux à 12,8 milliards d’euros (14,6 milliards de dollars).

La fortune de la famille Dassault est, elle, estimée à 24 milliards de dollars, scindée en quatre parts égales représentant les quatre enfants de Serge Dassault, décédé en 2018.

« Le cru 2019 des milliardaires hexagonaux voit se dessiner deux nouvelles tendances : le club des ultra-riches s’étoffe et leur fortune a continué de croître », constate le magazine.

Xavier Niel perd dix places

« La chute la plus remarquée concerne Xavier Niel, le fondateur d’Iliad-Free, qui perd dix places, après une année noire en Bourse », souligne Forbes. Il se retrouve ainsi 18e du classement avec une fortune estimée à 4,1 milliards de dollars (3,6 milliards d’euros).

De manière générale, les patrons des sociétés de technologie appliquée à la finance « sont redescendus de leur piédestal, après de mauvaises fortunes en Bourse ».

Boby Dean pour DayNewsWorld

LA BANQUE UBS LOURDEMENT CONDAMNEE

3,7 milliards d'euros, telle est l'amende infligée à la banque UBS pour démarchage bancaire illégal et blanchiment aggravé de fraude fiscale. La plus lourde peine jamais prononcée par la justice française dans une affaire d'évasion fiscale !

Accusé d’avoir instauré « une organisation structurée et ancienne » pour faciliter la fraude fiscale en France, UBS est condamné à payer 3,7 milliards d’euros d’amende et 800 millions de dommages et intérêts à l’État français. C’est exactement ce qu’avait requis le parquet national financier (PNF).

La banque suisse a annoncé qu’elle allait faire appel. Même si cette condamnation est contestée en appel, c’est la plus lourde peine infligée par la justice française dans une affaire d’évasion fiscale.

C’était le premier grand procès d’évasion fiscale en France qui se termine par un jugement exceptionnel tant par sa sévérité que par les montants demandés.

Le tribunal correctionnel de Paris a en effet condamné mercredi 20 février la banque UBS la première banque privée du monde à une amende record de 3, 7 milliards d’euros. Un montant qui équivaut à la somme récupérée par l’État auprès des clients d’UBS.

L’Union des banques suisses est renvoyée devant la justice française pour démarchage illégal et recel de blanchiment aggravé de fraude fiscale, ce qui signifie qu’elle est soupçonnée d’avoir envoyé des agents de Suisse vers la France, entre 2004 et 2009, afin de proposer aux clients français des montages financiers leur permettant d’échapper au fisc.

Durant des manifestations sportives, spectacles ou séjours offerts aux clients, des contacts étaient noués et de nombreux comptes avaient ainsi été ouverts...

Jaimie Potts pour DayNewsWorld

ATTENTAT MEURTRIER CONTRE LA CATHEDRALE DE SOLO DANS LE SUD DES PHILIPPINES

Au moins 18 personnes ont péri dimanche dans un double attentat contre une église de l'île de Jolo, dans le sud des Philippines, qui demeure un bastion de l’organisation islamiste Abou Sayyaf.

L'attentat intervient deux jours après l'annonce de l'approbation massive, lors d'un référendum lundi dernier, de la création dans le sud des Philippines de la région autonome Bangsamoro, dans le cadre du processus de paix avec l'insurrection musulmane.

Des photos diffusées par l’armée montrent les portes et les fenêtres de la cathédrales pulvérisées, ses bancs retournés.

Un photographe présent sur les lieux a aussi vu de nombreux corps jonchant le sol.

Cinq soldats et 12 civils ont été tués dans ce double attentat qui a également fait 57 blessés, a déclaré l'officier. « C'est probablement un acte terroriste. Il y a des gens qui ne veulent pas la paix », a-t-il ajouté.

Le porte-parole du président philippin Rodrigo Duterte a condamné « un acte terroriste ».

« Nous poursuivrons jusqu’au bout du monde les cruels auteurs de ce crime ignoble jusqu’à ce que chacun des tueurs soit amené devant la justice et mis derrière les barreaux », a déclaré dans un communiqué ce porte-parole.

La province de Sulu, à laquelle appartient Jolo, bastion d'Abou Sayyaf, a globalement voté contre la création de la nouvelle région autonome Bangsamoro, .

L’île de Jolo est en effet un des principaux bastions d’Abou Sayyaf, une ramification extrémiste de l’insurrection séparatiste musulmane. Spécialisée dans les enlèvements crapuleux, cette organisation a été,créée dans les années 1990 grâce aux financements d’un membre de la famille du chef d’Al-Qaida Oussama Ben Laden.

Elle est aussi accusée des pires attentats dans l’archipel, en particulier celui contre un ferry qui avait fait plus de100 morts en 2004.

La mise en place de cette zone sur un territoire à majorité musulmane – alors que l’archipel est majoritairement catholique – vise au rétablissement de la paix après des décennies d’un conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts.

Britney Delsey pour DayNewsWorld

JEAN-DOMINIQUE SENARD

NOUVEAU PRESIDENT DE RENAULT

Renault tourne la page Carlos Ghosn. Jeudi 24 janvier, le conseil d'administration de Renault se réunit ce jeudi pour mettre en place une gouvernance « pérenne » selon Bruno Le Maire.

Incarcéré depuis plus de deux mois au Japon, celui qui dirigeait Renault depuis 2005 a accepté de démissionner juste avant la tenue du' conseil d'administration chargée de nommer ses successeurs.

Le groupe français a choisi l'actuel patron de Michelin Jean-Dominique Senard en tant que nouveau président du conseil d'administration.

A 65 ans, M. Senard devient donc le onzième président dans l'histoire de Renault.

Thierry Bolloré, qui avait repris les rênes de l'entreprise après l'arrestation de Carlos Ghosn a été, de son côté, confirmé au poste de directeur général de l'entreprise.

Les deux fonctions sont donc désormais séparées, comme le souhaitait l'Etat, principal actionnaire de Renault avec 15% du capital et 22% des droits de vote.

A Thierry Bolloré revient le rôle d'assurer la gestion au quotidien tandis que Jean-Dominique Senard lui se concentrera sur les grandes orientations pour le groupe tout en reprenant la présidence de l'alliance Renault-Nissan, poste qu'occupait également Carlos Ghosn.

La succession de Carlos Ghosn ne balaie pas pour autant les incertitudes pour le constructeur français.

Il faut aussi attendre la fin de l'enquête interne lancée sur les pratiques au niveau de Renault-Nissan-Mitsubishi, la coentreprise de droit néerlandais qui gère les synergies entre les membres de l'Alliance que doit sauver M. Senard.

Une tâche ardue tant les relations entre Renault et Nissan sont délétères depuis l'arrestation et la mise en examen de Carlos Ghosn.

Britney Delsey pour DayNewsWorld

OPERATION SEDUCTION D'EMMANUEL MACRON DEVANT 150 GRAND PATRONS ETRANGERS

Ayant décidé de ne pas participer au forum de Davos qui rassemble le gotha de l’économie mondiale, et ce pour régler l'urgence sociale, Emmanuel Macron a choisi de réunir ce lundi à Versailles 150 patrons français et étrangers.

Ce sommet intervient alors que l’économie nationale s’essouffle, que les créations d’emplois plafonnent et que les défaillances d’entreprises devraient reprendre selon Euler Hermès

Depuis son investiture, M. Macron a reçu à plusieurs reprises de grands groupes internationaux pour les convaincre d'investir en France.

Et il renouvelle cette année l'expérience réussie de l'an dernier où 3 milliards d'investissements sur 5 ans avaient été annoncés en France, avec des engagements d'entreprises comme Google.

Le but affiché : vanter l'attractivité de la France et rassurer en plein mouvement des « gilets jaunes ». En réunissant 150 patrons à Versailles, « notre volonté est de mettre en avant les opportunités dans les territoires en faisant connaître les différentes régions et leurs savoir-faire.

Nous aurons également des entreprises françaises de différentes tailles, représentant le tissu économique en région », a souligné l’Élysée.

« Quand des grands groupes viennent en France, ce sont des emplois dans les territoires. C'est pour cela qu'on se bat pour qu'il y ait des investissements en région », ajoute-t-on de même source.

Quasiment tout le gouvernement doit accueillir et s'entretenir à partir de 15 heures avec des chefs d'entreprises du monde entier.

L'an dernier, le slogan était « France is Back ». Cette année, l'opération « Choose France » se déroule dans le contexte des « gilets jaunes », mouvement qui à l'étranger inquiète quant à la stabilité du pays.

Au chef d 'Etat de donner des gages sur le fait que le cap ne changera pas à l'issue du grand débat, et notamment au sujet de la fiscalité qui continuera d'encourager l'investissement. Au chef de l'Etat de convaincre que la poursuites de ses réformes augmentera l'attractivité France, et de décrocher de nouveaux investissements étrangers.

Des investissements s’élevant à plusieurs centaines de millions d’euros devraient être annoncés à l’occasion de ce second sommet « Choose France », affirme la présidence de la République.

Abby Shelcore pour DayNewsWorld

CARLOS GHOSN LACHE PAR L'ETAT FRANCAIS

L'Etat français avait jusque-là soutenu Carlos Ghosn. Il vient de le lâcher demandant désormais la désignation d’un successeur à la tête de Renault. Un conseil d’administration devrait être convoqué dans les prochains jours.

« J’ai toujours indiqué, en rappelant la présomption d’innocence de Carlos Ghosn, que s’il devait être durablement empêché, nous devrions passer à une nouvelle étape. Nous y sommes », a reconnu Bruno Le Maire, ministre de l’Economie.

Incarcéré au Japon depuis le 19 novembre pour abus de confiance et malversations financières, Carlos Ghosn va ainsi perdre son dernier titre, celui de PDG de Renault, Nissan et Mitsubishi l'ayant révoqué du poste de président du conseil d'administration dès la fin novembre.

« Dans cette nouvelle étape, nous avons besoin maintenant d’une nouvelle gouvernance pérenne pour Renault », a ajouté le ministre de l'Economie, alors que plusieurs émissaires du gouvernement français dépêchés à Tokyo se sont entretenus mercredi avec des protagonistes du dossier Renault-Nissan.

Le ministre n’a pas précisé si le nouveau PDG prendrait aussi la tête de l’alliance avec les japonais Nissan et Mitsubishi mais s'est voulu rassurant. « Nous souhaitons la pérennité de l’alliance.

La question des participations au sein de l’alliance n’est pas sur la table », a-t-il affirmé.

L'État français est le premier actionnaire de Renault, avec 15,01% du capital. Nissan en détient 15%, mais sans droits de vote en assemblée générale. Renault contrôle pour sa part 43% de Nissan, qu'il a sauvé de la faillite il y a près de 20 ans. Nissan possède par ailleurs 34% de Mitsubishi Motors, dernier venu dans l'alliance née en 1999.

Interrogé sur l'éventuelle candidature de Jean-Dominique Sénard, le président sortant de Michelin, Bruno Le Maire en a loué les qualités sans se prononcer pour autant.

«C'est un grand industriel, un homme qui a une conception sociale de l'entreprise et qui l'a démontré à plusieurs reprises», a-t-il déclaré, soulignant qu'il était aussi «un spécialiste du secteur automobile».

Il a toutefois assuré que «l'État se prononcera sur la base des candidats qui lui seront soumis comme actionnaire de référence».

Sous le coup de trois inculpations, le Samouraï français est actuellement en détention provisoire jusqu'au 10 mars au moins. C'est pourquoi ses avocats ont fait appel et demandent sa libération sous caution.

Britney Delsey pour DayNewsWorld

PENELOPEGATE OU LE RENVOI DEVANT LA CORRECTIONNELLE

Le parquet requiert le renvoi de François Fillon, ancien candidat à la présidentielle, et de son épouse Penelope Fillon devant un tribunal correctionnel, ce vendredi 11 janvier. C’est désormais au juge de décider s’il y aura un procès ou non.

Dans l’affaire des emplois présumés fictifs, selon des informations du Monde, le parquet national financier (PNF) a signé, mercredi 9 janvier, un réquisitoire en faveur du renvoi devant le tribunal correctionnel de François Fillon, de son épouse Penelope et de son ancien suppléant à l’Assemblée nationale, Marc Joulaud.

Le parquet « souhaite voir juger [le couple] pour diverses infractions : détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, escroquerie aggravée et complicité de ces délits ».

Au juge de décider

Au juge d’instruction de décider si un procès en correctionnelle aura lieu pour l’ancien candidat à la présidentielle , son épouse et son ancien suppléant parlementaire Marc Joulaud, également mis en examen.

En octobre les juges d’instructions chargés de l’enquête sur les emplois présumés fictifs de l’épouse de François Fillon, avaient notifié la fin de leurs investigations suite à l'enquête lancée après des révélations du Canard Enchaîné.

En effet, le journal avait révélé des soupçons d’emploi fictif de Penelope Fillon, l’épouse du candidat en titrant dans son édition du 25 janvier 2017« Les 600 000 € gagnés par Penelope qui empoisonnent Fillon ».

Elle a été employée de 1986 à 2013 comme assistante parlementaire de son mari et de son suppléant, Marc Joulaud et son activité pose question.

Alyson Braxton pour DayNewsWorld

NOUVELLE INCULPATION POUR CARLOS GHOSN

Mauvaise nouvelle pour Carlos Ghosn. L'homme d'affaires, qui a été inculpé une première fois le 10 décembre pour n'avoir déclaré que la moitié de sa rémunération de 2010 à 2015, est ce vendredi accusé pour avoir minoré ses revenus de la moitié également de 2015 à 2018 à hauteur de 4 milliards de yens (31 millions d'euros)

Le parquet accuse le PDG de Renault également d'abus de confiance aggravé, le patron ayant tenté de faire couvrir par Nissan des pertes sur des investissements personnels au moment de la crise financière d'octobre 2008.

Le bras droit de ce dernier, Greg Kelly, soupçonné d'avoir participé à la manœuvre de dissimulation des revenus, a également été mis en examen. Tout comme Nissan, en tant qu'entité morale.

En effet selon les juges la responsabilité du constructeur est engagée puisqu'il a transmis de fausses déclarations aux autorités boursières dans le cadre de ses rapports financiers annuels.

Le PDG de Renault a clamé son innocence lors d'une audience mardi 8 décembre, sa première apparition publique depuis son arrestation, affirmant être «faussement accusé et détenu de manière injuste».

Il aassuré « avoir agi avec honneur, légalement et avec la connaissance et l’approbation des dirigeants » du constructeur nippon.

Son avocat Motonari Otsuru a annoncé ce vendredi avoir déposé une demande de libération sous caution qui a cependant peu de chance d'aboutir car pour être accordée, il fallait que le prévenu ne rejette pas les accusations portées contre lui.

Motonari Otsuru a donc jugé probable que Carlos Ghosn, arrêté depuis le 19 novembre, soit maintenu en détention jusqu'au début de son éventuel procès, qui pourrait se tenir dans environ six mois.

Alyson Braxton pour DayNewsWorld

PREMIERE COMPARUTION DE CARLOS GHOSN

DEVANT UN JUGE

Amaigri, menotté, une corde autour de la taille, sandale vertes en plastique au pied, avant le début de la séance qui a duré quasiment deux heures, le PDG de Renault Carlos Ghosn est apparu publiquement pour la première fois devant un tribunal japonais, à la demande de ses conseils, ce matin.

Un moment d'exception avant le procès lui-même, qui a permis à Carlos Ghosn d'apparaître devant le public restreint de la salle d'audience et de clamer son innocence. Les avocats du patron de l'alliance Renault-Nissan avaient en effet demandé, en application de l'article 34 de la Constitution, à entendre de la bouche d'un juge les raisons du maintien en détention de leur client. Une procédure de comparution de ce type rare, seulement 0,6% des détenus ayant fait une telle requête l'an dernier.

Lors de cette première séance devant le juge Yuichi Tada, près de deux mois après son arrestation surprise à Tokyo, Carlos Ghosn est parvenu à poser les bases de sa défense en clamant son attachement à Nissan et sa fierté de l'avoir redressé. «J'ai été injustement accusé et placé en détention sur la base d'accusations sans fondement», a-t-il affirmé.

S'exprimant en anglais, Carlos Ghosn a rappelé avoir dédié « deux décennies de sa vie à relever Nissan et bâtir l'alliance », une entreprise qu'il dit aimer. Le Franco-libano-brésilien affirme « avoir agi avec honneur, légalement et avec la connaissance et l'approbation des dirigeants de la compagnie », selon une déclaration écrite qu'il a lue. Ainsi, selon lui, tout ce qu'il a fait a été avalisé par l'entreprise. Pour Carlos Ghosn, c'est une manière de faire endosser une responsabilité plus importante par Nissan.

Il a également assuré ne pas avoir fait couvrir des pertes personnelles à Nissan détaillant les transactions pour lesquelles il est accusé d'abus de confiance. Les sommes versées par une filiale de Nissan à l'homme d'affaires saoudien Khaled Juffali l'ont été, selon le prévenu, en rétribution de services rendus pour aider le groupe dans la région du Golfe.

Pour l'avocat de Carlos Ghosn, Motonari Hatsuru, l'objectif de cette audience était « de connaître le motif précis de la détention et les soupçons qui pèsent encore sur Carlos Ghosn » et de faire libérer son client.

Mais le juge a justifié le maintien en détention de l'ancien président de Nissan par un risque de fuite à l'étranger « où il a des bases » et d'altération des preuves. « Il y a suffisamment d'éléments pour estimer que le suspect pourrait inciter des personnes concernées à dissimuler des infractions », a argué le magistrat Yuichi Tada.

Même si cette comparution n'a quasi aucune chance de changer le cours des choses, la portée symbolique reste cependant forte pour M. Ghosn qui a enfin pu rompre le silence médiatique et donner sa version des faits.

Alyson Braxton pour DayNewsWorld

CARLOS GHOSN PRET A SE DEFENDRE

COMME UN LION

DEVANT LE TRIBUNAL DE TOKYO

Le patron franco-libano-brésilien, placé en garde à vue au Japon depuis le 19 novembre dernier, pourra enfin s'expliquer mardi 8 janvier devant le tribunal de Tokyo.

En activant l'article 34 de la Constitution japonaise, les avocats de Carlos Ghosn provoquent en effet la comparution de leur client et oblige ainsi le procureur à clarifier publiquement le motif de sa détention prolongée.

Le fils du PDG de Renault, Anthony Ghosn, dans un entretien au JDD ce dimanche affirme que son père est « prêt à se défendre de façon vigoureuse » devant un tribunal de Tokyo mardi prochain.

« Pour la première fois, il pourra s’exprimer sur les faits qu’on lui reproche, donner sa vision.

Je pense que tout le monde sera assez surpris en entendant sa version de l’histoire. Jusqu’à maintenant, on a seulement entendu l’accusation. Il aura dix minutes pour s’exprimer » et « il ne lâchera rien », poursuit Anthony Ghosn.

Pour deux des filles du PDG de Renault qui se sont exprimées dans les colonnes du New York Times, Hiroto Saikawa, le directeur général de Nissan, aurait provoqué l'affaire dans le seul but de rééquilibrer le rapport de force en faveur de Nissan au sein de l'alliance entre Renault et le constructeur automobile japonais.

Les conditions de détention du patron français dans la prison japonaise ne sont pas des plus confortables.Selon son fils,

« il résiste, même s’il a perdu une dizaine de kilos en mangeant trois bols de riz par jour. Les conditions ne sont pas très saines". « Le procureur a le droit de l’interroger à n’importe quel moment, deux ou trois fois par jour.

Il peut venir tôt le matin et tard le soir. Les interrogatoires durent une ou deux heures », explique encore Anthony Ghosn ." Mais il prend tout ça comme un challenge " (un défi) et " il lit des livres qu’on lui fait passer presque chaque jour" selon son fils.

Jusqu'à présent Carlos Ghosn se trouve en détention prolongée au Japon pour minoration illégale de ses revenus dans des rapports annuels de Nissan remis aux autorités boursières  et pour un possible abus de confiance, accusations que l'intéressé nie catégoriquement.

Le pouvoir japonais voudrait-il reprendre la main sur un empire automobile redressé par un patron français de génie en broyant ce dernier dans ses geôles pour « fraude fiscale » ?

La France en premier chef et la communauté internationale dans son ensemble, qui n'ont eu que peu ou pas de preuves de la culpabilité du patron Carlos Ghosn, sont restées bien passives dans cette affaire.

Alyson Braxton pour DayNewsWorld

AFFAIRE CARLOS GHOSN LE PDG DE RENAULT DERRIERE LES BARREAUX POUR NOEL

La justice japonaise a décidé dimanche de prolonger sa garde à vue jusqu'au 1er janvier. « Aujourd'hui, la décision a été prise de maintenir M. Ghosn en détention. La garde à vue viendra à expiration le 1er janvier », a dit le tribunal du district de Tokyo dans un communiqué.

Cette décision judiciaire est le dernier rebondissement en date dans la saga qui passionne le Japon et le monde des affaires depuis l'arrestation du capitaine d'industrie le 19 novembre à Tokyo à l'arrivée de son jet privé.

L’ex-président de Nissan (et toujours PDG de Renault), a fait l'objet vendredi 21 décembre d'un nouveau mandat d'arrêt, le troisième, sur des charges supplémentaires, concernant cette fois l'abus de confiance aggravé.

Cette nouvelle arrestation est liée aux pertes subies au moment de la crise des subprimes de 2007-2008 par la société gérant la fortune de M. Ghosn.

Ces pertes, d’un montant de 1,85 milliard de yens (14,5 millions d’euros), auraient été imputées en octobre 2008 à la comptabilité de Nissan.

Carlos Ghosn aurait donc fait passer des pertes personnelles sur les comptes de l'entreprise Nissan  en 2008. Entre 2009 et 2014, une filiale de Nissan aurait par ailleurs versé 14,7 millions de dollars (12,8 millions d’euros) à ce gestionnaire de fortune.

Le parquet soupçonne ainsi Carlos Ghosn d'avoir « failli à sa fonction de PDG et d'avoir causé un préjudice à Nissan »

Ce type de délit est normalement prescrit au bout de sept ans, d'après la loi japonaise. Mais les procureurs soutiennent qu’elle ne s’applique pas à M. Ghosn en raison du temps qu’il a passé à l’étranger ces dix dernières années.

Le Franco-libano-brésilien a déjà été inculpé le 10 décembre pour ne pas avoir déclarer aux autorités boursières près de 5 milliards de yens (38 millions d'euros) de revenus sur cinq années, de 2010 à 2015. Son bras droit l'américain Greg Kelly, arrêté en même temps que lui, a aussi été mis en examen.

Au ministre de la justice, Takashi Yamashita , en réponse aux critiques émises contre le fonctionnement de la justice japonaise, de déclarer que les procédures « se font dans le respect des textes » et que, de ce fait, « il n’y a pas lieu de critiquer. »

Jenny Chase pour DayNewsWorld

TRUMP N’A ETE QUE TRES PARTIELLEMENT ENTENDU PAR LA FED ALORS QU’ELLE PRESCRIVAIT UNE NOUVELLE AUGMENTATION DE SES INTERETS

Comme d’habitude, c’est par un tweet , son arme de communication préférée, que le Président américain avait appelé lundi dernier la FED à ne pas augmenter son taux d’intérêts , alors qu’elle prévoyait de le faire passer de 2,25% à 2,50% , ou dans une fourchette comprise entre ces deux taux.

La FED n’a pas suivi la recommandation pourtant impérieuse du Président. Elle a augmenté son taux directeur mercredi 19 décembre 2019. Celui-ci a été fixé à 2,50%

Pour Donald Trump cette augmentation était tout simplement une erreur, « inspirée par des chiffres sans signification »..

La FED est actuellement présidée par Jérôme Powell, un proche de Donald Trump, lequel cependant, fin novembre avait publiquement estimé que « jusque là, il n’était pas, ne serait ce qu’un peu satisfait de sa nomination de Jay Powell ». Selon Donald Trump et son légendaire instinct, cette nouvelle hausse va renchérir tous les crédits à la consommation et les crédits immobiliers, des mesures qui vont forcement être impopulaires.

Et on sait que Donald Trump pense déjà à sa ré-election !

Mais surtout, ces hausses vont renforcer le dollar, ce qui va contrecarrer ses objectifs de réduction du déficit commercial des US, rendant les importations moins chères et les produits américains plus onéreux à l’exportation.

Mais également, cette augmentation est totalement inopportune compte- tenu des incertitudes qui pèsent sur l’économie américaine et mondiale. Cette augmentation a déjà eu un impact immédiat sur les bourses qui ont immédiatement dévissées. C’est le Nikkei qui a ouvert le bal ;  quelques heures après les bourses européennes ont affiché une très nette baisse. Wall Street n’a pas fait exception.

Sur cette dernière décision de la FED, le Président américain a  frontalement attaqué, en disant : « c’est incroyable, avec un dollar très fort et virtuellement onéreux, aucune inflation, le monde qui explose autour de nous, Paris qui brûle et la Chine sur une pente descendante, la FED procède quand même à une nouvelle hausse de ses intérêts ».

Cette critique ouverte n’a pas été du goût, bien évidemment, des responsables de la FED qui depuis sa création revendique son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique.

Notez bien que tout est dans le mot " indépendance" !

En effet, selon la doxa économique et monétaire qui domine depuis de  nombreuses décennies, une Banque Centrale doit être indépendante. Une indépendance considérée comme un postulat, une condition indispensable.

Oui, mais ! Les Banques Centrales ne sont indépendantes que vis-à-vis des autorités politiques. Au demeurant, dans les faits elles n’ont aucun pouvoir réel ou plus justement que des broutilles de pouvoir.

Tout se passe à l’étage supérieur, en haut de la pyramide (laquelle figure sur le billet de un dollar)

C’est à ce dernier étage que se tient une organisation internationale, très peu connue du grand public, créée en 1930 (au lendemain de la crise de 1929) sous la forme d’une société anonyme. Cette société anonyme est la Banque des règlements iinternationaux (BRI), Bank for International Settlement en anglais. C’est la plus ancienne des organisations financière internationales.

Elle est installée à Bâle (en Suisse). C’est elle qui détient toutes les banques centrales, et qui détient par suite la FED, laquelle a toujours fonctionné avec des capitaux publics,(très  peu)  et des capitaux privés dominants, ces capitaux privés provenant essentiellement de la dynastie des Rothschild, mais aussi des Rockefeller, des frères Lehmann, des Goldman Sax etc..(Il a toujours été très difficile de connaitre très exactement  poids respectifs des ces familles ; c’est le secret le mieux gardé du monde).

Néanmoins, on sait que c’est la dynastie des Rothschild qui détient la plus grande part de ses capitaux. Cette dynastie est la plus puissante de la Terre, sa richesse étant estimée à 500 000 milliards de $ (pour donner une échelle le budget de la France pour 2018 s’est élevé à 2200 milliards d’€). Rappelons que le rôle d’une Banque Centrale est de créer la monnaie, de la mettre en circulation et de veiller au fonctionnement de leur système de distribution.

La FED a donc le pouvoir  d’imprimer de l’argent, pour le compte du gouvernement américain « qui lui reverse des intérêts pour l’extrême faveur qui lui est faite », lesquelles intérêts qui constituent la charge de la dette dans les budgets publics vont directement dans la poche de cette petite caste. Même si au US comme en France, la dépense publique est alimentée par de nombreux gaspillages et des doublons inutiles, on comprend mieux après ces explication où va notre argent…

Le pouvoir de ces familles qui représentent 1% de la population mondiale est donc considérable. C’est une élite qui oblige, de façon très maline l’Etat américain (comme beaucoup d’autres Etats occidentaux) à prélever toujours plus d’impôts.

Vous aurez donc compris à la lueur de ces explications pourquoi Donald Trump, qui s’est imposé victorieusement lors des dernières élections présidentielles américaines en défendant les Américains et l’Amérique (American First), et en s’érigeant en candidat anti-système, vient de prendre de sérieux risques, politiques et personnels.

L’actuel Président de la FED, Jérôme Powell, qui est pourtant un proche de Donald Trump, n’a pas pu résister aux pressions des financeurs de la FED (Rothschild and C°)….

Il faut néanmoins saluer la courte victoire qu’il a obtenu, à savoir que la FED n’augmentera que 2 fois au lieu des trois prévues initialement ses taux d’intérêts en 2019.

Courageux Donald par ailleurs, qui s’est ainsi exposé personnellement, dans un contexte général « flippant » pour les Américains.

Rappelons avant de finir, qu’au moins 7 Présidents américains qui se sont opposés à l’oligarchie financière et au cartel des banques ont été assassinés : Abraham Lincoln, Garfield, McKinley, John Kennedy et peut être même Franklin D. Roosevelt….

Clara Mitchell pour DayNewsWorld

PLAN D'URGENCE SOCIALE ET ECONOMIQUE

DU GOUVERNEMENT FRANCAIS

Nombreux étaient les dossiers sur la table du conseil des ministres ce mercredi 19 décembre. Hausse du Smic, élargissement et augmentation de la prime d’activité, annulation de la hausse de la CSG pour les retraités modestes…

Le projet de loi sur les mesures d’urgence a été déposé mercredi « avant midi » à l’Assemblée, a annoncé à l’issue du Conseil des ministres Benjamin Griveaux.

À l’issue du conseil des ministres , le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux est revenu sur la mise en application des différentes réformes liées au pouvoir d’achat, annoncées par Emmanuel Macron le 10 décembre, en réponse au mouvement des Gilets jaunes.

1° Le Smic et la prime d'activité:

Le décret revalorisant le Smic de 1,5 % au 1er janvier prochain a été adopté, ce mercredi, en Conseil des ministres, a annoncé Benjamin Griveaux dans son compte rendu. Cette revalorisation mécanique portera, en brut, le Smic horaire de 9,88 à 10,03 euros et le Smic mensuel de 1.498,47 à 1.521,22 euros pour un temps plein, soit une hausse de 22,75 euros, a-t-il précisé.

Cette hausse automatique est calculée selon deux critères: l'inflation constatée pour les 20% de ménages aux plus faibles revenus et la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire base ouvrier et employé (SHBOE).

Pour atteindre l'objectif présidentiel d'une hausse de revenus de 100 euros net pour les salariés gagnant autour du Smic, l'exécutif a choisi de passer par la prime d'activité. Le porte-parole du gouvernement a confirmé l’élargissement de la prime d’activité à 5 millions de foyers en France. Les personnes éligibles à cette prime pourront en bénéficier dès le 5 février à partir du moment où elles auront fait la demande auprès de la Caisse d’allocations familiales. Mais 45% des personnes au Smic n'auront pas les 100 euros car elles sont dans des foyers qui touchent à deux plus de 3.000 euros net par mois.

2°La prime exceptionnelle

Une prime exceptionnelle versée par les entreprises aux salariés rémunérés jusqu'à 3.600 euros devra être versée avant le 31 mars, elle concernera «4 à 5 millions de salariés», a annoncé mercredi Benjamin Griveaux. Cette une prime exceptionnelle, qui pourra atteindre 1.000 euros, sera exonérée de toute charge sociale et de l'impôt sur le revenu. Elle devra être versée avant le 31 mars 2019. Les employeurs ne sont pas obligés de verser cette prime. Quelques grands groupes ont déjà annoncé qu’ils le feraient.

3° La CSG

La suppression de la hausse de la CSG, pour les retraités touchant moins de 2.000 euros par mois, s’appliquera, au plus tard, le 1er juillet 2019. Les 3,5 millions de foyers de retraités concernés par cette annonce devront bel est bien supporter la hausse de la CSG à partir de janvier 2019 avant d’être « intégralement remboursés au plus tard le premier juillet […] à travers un gros chèque ou un virement », a précisé Muriel Pénicaud, lundi 17 décembre.

4° Les heures supplémentaires

Le texte prévoit sans surprise la défiscalisation des heures supplémentaires à partir du 1er janvier.

​Un ensemble de mesures d'un coût estimé à 10 milliards d'euros.

Jaimie Potts pour DayNewsWorld

FRANCE APPEL A LA GREVE DANS LE TRANSPORT ROUTIER

Alors que la France commence dans certaines régions à vivre au ralenti économiquement suite au mouvement des « gilets jaunes », les fédérations CGT et FO du transport routier appellent à la grève à partir de dimanche soir. Soutenant « les gilets jaunes » elles entendent défendre le pouvoir d'achat.

Elles appellent à la grève à partir de ce dimanche soir, à partir de 22H et pour une durée indéterminée qualifiant de « miettes » les mesures annoncées mardi par le Premier ministre. FO, 3eme organisation du secteur, appelle «immédiatement le gouvernement à ouvrir les négociations avec les employeurs, en particulier, sur la prime transport. ». Le secteur , regroupant les chauffeurs routiers, les ambulanciers, les transporteurs de fonds ou les déménageurs, compterait quelque 700.000 salariés.

Dans le viseur des deux syndicats également: une récente décision du Conseil d'État rabotant les heures supplémentaires des chauffeurs routiers. Les deux organisations contestent une décision du Conseil d'Etat, qui a annulé les dispositions d'un décret de 2016 fixant des majorations de 25% et 50% pour les heures supplémentaires des chauffeurs routiers, les ramenant à 10%. La CGT estime que cette décision « risque d'avoir des répercussions négatives sur (le) pouvoir d'achat » des routiers.

Décision qui leur ferait « perdre entre 300 et 1200 euros par mois », selon Patrice Clos, secrétaire général de FO Transports et Logistique. « Nous sommes persuadés que depuis la décision du Conseil d'Etat le verrou des heures supplémentaires majorées a sauté pour le transport routier de marchandises. » peut-on lire dans un communiqué conjoint des deux syndicats.

Pour le ministère des Transports il s'agit d' « une grève qui n’a aucune raison d’être » arguant que cette décision, datée du 28 novembre et annulant un décret du 17 novembre 2016, « n'aura aucune conséquence et ne change rien en pratique » affirme le ministère. « Elle était attendue pour des raisons juridiques et avait été parfaitement anticipée par le gouvernement. », ajoute-t-il.

«Un article du projet de loi d'orientation des mobilités (article numéro 42), qui vient d'être présenté en Conseil des ministres, prévoit de sécuriser la primauté de l'accord de branche pour déterminer les taux de majoration des heures supplémentaires. Cela restera donc toujours l'accord de branche qui s'appliquera en la matière, aujourd'hui comme demain», précise-t-on encore au ministère.

La France risque d'être économiquement paralysée à moins de trois semaines des fêtes de fin d'année.

Jaimie Potts pour DayNewsWorld

LE BREXIT UN COUT POUR L'ECONOMIE BRITANNIQUE

Le gouvernement britannique a clairement indiqué qu' « no deal » entraînerait une chute du PIB de 9,3 % en 15 ans. Seul l'accord prôné par May pourrait limiter la casse

« D'un point de vue purement économique, quitter l'UE aura un coût. [...] Ce que la Première ministre essaie de faire, c'est minimiser ce coût », a affirmé en début de matinée le ministre des Finances Philip Hammond.

Quel que soit le scénario de sortie de l'Union européenne (UE), le Brexit va faire entrer l'économie britannique dans une zone de fortes turbulences. Tel est l'avertissement lancé mercredi 28 novembre par le gouvernement anglais dans un rapport qui souligne que l'accord négocié par Theresa May limitera, lui, les dégâts.

Un rapport décisif qui pourrait faire adhérer les députés récalcitrants à l'accord scellé par la Première ministre dimanche avec les 27 autres pays de l'UE alors que pour l'instant le vote des députés britanniques le 11 décembre sur l'accord s'annonce loin d'être gagné pour Mme May.

Le rapport pointe du doigt qu'une sortie sans accord amputerait le produit intérieur brut du Royaume-Uni de 9,3 % en 15 ans tandis que l'accord trouvé par Mme May, décrié, y compris par le Parti conservateur de la Première ministre, coûtera, lui, 3,9 % au PIB du pays. le rapport de 83 pages. Le document souligne toutefois que tous ces chiffres doivent être pris avec des pincettes « en raison des incertitudes inhérentes à ce type d'analyse économique »

« D'un point de vue purement économique, quitter l'UE aura un coût. [...] Ce que la Première ministre essaie de faire, c'est minimiser ce coût », a affirmé en début de matinée le ministre des Finances Philip Hammond sur la BBC Radio 4. Bien que le gouvernement ne donne pas de chiffres concrets, selon des économistes cités par l'agence PA, un PIB moins élevé de 3,9 % représente environ 100 milliards de livres d'ici à 2030.

Un chiffre bien plus élevé que l'actuelle contribution du gouvernement britannique au budget de l'UE.

Andrew Preston pour DayNewsWorld

 

COMPRENDRE LA DECHEANCE SUBITE

DE CARLOS GHOSN

Alors que la garde à vue de Carlos Ghosn au Japon a été prolongée de dix jours, Thierry Bolloré a été nommé provisoirement aux commandes du constructeur français. « Il y a une gouvernance solide qui assure le bon fonctionnement de Renault », a rassuré Bruno Le Maire mercredi 21 novembre.

Le conseil d’administration de Renault a maintenu le patron dans ses titres et fonctions tout en reconnaissant son incapacité transitoire à diriger l’entreprise. « M. Ghosn, temporairement empêché, demeure président-directeur général », souligne le communiqué publié à l’issue de la réunion.

A Paris, le constructeur français et l’Etat actionnaire ne disposent d’aucun élément sur l’enquête elle-même et les faits reprochés à M. Ghosn. « J’appuie la demande du conseil de Renault d’obtenir toutes les informations de la part de Nissan au sujet de M. Ghosn », a déclaré mercredi M. Le Maire.

Le PDG du groupe, à la tête de l’alliance entre le français Renault et le japonais Nissan depuis 1999, est soupçonné d'avoir dissimulé au fisc nippon la moitié de ses revenus pendant plusieurs années. Un scandale qui pourrait faire les affaires de Nissan.

Mais, selon plusieurs experts du secteur, ces révélations tombent à point nommé ces derniers n'y voyant qu'un « coup d’Etat » orchestré par Nissan.

En effet Carlos Ghosn s'apprêtait à faire une sorte de fusion-acquisition entre les deux groupes. Or Nissan pèse désormais plus lourd que son partenaire français et redoutait sans doute une intégration renforcée qui lui aurait fait perdre son indépendance.

L’alliance entre les groupes français et japonais remonte à 1999 alors que Nissan est alors au bord de la faillite. Avec un plan de restructuration sévère (21 000 salariés à la porte, la fermeture d'un site industriel, et la rupture des relations avec les fournisseurs historiques par la concurrence) le constructeur d'automobile Nissan est sauvée

Cette alliance repose sur un montage particulier, avec une participation croisée des deux entreprises. Renault détient 43,4% du capital de Nissan, et le japonais 15% du Français. Une société néerlandaise, détenue à égalité par les deux groupes, voit le jour en 2003 : Renault-Nissan. Deux entités indépendantes.

L'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi est devenue le premier constructeur automobile mondial : 10,5 millions de véhicules vendus dans le monde l'an dernier. Elle regroupe 470 000 salariés et 122 sites industriels dans tous les continents.

En 1999, au moment du rapprochement, Renault affiche une meilleure santé que son homologue japonais. Mais près de vingt ans plus tard le rapport de force s’est inversé, Nissan frôlant presque les 100 milliards de chiffre d’affaires soit deux fois plus que Renault avec 58 milliards.

Or le fleuron de l’industrie nippone redoutait une intégration renforcée qui lui aurait fait perdre son indépendance et plaidait en vain pour « un rééquilibrage » de son alliance avec Renault, en passant de 15 à 25% de parts au sein du constructeur français.

« L’Etat français a désormais un poids plus important. Du point de vue de Renault, c’est un problème important, et pour nous, Nissan, c’est un motif d’inquiétude », dénonçait le directeur de la compétitivité de Nissan lors de la conférence de présentation des résultats semestriels dès 2015.

Si Carlos Ghosn a sauvé Nissan, il n'en reste pas moins un étranger dont la mainmise sur l’alliance agace. La petite berline Micra est fabriquée uniquement en France par exemple et une partie des bénéfices récupérés par Renault. De plus les rémunérations excessives de Carlos Ghosn ont suscité de plus en plus de critiques . En 2016, il a perçu une rémunération globale de 15,6 millions d’euros, faisant de lui le troisième patron le mieux payé des dirigeants du CAC 40.

Une déchéance tellement subite qu’elle pourrait en fait cacher un « coup d'Etat » du groupe japonais, selon certains experts, pour un réequilibrage des pouvoirs au sein de l'Alliance en faveur du fleuron japonais.

Renault, le plus affecté par l'affaire qui touche son PDG, est pour l'instant resté prudent sur cette affaire.

Andrew Preston pour DayNewsWorld

 


LE GRAND CAPITAINE D'INDUSTRIE CARLOS GHOSN DECHU

Carlos Ghosn , président du groupe Renault Nissan a été arrêté à Tokyo lundi 19 novembre après une enquête interne de Nissan, selon le quotidien japonais Asahi. Il est soupçonné d’avoir sous-évalué sa rémunération et surtout d’avoir utilisé de l’argent du groupe à des fins personnelles.

Ghosn a été arrêté sur ordre du parquet de Tokyo. La direction de Nissan a fait savoir que le conseil d’administration allait statuer sur son départ de la présidence du groupe.

Les procureurs enquêtent sur le volet de déclarations erronées de revenus aux services fiscaux, mais les médias avancent déjà beaucoup d'autres soupçons, aidés par des sources internes de Nissan. L'achat de résidences de luxe payées par une obscure filiale d'investissement, l'encaissement indu de primes destinées à d'autres administrateurs du groupe.

 

« L'enquête a montré qu'au fil des ans, Ghosn et Kelly ont déclaré des montants de rémunération inférieurs aux montants réels dans des rapports à la Bourse de Tokyo afin de réduire le montant déclaré de la rémunération de Carlos Ghosn », indique le constructeur automobile japonais. Selon l'agence de presse japonaise Jiji, Carlos Ghosn aurait sous-évalué sa rémunération de près de la moitié.

On lui reproche d'avoir sous-estimé ses revenus de l'ordre de 5 milliards de yens (38 millions d'euros) sur cinq ans à compter de 2011 dans des rapports financiers annuels officiels déposés par Nissan.

Cette affaire a fait l’effet d’une bombe sur les marchés financiers. L'action du constructeur français perdait près de 10% en début d'après-midi, après avoir abandonné près de 15% en fin de matinée. A la Bourse de Francfort, le titre Nissan a reculé dans les mêmes proportions. Au Japon, l’action Nissan s’est effondrée.

Cette affaire touche l'un des plus importants constructeurs automobiles au monde. Avec 10,6 millions d'automobiles et utilitaires légers vendus en 2017, l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi a même atteint pour la première fois la première place mondiale du secteur, devant Volkswagen, Toyota et General Motors.

Cette affaire tombe au plus mauvais moment pour le groupe Renault-Nissan. La légitimité et le talent du dirigeant franco-brésilien de 64 ans n'est pas mis en cause, le monde des affaires reconnaît que Carlos Ghosn est sans doute l’un des patrons d’entreprise les plus emblématiques qui a réussi à sauver Nissan de la faillite et mener une stratégie gagnante chez Renault en développant le low cost et en tissant des liens gagnant-gagnant avec Nissan.

L’alliance Renault-Nissan (à laquelle il faut ajouter Mitsubishi) forme un système industriel qui parvient à dégager des synergies sur les fabrications, le commercial et la recherche.

Or, Carlos Ghosn est le principal artisan de cette alliance qui a porté le groupe au sommet. Carlos Ghosn dirige 120 000 salariés et 38 usines à travers le monde. Il s’était donné pour mission de préparer l’alliance pour aborder l'avenir portant sur la mobilité, l’électrique et la maturité des marchés chinois.

En France, l'Etat, actionnaire principal de Renault (à hauteur de 15%), est pour le moment resté discret se refusant à tout commentaire.

Lors d'une conférence de presse au siège du groupe à Yokohama, Hiroto Saikawa a assuré que « l'alliance entre les trois entités » (Renault, Nissan et Mitsubishi Motors) ne serait « pas affectée par cet événement » reconnaissant que l'impact sur Renault serait, lui, « significatif ».

La firme au losange a annoncé que son conseil d'administration « se réunirait au plus vite » pour réfléchir à une réaction.

Jaimie Potts pour DayNewsWorld

INAUGURATION DU PREMIER TGV AU MAROC

EN GRANDE POMPE

Emmanuel Macron et le roi du Maroc inaugurent ce jeudi la première ligne à grande vitesse (LGV) d'Afrique, longue de 350 km entre Tanger et Casablanca, via Rabat. Cette LGV, bâtie avec le soutien de la SNCF et les rames TGV, fournies par Alstom, mettront Casablanca à 2h10 de Tanger contre 4h45 actuellement, et Rabat la capitale politique du pays, à 1h20, au lieu de 3h40 actuellement.

Cette ligne est considérée comme une vitrine pour le développement économique du royaume et pour le savoir-faire des entreprises françaises.

LGV Maroc est d’abord le fruit d’un partenariat stratégique franco-marocain, voulu, dès 2007 par Nicolas Sarkosy et le roi du Maroc. La France a financé 51 % du coût du projet via différents prêts, soit 1,1 milliard d’euros.

La SNCF apporte son expertise de la grande vitesse concernant la conception, la construction de la LGV. Elle en assure également l’exploitation et l’entretien. Le tout, avec l’objectif d'un transfert de savoir faire.

Emmanuel Macron est accompagné au Maroc des patrons des entreprises françaises ayant participé au projet: Alstom (fourniture des rames), le consortium Ansaldo-Ineo (signalisation et télécoms), Cegelec (sous-stations électriques) et le consortium Colas Rail-Egis Rail (voies et caténaires). La SNCF assure l'assistance à maîtrise d'ouvrage auprès de l'Office National des Chemins de Fer marocains (ONCF). Paris tente de se positionner pour obtenir d'autres contrats en Afrique même si le TGV français a connu peu de succès à l'étranger jusqu'à présent (Espagne, Corée, Italie).

Le Maroc, lui, s'emploie à se positionner comme un « hub africain » pour les investisseurs étrangers. Cette voie à grande vitesse va permettre de développer au niveau économique un pays en reliant deux grands pôles du royaume.Un chantier de huit ans pour un train qui va relier la capitale économique, Casablanca, à Tanger, deuxième pôle économique du royaume. Avec Tanger Med, premier port d’Afrique et l’écosystème automobile créé autour de l’usine Renault, Tanger est en effet devenu le deuxième pôle économique du pays après Casablanca.

La date effective de mise en service commerciale pour les voyageurs ordinaires n'est pas encore connue mais l'ONCF table sur six millions de passagers après trois ans d'exploitation, soit le double d'aujourd'hui.

La ligne TGV devrait ensuite rejoindre deux autres grandes villes du Maroc : Marrakech et Agadir, plus au sud.

Et ce malgré les critiques des détracteurs du TGV représentés par le collectif Stop TGV pour qui l’Etat devrait plutôt investir dans les trains régionaux afin de désenclaver le monde rural dans ce pays de 35 millions d’habitants au réseau ferroviaire peu développé.

Carl Delsey pour DayNewsWorld

L'ENORME FRAUDE FISCALE CUMEX FILES

DE 55 MILLIARDS D'EUROS

Le CumEx Files: c'est un nouveau scandale d'évasion fiscale. Plusieurs Etats de l'Union européenne, parmi lesquels la France, l'Allemagne et le Danemark, ont perdu quelque 55 milliards d'euros à cause d'un vaste montage financier impliquant des traders, des banques et des avocats, révèlent jeudi 18 octobre Le Monde et dix-sept autres médias européens qui ont enquêté conjointement.

L’énorme fraude fiscale baptisée « CumEx Files », révélée en Allemagne, a coûté 55 milliards d’euros à une dizaine de pays européens, soit bien plus que les évaluations initiales, affirment 19 médias jeudi dans une enquête conjointe.

Contrairement aux affaires précédentes d'évasion fiscale, telles que celle des « Panama Papers », ce scandale ne concerne pas l'utilisation de paradis fiscaux.

Le mécanisme de fraude .

Il consiste en fait à duper les Etats européens qui ont mis en place une taxe sur les dividendes des actionnaires.

Ce montage litigieux attribué à un avocat allemand de renom, Hanno Berger, consiste à acheter et revendre des actions autour du jour de versement du dividende, si vite que l’administration fiscale n’identifie plus le véritable propriétaire.

La manipulation nécessitant l’entente de plusieurs investisseurs permet de revendiquer plusieurs fois le remboursement du même impôt sur le dividende, lésant ainsi le fisc.

Tel est le mécanisme de la fraude révélée par 19 médias européens ce jeudi.

Exemple de la France.

La France, par exemple, prélève une taxe de 15 à 30% à chaque fois qu'une entreprise reverse une partie de ses bénéfices à ses actionnaires. Mais certains actionnaires étrangers peuvent bénéficier d'un remboursement de cet impôt au titre de conventions établies entre plusieurs pays.

Qu'apprend-on ? Qu'en France, pendant quinze ans, un trafic d'actions sophistiqué impliquant des banques françaises comme la BNP Paribas et la Société générale a été réalisé.

Le but : transférer rapidement les actions entre différents propriétaires étrangers afin que les Etats européens peinent à en retrouver les véritables détenteurs, et rembourse ainsi plusieurs fois la taxe sur les dividendes.

11 Etats concernés pour un coût de 55,2milliards d'euros

Les investigations de 19 médias européens concluent que le « cum ex » a coûté 55,2 milliards d’euros à 11 États, soit l’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Danemark, la Belgique, l’Autriche, la Finlande, la Norvège et la Suisse.

L’affaire a éclaté en 2012 en Allemagne, entraînant l’ouverture de six enquêtes pénales et la tenue prochaine d’un premier procès à Wiesbaden, dans l’ouest, visant Hanno Berger et plusieurs négociants en Bourse.

Sur la foi « d’informations des autorités fiscales et d’analyses des données de marchés », l’enquête conjointe des 19 médias détaille désormais le préjudice supposé par pays.

Pour l’Allemagne, l’enquête arrive à 31,8 milliards d’euros extorqués au fisc allemand. L’escroquerie aurait aussi coûté « au moins 17 milliards d’euros » à la France, 4,5 milliards à l’Italie, 1,7 milliard au Danemark et 201 millions d’euros à la Belgique».

Garett Skyport pour DayNewsWorld

 

HARO SUR LES PRELEVEMENTS OBLIGATOIRES

EN FRANCE PLUS DE 1000 MILLARDS PAR AN

Les prélèvements obligatoires ont dépassé la barre des 1.000 milliards en France puisque impôts et cotisations sociales ont atteint 1.038 milliards d'euros en 2017, selon le rapport du député En Marche Joël Giraud sur le projet de loi de Finances.

Six prélèvements sont essentiels pour les finances publiques.

Alors que le gouvernement se targue d'avoir accordé 6 milliards d'euros de baisses d'impôts dans le projet de budget pour 2019 le chiffre de 1000 milliards donne matière à être relativisé.

Les entreprises et les ménages paient désormais plus de 1.000 milliards de prélèvements obligatoires chaque année.

Plus précisément, la somme des impôts et des cotisations sociales a atteint 1.038 milliards en 2017, selon le rapport du député Joël Giraud (LREM) sur le projet de budget, publié ce vendredi soir.

Certes des baisses d'impôts ont été annoncéescomme pour la taxe d'habitation, la fiscalité du capital, et les baisses de cotisation.

Mais les prélèvements obligatoires vont continuer d'augmenter en 2018 en valeur absolue, pour se situer autour de 1.057 milliards d'euros.

Avec le Danemark, la France figure parmi les pays de l'OCDE où les acteurs économiques sont les plus imposés.

Bien entendu cette donnée dépend aussi de la façon dont la protection sociale est financée (retraite ou assurance santé publique ou privée).

Mais le taux de prélèvements obligatoires aura atteint un pic en 2017.

Et quels sont les prélèvements qui rapportent le plus pour atteindre la somme de 1.000 milliards ?

1° Les cotisations sociales, pèsent 385 milliards

2° La TVA, avec 160 milliards de recettes réparties entre l'Etat, les régions et les administrations de Sécurité sociale.

3° La CSG-CRDS, à 107 milliards d'euros avec une hausse vertigineuse ces dernières années ( taux augmenté et son champ d'application élargi d'année en année). En 2018 elle rapportera 125 milliards en raison de la hausse de la CSG décidée par Emmanuel Macron.

5° L'impôt sur le revenu (73 milliards)

6° L'impôt sur les sociétés (36 milliards)

Sans compter l'impôt sur les sociétés, la TICPE (taxe sur les produits pétroliers) et la taxe foncière et bien d'autres.

Britney Delsey pour DayNewsWorld

 

PRIX NOBEL D'ECONOMIE

Le prix Nobel d'économie a été attribué, lundi 8 octobre, aux chercheurs américains William Nordhaus et Paul Romer.

Il récompense leurs travaux sur la compatibilité entre les impératifs d’innovation, de lutte contre le changement climatique et la croissance économique.

Le premier, professeur à l'université de Yale, est récompensé pour ses travaux « intégrant le changement climatique dans les analyses macroéconomiques de long terme ».

Ses travaux font aujourd’hui autorité et servent à prédire ou quantifier les conséquences des politiques climatiques, comme par exemple la taxe carbone.

Le second, ancien économiste en chef de la Banque mondiale et enseignant à l'université de New York, est salué pour ses recherches « intégrant les innovations technologiques dans les analyses macroéconomiques de long terme ».

Il a montré comment « l’accumulation d’idées soutient la croissance économique sur le long terme » et a mis l'accent sur le rôle des forces économiques et des régulations dans « l’inclination » des entreprises à innover.

Les deux lauréats « ont mis au point des méthodes qui répondent à des défis parmi les plus fondamentaux et pressants de notre temps :

conjuguer croissance durable à long terme de l'économie mondiale et bien-être de la population de la planète », a indiqué l'Académie royale des sciences.

Ils se partageront le prix de 9 millions de couronnes.

Boby Dean pour DayNewsWorld

 

PRIVATISATIONS EN MARCHE

L’Assemblée nationale a autorisé, jeudi 4 octobre, la privatisation de Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris) ainsi que celle de la Française des jeux (FDJ), mesures phares du projet de loi Pacte (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises).

Et ce au grand dam des oppositions  de droite comme de gauche :

dans la bouche d'Eric Woerth comme dans celle de Boris Vallaud «Renoncez à ces privatisations!». «Si nous avons une coalition d'opposition entre la droite, la gauche, les insoumis et le PCF, c'est que nous avons tous le sentiment d'une grande braderie des biens de la nation», a résumé Philippe Gosselin chez les Républicains

L'Assemblée nationale a donné, par 39 voix contre 7, son feu vert à la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP) dans le cadre de l'examen en première lecture de la loi Pacte. Le régime juridique et le cahier des charges d'ADP ont cependant été modifiés. Ainsi si l'Etat ne doit plus conserver 50% des parts, la future privatisation d'ADP prendra la forme d'une concession limitée à 70 ans «pour ne pas conférer un droit illimité à un acteur privé», a précisé le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire.

«L'État disposera d'un pouvoir de décision, c'est également l'État qui fixera les orientations sur le développement des aérodromes, c'est encore lui qui, faute d'accord, imposera la réalisation d'investissements nécessaires au service public aéroportuaire», a détaillé le ministre.

Histoire de ne pas commettre les mêmes erreurs que lors de la privatisation des autoroutes. Cette concession sera donc encadrée par «un cahier des charges strict et contraignant» fixant les critères - prix et projet - de l'opération. L’Etat retrouvera la pleine propriété du foncier et des infrastructures et les modalités de fixation de l’indemnité que recevra ADP dans 70 ans.

Le groupe français Vinci, déjà actionnaire d'ADP, s'est montré intéressé pour cette opération. Le gouvernement serait disposé à ouvrir la possibilité d'une participation des collectivités franciliennes. D'aucuns redoutent cependant «l'actionnaire non souhaitable» en clair chinois.

Les députés ont dans la foulée voté, par 48 voix contre 12, l'article du projet de loi qui permet le transfert au privé de la majorité du capital de la Française des Jeux (FDJ) , actuellement détenu à 72% par l'État. Ce dernier doit conserver «au minimum» 20% des parts. Le dossier de la FDJ n'est pas encore terminé. Avant toute privatisation, le gouvernement entend créer une nouvelle autorité de régulation des jeux.

Afin de se conformer à la réglementation européenne qui prévoit un contrôle public étroit sur les entreprises en situation de monopole, l’Etat pourrait en outre conserver une participation importante dans l’exploitant du Loto, de l’ordre de 25 % ou 30 %. Le sujet est sensible compte tenu des risques d’addiction et de blanchiment d’argent.

Pourquoi ces privatisations ?

Les opérations envisagées chez ADP, la FDJ et bientôt chez Engie peuvent au total rapporter en théorie près d'une vingtaine de milliards d'euros à l'État. (ADP : 9,5 milliards , Engie 7,8 milliards,. FDJ pas cotée mais valorisée autour de 3 milliards d'euros).

Le produit de ces cessions contribuera ainsi à alimenter le fonds pour l’innovation doté de 10 milliards d’euros créé en début d’année mais aussi à participer pour moitié au désendettement de l’Etat.

Face à l'opposition qui l'accuse sans surprise de «brader les bijoux de famille», Bruno Le Maire revendique de «redéfinir les rôles respectifs de l'État et des entreprises»: «Le rôle de l'État n'est pas d'encaisser des dividendes». Bruno Le Maire se veut partisan d’un Etat « stratège plutôt que rentier » , « un État capable d’inventer et construire l’avenir des Français ». Encore faut-il avoir envie de confier l’invention et la construction de votre avenir à l’État ?

Le gouvernement espère que les investisseurs particuliers souscriront massivement à cette émission d’action pour « redynamiser l’actionnariat populaire ».Il faut dire que l’actionnariat populaire fond comme neige au soleil....

Encore faut-il être convaincus des bienfaits d’être actionnaire d’une entreprise « privatisée ».

Jaimie Potts pour DayNewsWorld

 

MORT DE L'ALENA  OU UN NOUVEL ACCORD DE

LIBRE-ECHANGE ENTRE ETATS-UNIS ET CANADA

Après avoir annoncé un nouvel accord de libre-échange dimanche, désormais appelé « Accord économique Etats-Unis, Mexique, Canada », soit l'AEUMC, le Premier ministre canadien a annoncé « une bonne journée » pour son pays.

La méthode Trump a été récompensé dimanche dans la nuit. Donald Trump avait qualifié, durant toute sa campagne électorale de 2016, l’Alena de « désastre » pour les travailleurs et l’industrie américains. Il menaçait déjà de quitter cet accord unilatéralement.

Les Etats-Unis, le Canada, et le Mexique sont enfin parvenus à un accord sur la réforme du traité commercial Aléna qui lie ces ces trois pays depuis 1994, quelques heures seulement avant la date-butoir fixée par Washington.

Le Canada a rejoint, dimanche 30 septembre l’accord de modernisation du traité de libre-échange nord-américain (Alena) signé sous George Bush père, en 1992, et entré en vigueur sous Bill Clinton, en 1994.

L'Aléna, accord trilatéral liant les trois pays depuis 1994, est rebaptisé « Accord économique Etats-Unis, Mexique, Canada », soit l'AEUMC, selon une déclaration conjointe.

« L'AEUMC offrira à nos travailleurs, agriculteurs, éleveurs et entreprises un accord commercial de grande qualité qui donnera lieu à des marchés plus libres, à un commerce plus équitable et à une croissance économique solide dans notre région »", souligne un communiqué commun.

« Nous célébrons l'accord trilatéral. Il ferme la porte à la fragmentation commerciale de la région. Aléna 2 donnera de la sécurité et de la stabilité au commerce du Mexique avec ses partenaires en Amérique du Nord », a tweeté Jesus Seade, qui représentait le président-élu mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador durant les négociations.

Fin août, les Etats-Unis et le Mexique avaient annoncé un accord commercial après des semaines de négociations  tout en espérant que le Canada se joindrait à eux pour donner naissance à l’accord de modernisation de libre-échange.

Quels sont les aménagements contenus dans le nouvel Alena ?

1° L' assouplissement du marché laitier : l’accord offre aux Etats-Unis un accès à environ 3,5 % du marché laitier canadien, évalué à 16 milliards de dollars, tout en protégeant le Canada d’éventuels tarifs douaniers automobiles. Washington aurait en conséquence lever les droits de douane, imposés sur l’acier et l’aluminium, et accepter de ne pas en imposer sur l’importante industrie automobile canadienne, menace brandie par le président américain. Le gouvernement de M. Trudeau aurait aurait obtenu également en échange le maintien « intact » du système d’arbitrage des litiges commerciaux dans le nouvel Alena, l’AEUMC. (USMCA en anglais). Le Québec qui produit les trois quarts du lait verra ses producteurs laitiers dédommagés par le gouvernement fédéral pour toutes les pertes liées.

2° La mise en place d'un chapitre sur l'environnement. Washington et Ottawa se sont également mis d'accord pour que le nouveau traité commercial crée un chapitre sur l'environnement, une première depuis la création de l'Aléna en 1994.

3° La confirmation de l'exception culturelle canadienne, très chère aux Québécois.

Cet accord s'apparente à un armistice dans la guerre commerciale qui opposait les deux pays, comparable à celui scellé cet été avec les Européens.

Reste le principal conflit à venir : l'affrontement commercial entre les Etats-Unis et la Chine ou « une nouvelle guerre froide entre puissance dominante et puissance ascendante ».

Jaimie Potts pour DayNewsWorld

 

L'ADULTERE N' EST PLUS UN DELIT EN INDE

Après la dépénalisation de l'homosexualité au début du mois de septembre, c'est au tour de l'adultère d'être enfin dépénalisé en Inde .

La Cour suprême d'Inde a dépénalisé jeudi l'adultère dans ce pays d'Asie du Sud, où il était passible d'une peine de prison, jugeant cette loi discriminatoire envers les femmes. Un article de loi datant de l'époque coloniale britannique permettait d'infliger jusqu'à cinq ans de prison à tout homme ayant eu des relations sexuelles avec une femme mariée sans le consentement de son mari.

« Considérer l'adultère d'un point de vue de la criminalité est une mesure rétrograde », a déclaré un panel de cinq juges de la Cour suprême dans une décision à l'unanimité.

Aux termes de cette disposition, les femmes ne pouvaient pas elles-mêmes porter plainte pour adultère, ni ne pouvaient être jugées responsables d'adultère, en faisant uniquement une affaire d'hommes.

La haute instance judiciaire a estimé que cette loi privait les femmes de leur dignité et leur choix individuel et les traitait comme la propriété de leur époux.

Pour autant les juges ont toutefois précisé que l'adultère constituait bien un motif légitime de divorce.

En 1954, cette même Cour suprême avait maintenu la pénalisation de l'adultère en considérant à l'époque « qu'il est communément accepté que c'est l'homme le séducteur, pas la femme ».

En Inde les normes sociales sont très régressives et les lois communautaires ont toujours une importance majeure dans le pays.

Ainsi le système des castes imprégnant encore fortement les relations sociales les «panchayats» (conseil d'anciens) restent très influents dans les campagnes. Ils approuvent les «crimes d'honneur» ou les viols de femmes n'ayant pas obéi aux coutumes.

Ainsi il y a trois ans, deux sœurs âgées de 15 et 23 ans avaient été violées et exhibées nues dans leur village.

Le conseil de village avait décidé de cette humiliation publique en guise de sanction envers leur frère qui s'était enfui avec une femme mariée appartenant à la caste supérieure des Jats

Le poids des traditions communautaires risque de peser encore quelque  temps cependant.

Britney Delsey pour DayNewsWorld

 

PRINCIPALES MESURES DU BUDGET

DE LA SECURITE SOCIALE FRANCAISE

Reste à charge zéro, financement des plans santé et pauvreté mais aussi quasi-gel des pensions de retraite et des allocations familiales, médicaments moins bien remboursés au profit des génériques… Voici les principales mesures du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2019.

La mesure entrera en vigueur au 1er janvier 2020 et concernera les patients qui refusent les génériques sans justification médicale.

Médicaments génériques

Les patients refusant sans justification médicale les médicaments génériques proposés par leur pharmacien seront moins remboursés à partir de 2020, selon une disposition du projet de budget de la sécurité sociale dévoilé ce mardi. "Le taux de substitution générique/princeps dépasse à ce jour les 80% en France" mais les "mécanismes en faveur de la substitution montrent aujourd’hui un certain essoufflement", justifie le gouvernement. Avec ces mesures il espère à court terme "moins de 100 millions d’euros" d’économies.

Plan santé

Le secteur de la santé, qui devra réaliser 3,8 milliards d’euros d’économies, bénéficiera d’une rallonge budgétaire de 400 millions d’euros afin de financer les principales dispositions du plan santé, parmi lesquelles la création de postes d’assistants médicaux et le financement des communautés professionnelles territoriales de santé.

Pour enrayer la course aux volumes dans les hôpitaux, de nouveaux modes de financement seront mis en place avec la création de forfaits pour les pathologies chroniques, dont le diabète et l’insuffisance rénale chronique dès 2019.Reste à charge zéro

Promesse phare du candidat Macron, "le reste à charge zéro", c’est-à-dire le remboursement intégral par la Sécu et les complémentaires de certaines lunettes, prothèses dentaires et auditives, sera progressivement mis en œuvre jusqu’en 2021, grâce notamment à la fixation de tarifs plafonds.

Fusion de la CMU-C et de l’ACS

La couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) et l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS) seront fusionnées à compter du 1er novembre 2019 pour améliorer le remboursement des soins de 1,4 million de Français.

Revalorisation de "prestations prioritaires"

La prime d’activité, le minimum vieillesse et l’allocation adulte handicapée (AAH) bénéficieront de revalorisations exceptionnelles de plus de 4% par an, conformément aux engagements présidentiels.

Un même congé maternité pour les indépendantes travailleuses indépendantes, cheffes d’entreprises et agricultrices pourront bénéficier en 2019 d’un congé maternité aussi long que celui des salariées.

Les quelque 20.000 femmes concernées chaque année devront à l’avenir prendre au minimum huit semaines de congé maternité contre un peu plus de six à l’heure actuelle) et pourront en prendre au maximum 16 (au lieu de presque 11).

Coup de pouce aux parents d’enfants handicapés

Majoration de 30% du montant du complément mode de garde (CMG) pour les familles ayant un enfant bénéficiaire de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), soit un gain potentiel maximum de 140 euros par mois pour une famille employant un assistant maternel ou une garde à domicile.

Maisons de retraite

Pour accélérer les recrutements de personnels, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) bénéficieront de 125 millions d’euros supplémentaires. Des crédits sont également prévus pour augmenter le nombre d’infirmiers de nuits dans ces structures ou pour y développer des plans de prévention.

Quasi-gel des pensions et allocations Les pensions de retraite versées par l’Assurance vieillesse et les allocations familiales ne seront revalorisées que de 0,3% en 2019 et 2020, soit bien en deçà de l’inflation.

Baisses de cotisations

Transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse de cotisations patronales, ce qui privera la Sécu d’au moins 20 milliards d’euros de recettes.

Pour les salariés, exonération de cotisations sur les heures supplémentaires dès le 1er septembre 2019.

CSG des retraités

Un geste en direction des retraités modestes: 350.000 foyers seront exonérés de la hausse du taux de CSG de 1,7 point, pour un coût de 350 millions d’euros.

Prévention

La vaccination contre la grippe par les pharmaciens, expérimentée dans deux régions, sera étendue à deux régions supplémentaire cet hiver avant une généralisation pour l’hiver 2019–2020.

Le champ d’intervention du fonds de lutte contre le tabac aux addictions liées aux substances psychoactives sera élargi grâce à de nouvelles ressources "correspondant au produit des amendes forfaitaires sanctionnant la consommation de cannabis", à hauteur de 10 millions d’euros en 2019.

Britney Delsey pour DayNewsWorld

 

LE BUDGET 2019  BAISSE POUR LES MENAGES OU POLITIQUE DU RABOT

Le gouvernement présente ce lundi 24 septembre son budget pour 2019 qui doit concilier les promesses d'Emmanuel Macron et la maîtrise des comptes publics. Avec des contraintes et sans marge de manœuvre :

le déficit public doit rester dans les clous alors qu'il n'est pas certain que les mesures d'économie suffisent à contenir la hausse des dépenses publiques.

Aussi le gouvernement est-il sur une ligne de crête entre la nécessité de commencer le processus de baisse de la dette et celle de ne pas trop plomber la croissance.

Or, Emmanuel Macron a dévissé dans les sondage à -29% de cote de popularité ce qui le conduit faire un geste en faveur du pouvoir d'achat de certaines catégories de Français.

D'autant que l'entrée en vigueur de la hausse de la CSG début 2018 a contribué à installer l'image d'un gouvernement généreux avec les riches, quitte à aller puiser chez les classes moyennes.

Selon Bercy, six milliards d'euros devraient donc être restitués aux ménages l'année prochaine sous forme de baisses d'impôts.

Un chiffre trompeur puisqu'il intègre 4 milliards d'euros de suppression des cotisations salariales, une mesure déjà entrée en vigueur, en deux temps, en 2018 selon l’Observatoire français des conjonctures économiques. OFCE évalue plutôt à 3,5 milliards d’euros la baisse d’impôts en 2019 .

Quelles sont les baisses d'impôts annoncées par Bercy ?

Pour calmer le mécontentement provoqué par la hausse de 1,7 point de CSG au 1er janvier 2018 qui a frappé de plein fouet les retraités, le Premier ministre a promis d'en exempter toutes les personnes se trouvant juste au-dessus du revenu fiscal de référence, à savoir 14.404 euros pour une personne seule et 22.051 euros pour un couple. Ce coup de pouce fiscal devrait concerner jusqu'à 300.000 personnes et coûter près de 350 millions d'euros à l'État.

Votée dans le cadre du projet de loi de finances 2018, la baisse de la taxe d'habitation va se poursuivre en 2019 avec une nouvelle étape de 3 milliards d'euros, appliquée à 80% des foyers assujettis à cet impôt. Une troisième baisse, d'un montant équivalent, est d'ores et déjà programmée en 2020, qui permettra aux 17 millions de foyers concernés de ne plus payer du tout de taxe d'habitation.

Les 20% de ménages les plus aisés, pour l'instant exclus du dispositif, seront alors eux aussi concernés, l'objectif étant une disparition pure et simple de cet impôt en 2021.

La continuité du prélèvement forfaitaire unique évalué à 300 millions d'euros. La réforme de la fiscalité du capital ("flat tax") mise en place début 2018 va continuer de produire ses effets. Le gouvernement estime ainsi qu'il contribuera à hauteur de 300 millions d'euros à la baisse des impôts en 2019.

Des heures supplémentaires vont rapporter davantage aux salariés. « Dès le 1er  septembre 2019, les cotisations salariales sur les heures supplémentaires seront supprimées pour tous les salariés », a annoncé fin août Édouard Philippe. Cette mesure devrait rapporter « en moyenne plus de 200  euros supplémentaires par an » pour les salariés payés au Smic, et coûter deux milliards à l'État, a-t-il précisé. À la différence du dispositif mis en place sous Nicolas Sarkozy, les "heures sup'" ne seront en revanche pas défiscalisées.

L'épargne se verra facilitée pour les agriculteurs avec l’assouplissement du « dispositif de dotation pour aléas » qui permet aux agriculteurs de se constituer durant les bonnes années une épargne de précaution.. L'abattement sur les bénéfices pour les jeunes agriculteurs sera, lui, révisé pour le recentrer sur les plus bas revenus.

Avec l'entrée en vigueur du prélèvement à la source au 1er janvier 2019, le gouvernement a décidé de verser dès le 15 janvier un chèque représentant 60% du crédit d'impôt perçu par les contribuables pour les services à domicile , aux réductions d'impôt en faveur de l'investissement locatif (Pinel, Duflot, investissement social...) et aux réductions et crédits d'impôts en faveur des dons aux œuvres, des personnes en difficulté et des cotisations syndicales.« Ces différentes dispositions conduiront à verser une avance de plus de cinq milliards d'euros à plusieurs millions de contribuables dès le 15 janvier » «souligne Bercy.

Mais pour obtenir ces baisses d’impôts pour les ménages Bercy opèrent tout simplement des transferts qui se traduisent par des augmentations ou des gels par ailleurs.

Ainsi le gel du point d'indice des fonctionnaires se poursuit pour 2019, ce qui exclut une revalorisation générale des traitements des salariés de l'État. Parallèlement, les ministères ont reçu pour consigne de sabrer dans leurs effectifs avec la suppression de 4.500 postes dans la fonction publique d'État.

Le gouvernement économisera également 3 milliards en 2019 grâce à la revalorisation plus faible que prévue de deux prestations sociales - l'aide personnalisée au logement et les allocations familiales- et des pensions de retraite. Les personnes concernées verront donc leur pouvoir d'achat s'éroder au regard de l'inflation, à 1,3% l'an prochain.

La hausse de la fiscalité énergétique va se poursuivre en 2019, notamment en ce qui concerne les carburants. Selon le ministère de la Transition écologique, les taxes sur le diesel augmenteront de 6,5 centimes d'euro par litre l'année prochaine, quand celles sur l'essence progresseront de 2,9 centimes.

Le taux réduit de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) sur le gazole non routier sera par ailleurs supprimé pour les entreprises du secteur industriel et du bâtiment. La taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) devrait quant à elle augmenter sensiblement, afin de compenser une baisse de la TVA sur le recyclage.

En conclusion, la diminution est notable

Mais elle ne concerne pas toutes les catégories de la population de la même façon compte tenu des importants transferts (notamment entre actifs et retraités) pour lesquels le gouvernement a opté. « Je pense que les gens vont s'y perdre, c'est d'une illisibilité totale. Emmanuel Macron est le champion du monde des transferts, à mon sens, inutiles », a dénoncé Eric Woerth, président (LR) de la commission des Finances à l'Assemblée. D'autant que la baisse de 6 milliards va être rognée par le quasi-gel de certaines prestations sociales (pensions, APL, allocations familiales). L'OFCE - qui a opté pour un comptage plus complet - confirme une hausse du pouvoir d'achat en 2019, mais pas de la même ampleur (3,5 milliards).

Dans ce grand jeu de réformes fiscales, le gouvernement espère contenir le déficit à 2,8 % du PIB l'an prochain, malgré une croissance revue à la baisse à 1,7 % .

Mais la réforme de l'Etat, qui, à terme, permettrait une baisse pérenne des dépenses publiques, n'a pas été pleinement engagée et le gouvernement est donc obligé de pratiquer ce qui peut apparaître comme une politique du rabot.

Andrew Preston pour DayNewsWorld

 

LA RESURRECTION DU PRELEVEMENT A LA SOURCE

MODE D'EMPLOI OU UNE GAGEURE

Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé mardi soir que l'impôt serait bien prélevé à la source à partir du premier janvier 2019.

Et à partir de cette date, vous ne paierez plus votre impôt sur le revenu avec un an de décalage, il sera directement prélevé sur votre salaire ou votre pension de retraite.

Le prélèvement de l'impôt à la source entrera en vigueur début 2019. L'intérêt majeur pour le gouvernement est d 'avoir de la trésorerie en collectant l'impôt des ménages en temps réel, c'est-à-dire au moment du versement des revenus imposables.

Actuellement, comme l'impôt est prélevé avec un an de retard, les contribuables qui voient leurs revenus baisser (retraite, chômage), doivent attendre un an avant que leur impôt ne baisse, ce qui les met dans une situation difficile.

Qui sera concerné ?

La réforme s'applique aux salariés, comme aux retraités et aux indépendants. Les salaires, les revenus de remplacement (retraite, chômage, maternité, etc.) et les revenus fonciers sont aussi concernés. Les revenus des capitaux mobiliers et les plus values immobilières ne rentrent pas dans ce champ car ils sont déjà prélevés à la source.

Qui collectera l'impôt ?

La retenue à la source fait entrer dans le circuit de recouvrement de l'impôt un nouvel acteur : le tiers payeur c'est à dire l'employeur. L'impôt versé apparaîtra sur la fiche de paie comme c'est le cas aujourd'hui pour les cotisations sociales. En ce qui concerne les retraités et les chômeurs, ce seront les caisses de retraite et d'assurance-chômage qui joueront ce rôle.

Les professions libérales et les indépendants verseront un acompte mensuel ou trimestriel, calculé en fonction de leurs revenus des mois précédents, et ajusté ensuite selon leurs revenus effectifs.S'ils anticipent une forte baisse de leurs revenus, ils pourront signaler leur situation à l'administration fiscale. Cette possibilité répond par exemple aux besoins des artisans qui perdent un gros client, ou des agriculteurs soumis aux aléas climatiques. Les revenus fonciers se verront appliquer le même système d'acompte.

Qu'en est-il des crédits d'impôts ?

Il est impossible de suspendre les crédits d'impôt l'année de transition sous peine de plomber certaines filières (emploi à domicile, bâtiment, associations caritatives). Les crédits d'impôt seront donc maintenu continueront d'être perçus par le contribuable l'année suivante.

Le crédit d'impôt pour l'emploi à domicile pourrait toutefois être mensualisé. La question est actuellement à l'étude. En revanche le dispositif « tout-en-un » prévu pour les particuliers employeurs ne sera pas prêt en janvier 2019.

Maintenant quelle options choisir pour le taux d'imposition ?

Si vous avez déclaré vos revenus en ligne cette année, vous aurez remarqué une nouvelle option vous permettant de choisir (ou non) le taux auquel vous serez imposé l'an prochain. Comment cela fonctionne-t-il, et dans quel cas cette option peut-elle s'avérer judicieuse ? Une fois terminée que vous aurez terminé votre déclaration, vous découvrez le taux d'imposition personnalisé qui vous sera appliqué à partir de l'année prochaine.

Il existe plusieurs options possibles :

En effet, avec l'entrée en vigueur du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu au 1er janvier 2019, chaque mois une part de votre salaire net sera prélevée au titre de cet impôt. Idem pour les revenus fonciers, les pensions alimentaires, les revenus des indépendants, etc.

Par défaut, c'est donc un taux "personnalisé" qui apparaît, calculé comme l'impôt sur le revenu actuel sur la base du revenu annuel du foyer fiscal. Mais là deux alternatives se présentent, pour des cas particuliers où les contribuables souhaitent modifier ce taux : le taux "individualisé" ou le taux "neutre". A quoi servent-ils, dans quel cas les utiliser ?

1° Le taux individualisé aux couples ayant des salaires déséquilibrés

Il s'agit de moduler le taux qui sera prélevé à chacun des membres du couple, en fonction du revenu de chacun, pour que le taux de prélèvement global soit le bon.

2° Un taux "neutre" pour rester discret

Vous avez touché un héritage, vous êtes propriétaire d'une grande maison ou vous touchez des rentes, mais vous n'avez pas envie que votre employeur se rende compte que votre taux d'imposition est élevé par rapport à ce qu'il vous verse tous les mois. Dans ce cas, vous pouvez opter pour le "taux neutre", calculé uniquement sur la base du revenu versé par l'employeur.

3°Le contribuable ne sera donc pas prélevé de la totalité de son impôt sur le revenu via le prélèvement à la source : le taux qui affectera son salaire sera équivalent à celui d'un célibataire sans enfant. Par contre, il devra s'acquitter de la différence en la versant directement, via un versement "classique" comme à l'heure actuelle, à l'attention du Trésor.

4° Notons que le prélèvement à la source est une gageure en France!

En effet, en France, l'impôt est calculé au niveau de la famille, contrairement aux autres pays où l'impôt est individualisé. Par ailleurs, il existe généralement beaucoup moins de crédits et réductions d'impôt chez nos voisins européens. Le prélèvement à la source est concevable seulement quand le système fiscal est simple. Mais avec un impôt aussi complexe que le nôtre, un tel prélèvement relève de la gageure

Peut-on changer d'avis ?

Oui, mais pas indéfiniment. Même s'il la déclaration est exigible à compter de ce mardi vous pourrez toujours changer votre mode de prélèvement sur votre espace particulier du site www.impots.gouv.fr. jusqu'au 15 septembre prochain seulement.

En cas de changement de situation (mariage, naissance, baisse ou hausse des revenus...) le contribuable devra demander une mise à jour.

Le contribuable ne donnant aucune information à son employeur ou sa caisse de retraite puisque . c'est l'administration qui reste l'interlocuteur de contribuable pour ses impôts, la confidentialité est préservée.

La France entre dans le club des pays développés aux prélèvement à la source presque toujours à des fins budgétaires. Le gouvernement augmente sa trésorerie...sans pour autant baisser l'impôt !

Jaimie Potts et Joanne Courbet pour DayNewsWorld

 

ENTERREMENT DE PREMIERE CLASSE

DU PRELEVEMENT A LA SOURCE ?

Le gouvernement va-t-il abandonner le prélèvement à la source ?

En moins d'une semaine, la réforme emblématique du prélèvement à la source se retrouve brutalement à la limite d'être ensevelie.

Le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a évoqué pour la première fois, samedi 1er septembre, un possible « arrêt » de la réforme de la récolte de l'impôt sur le revenu. Cela faisait des mois que l'exécutif se targuait de mener à bien cette réforme symbolique déjà abandonné sous Hollande. Et c'est Macron lui-même qui met le feu aux poudres : " J'ai besoin d'une série de réponses très précises", déclare le président lors d'une conférence de presse à Helsinki (Finlande).

Le ministre Darmanin penaud rétropédale.

« C'est une grande réforme, il est normal que le président et le Premier ministre surveillent que ça se passe bien », déclare-t-il.

Puis Gérald Darmanin avoue qu' une réunion avec le président est prévue mardi prochain pour décider du destin du prélèvement à la source. « Nous choisirons ensemble politiquement mardi lors d'une réunion avec le président l'avancée ou l'arrêt de la réforme, puisque le président de la République l'a évoqué », concède-t-il.

On ne parle plus de report, mais d' « arrêt » pur et simple.

Car la réforme inquiète l'exécutif, déjà mal en point.

Bien sûr il y a les risques techniques de la mise en œuvre. . Ce « big bang » va-t-il se passer correctement ? L’efficacité de l’administration fiscale est certes réputée. Mais la manœuvre est délicate. « Avec 3 millions d’entreprises et 38 millions de foyers fiscaux, il n’est pas possible qu’il n’y ait strictement aucun incident », constate, lucide, Bruno Parent, le patron de la direction générale des finances publiques (DGFIP), avant de nuancer : « Nous nous organisons pour qu’il y en ait le moins possible et, quand cela arrive, pour les corriger au plus vite. ».

Mais selon « Le Parisien », le contribuable court le risque d’être prélevé plusieurs fois, ou à la place d’un homonyme. Des bugs « depuis résolus », assure Gérald Darmanin.« Calamiteux », juge Le Parisien samedi 1er septembre, citant une note du fisc tirant le bilan de la phase d’essai du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. D’après ce document confidentiel consulté par le quotidien, le test auprès de certaines entreprises en vue de son entrée en vigueur, théoriquement prévue début 2019, s’est soldé par des centaines de milliers d’erreurs...

Selon le site Internet du journal, la direction générale des finances publiques (DGFiP) a fait parvenir en juillet une note au ministère de l’économie, évoquant un nombre extrêmement irrégulier d’erreurs d’un mois à l’autre : elles auraient été inexistantes en janvier, avant de culminer à plus de 350 000 le mois suivant...(Citant un document "ultra-confidentiel" de la DGFiP)

D'où des inquiétudes au sommet de l'Etat :

1° De possibles bugs techniques auront vite fait de placer le gouvernement sous le feu des cr